Logo ={0} - Retour à l'accueil

Église prieurale et paroissiale Saint-Sébastien et Saint-Domnin

Dossier IA42001486 inclus dans Prieuré réalisé en 2003

Fiche

Voir

VocablesSaint-Domnin, Saint-Sébastien
Destinationséglise paroissiale
Dénominationséglise, église paroissiale
Aire d'étude et cantonMontbrison
AdresseCommune : Champdieu
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1809 D1 809 ; 1999 AD 214

L'Ecclesia de Candiaco est mentionnée dans un texte du 11e siècle, conservé dans le Cartulaire de Savigny, mais qui serait une copie tardive. Primitivement dédiée à saint Sébastien, comme l'église de l'abbaye mère de Manglieu, on lui ajoute le vocable de saint Domnin, certainement à partir de 1143, date du transfert des reliques de ce saint de Manglieu à Champdieu, où elles auraient été déposées dans la crypte de l'église. L'église était à la fois prieurale et paroissiale ; les religieux occupaient le choeur, tandis que la paroisse disposait de la nef (AD 69 8G 49). L'édifice a été construit en deux phases : la crypte et les murs de l'église haute à la fin du 11e siècle, puis les parties hautes avec le voûtement sur colonnes engagées à chapiteaux sculptés, la coupole sur trompes et la tour-clocher de la croisée dans la 2e moitié du 12e siècle. Par la suite, l'église participe de la fortification du prieuré dans le 3e quart du 14e siècle. Dans le 1er quart du 15e, le prieur Pierre de la Bâtie fait construire le clocher porche et la chapelle Notre-Dame adossée au sud du narthex. L'église est classée MH en 1886. Elle est restaurée en 1900 (architectes Petitgrand et Sauvageot), puis en 1938-1941 (façades nord et ouest, parements intérieurs).

Période(s)Principale : 2e moitié 11e siècle
Principale : 2e moitié 12e siècle
Secondaire : 1er quart 15e siècle
Auteur(s)Personnalité : Bâtie Pierre de La, prieur commanditaire

L'église se compose d'une nef à deux bas-côtés, précédée d'un porche surmonté d'un clocher, d'un transept légèrement saillant avec tour-clocher à la croisée, et d'un choeur à abside encadrée de deux absidioles surmontant une crypte semi enterrée de même plan. Elle est construite en granite, en moellon (chevet et mâchicoulis sur arc), pierre de taille de petit et moyen appareil (façades latérales et tour lanterne), et pierre de taille de moyen appareil (façade occidentale, clocher porche et chapelle Notre-Dame). Les toits sont en tuile creuse, à longs pans sur la nef et les bas-côtés, ainsi que sur les bras du transept et les absidioles, en pavillon sur le clocher de la croisée et le clocher porche ; l'abside est couverte en ardoise, en croupe ronde. La nef est voûtée en berceau, les bas-côtés sont voûtés en demi-berceau, le transept est voûté en berceau transversal, la croisée du transept est couverte d'une coupole, l'abside et les absidioles sont voûtées en cul-de-four, la crypte, le narthex et la sacristie sont voûtées d'arêtes, la chapelle Notre-Dame est voûté d'ogives. Deux sources d'influences architecturales se mêlent dans l'édifice : l'influence lyonnaise (pour la crypte, le choeur à arcatures sur mur bahut, les passages entre abside et absidioles) et l'influence auvergnate (pour le décor à arcatures en mitre et plein cintre aux extrémités du transept, le voûtement des bas-côtés en quart de rond, les modillons à copeaux, le répertoire des chapiteaux sculptés).

