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Lycée de la Plaine de l'Ain

Dossier IA01000549 réalisé en 2009

Fiche

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Le Lycée de la Plaine de l´Ain

Une entreprise résolument moderne

C´est dans le contexte du premier choc pétrolier de 1973 et de l´émergence du nucléaire comme énergie alternative aux produits pétroliers (la centrale nucléaire du Bugey, à quelques kilomètres d´Ambérieu, est inaugurée depuis peu) que s´inscrit le projet, conduit par le District de la Plaine de l´Ain, de construire un lycée d´enseignement général et technologique à Ambérieu-en-Bugey, en 1977. Dès sa définition, le projet prend en compte les objectifs pédagogiques et fonctionnels du programme de construction, les préoccupations d´économie d´énergie, fortement exprimées par le maître d´ouvrage et la recherche d´un système constructif performant.

En 1979, Claude Ivorra crée un concept totalement nouveau, fondé sur les performances d´une substance chimique, le phénol, associée à une énergie thermique (électricité, solaire, gaz...) qu´il organise en 'Structure d´énergie (r)' : le concept permet d´organiser l´espace architectural en traitant conjointement système constructif et système thermique. Adhérant à sa cause, les architectes Jean-Marie Pison et Stéphane Plisson, accompagnés d´une petite dizaine d´autres au sein de l´Atelier de recherches et de réalisations architecturales (ARRA), dessinent le concept architectural autour de la structure d´énergie de Claude Ivorra.

Ils créent un principe constructif qui agit sur la thermique du bâti, grâce à l´hyper isolation, le passif et l´actif solaire, enfin le stockage inter-saisonnier par hydro-accumulation.

L´innovation de Claude Ivorra (Phénol Ingenering) et des architectes de l´ARRA repose sur cette organisation centrée sur l´énergie solaire, conçue pour des structures importantes. La construction comme l´installation technique utilisent des techniques industrialisées. Par ailleurs, l´architecture exprime l´organisation pédagogique du lycée.

Il s´agissait là de répondre à la demande de l´Education nationale : construire un lycée d´enseignement général, scientifique (chimie, biochimie, bactériologie, physique-chimie) et technique (mécanique générale, électronique, électrotechnique), pouvant accueillir 1200 (pour la 1ère tranche) à 1500 élèves. Le District de la Plaine de l´Ain choisit un terrain de près de 3,5 ha à la périphérie d´Ambérieu-en-Bugey. Situé dans une zone encore non bâtie et agricole, le terrain est plat, sans contrainte particulière d´insertion urbaine, à proximité d´équipements sportifs (gymnase, piscine) et d´une zone d´activité qui commence à se développer (en trois décennies, le secteur s´est fortement urbanisé, accueillant une zone d´activité économique et tout proche du lycée, l´espace culturel 500).

Sur les treize équipes participant au concours en 1980, quatre sont retenues pour l´avant-projet sommaire (APS). En octobre 1980, le choix du District de la Plaine de l´Ain se porte sur le projet de ARRA/Phenol Engineering, remarquable par sa qualité architecturale et par son projet solaire résolument innovant. C´est véritablement un lycée d´une autre génération´ qui est conçu, tant sur l´aspect énergétique qu´architectural et technique.

Organisation spatiale et système constructif

La "Structure d´énergie (r)" est un brevet Phenol Engineering. C´est un concept général d´infrastructure qui lie la statique et la thermique d´un bâtiment et les fait vivre en symbiose. Le principe de construction est indépendant du programme, de la source d´énergie qui sert au changement thermique et des systèmes de construction qui pourront venir se greffer sur ces supports et les relier de façon variée. Dans le cas du lycée de la Plaine de l´Ain, les choix techniques ont été faits sur l´énergie de chargement du stockage (énergie solaire) et le système constructif mixte (acier, béton, bois).

