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Moulins à farine Berard puis moulins Alexandry d'Orengiani actuellement sans affectation

Dossier IA73003420 inclus dans Paysage du bassin-versant de l'Isère inférieure et du Val Gelon réalisé en 2014

Fiche

Dénominationsmoulin à farine, moulin à huile
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Montmélian
HydrographiesRuisseau de coisin ; bassin-versant Isère inférieure-Val Gelon
AdresseCommune : Villard-d'Héry
Lieu-dit : Montange
Adresse : Cadastre : 2014 B 554 ; 550, 551 (canal)

Un moulin appartenant à André Mulliet apparaît sur la mappe sarde de 1728 (parcelle 1590) au lieu-dit "Moulin Berard". Un acte d'état du 6 février 1792, montre qu'à cette date le moulin est en mauvais état (voir annexe). Des correspondances de 1838 nous apprennent que le moulin appartient à la famille Alexandry d'Orengiani (FR.AD073, 29F19). Le moulin apparaît sur le premier cadastre français de 1876 (Section B, feuille 4, parcelle 563). Une facture de 1878 nous apprend que le baron Alexandry d'Orengiani a commandé une nouvelle presse à huile pour le moulin (FR.AD073 29F30). D’après le tableau des Ponts et chaussées de 1889 sur l'utilisation industrielle et agricole des cours d'eau, le site comporte un moulin, un pressoir et un battoir animés par deux roues par-dessus (FR.AD073, 35SPC7). Le site cesse probablement son activité peu de temps après car il n'est pas visible sur le recensement des moulins de 1917. Le bâtiment est toujours visible sur le cadastre rénové de 1876. Actuellement, il est toujours en place mais sans affectation.

Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Dates1728, daté par source

Le moulin est situé en rive gauche du ruisseau de Coisin. Il était alimenté par une dérivation appelée "canal des moulins". Cette dérivation alimentait en amont les moulins Fournier (IA73003421). Le moulin d'Orengiani disposait d'une réserve (celle-ci est déja visible sur la mappe sarde ; sur le premier cadastre français il s'agit de la parcelle 564) et fonctionnait par éclusée.

L'étude des cadastres montre que la configuration du site a très peu changé depuis la mappe sarde de 1728. Le bâtiment présente un plan en L sur un niveau. Il est construit en pierre et couvert d'un toit en ardoise. Il possède plusieurs ouvertures dont les arcs sont en brique.

Une meule est visible le long du chemin menant à l'ancien moulin.

Murspierre
brique
Toitardoise
Plansplan régulier en L
Étagesrez-de-chaussée
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
Énergiesénergie hydraulique
États conservationsbon état

Le moulin se trouve au milieu de parcelles cultivées. Il est situé non loin d'un centre équestre. Il est intéressant de noter que la configuration de ce moulin a très peu évolué depuis 1728.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Extrait d'un acte d'état des moulins Berard, 1792 (FR.AD073, 2C895, folio 236).