Mursgranite
moellon
petit appareil
moyen appareil
Toittuile creuse
Plansplan allongé
Étages3 vaisseaux
Couvrementsvoûte d'arêtes
cul-de-four
voûte d'ogives
voûte en berceau plein-cintre
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
appentis
croupe ronde
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 1886/07/12

Annexes

  • Description

    L'église est construite en granite, en moellon pour le chevet (et les mâchicoulis sur arc), en pierre de taille de petit et moyen appareil, avec quelques moellons, pour les façades latérales et le clocher de la croisée, en pierre de taille de moyen appareil pour la façade occidentale, le clocher-porche et la chapelle Notre-Dame. Des contreforts à extrémité supérieure en oblique épaulent le chevet et la façade nord ; sur la façade sud, ils ont été remployés lors de la construction des mâchicoulis découverts sur contreforts, à parapet sur arcs. Une corniche chanfreinée, supportée par des modillons à copeaux et quelques modillons à têtes d'animaux (en majorité refaits au 20e siècle) court au sommet des façades latérales. On aperçoit des modillons autour de l'abside sur les vues aériennes (endroit non visible du sol et non visité). La chapelle Notre-Dame a une corniche à cavet sans modillons et un contrefort angulaire. Les petites fenêtres de la crypte sont à linteau monolithe cintré, avec des traces de claveaux gravés. Les fenêtres des collatéraux sont des lancettes simples, en plein cintre ; à l'extérieur, les claveaux de l'arc sont ornés de pointes gravées, formant un motif de dent de scie. On retrouve ce motif sur l'archivolte du portail du narthex, et, curieusement, sur un seul des claveaux de l'archivolte du portail occidental. Un cordon à billettes situé à hauteur d'imposte de ces fenêtres, et contournant leur archivolte, court sur les façades latérales (il est interrompu par les contreforts). Les fenêtres de l'abside sont à une lancette en plein cintre ; plus larges que celles de la nef, elles semblent avoir été agrandies (au 18e siècle ? Voir historique). Les fenêtres axiales des absidioles, à une lancette élancée en arc brisé, ont été refaites (au 15e siècle ?). Chaque absidiole a une fenêtre, du module de celles des collatéraux, sur son côté extérieur ; celle de l'absidiole sud a été murée, peut-être lors de la fortification de l'édifice. Une tour-clocher s'élève d'un niveau au-dessus de la coupole à croisée. Cet étage est percé de baies en plein cintre surmontées d'arcatures à cavet retombant sur des colonnettes à chapiteaux feuillagés (étudiés) : sur la face ouest, trois baies sont ouvertes dans trois arcatures ; sur les faces est, nord et sud, deux paires de baies géminées, séparées par des colonnettes géminées placées l'une derrière l'autre, sont encadrées par deux arcatures. Le sommet des arcatures des faces nord et sud est plus haut que celui des faces est et ouest ; un bandeau contournant leurs archivoltes, situé un peu plus haut que la hauteur d'imposte, les relie.

    La nef est précédée d'une travée d'avant-nef, ou narthex, formant porche, voûtée d'arrêtes, ouverte à l'ouest par un portail sculpté (étudié) et à l'est par un second portail donnant accès dans l'église. Ce second portail, très sobre, est partiellement masqué par une porte en bois du 18e siècle (étudiée) ; on voit encore le sommet et les côtés de l'archivolte dont les claveaux sont ornés de pointes gravées, et qui est bordée d'un larmier chanfreiné. Certaines pierres présentent un layage en arrêtes de poisson. Dans le mur sud du narthex s'ouvre la chapelle Notre-Dame, voûtée d'ogives avec clef de voûte sculptée (écusson aux armoiries du prieur de la Bâtie dans deux quadrilobes superposés) et éclairée au sud par une grande fenêtre à trois lancettes polylobées. L'étage du porche est occupé par une chapelle comportant une fenêtre à l'ouest, de même forme et dimensions que celles de la nef, et communicant avec l'intérieur de la nef par une ouverture à triplet de baies séparées par deux colonnettes à chapiteaux sculptés placées l'une derrière l'autre. Au-dessus se trouve le clocher ; le niveau du beffroi est ouvert sur ses quatre faces de fenêtres géminées en arc brisé chanfreiné. Sur le mur sud de la salle haute est placé un cadran solaire, qui correspond peut-être à celui cité en 1777 (A. Séminaire Saint-Irénée, J 80. 1777, verbal de reconnaissance de l'état du prieuré). L'accès aux étages du porche se fait par un escalier en vis dans-oeuvre logé dans le massif de maçonnerie à l'extrémité ouest du collatéral nord.