L´infrastructure du bâtiment est constituée par 40 cuves - cylindres porteurs - verticales, d´un diamètre de 3,60 m, en béton armé, assurant un rôle statique de descente de charge et un rôle thermique de stockage de charge. Ces cylindres - ou cuves - intègrent le stockage hydraulique et son isolation (dans les mois qui ont suivi l´ouverture du chantier, l´émergence de cette forêt de cylindres de béton brut, donc chacun est une réserve d´eau chaude, a suscité le surnom de "bouteille thermos"). La superstructure est assurée par des poutres métalliques tridimensionnelles s´appuyant sur les cuves et formant ainsi portiques. Ces derniers forment un maillage de l´espace suivant une trame régulière de 12,60 m x 16,20 m. La structure primaire est assurée par l´ensemble des planchers et suspendue aux poutres tridimensionnelles de la superstructure, ainsi que les structures secondaires (lamellé-collé des façades et serres).

Cinq bâtiments de R à R+2 sont groupés en couronne autour d´une place centrale. Ils sont reliés par une galerie de liaison interne en dispositif annulaire, permettant une déambulation continue au rez-de-chaussée comme à l´étage. L´ensemble est orienté sud/sud-ouest.

Une poutraison horizontale tridimensionnelle s´appuie sur deux cuves-cylindres, définissant ainsi une série de portiques de 24 m de portée. A ces portiques sont suspendus les planchers, définissant des plateaux de 300 m2 libres permettant l´accueil des différents espaces (salles d´enseignement, documentation, administration, ateliers...) sans contrainte particulière de structure. Les planchers ont par ailleurs une fonction thermique de restitution. Les façades portées translucides, les serres et les façades portées opaques inclinées à 60° sont associées à ces planchers. Les façades à 60° d´inclinaison ont une fonction thermique d´hyper isolation, et celles au Sud/Sud-Ouest une fonction solarisée active.

L´alternance des pans inclinés, opaques et à fonction technique précise - captage de l´énergie solaire -, et des surfaces vitrées verticales translucides (serres, salles) souligne à l´extérieur les différents espaces ; la lumière tient une place importante, par l´ampleur des surfaces vitrées, en façade comme en toiture.

Les locaux sont répartis en groupes fonctionnels :

- la place centrale et les locaux communs ;

- les locaux à caractère scientifique et technique ;

- les locaux d´enseignement général.

Cette décomposition en degrés de structures permet de réaliser les différents éléments sous forme de composants industriels de construction.

Conception

La démarche de conception du bâtiment s´est décomposée en trois phases :

- phase 1 : étude du programme de construction ; quantification des besoins de surface ; distribution, attribution de ces surfaces et relations ; détermination des niveaux ;

- phase 2 : éclatement en sous-ensembles : détermination d´unités fonctionnelles ensoleillables et de zones d´exposition solaire de chaque unité ;

- phase 3 : éclatement des sous-ensembles en systèmes autonomes unidirectionnels permettant une meilleure gestion de la redistribution de calories et une modulation et une normalisation des pièces constructives, rendant ainsi possible l´industrialisation des composants.

Le lycée comprend les bâtiments groupés autour d´un patio central, accueillant l´ensemble des espaces dévolus à l´enseignement et à la vie des élèves : salles de classe, administration, documentation, restaurant, ateliers. Un peu à l´écart est construit un immeuble de logements de fonction, sur le même principe (le gymnase, élevé au nord de la parcelle le long de la voie ferrée, ne reprendra pas le principe initial. L´immeuble des logements de fonction a fait l´objet d´une reprise des couvertures et de l´isolation en 2006). Le tout est entouré d´une haie végétale soignée (saules nains, bouleaux, charmilles), conférant à l´ensemble un environnement verdoyant et serein.

Un projet innovant + un principe innovant = un chantier et un bâtiment hors des sentiers battus

L´objectif poursuivi par les concepteurs comme par les maîtres d´ouvrage est d´économiser de l´énergie, en utilisant l´énergie la plus douce et renouvelable qui soit : l´énergie solaire. Dans un contexte où le nucléaire provoquait batailles rangées et protestations populaires, le choix délibéré de construire un établissement public, de surcroît destiné à l´enseignement, était un signe clair : on pouvait associer les performances du nucléaire aux promesses du solaire.

