Logo ={0} - Retour à l'accueil

Moulin à huile et scierie du comte de Sonnaz puis Berthollet actuellement sans affectation

Dossier IA73003603 inclus dans Paysage du bassin-versant de l'Isère inférieure et du Val Gelon réalisé en 2014

Fiche

Dénominationsmoulin à huile, scierie
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Chamoux-sur-Gelon
HydrographiesRuisseau de la scie ; bassin-versant Isère inférieure-Val Gelon
AdresseCommune : Chamoux-sur-Gelon
Lieu-dit : Adresse : Cadastre : 2014 B 639, 640

Le 7 janvier 1861, le comte Hippolyte de Gerbais de Sonnaz (ou Gerbaix de Sonnaz), général à la retraite, demande l'autorisation de maintenir en activité la scierie et le pressoir à huile qu'il possède à Chamoux. A cette date, la scierie existe depuis plus de 35 ans. La visite des lieux se fait en présence d’Étienne Tronchet, fermier du comte. Le site est équipé de trois roues extérieures verticales par dessus : deux grandes de 3,20 mètres de diamètre et une petite de 1,60 mètre. L'une des roues est doublée en épaisseur et peut fonctionner dans un sens ou dans l'autre (FR.AD073, 47SPC3).

L'autorisation est accordée par arrêté préfectoral du 4 juillet 1864. Le pressoir à huile et la scierie sont visibles sur le premier cadastre français de 1882 ainsi qu'un battoir (section B, feuille 7, parcelle 419 et 420). A cette date, ils appartiennent au comte Victor de Sonnaz. Le pressoir et la scierie de Sonnaz sont mentionnés dans le tableau des Ponts et chaussées sur l'utilisation agricole et artisanale des cours d'eau de 1889 (FR.AD073, 35SPC7). D’après le cadastre rénové de 1957, le bâtiment du moulin à huile n'a pas été modifié mais la scierie a été agrandie. En 1960, le site est acheté par M.Berthollet qui le rénove et le fait fonctionner jusque dans les années 2010. Actuellement, les bâtiments sont toujours visibles mais sans affectation.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates1861, daté par source
1957, daté par source
1960, daté par source

Les artifices sont alimentés par le ruisseau de la scie, une dérivation du ruisseau de Montendry, qui se jette dans le Gelon. Le ruisseau de Montendry et celui de la scie se divisent immédiatement en aval de l'ancienne fabrique de pâte Allamand (IA73003602). Le ruisseau de la scie passe sous la route et le mur d'enceinte du château de Chamoux et traverse le parc où il alimente un bassin et une fontaine. Il traversait à nouveau un chemin au moyen d'un canal aérien en charpente pour rejoindre la scierie et le moulin à huile.

La scierie et le pressoir étaient installés dans deux bâtiments distincts. Actuellement, ils sont toujours visibles. Le bâtiment du moulin est de plan rectangulaire sur trois niveaux : un rez-de-chaussée, un étage et un étage de combles. Il est construit en pierre et couvert d'un enduit. Son toit à demi-croupes est en ardoise. La partie moulin se trouve au rez-de-chaussée. Elle est sans affectation mais le matériel de l'huilerie est toujours en place (conche, meule à huile, presse, etc.). Le reste du bâtiment est occupé par un logement.

Le bâtiment de la scie a été agrandi dans la première moitié du XXe siècle. Il est de plan rectangulaire sur un niveau. Il est constitué d'une structure en bois reposant sur des piliers de pierre. Sa toiture est en tôle ondulée. Le matériel de la scierie est toujours visible (charriot, scie, etc.).

Entre les deux bâtiments se trouve la roue verticale qui les alimentait. Il s'agit d'une roue métallique par-dessus.

Toitardoise, tôle ondulée
Plansplan rectangulaire régulier
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Énergiesénergie hydraulique
États conservationsbon état

Le site se trouve le long de la route longeant la propriété du château de Chamoux au nord. Il s'agit d'un site complet et particulièrement intéressant.