    La nef flanquée de bas-côtés compte quatre travées. Elle est voûtée en berceau plein cintre légèrement brisé retombant sur des arcs formerets supportés par des colonnes engagées à chapiteaux sculptés (étudiés), plaquées sur des piliers de section carrée. Dans les bas-côtés, chaque travée est individualisée par un arc diaphragme en plein cintre outrepassé, supporté par des colonnes engagées à chapiteaux sculptés plaquées contre les piliers de la nef et contre les murs gouttereaux. Les collatéraux sont voûtés en demi berceau. Le collatéral sud avait une fenêtre à l'ouest, murée lors de la construction de la chapelle Notre-Dame. Du côté nord, l'extrémité du collatéral s'appuie contre le massif abritant l'escalier en vis conduisant à la chapelle haute du narthex puis au clocher (il n'a donc pas de fenêtre occidentale). Le transept saillant forme une travée plus longue que celles de la nef. Une porte de communication avec le cloître est percée dans le mur ouest de son bras nord. L'escalier en vis dans-oeuvre pour l'accès à la tour lanterne est logé dans l'angle sud-ouest de son bras sud. Les murs nord et sud sont animés par une frise de trois arcatures à deux arcs en plein cintre encadrant un arc en mitre, portés par des colonnettes à chapiteaux sculptés (étudiés) reposant sur un mur bahut. L'arc d'entrée de la croisée repose sur des colonnes engagées à chapiteaux sculptés, de même que les arcs formerets du côté ouest, alors que les retombées des formerets côté est et celles de l'arc du choeur se font directement sur des dosserets. La croisée est ouverte d'une couple sur trompes. Sous la coupole, les murs hauts de la croisée sont percés d'une fenêtre en plein cintre sur les murs nord, est et sud, et d'une fenêtre géminée à colonnette centrale, donnant dans la nef, sur le mur ouest. Les bras du transept sont couverts en berceaux transversaux. Le choeur est surélevé de quatre marches par rapport à la nef ; il se compose d'une courte travée droite terminée en abside semi circulaire, encadrée d'absidioles, avec des passages en arc en plein cintre entre abside et absidioles. L'abside est cernée d'un mur bahut surmonté d'arcatures alternativement larges, et percées de fenêtres, et étroites et aveugles, supportées par des colonnettes à chapiteaux sculptés (étudiés). L'absidiole nord est dotée d'un placard surmonté d'une croix, de la fin du Moyen Age, dont les vantaux de bois ont des pentures découpées. Le choeur est posé sur une crypte semi enterrée de plan similaire, avec un vestibule orienté nord-sud au-dessous des passages abside-absidioles du choeur, puis une crypte halle voûtée d'arrêtes sur files de colonnettes à chapiteaux sculptés (étudiés) ; dix colonnettes reposant sur un mur bahut rythment le mur de l'abside, deux encadrent l'ouverture bouchée du mur ouest, six s'organisent en deux files au milieu de l'abside. Le traitement des absidioles (dosserets) est plus sobre.

    Le sol actuel est celui mis en place au 18e siècle, avec des dalles de pierre dans la nef et la croisée du transept (et des dalles funéraires, dont certaines antérieures à la réfection du sol), complétées par des carreaux en terre cuite de dimensions différentes ; le sol du choeur et de la chapelle Notre-Dame est un pavage de pierre de Tournus bicolore (rose et blanc). Ces sols sont situés au-dessus du sol d'origine et masquent partiellement les bases des supports (la base du premier pilier sud est visible dans une fenêtre de sondage vitrée à l'entrée de la nef).

    Tous les autels et retables d'Ancien Régime ont disparu ; on sait qu'il existait dans l'église, en plus de la chapelle Saint-Michel au-dessus du narthex et de la chapelle des prébendes de la Bâtie, une chapelle Saint-Sébastien (l'absidiole nord ?), une chapelle de Sainte-Agathe, où se trouvait le caveau des sires de la Corée, un autel de la Croix ou de saint Vincent, un autel du Rosaire, siège d'une importante confrérie.

    Relevé de l'inscription peinte au-dessus de la porte du narthex : LE SEIGNEUR EST VRAIMENT ICI / QUE CE LIEU EST TERRIBLE / C'EST LA MAISON DE DIEU / ET LA PORTE DU CIEL. / GENESE CH. XXIII.