Le choix de l´emplacement n´était en soi pas anodin : à quelques kilomètres du site du lycée se dressent les quatre tours de refroidissement de la toute neuve centrale nucléaire du Bugey, faisant déclarer au sénateur-maire du moment, Guy de la Verpillière, l´un des acteurs du projet : Nous démontrons (...) que les ressources provenant de l´énergie nucléaire peuvent favoriser l´essor des énergies nouvelles (Cité par Pasquier (Armand), "Energies : quand le nucléaire finance le solaire", Vie publique, n°106, septembre 1981). En effet, une partie des ressources financières générées par la centrale a servi au financement partiel du lycée, dont le coût total de près de 70 millions de francs est subventionné en partie par l´État (28 %), le Commissariat à l´énergie solaire (Agence française pour la maîtrise de l´énergie) à hauteur de 2 %, et principalement par la Région, dont les taxes versées aux communes riveraines par la centrale du Bugey permettent de consolider les emprunts et d´en payer les intérêts (Michel (Robert), "Un lycée "énergétique" dans l´Ain", Le Monde Dimanche, 1982).

Les conditions posées par le district de la Plaine de l´Ain et la Région Rhône-Alpes de réaliser une performance en matière d´économie d´énergie imposaient de sortir des normes architecturales et techniques jusque là employées, et donc des normes de prix.

Mise en oeuvre des éléments de construction

Les sols sont mis en état : les fondations sont établies par semelle carrée, en pleine fouille, au droit des cuves. Le lycée est comme posé sur le sol.

Les cuves sont préparées en usine. Sur une âme en tôle revêtue de treillis soudé est coulé un revêtement béton, autour duquel est moulée la mousse phénolique isolante. Un coulage d´un second revêtement en béton armé est effectué, qui va supporter les descentes de charge. Les cuves ainsi préparées sont acheminées sur le chantier, posées et assemblées par soudage.

Chaque cuve est reliée par une longrine longitudinale, support des planchers sur vide sanitaire. En périphérie sont posées des longrines servant d´embase aux façades.

Sur le chantier sont préparés les planchers en béton armé, dans lesquels sont incorporés les fourreaux électriques et les grilles chauffantes.

Les poutres tridimensionnelles sont fabriquées en atelier ; métalliques, elles sont à membres tubulaires de section carrée, intégrant les supports de fixation de couverture. Acheminées sur le chantier, les poutres sont posées sur le chapiteau des cuves. Chaque plateau de 300 m2 est mis en suspension entre les portiques : les planchers sont levés par 16 vérins hydrauliques doubles sur suspentes provisoires, alimentés par une pompe unique. Le plancher ainsi hissé est bloqué sur 16 suspentes définitives ; le niveau de fixation est repéré sur chaque suspente ; un autre levage est mis en oeuvre pour accéder au niveau requis, par vérins, puis le plateau est calé par écrous de blocage. Enfin, le plancher mis de niveau est posé définitivement.

Reste à fermer la boîte par la pose des parois extérieures. Ces dernières sont fabriquées en atelier. En toiture, le bâtiment est coiffé par des terrasses métalliques recueillant les éléments d´isolation et d´étanchéité. Des sheds vitrés sur poutres ainsi que des poutres solaires viennent compléter le dispositif de toiture. Deux types de façades sont posées : des verticales à ossature bois lamellé-collé et des façades inclinées en bardage métallique double-peau à mousse phénolique injectée et ossature noyée.

La coque est prête à recevoir les éléments de second oeuvre : cloisons et portes, système de restitution thermique, gaines de chauffage, électricité, plomberie, peintures, carrelages, etc.

Principe de chauffage

Les architectes et ingénieurs ont conçu un bâtiment dont la thermique concourt à favoriser au mieux le chauffage. Les quatre bâtiments constituant le lycée sont indépendants les uns des autres ; chacun fonctionne de manière autonome, sans liaison thermique avec les voisins. Les locaux à chauffer sont hyper isolés : l´épaisseur des bâtiments favorise la concentration de chaleur, les serres intercalées sont autant de tampons thermiques entre les zones utiles, tout en ayant une fonction d´éclairement importante. Les matériaux des parties constitutives participent à cette performance thermique : sheds vitrés double-peau en polycarbonate, double vitrage en façade, façades en bois lamellé-collé.

Les ponts thermiques sont limités, grâce notamment à la fixation des façades par ossature noyée. L´établissement bénéficie d´apports thermiques passifs, par l´abondance des serres et des vitrages de façade ; d´apports thermiques gratuits, par l´éclairage important et les élèves eux-mêmes considérés comme autant de sources d´énergie thermique ; d´apports thermiques actifs solaires, par les façades et les poutres solaires captantes, récupérés tout au long de l´année par stockage dans les cuves.

