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Logement social dit Cité Tony Garnier - cité des Etats-Unis

Dossier IA69001576 réalisé en 2019

Fiche

La cité Tony Garnier marque une étape importante pour l'habitat social à Lyon. L'aspect fonctionnel des appartements, le confort moderne et l'hygiène sont privilégiés. Cet ensemble reste à une échelle humaine et présente une réelle homogénéité.

Dénominationslogement, cité jardin
Aire d'étude et cantonLyon patrimoine industriel - Lyon
AdresseCommune : Lyon 8e
Adresse : 62 - 89 boulevard des, Etats-Unis, rue des, Serpolières, rue, Jean Sarrazin, rue, Wakatsuki, rue
Théodore Lévigne
Cadastre :

Cet ensemble connu dans le monde entier comme une référence incontournable de l’architecture moderne est l’héritier des cités ouvrières et des cités jardins réinterprétées avec l’aisance d’un Grand Prix de Rome.

En 1912, le site historique de Lyon est saturé et le conseil municipal porté par son maire Édouard Herriot acte le principe d’un plan d’extension et d’embellissement pour maîtriser le fort développement de la ville vers l’est. La municipalité souhaite urbaniser la banlieue sud-est de Lyon entre la Guillotière et Vénissieux par un important projet associant logements, équipements et industries.

En 1917, la première étude confiée à Garnier présente un boulevard industriel. Ce long et large boulevard avec au centre un tramway pour faciliter le déplacement des ouvriers est bordé d’industries nouvelles, d’habitations, d’équipements publics et de tous les services nécessaires à la vie d’un quartier.

En 1919, le périmètre d’étude s’est réduit et concerne une cité ouvrière avec ses habitations en communs pour la création d’un quartier industriel entre Guillotière et Vénissieux. Ce projet organisé autour du Boulevard des États-Unis présente des petits immeubles de trois étages sur rez-de-chaussée. Ceux-ci s’organisent par groupes de trois dans un « îlot ouvert », novateur à l’époque. Ils comprennent un bâtiment formé de logements ouvriers de trois pièces, un autre pour les quatre pièces et le dernier comptant cinq pièces. Conçu en 1920, un seul îlot sur les vingt-huit envisagés sera réalisé sur ce principe entre 1921 et 1925. En 1926, faute de crédits, les travaux sont arrêtés.

En 1930, le projet est relancé et le maire demande à l’architecte de densifier le programme en ajoutant deux niveaux aux immeubles. « L’architecture perd alors la qualité du rapport à la lumière naturelle pour chaque logement mais aussi son ambiance de cité jardin » . L’architecte, probablement désabusé, ne suivra pas le chantier.

Les constructions s'organisent selon un plan en damier autour d'une artère principale, les impératifs économiques entraînent la réduction de la surface du terrain ainsi que la surélévation des immeubles jusqu'à 5 étages et la suppression de certains équipements collectifs prévus lors du projet initial.

L'exemple de l’îlot prototype conçu en 1920 et réalisé entre 1921 et 1925 :

Cet îlot est le meilleur témoin d’un projet d’habitation au service de l’usager tel que l’imaginait et le pensait l’architecte. Peu dense, peu élevé, en conséquence très aéré et ensoleillé, bien desservi, l’îlot en tête du boulevard est en rapport avec le végétal par ses allées piétonnes et ses traboules. Il est constitué de trois immeubles dont l’architecture s’inscrit dans une expression « moderne » par la simplicité de ses formes avec décrochements, l’orthogonalité de ses tracés, la variété des rythmes des percements, la modestie dans l’apparence, l’absence de décor. Ils sont construits en béton de gravier pour le sous-sol et le rez-de-chaussée, de mâchefer pour les élévations et armé pour les planchers suivant un principe très utilisé à Lyon. Les logements des « trois maisons » proposent un grand confort pour l’époque avec une entrée, un séjour central, une cuisine fonctionnelle et des toilettes intérieures. Ils s’ouvrent par leurs balcons sur la quiétude du paysage permettant de saisir la bienveillance de l’auteur et nous portant à la rencontre des voyages qui l’ont inspiré.

Garnier dessinait ou peignait au quotidien semble-t-il. Avec les croquis des Pesquiers, dessinés le 17 mai 1915, l’architecte traduit l’importance de l’approche pittoresque dans sa réflexion sur l’habitation, l’hygiène, le confort, l’esthétique, le plaisir. En relevant l’architecture vernaculaire des petites maisons de pêcheurs et de sauniers il retrouve l’essentiel d’une œuvre sans décor. Sur fond de paysage méditerranéen, il interprète, en virtuose, les thèmes du patio, de la pergola, de la façade, de la forme, dans une architecture en béton, son matériau de prédilection. De nombreuses planches relatives au quartier d’habitation de la Cité Industrielle (planches 71 à 80)sont probablement inspirées de ce voyage. La présence de pins parasols et de cyprès dans le paysage ou depergolas en façades des maisons est édifiante. Sur le quartier des États-Unis et plus particulièrement sur le premier îlot construit, les rapports entre le jardin, la rue et « les maisons » sont imprégnés de cette ambiance.