    Tous les morts commencent par une majuscule peinte en rouge ; l'inscription est placée dans un cadre peint au pochoir, en rouge, à motifs de zigzag et fleurons, encadré et surmonté de motifs à palmette encadrée de volutes (2e quart 19e siècle).

  • Synthèse historique

    Une campagne de sondages archéologiques réalisés entre 1991 et 1993 (Tardieu, Le Barrier) et portant sur la crypte et son accès sud (remis en état à cette occasion, et dont l'existence dès l'origine de l'aménagement de la crypte a alors été démontré) a permis de préciser la datation des parties les plus anciennes de l'église. Des restes de murs d'un ou plusieurs édifices préexistants ont été vus dans le sol du bras sud du transept et dans la crypte. Un premier état de la crypte a ensuite été identifié, qui correspond aux murs de l'abside et des absidioles, au vestibule de circulation et au mur occidental avec son ouverture (murée) et aux accès par deux escaliers latéraux. L'ouverture axiale de la crypte, à l'ouest, reste difficile à interpréter ; elle pouvait correspondre à un accès vers la nef, du type fenestrella, c'est-à-dire une ouverture par laquelle les fidèles pouvaient apercevoir directement depuis la nef un tombeau renfermant des reliques et situé dans une crypte, et qui a pu disparaître lors d'un changement de niveau de sol dans l'édifice (voir par exemple les remaniements du sol en 1750 ; hypothèse d'A. Carcel) ; ou à un accès vers un caveau situé sous le choeur. Cet état de la crypte est daté de la fin du 11e siècle. Il est lié aux parties basses du transept de l'église (avec le décor d'arcatures). Des piliers engagés sont insérés dans les angles du transept, interrompus à une hauteur différente au nord et au sud. La nef avec ses piliers carrés peut être rattachée à cette campagne de construction.

    Par la suite, l'édifice semble avoir subit un remaniement important. La crypte devient une crypte halle voûtée d'arrêtes sur files de colonnettes à chapiteaux sculptés (étudiés), certaines colonnettes et certains chapiteaux semblant être des remplois (de l'état antérieur de la crypte ou d´un autre édifice). Un caveau semi enterré est creusé dans le sol de l'abside de la crypte, doté d'un conduit débouchant dans l'appui de la fenêtre axiale. Cette phase de travaux peut être mise en relation avec l'arrivée à Champdieu des reliques de saint Domnin, en 1143, pour lesquelles aurait été aménagé le caveau avec son conduit ; le révérend Dumesnil rapporte la coutume, encore en pratique au 19e siècle, selon laquelle les fidèles y introduisaient des objets pour leur faire toucher les reliques (Bull. Diana, 1880). Concomitamment, le niveau du choeur de l'église est surélevé (on distingue dans la maçonnerie du chevet une ligne de rupture au niveau du sol actuel du choeur). Le décor d'arcatures de l'abside pourrait avoir été installé après cette surélévation. Les parties hautes des murs sont construites, et des colonnes engagées à chapiteaux sculptés sont plaquées contre les piliers dans la nef. Deux colonnes engagées à chapiteau sculpté sont plaquées contre le mur extérieur du transept ; elles supportaient deux arcades en plein cintre passant au-dessus des fenêtres (disparues au sud au profit des mâchicoulis sur arcs). L'ensemble de l'édifice est voûté, avec une voûte en berceau sur la nef, des voûtes en demi berceau sur les bas-côtés, une coupole sur trompes à la croisée, un berceau transversal sur le transept et un cul-de-four sur l'abside. Cette 2e phase du chantier daterait de la 2e moitié du 12e siècle.

    Dans le 3e quart du 14e siècle, le chevet et le côté sud de l'église sont fortifiés afin de s'intégrer à l'enceinte qui protège dorénavant le prieuré. Les murs du chevet sont surélevés, des mâchicoulis sur arc son plaqués contre ceux du transept et de la nef : deux arcatures devant le transept, qui reposent au milieu sur la colonne engagée à chapiteau du 12e siècle, quatre contre la nef, avec deux échauguettes en encorbellement dans les angles du transept (elles ont disparu, il ne reste que des vestiges de l'encorbellement). Un chemin de ronde devait courir derrière ces murs, dont le plancher (certainement en bois) a disparu.