L´énergie gaz est dès l´origine de la conception associée au dispositif, en qualité d´apport d´appoint. Prévu pour agir essentiellement en secours, il est mis en oeuvre toutefois pour l´espace de restauration.

Les besoins thermiques de chaque partie du bâtiment sont gérés par micro-processeur de manière centralisée, contrôlant 370 points répartis dans les locaux ; cette gestion informatisée est totalement innovante pour l´époque. Les informations enregistrées permettent d´enclencher par bâtiment l´ensemble des phases assurant la régulation thermique.

La mécanique de chauffage se déroule en trois phases : captage, stockage, restitution.

Le captage de l´énergie solaire passe par 1 500 m2 de panneaux disposés sur les façades inclinées. Le fluide caloporteur, de l´eau glycolée, fonctionne en circuit fermé jusqu´à l´échangeur solaire. Ce dernier chauffe l´eau stockée dans les cuves (circuit stockage) ou circulant librement dans les planchers chauffants (circuit direct).

Le stockage représente près de 2 600 m2 d´eau réchauffée grâce aux capteurs par l´intermédiaire d´un échangeur solaire. La répartition du stockage en plusieurs cuves pour un même bâtiment permet une gestion originale des stocks par rotation. La totalité des capteurs chauffe toujours la cuve la plus froide. En fin de période estivale, la totalité du stockage se situe à 85° C. En début de période de chauffe, une cuve alimente le circuit hydraulique des planchers chauffants et chauffe l´air neuf du circuit aérolique double flux. Dès que cette cuve est froide (25° C environ), on puise sur une seconde cuve et on bascule la totalité des capteurs sur la cuve froide. Ainsi, les capteurs travaillent dans les meilleures conditions de rendement. Laissées en l´état, les autres cuves déperdent dans les serres.

La restitution comprend deux modes de distribution de la chaleur : mode hydraulique et mode aérolique.

La restitution hydraulique fonctionne par un circuit hydraulique à basse température en planchers chauffants. Elle assure une température de base de 12° C. Le chauffage est ainsi exclusivement assuré par le solaire : en direct (l´échangeur solaire chauffe directement l´eau circulant dans le plancher), ou par déstockage (les cuves préchauffées alimentent les planchers chauffants).

Plus complexe, la restitution aérolique double flux est un système permettant d´évacuer l´air vicié et d´introduire de l´air neuf simultanément. Pour le lycée, le double flux assure le complément de chauffage jusqu´à 18° C en période d´occupation des locaux, et permet de maîtriser le renouvellement d´air.

L´air ambiant est canalisé au sommet des serres, elles-mêmes chaudes en période ensoleillée. Cet air chaud préchauffe dans un échangeur l´air neuf et généralement froid puisé à l´extérieur. La température de cet air neuf préchauffé peut être élevée à la sortie de l´échangeur par une série de batteries dont la première est solaire, la seconde alimentée par le circuit de secours au gaz qui module la température de l´air en fonction de la position du local chauffé (en façade nord, sud ou en position centrale).

Ainsi amené à température, cet air est pulsé dans les classes par des gaines de circulation apparentes en plafond.

En été, le double flux se limite à évacuer l´air vicié chaud des classes et des serres et à introduire l´air neuf extérieur frais sans passer par l´échangeur, les batteries n´étant pas alimentées.

Second souffle

Fondée sur une technique expérimentale, dont le lycée de la Plaine de l´Ain constituait une première grandeur nature et un champ d´expérimentation en devenir, la construction est menée très rapidement, sur deux années (1980-1982). Les difficultés s´accumulent pour les maîtres d´oeuvre, qui réunissent autour d´eux des sociétés innovantes développant chacune une part technique du concept "Structure d´énergie (r)". L´équipe ingénierie de maîtrise d´oeuvre se compose, outre de l´ARRA (architectes) et de Phénol Engineering (structure d´énergie et ingénierie solaire), de la société SECBA (structure, basée à Seyssinet, 38), la société ETES (chauffage, à Grenoble), des Lauriers (électricité, à Grenoble), Bourne paysagiste à Saint-Marcelin, Serra spécialisé dans la voirie et réseaux divers (Grenoble) ; coordination et maîtrise de chantier sont conduites par Algoé (Chambéry) et le bureau de contrôle est la société C.E.P. (Annecy).