Les mécanismes du moulin sont représentés dans l'ouvrage : H.Barthélémy, Anciens moulins en Combe de Savoie, 2014, p.105.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Le courrier des Alpes, 30 août 1887.

    CHAMOUX. — On nous écrit le 27 août :

    Jeudi soir, vers neuf heures, des nuages noirs se massaient sur les communes de Chamoux et Montendry, ils étaient menaçants et les effets de la menace ne se sont pas fait attendre ; car entre neuf et dix heures, dans les feux croisés des éclairs et les détonations formidables et incessantes des tonnerres, la pluie tombait à torrents et en telle abondance que chaque pli du terrain formait instantanément un ruisseau : Toute l'eau qui s'écoulait ainsi par les flancs de la montagne, rencontrait dans le bas les lacets des routes stratégiques qui conduisent au fort de Montgilbert, suivait ces mêmes lacets, pour les emporter ensuite. Les éboulements sont nombreux sur la commune de Montendry.

    La commune de Chamoux a également beaucoup souffert : au troisième Berre, les eaux conduites par la ligne de l'ancienne route grossies outre mesure à leur débouché dans le ruisseau qui traverse ce village, ont amené une grande quantité de graviers, et malgré tous les efforts des habitants de graves dommages ont été éprouvé par les habitants de Berre. Le chemin qui le dessert a été emporté sur une grande longueur et plusieurs bâtiments sont devenus inaccessibles par l'accumulation des graviers.

    A Chamoux, les immeubles qui se trouvent en contrebas des derniers lacets de la route en construction, sont dans un état vraiment lamentable ; tantôt couverts de débris de toute sorte, tantôt profondément ravinés. Dans le bourg de Chamoux on croyait à une ruine complète ; la rue de la Mairie était transformée en un torrent impétueux et inabordable ; en quelques minutes les rez-de-chaussées et les sous-sols étaient envahis par les eaux et par la vase qu'elles entraînaient. Dans certaines caves les tonneaux étaient à la nage ; dans certaines écuries on a dû sortir précipitamment les animaux pour les soustraire au danger de l'asphyxie. Tous les travaux et barrages destinés à conduire l'eau à plusieurs moulins et aux fontaines du bourg, n'ont pu résister à la poussée énorme des eaux mélangées aux déblais jetés dans le lit du ruisseau par l'entreprise de la nouvelle route ; ils ont disparu sous leur poids. Ce qui constitue pour cette partie de la commune, par la privation d'eaux potables, une situation tout à fait déplorable.

Références documentaires

Documents d'archives
  • FR.AD073 sous-série 81S30, affaires diverses (1861-1937), scierie du Comte de Sonnaz, 1861-1864.

    AD Savoie : 81S30
  • FR.AD073 sous-série 47SPC3, Ponts et chaussées, service hydraulique, Chamoux-sur-Gelon, scierie du Comte de Sonnaz (ruisseau de Montendry) 1864.

    AD Savoie : 47SPC3
  • FR.AD073, 35SPC7, Ponts et chaussées, service hydraulique, Comptabilité, statistiques et affaires diverses (classement par année), 1876-1909.

    AD Savoie : 35SPC7
  • FR.AD073, 3P 7070, Premier cadastre français, Chamoux-sur-Gelon, Section B, feuille 6, 1882.

    AD Savoie : 3P 7070
  • FR.AD073, 3P 7071, Cadastre rénové, Chamoux-sur-Gelon, Section B, feuille 6, 1957.

    AD Savoie : 3P 7071
  • FR.AD073 sous-série J1706, Inventaire des moulins de Savoie. Association des amis des moulins savoyards. Nicole Gotteland, Louis Crabières, commune Chamoux-sur-Gelon, 1999.

    AD Savoie : J1706
Bibliographie
  • Le courrier des Alpes, 30 août 1887.

  • H.Barthélémy, Anciens moulins en Combe de Savoie et bas Val d'Arly, Cahier du Vieux Conflans, n°175, Société des Amis du Vieux Conflans, Albertville, 2014.

    p.104-105. CDP Savoie
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Assemblée des Pays de Savoie © Assemblée des Pays de Savoie - Bérelle Clara