    Le prieur Pierre de La Bâtie fait édifier vers 1500 un second clocher au-dessus du narthex. Il se fait également construire une chapelle funéraire, appelée chapelle des prébendes de la Bâtie, adossée au narthex. Les prébendes qu'il y a fondées, sous le vocable de Saint-Dompnin [sic] et Saint-Benoît, sont citées en 1528 ('in capella gallinone' ; Inv. som. des archives paroissiales). Cette chapelle devient par la suite la chapelle Notre-Dame.

    La visite pastorale de 1662 donne une idée de l'aménagement de l'église liée à son double statut d'église prieurale et paroissiale (la paroisse compte alors 600 communiants, et le curé est nommé par le prieur) : le choeur des religieux est fermé, le sacristain l'ouvre pour accéder au tabernacle et au ciboire d'argent 'fort spacieux'. L'autel de la paroisse, dédié à la Croix, est dans la nef ; il est entouré 'd'un balustre de menuiserie' (un petit ciboire du viatique, une petite croix et un calice en argent sont posés dessus).

    Des registres conservés dans les archives paroissiales (inventaire sommaire publié chez E. Brassart) permettent de suivre la vie de l'édifice au 18e siècle. En 1714 et 1732 ont lieu des travaux de couverture. L'église est 'blanchie' plusieurs fois, en 1716 (par Antoine Bussa blanchisseur de Montbrison. 'Le choeur n´a été que repassé, ayant été blanchi et même peint autrefois (...) Quant à la nef, elle n'avoit jamais été blanchie ni même platrée') et 1753 ('Cette année 1753, nous avons fait reblanchir l´église d'un bout à l´autre (...) compris le choeur et la chapelle de N. D.'). En 1738, le curé verse une avance à Duval pour la peinture du choeur : s'agit-il du sculpteur montbrisonnais plusieurs fois sollicité par la suite, et cette peinture était-elle décorative ou figurée ? Des travaux concernant la crypte sont effectués en 1726 : 'nous avons fait faire les deux portes avec les degrés pour descendre aux chapelles sous le choeur' ; ces 'chapelles souterraines' sont carrelées (le carrelage actuel a été daté du 17e siècle lors des sondages de 1991-1993). Une sacristie est construite en 1748 contre la façade sud de la nef, à la suite du transept. Les placards et lambris y sont posés l'année suivante (Inv. som. des archives paroissiales et registres d'état civil). En 1750 et 1754, le curé Didier fait refaire le sol de l'église. Les travaux commencent par le sol de la nef et du transept, qui se trouvait au-dessous du niveau du cimetière. Les habitants participent au décaissement du cimetière, et 1200 pieds de dalles de pierre sont posés ; les bas-côtés étaient avant cela carrelés de terre cuite (et le curé Didier note l'état d'usure de ces carreaux). Puis en 1754 le curé Didier dote le choeur, ainsi que la chapelle Notre-Dame, d'un sol en dalles de pierres rouges et blanches venues de Tournus. Enfin en 1753, le curé Didier fait agrandir des fenêtres : les registres mentionnent 'les quatre vitraux de la nef, du côté du cimetière, et le petit du choeur sur la voûte du sanctuaire'. Les fenêtres de la façade sud ont toutes été refaites au 20e siècle (certainement pendant la campagne de travaux de Sauvageot), sur le modèle de celles du nord ; leur état antérieur n'est que peu visible sur les photographies anciennes de l'église : on les distingue cependant sur une carte postale éditée d'après un cliché de Félix Thiollier, avant 1903, où elles semblent plus grandes et bordée d'un simple cordon. Les fenêtres de l'abside semblent avoir été agrandies sur les mêmes proportion, et n'ont pas été modifiées au 20e siècle.