Le projet permet le développement de structures nouvelles, particulièrement la société Bonna à Lyon pour les cuves de stockage (qui a poursuivi le développement de ses techniques innovantes).

Le concept, la fabrication des éléments, mi-artisanale, mi-industrielle, les études permanentes sur les diverses parties techniques à mettre en oeuvre conduisent à un inévitable dépassement budgétaire. Si bien que la plupart des maîtres d´oeuvre rencontrent des difficultés matérielles occasionnées par les retards de paiement.

Malgré ces vicissitudes, le lycée de la Plaine de l´Ain est livré pour la rentrée 1982-1983.

Très rapidement, le principe technique mis en oeuvre présente de nombreux dysfonctionnements, dus à des défauts de fabrication dans la production des pièces constitutives. Par ailleurs, Claude Ivorra, jeune concepteur du principe de construction "Structure d´énergie (r)" décède peu de temps après la réalisation du lycée. Cette disparition rend difficile, voire nulle, toute tentative d´étude et de correction des éléments défectueux. En 1994, les gestionnaires sont dans une impasse. Le bâtiment est froid l´hiver, bouillant l´été, la production d´eau chaude fait défaut pour la cuisine (qui sert 1 100 repas par jour sur 4 jours par semaine). La gestion technique du chauffage est changée en 1996, ce qui permet d´améliorer les périodes de chauffe des colonnes d´eau et leur distribution dans le bâtiment. Il fallait également reprendre l´entretien du bâtiment.

Des études étalées sur 10 ans conduisent aux travaux de réfection de 2003 à 2006, portant sur la reprise des façades et des couvertures ; la mise en place de panneaux solaires neufs ; la maintenance des cuves ; la reprise totale de l´étanchéité du bâtiment ; la reprise des menuiseries, des serres et de l´isolation.

Le chantier de réhabilitation a revêtu des interventions importantes. De grosses dégradations étaient constatées sur le couvert, le phénol utilisé dans la construction ayant percé les parements. La mousse phénolique, appliquée entre deux tôles, a donc été retirée. L´ensemble des terrasses a fait l´objet d´une reprise totale d´étanchéité, y compris les murs.

Tous les panneaux thermiques ont été remplacés. L´ensemble des panneaux solaires en façade sud a été changé, leur surface actuelle étant moins importante que la surface initiale, mais avec un rendement supérieur, dû au développement considérable de la technologie. L´étanchéité des façades inclinées à 60° a été entièrement reprise ; les panneaux solaires initialement installés au nord, à l´est et à l´ouest ont été systématiquement remplacés par des bacs en tôle. Sur les façades sud ont été placés des brise-soleil, des stores extérieurs sur les autres façades. L´extérieur des parties maçonnées a été revêtu d´un bardage en trespa, panneau rigide imputrescible peint couleur bordeaux.

Tous les sheds ont été recouverts en bac tôle, réduisant la surface d´éclairage. Les bords de terrasse ont été repris, avec installation de garde-corps, répondant ainsi aux exigences de sécurité. Les vitrages ont été entièrement repris. Afin d´en faciliter la maintenance, la surveillance et l´entretien, une galerie technique a été mise en place au-dessus de toutes les cuves ; une galerie de maintenance a été créée dans chaque serre.

Les serres sont maintenues et fonctionnent comme un tampon thermique entre l´extérieur et l´intérieur, avec la mise en place d´une aération permettant de réguler la température de l´air à l´intérieur.

Les extensions prévues dès la conception ont été réalisées, mais avec l´usage du gaz plus systématique. L´électricité intervient pour le fonctionnement de cinq stations d´échangeurs de l´eau chauffée des cuves dans l´ensemble du bâtiment : planchers chauffants en circuit fermé, radiateurs, climatisation des bureaux et des salles techniques, ventilation des classes en air chaud ou froid selon les saisons.

L´ensemble de ces interventions a amené une importante amélioration du confort thermique, tout en en conservant l´esprit initial.