À la fin des années 1980, Grand Lyon Habitat entreprend une vaste réhabilitation de son patrimoine HBM. Celle-ci s’étalera sur une décennie : le quartier des États-Unis est alors rebaptisé « La Cité Tony Garnier » avec ses 1 500 logements répartis sur 45 bâtiments pour plus de 4 000 locataires. En 1989 une campagne de peintures murales est mise en place et réalisée par Cité Création (design mural monumental).

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle
Dates1920, daté par source
1925, daté par source
1935, daté par source

L'ensemble des prototypes est constitué de trois immeubles dont l’architecture s’inscrit dans une expression « moderne » par la simplicité de ses formes avec décrochements, l’orthogonalité de ses tracés, la variété des rythmes des percements, la modestie dans l’apparence, l’absence de décor. Ils sont construits en béton de gravier pour le sous-sol et le rez-de-chaussée, de mâchefer pour les élévations et armé pour les planchers suivant un principe très utilisé à Lyon. Les logements des « trois maisons » proposent un grand confort pour l’époque avec une entrée, un séjour central, une cuisine fonctionnelle et des toilettes intérieures. Ils s’ouvrent par leurs balcons sur la quiétude du paysage permettant de saisir la bienveillance de l’auteur et nous portant à la rencontre des voyages qui l’ont inspiré.

Une demande de protection au titre des monuments historiques a été faite par une association spécialisée dans l'architecture XXe siècle en 2018. Le dossier est passé en délégation permanente et a été retenu c'est une première étape avant peut-être un passage en CRPA. (en cours)

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Tony Garnier (1869-1948)

    Tony Garnier (1869-1948), qui édifia l’essentiel de son œuvre à Lyon

    – où il naît au cœur du quartier de la Croix-Rousse – est demeuré longtemps

    méconnu au-delà de sa ville natale. Incontestablement lié à la figure d’Édouard

    Herriot, maire bâtisseur d’une longévité exceptionnelle, Garnier n’a en effet

    jamais pu mettre en œuvre, hormis par fragments, le grand projet utopique de la

    « Cité industrielle » mis au point dès le début du XXe siècle et qui lui tenait tant à cœur.

    Élève de l’École des beaux-arts de Paris, grand prix de Rome, c’est

    pourtant à la villa Médicis qu’il travaille à son projet d’Une cité industrielle qui fait

    scandale quand il est reçu à Paris. Malgré l’oubli et les dénaturations dont

    ses bâtiments ont parfois été les victimes, ses principales réalisations – les

    abattoirs de la Mouche, le stade de Gerland, l’hôpital Édouard-Herriot et la

    cité des États-Unis à Lyon, les villas néo-romaines de Saint-Rambert et de

    Saint-Didier-au-Mont-d’Or, ou encore l’hôtel de ville de Boulogne-Billancourt

    qu’il construit à la demande du député maire André Morizet – méritent

    assurément le détour.

    Le Corbusier, Auguste Perret et bien d’autres ont rendu hommage à

    Tony Garnier, soulignant l’atypisme de son parcours, son utilisation précoce du

    béton armé et, au final, sa contribution éminente à l’architecture et à

    l’urbanisme du XXe siècle.

    Bibliographie :

    Thèse de Claire Berthet sur le quartier des Etats-Unis, Université

    Lumière Lyon 2, 1993.

    Pierre Gras, Tony Garnier, Ed. du patrimoine, collections carnets d’architecture, 2013.

    Outre un portfolio et une biographie détaillée et synthétique qui

    n’oublie pas son œuvre de peintre, les 2 auteurs proposent l’étude détaillée

    des projets majeurs de l’architecte, qu’ils aient été réalisés ou pas. Cette

    monographie consacrée à Tony Garnier permet d’aborder facilement son œuvre, de

    la resituer dans son époque et d’en saisir immédiatement les temps forts.

Références documentaires

Bibliographie
  • BERTIN, Dominique. CLEMENCEAU, Sophie. Lyon-Guide. Paris, Arthaud, 1986

    p. 227-228
  • Claire Berthet, Naissance d'un quartier : les États-Unis de Lyon (1930-1980), publication de la thèse de doctorat de l'université Lyon 2, 1993.

  • Berthet Claire, Contribution à une histoire du logement social en France au XXe siècle - Des bâtisseurs aux habitants, les HBM des États-Unis de Lyon , l'Harmattan, 1997

    AP
  • Gras Pierre, Tony Garnier, collection Carnet d'architecte, édition du Patrimoine (CMN), 2013.

    AP
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