    Des travaux d'entretien de l´église et de la sacristie sont faits par la commune en 1844 (maçon Simon Besseri). Une poutre de la charpente du clocher de la croisée porte l'inscription peinte : F. RETARD 1872. L'église est classée MH en 1886. Dix ans plus tard, une campagne de travaux est programmée : l'architecte Petitgrand présente un devis de restauration de 13 969,59 F, mais les fonds manquent pour les travaux. Ces travaux ont lieu cependant quelques années plus tard, sous la direction de l'architecte en chef Sauvageot, puisqu'en 1900 ils sont en cours (l'église est échafaudée). Des réparations de toiture sont effectuées en 1911 (clocher) et 1932 (abside). Les travaux reprennent sur les façades nord et ouest en 1938, puis sur les parements intérieurs (1941). Enfin en 1970 des travaux ont lieu dans la crypte (architecte en chef Lotte).

  • Dépouillement de l'inventaire sommaire des archives paroissiales de Champdieu

    Cote 239. Registre de dépenses et notes tenu par les curés (Montmain puis Didier) entre 1705 et 1793.

    Cote 240. 'Registre ou mémoire de ce qui a été reçu par le luminier du saint Rosaire pour ladite confrérie, depuis le commencement du mois de septembre 1708' [jusqu'en 1793].

    Travaux divers

    Cote 240, fol. 3b v. 1714, 5 août. 15 £ pour aider à payer les maçons qui ont recouvert l'église.

    Cote 240, fol. 11 v. 1732, 8 octobre. 12 journées de maçon pour recouvrir l'église.

    Cote 239, p. 81. 1748. 'Etat de la dépense que nous avons faite pour la construction d´une nouvelle sacristie en 1748'.

    Cote 240, fol. 16 v. 1748, 24 novembre. 110 journées de maçons pour la sacristie, 88 £ (argent pris dans la caisse de la confrérie).

    Cote 239, p. 42. 1726. 'Pour payer la chau employée à faire les deux portes du dessous de l'églize', 30 £.

    Cote 239, p. 45. 1728. 'L´année dernière nous avons fait faire les deux portes avec les degrés pour descendre aux chapelles sous le choeur'. Ces 'chapelles souterraines' sont carrelées.

    Cote 240, fol. 9 v. 1726, 13 octobre. 'Pour aider à payer les réparations faites aux chapelles sous le choeur', 60 £.

    Cote 240, fol. 1b. 1709, 2 avril. 27 £ pour aider aux réparations de la chapelle Saint-Sébastien.

    Cote 240, fol. 6b v. 1750. Notes du curé Didier. 'J'ai fait exhausser le cadatage de notre église à mes frais'. 1200 pieds de pierre taillée ; les habitants ont donné des journées pour transporter la terre du cimetière. 'Notre église était enfouie de plus de deux pieds, les bas côtés n'étoient que carrelés et tous les carreaux étoient entièrement usés. Le cimetière étoit plus haut que l'église. Par le moyen de cet exhaussement, l'église et le cimetière son à présent de niveau'.

    Cote 240, fol. 8b. 1754. Notes du curé Didier. 'J'ai fait parqueter le sanctuaire en pierres rouges et blanches venues de Tournus en Bourgogne au-dessus de Mâcon, et les degrés ou marches du maître-autel de la même pierre (...) Il y a eu 20 chars, y compris le parquet de la chapelle de Notre-Dame'.

    Badigeons intérieurs et peintures monumentales

    Cote 239, p. 22. 1716. 'L´année présente 1716 depuis le 26 mars jusqu'au premier septembre le choeur et l'églize de Chandieu ont été blanchis par Me Antoine Bussa blanchisseur de Montbrison (...). Le choeur n'a été que repassé, ayant été blanchi et même peint autrefois'. Le travail est fait pour 50 £ et une année de vin, somme donnée par François Moaire du Vignau, premier directeur du séminaire de Saint-Irénée de Lyon. La chaux et le bois sont fournis par les habitants, 'pour obtenir la permission de M. le prieur de déboucher les quatre fenêtres de l'église qui étoient fermées, et de faire baisser le toit de la gallerie du prioré qui empechoit le jour. Quant à la nef elle n'avoit jamais été blanchie ni même platrée'.

    Cote 240, fol. 4b. 1716, 18 avril. 31 £ pour le blanchissage de l'église.