Matériel pédagogique et objets mobiliers

Dès sa création, le lycée a été destinataire du 1 % artistique. L´oeuvre a été commandée au sculpteur Jacques Perreaut et installée en 1984 (CICRP Marseille, avec la participation de l´Ecole Saint-Luc de Liège : État et conditions de conservation des oeuvres réalisées au titre du 1% création artistique dans les lycées de la région Rhône-Alpes. État des lieux. Étude commandée par le CRRA en 2008, opération réalisée en 4 campagnes entre novembre 2008 et novembre 2009. Peillod (Claire), Inventaire des oeuvres d´art implantées dans les lycées de Rhône-Alpes, Région Rhône-Alpes, décembre 1996). Inspiré par le travail d´ingénierie militaire de Vauban, il met en oeuvre une série de pyramides en acier surplombant un tertre artificiel et disposées le long d´un mini canal, également revêtu de plaques d´acier.

Jugé dangereux par un proviseur, le monument sert d´appui aux lycéens pendant leur temps libre, voire aussi de support de mots échangés.

On peut considérer que le lycée lui-même est un matériel pédagogique à l´échelle 1 relatif à l´énergie solaire et son usage sur de grandes surfaces, pour l´alimentation en chaleur et en éclairage d´un lieu à usage public. L´établissement participe annuellement à des manifestations centrées sur l´énergie solaire et remporte régulièrement des distinctions.

Précision dénominationlycée d'enseignement technologique et général
Appellationsde la Plaine de l'Ain
Destinationslycée
Parties constituantes non étudiéesserre, cour, parc
Dénominationslycée
Aire d'étude et cantonRhône-Alpes
AdresseCommune : Ambérieu-en-Bugey
Adresse : rue
Léon-Blum
Cadastre : 2007 AM 269

Le District de la Plaine de l'Ain commande en 1983 un lycée conçu autour de l'énergie solaire. Peu de temps après son inauguration en 1983, apparaissent de nombreux dysfonctionnements, dus à des défauts de réalisation et à la disparition prématurée de l'entreprise PhénolEnergie (à l'origine du principe mis en oeuvre et qui a beaucoup fait évoluer l'usage de l'énergie solaire appliquée à des établissements à usage collectif), et à la production des pièces : il fallait changer les capteurs et les poutres. Le bâtiment génère son chauffage (ambiance et eau) à l'aide de 480 m2 de panneaux solaires. La commande de régulation et de distribution du chauffage est faite à l'aide d'une gestion technique du chauffage (GTC) entièrement informatisée, changée en 1996. Les importants travaux conduits entre 2003 et 2006 ont optimisé l'ensemble de l'installation et abouti à un usage maîtrisé de l'énergie solaire associée au gaz.

Période(s)Principale : 4e quart 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates1983, daté par source
1988
Auteur(s)Auteur : ARRA: Pison Jean-Marie architecte), Plisson Stéphane attribution par source

Le lycée comprend 4 bâtiments construits autour de 42 cuves thermiques, reliés entre eux par des galeries générant une vaste cour centrale. Trois niveaux : rez-de-chaussée, niveau 1 et niveau 2. Sur la parcelle s'élèvent la maison pyramidale englobant 3 appartements de fonction et le long de la voie ferrée le gymnase. Au total s'élèvent 7 bâtiments annexes. Des poutres métalliques relient et amènent câbles et tuyaux dans l'ensemble des bâtiments constitutifs ; les plafonds et les dalles sont suspendus. Sur les façades sont placés de larges panneaux solaires obliques pourvus de capteurs. Les travaux réalisés entre 2003 et 2006 portent sur les façades et ouvertures ; les capteurs solaires ont été changés, les cuves maintenues, l'étanchéité entièrement refaite, ainsi que les menuiseries et les serres, qui servent de tampon thermique et contribuent à la régulation de la température intérieure.