    "Le bâtiment forme un carré long qui donne un vide intérieur de cinq toises de longueur sur deux toises en largeur. Ce vide est divisé par deux murs de refends qui n'excèdent pas les poutres du plancher supérieur et forment trois appartements égaux dont l'un au couchant contient les artifices. Le second au milieu où est la porte d'entrée paraît avoir été la cuisine et celui qui est au levant forme une chambre. Tous les murs de ce bâtiment sont en partie écroulés, lézardés et hors de service. [...] Au couchant du bâtiment des moulins, il existait un battoir dont les pierres existent encore sur deux mauvais sommiers qui sont appuyés d'un côté sur le mur de face du moulin visant au couchant, et de l'autre sur un petit morceau de mur fait exprès qui est aussi hors de service et près à démolir [...]. Je François Rochat ayant fait la visite du moulin qui existe dans ce bâtiment rapporte que [...] la pierre dormante se trouve avoir quatre pieds de diamètre sur une hauteur de dix-huit pouces. Cette pierre est cassée en biais, elle peut moudre mais elle n'est pas solide [...]. La pierre tournante est aussi de quatre pieds de diamètre. Elle a six pouces de hauteur mais elle se trouve aussi fêlée et la portion fêlée ne peut guère durer et tombera bientôt alors il ne restera que trois pouces d'épaisseur qui seront d'usage. [...] Le rouet vulgairement appelé "trebet" qui reçoit les eaux du chéneau et fait tourner la pierre est encore d'usage au moyen que l'on y place deux cercles en fer que j'évalue vingt sols chaque cercle. [...] Il y a un autre chéneau qui prend l'eau à la bonde de l'étang et la donne au chéneau qui la porte au trebet. Ce chéneau que l'on appelle vulgairement "engoluire" est de douze pieds de long sur quinze pouces d’équarrissage. [...] La pièce de bois qui est au fond de l'étang qui est percée pour communiquer l'eau aux chéneaux à la volonté des meuniers est hors de service étant fendue par le milieu et répand l'eau, il en faut absolument placer une autre en bois châtaignier. [...] L'étang est absolument troublé [...] du dépôt des eaux, il est absolument indispensable de le vider de même que la biallière qui est aussi toute comblée [...] et elle est même rompue à différents endroits [...] Le tour qui soutient la corde pour soulever les pierres du moulin est très bon et peut servir mais il est nécessaire d'y placer un cercle de fer à chaque tête que j'évalue vingt sols pièce. [...] Il existait précédemment un battoir adapté au mur de face du moulin visant au couchant ; cet artifice est tout détruit, il n'y a que les deux pièces, la dormante et la tournante qui subsistent et qui peuvent servir pour rétablir cet artifice [...]".

  • Le courrier des Alpes, 4 août 1868.

    Les sieurs Jacques Rivol et Simon Christin, de Villard d'héry, tiennent à ferme de M.le baron d'Alexandry, maire de la ville de Chambéry, un bâtiment où se trouvait un moulin à deux tournants, avec grange contiguë. Le 20 du courant le feu a pris à la grange, qui contenait du blé et de la blache. Le manque d'eau occasionné par les fortes chaleurs a mis au dépourvu les gens accourus à l'incendie ; de sorte, que ce bâtiment a été anéanti presque en totalité,on n'a pu sauver que les bestiaux et une partie du mobilier. La perte éprouvée parle propriétaire est évaluée à 7,000 fr., celle des fermiers à 2,000 fr. Tout était assuré.

Références documentaires

Documents d'archives
  • FR.AD073, 2C895 (folio 236), Bureaux du tabellion : répertoires et registres del'insinuation des actes de notaires, par ressort des bureaux,Bureau du tabellion de Montmélian, 1697-1793.

    AD Savoie : 2C895
  • FR.AD073, C4699, Cadastre de 1728, Villard-d'Héry, 311, Vue 2, 1732.

    AD Savoie : C4699
  • FR.AD073 29F19, Archives familiales. Famille d'Alexandry d'Orangiani. Propriétés familiales : lettres et comptes relatifs aux propriétés de Coise et Montchabod, 1834-1839.

    AD Savoie : 29F19
  • FR.AD073 29F30, Archives familiales. Famille d'Alexandry d'Orangiani. Factures et comptes divers, 1866-1875.

    AD Savoie
  • FR.AD073, 35SPC7, Ponts et chaussées, service hydraulique, Comptabilité, statistiques et affaires diverses (classement par année), 1876-1909.

    AD Savoie : 35SPC7
  • FR.AD073, 3P 7310, Premier cadastre français, Villard-d'Héry, Section B, feuille 4, 1876.

    AD Savoie : 3P 7310
  • FR.AD073, 3P 7311, Cadastre rénové, Villard-d'Héry, Section B, feuille 4, 1938.

    AD Savoie : 3P 7311
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