    Cote 240, fol. 13 v. 1738, 14 avril. Avance du curé pour la peinture du choeur faite par M. Duval, 40 £.

    Cote 239, p. 96. 1753, 11 novembre. 'Payé à Duché charpentier 7 journées pour les échafauts du blanchissage de l'église, 7 £t'. 'Cette année 1753, nous avons fait reblanchir l'église d'un bout à l'autre', compris le choeur et la chapelle de N. D.

    Cote 240, fol. 18 v. 1754, 27 janvier. Blanchissage et peinture de l'église faits en 1753 ; 24 £t données au curé pour aider à la dépense.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Rhône. série 8G : 49. Visite du prieuré de Chandieu, 18e siècle.

  • AD Loire. 2 E : 296. Champdieu. Registre de délibérations du conseil municipal, du 21 mars 1831 au 5 janvier 1868. Délibération du 4 août 1844. L'église et notamment la sacristie seront soigneusement réparées. Les travaux que réclame le presbytère seront achevés dans le courant de la présente année. Simon Besseri ouvrier maçon a été désigné pour l'exécution des travaux.

  • AD Loire. 2 E : 297. Champdieu. Registre des arrêtés du maire, 5 juin 1843-. Arrêté du 19 mai 1885. Dépenses pour la réparation faite aux mâchicoulis du prieuré. Le conseil refuse de voter les fonds nécessaires.

  • AD Loire. 2 E : 297. Champdieu. Registre des arrêtés du maire, 5 juin 1843-. Arrêté du 19 mai 1885. Dépenses pour la 'réparation faite aux mâchicoulis du prieuré'. Le conseil refuse de voter les fonds nécessaires.

  • AC Champdieu. Registre des délibérations du conseil municipal, du 7 février 1886 au 28 octobre 1900. Délibération du 20 juillet 1896. Devis de 13 969,59 F dressé par l´architecte Petitgrand pour restauration de l'église. Mais les fonds manquent pour les travaux.

  • AC Champdieu. Registre des délibérations du conseil municipal, du 7 février 1886 au 28 octobre 1900. Délibération du 12 août 1900. Continuation des travaux de restauration de l'église. 1700 F de travaux non budgétés. L'église est échafaudée.

  • AC Champdieu. Registres des délibérations du conseil municipal, 14 janvier 1901-20 février 1916. Délibération du 25 août 1901. Compte des travaux de restauration de l'église réalisés sous la direction de Sauvageot, architecte en chef des Monuments Historiques. Devis du 24 juin 1896 ; 15 124,36 F au total.

  • AC Champdieu. Registres des délibérations du conseil municipal, 14 janvier 1901-20 février 1916. Délibération du 22 juin 1911. Réparations à faire au clocher de l'église et aux toitures et maçonneries du prieuré.

  • AC Champdieu. Registres des délibérations du conseil municipal, 14 janvier 1901-20 février 1916. Délibération du 13 septembre 1914. Le curé offre de prendre en location la salle du prieuré communiquant avec l'église pour y entreposer divers objets du culte qui encombrent l'église. Ce local n'est accessible que par l'église. Approuvé.

  • AC Champdieu. Registre de délibérations du conseil municipal, 5 mars 1916-26 octobre 1941. Délibération du 3 avril 1932. Devis de réparation des maçonneries et couverture de l'abside de l'église : la commune vote 2000 F, le conseil général de la Loire en promet autant. 24 juillet 1932. lettre de l'administration des Beaux-Arts : le devis total est de 27 748 F. Il faut que la commune s'engage sur 4000 F, au besoin sur 2 exercices (le conseil général devrait donner autant) ; la commune acquiesce.

  • AC Champdieu. Registre de délibérations du conseil municipal, 5 mars 1916-26 octobre 1941. Délibération du 24 juillet 1938. Devis de restauration de l'église : façades nord et ouest ; 19 731 F. L'administration des Beaux-Arts s'engage à payer le reste si les administrations concernées donnent 6500 F. Un 2e devis arrive à la mairie : réparation des parements intérieurs, 32 326 F ; l'administration des Beaux-Arts prend le même engagement si les administrations concernées payent 23 000 F. Le conseil municipal refuse.