Mursbéton
verre
métal
Toitacier en couverture, béton en couverture
Étagesrez-de-chaussée, 2 étages carrés
Couvrementscharpente mixte apparente
Couverturesterrasse
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier droit
escalier intérieur : escalier tournant à retours en charpente métallique
Autres organes de circulationsascenseur
Énergiesénergie solaire
énergie thermique
Typologiescorps de bâtiment groupés sur cour centrale
États conservationsbon état

Lycée à l'origine en zone non bâtie, très rapidement urbanisée au cours du dernier tiers du 20e siècle. Aujourd'hui environné de constructions, particulièrement d'une zone d'activité économique. Les éléments remarquables de la structure consistent dans l'ensemble des installations thermiques, dont les tampons thermiques aménagés en serre.

Statut de la propriétépropriété de la région

Références documentaires

Documents d'archives
  • Arch. Lycée Plaine de l´Ain. Réf. : BIL.LYC.SOLAIRE. Guerry Joël, Bilan des installations de chauffage solaire du lycée de la plaine de l´Ain à Ambérieu-en-Bugey (France) , [Enerpol Ingenierie, 149, rue Alexandre-Bérard, 01500 Ambérieu-en-Bugey, 0474345959, F. 0474382978, siret 33378732300026], Rhonalpenergie, 01 septembre [19]92., 141 p., dactylographié.

  • Arch. Lycée Plaine de l´Ain. Réf. : BIL.LYC.SOLAIRE. Guerry Joël, Bilan des installations de chauffage solaire du lycée de la plaine de l´Ain (hors chauffage solaire) , Rhonalpenergie, 01 septembre [19]92., 35 p., dactylographié (N. B. : synthèse),

  • Arch. Lycée Plaine de l´Ain. Réf. : INST.SOL.L.PLAIN. Guerry Joël, Rapport sur l´état des installations de chauffage solaire du Lycée de la Plaine de l´Ain à Ambérieu-en-Bugey [région Rhône-Alpes], 1 novembre [19]92, 76 p., dactylographié (N. B. : comprend : annexes).

  • Arch. Lycée Plaine de l´Ain. SCIC Développement, Etudes d´avant-projet détaillé, Réhabilitation du clos et du couvert du lycée de la Plaine de l´Ain à Ambérieu-en-Bugey, 59 p., dactylographié (N. B. : comprend : annexes).

  • Arch. Lycée Plaine de l´Ain. Lycée de la Plaine de l´Ain, 01500 Ambérieu-en-Bugey. Etudes d´avant-projet détaillé : réhabilitation du clos et du couvert, 31 mai 2001 (N. B. : mandataire : Auditoits conseils Lyon ; architecte : Bruno Pernici, Bourg-en-Bresse ; BE Structure métalliques/structure bois : Georges Deperraz SA, Annemasse ; économiste : Cosinus, Ambérieu-en-Bugey ; acousticien : Europe Acoustique Ingénierie Oullins ; Fluides : Fluitec, Oyonnax).

  • Arch. Stéphane Plisson Grenoble. Dossier d´étude : phase 1, mai 1980 (N. B. : plans 1 à 5).

  • Arch. Stéphane Plisson Grenoble. Dossier de consultation de concepteurs, phase 2, ARRA et Phénol Engineering, 104 p., dactylographié (N. B. : notice explicative ; format A4).

  • Arch. Stéphane Plisson Grenoble. Structures d´énergie, janvier 1983, 8 p. couleur.

Documents figurés
  • Plan masse chronologique et localisation de l'ensemble des bâtiments. 2011.

  • La construction du lycée de la Plaine de l´Ain en 1983. 117 photographies. Tirage papier : couleur. 1 classeur. Arch. Lycée Plaine de l´Ain.

  • Plans de la construction. Arch. Lycée Plaine de l´Ain.

  • Plans de la réhabilitation 2006. Arch. Lycée Plaine de l´Ain.

  • Planches de concours, croquis d´étude couleur. 12 photographies : tirage papier ; 10 x 15 cm. Arch. Stéphane Plisson Grenoble.

  • Photographies du bâtiment. 1983 -1984. Tirages ; 18 x 24 cm. Arch. Stéphane Plisson Grenoble.

Bibliographie
  • Etudes d'avant-projet détaillé : réhabilitation du clos et du couvert, 31 mai 2001. Lycée de la Plaine de l'Ain 01500 Ambérieu-en-Bugey. Mandataire Auditoits conseils Lyon ; Architecte Bruno Pernici Bourg-en-Bresse ; BE Structure métalliques/structure bois Georges Deperraz SA Annemasse ; Economiste Cosinus Ambérieu-en-Bugey ; Acousticien Europe Acoustique Ingénierie Oullins ; Fluides Fluitec Oyonnax.

  • GUERRY, Joël. Bilan des installations de chauffage solaire du lycée de la plaine de l'Ain à Ambérieu-en-Bugey (France). Rhonalpenergie, septembre [19]92. 141 p., dactylographié. Réf. BIL.LYC.SOLAIRE.01 [Enerpol Ingenierie, 149, rue Alexandre-Bérard 01500 Ambérieu-en-Bugey, 04 74 34 59 59, F. 04 74 38 29 78, siret 333-787-323 00026].

  • GUERRY, Joël. Bilan des installations de chauffage solaire du lycée de la plaine de l'Ain (hors chauffage solaire), synthèse. Rhonalpenergie, septembre [19]92. 35 p., dactylographié. Réf. BIL.LYC.SOLAIRE.01.

  • GUERRY, Joël. Rapport sur l'état des installations de chauffage solaire du Lycée de la Plaine de l'Ain à Ambérieu-en-Bugey. Région Rhône-Alpes, novembre [19]92. 76 p. + annexes, dactylographié. Réf.INST.SOL.L.PLAIN.1.

  • Lycée de la Plaine de l'Ain. Grenoble : Ed. Format, 1982. 16 p.

  • MICHEL, Robert. Un lycée "énergétique" dans l'Ain. Le Monde Dimanche. 1982.

  • PASQUIER, Armand. Energies : quand le nucléaire finance le solaire. Vie publique, 1981, septembre, No 106.

  • PEILLOD, Claire. Inventaire des oeuvres d'art implantées dans les lycées de Rhône-Alpes. Région Rhône-Alpes, décembre 1996.

  • PISON, Jean-Marie, PLISSON, Stéphane, ARRA. Le soleil au lycée : Lycée de la Plaine de l'Ain, Ambérieu. L'Architecture d'aujourd'hui, 1981, septembre, No 216, p.70-73, pl., croquis.

  • PISON, Jean-Marie PLISSON, Stéphane, ARRA. Lycée de la plaine de l'Ain, Ambérieux[sic]. L'Architecture d'aujourd'hui, 1983, novembre, No 230, p. XXVIII, photogr. en coul., plans, coupe.

  • PISON, Jean-Marie PLISSON, Stéphane, ARRA. Pour une maîtrise des énergies douces : lycée solaire de la plaine de l'Ain à Ambérieu. Techniques et architecture, 1984, juin-juillet, No 354, p. 106-108, photogr., plan, coupe, axono.

  • RIGAUD, Charlotte. Le lycée solaire réhabilité. Systèmes solaires, le journal des énergies renouvelables, 2007, No 180.

  • SCIC DEVELOPPEMENT. Etudes d'avant-projet détaillé, Réhabilitation du clos et du couvert du lycée de la Plaine de l'Ain à Ambérieu-en-Bugey. 59 p. + annexes, dactylographié.

  • Structures d'énergie Bonna. Grenoble : Ed. Format, 1983. 8 pages, ill. couleur.

  • Lycée de la Plaine de l'Ain. Grenoble : Ed. Format, 1982. 16 p.

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel - Dandel Elisabeth
Elisabeth Dandel

Inventaires de lycées de la région Rhône-Alpes : Gabriel-Faure à Tournon-sur-Rhône, La Martinière à Lyon, Champollion à Grenoble, Plaine de l'Ain à Ambérieu-en-Bugey (2009-2011) ; Jean-Puy à Roanne, Claude-Fauriel à Saint-Étienne (avec Frederike Mulot), Claude-Berthollet à Annecy, Claude-Vaugelas à Chambéry, Olivier-de-Serres à Aubenas, Émile-Loubet à Valence, Robert-Doisneau à Vaulx-en-Velin (avec Frederike Mulot), Pierre-du-Terrail à Pontcharra (avec Frederike Mulot). Inventaire topographique de deux communes de l'ancien canton de Trévoux (Pays d'Art et d'Histoire Dombes Saône Vallée, pour la communauté de communes Dombes Saône Vallée).


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