  • AC Champdieu. Registres de délibérations du conseil municipal, 3 novembre 1941-6 juin 1957. Délibération du 30 novembre 1941. Réparations urgentes à l'église. 1er tranche de 35 325 F (devis total 87 821,72 F), pour remise en état des parements intérieurs de l'église.

  • AC Champdieu. Registres de délibérations du conseil municipal, 7 juillet 1957-29 janvier 1984. Délibération du 17 juillet 1970. Lecture du compte-rendu de visite de M. Lotte, ACMH, concernant la réfection de la crypte.

  • AC Champdieu. Registres paroissiaux. Dépouillements réalisés en 2004 par Anne Carcel, pour documenter le rapport de présentation de la ZPPAUP. Année 1748 : 'Notre sacristie a été faite cette année. Les armoires et boisages n'ont été faits que l´année suivante'. Année 1782 : sépulture de 'dame Anne Madeleine Parent veufve de noble (...?) Bulliod, ancien secrétaire du Roy, sieur de la Corée, (...) dans l'église de Chandieu au caveau de la chapelle de sainte Agathe'.

  • A. Séminaire Saint-Irénée, J 80. 1777, verbal de reconnaissance de l´état du prieuré. Cité dans GOURDON, Rayko. Commune de Champdieu. Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. Rapport de présentation, 2004.

  • Bibl. Diana, Montbrison. Procès-verbal de la visite pastorale de Monseigneur Camille de Neuville, 1658-1662. Transcription réalisée par l'abbé Merle, milieu 20e siècle

Documents figurés
  • CHAMPDIEU, près Montbrison Edition D. Perroton, Montbrison / D. Perroton (éditeur). 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. 1ère moitié 20e siècle (Coll. Part. L. Tissier).

  • MONTBRISON. Eglise de Champdieu. Edit. Vve Villemagne. [au verso] IMP B&G LYON [cachet rond] / Villemagne, veuve (éditeur), B&G [Baise et Gontagny] (imprimeur). 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. 1er quart 20e siècle (Coll. Part. L. Tissier).

  • L.D. 23 CHAMPDIEU Cliché F. Thiollier [au verso] Imprimerie Dumas. 'La Stéphanoise', 4, rue Georges Dupré, Saint-Etienne / Thiollier, Félix (photographe), Dumas (imprimeur). 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. 1er quart 20e siècle (Coll. Part. L. Tissier).

  • Champdieu - Eglise - Nef centrale du XIIe et XIIIe siècle. Coll. Goutelle. PHOT. COMBIER - MACON / Combier (photographe). 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. 1er quart 20e siècle (Coll. Part. L. Tissier).

  • CHAMPDIEU -- Intérieur de l'église Edit. Arnaud / Arnaud (éditeur). 1 impr. photoméc. (carte postale) : N&B. 1er quart 20e siècle (Coll. Part. L. Tissier).

Bibliographie
  • Département de la Loire. Canton de Montbrison. Inventaire sommaire des archives paroissiales de Chandieu. Montbrison : Imp. E. Brassart, 1947

    p. 46-49
  • BRECHON, Franck. FERRAND, Anne-Christine. 476. Le chatiau de Chandieu. In LAFFONT, Pierre-Yves (dir.). L'Armorial de Guillaume Revel. Châteaux, villes et bourgs du Forez au XVe siècle. Lyon : Association de liaison pour le patrimoine et l'archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne / Publications de la Maison de l'Orient et de la Méditerranée - Jean Pouilloux, Université Lumière-Lyon 2, CNRS, 2011 (Documents d'archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne ; 35)

    p. 346-353
Périodiques
  • BERNARD, Louis. La crypte de Champdieu, Bulletin de la Diana, n°40, 1967-1968

    p. 54-60
  • DURAND, Vincent. JEANNEZ, Edouard. ROCHIGNEUX, T. Rapport sur la 52e session du congrès archéologique de France, tenue à Montbrison en 1885, présenté à la Diana par V. Durand, E. Jeannez et T. Rochigneux. Bulletin de la Diana, t. 3, octobre 1885-janvier 1886

    p. 195-253
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Conseil général de la Loire © Conseil général de la Loire - Guibaud Caroline