Logo ={0} - Retour à l'accueil

Moulins du Commandeur puis moulins Guillet puis Dumaz puis moulins et fabrique de canne de parapluie Veyre puis fabrique de soie puis corderie en cours de réaménagement

Dossier IA73002577 inclus dans Paysage du bassin-versant du Guiers réalisé en 2009

Fiche

Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, logement, réservoir industriel
Dénominationsmoulin, moulinerie, corderie
Aire d'étude et cantonPays de Savoie - Echelles (Les)
HydrographiesRivière le Guiers-Vif; Ruisseau l'Argenette
AdresseCommune : Les Échelles
Lieu-dit : Le Bourg
Adresse : Rue Stendhal
Cadastre : 2007 A 775, 776, 828, 829, 834, 835, 836, 837,838, 841, 842, 1343, 1344

Deux moulins appartenant au Commandeur des Échelles Dessale apparaissent sur la mappe sarde de 1728 (parcelle n°788 et 792).

Le 27 juin 1812, Jean Dumaz acquiert le site du meunier Claude Guillet (acte notaire Michellat). Le 6 octobre 1837, le site est légué par Jean Dumaz à son fils Jean Louis Dumaz. Celui-ci le cède le 28 février 1865 à Ambroise Veyre Jeune (négociant à Saint-Bueil, Isère) contre la somme de 10 000 francs. A cette date, le site comporte un moulin à trois paires de meules, un battoir, un pressoir à huile et une fabrique de canne de parapluie (parcelles n° 700, 777, 788, 789, 790, 791, 792, 800, 835 de la mappe sarde). Le 22 août 1865, Ambroise Veyre demande l’autorisation de réparer le barrage de prise d’eau. Cette demande déclenche une procédure de réglementation des moulins qui n’ont jamais été autorisés. Une visite des lieux se déroule le 20 septembre 1866. L’autorisation de maintenir en activité la fabrique de canne de parapluie et les moulins est accordée par arrêté préfectoral du 6 juillet 1867.

Par une lettre datée du 13 juin 1870, Ambroise Veyre informe le préfet de son intention de convertir ses moulins « en une grande usine pour le tissage de la soie ». En 1880, l’usine est exploitée par Tournier frères (successeurs de M.Jay). En 1883, le site est exploité par Colliat et Compagnie. En 1889, l’usine apparaît sur des plans au nom de Colliat et Peillard. L’usine (section unique, feuille 10, parcelle 1073) est visible sur le premier cadastre français de 1907. A cette date, elle appartient à Aimé Gallet, industriel. Le site dispose d'un étang qui permet de stocker l'eau (parcelle n° 1086).

Un procès-verbal de contravention du 17 février 1908 nous apprend qu’Aymé Gallet son épouse Clémence Tournier ont fait détruire le canal alimentant le lavoir communal car il nuisait au soutènement qu’il avait construit le long de la river droite du Guiers-vif à proximité du canal de fuite de leur usine. Le 11 avril 1908, Aymé Gallet est autorisé à construire un nouveau canal de fuite en amont et parallèlement à celui qui existait.

A priori, la fabrique de soie ferme en 1910. En 1912, une corderie est aménagée sur le site. La corderie est un site de production de la Société Pâtes-Papier-Textiloses à sa création. Cette société possédait aussi la papeterie d'Entre-Deux-Guiers, installée sur la rivière le Guiers-Mort, deux usines à Voiron (Menon et Paviot) et une à Chambéry. Elle produisait des ficelles de petits diamètres à partir de chanvre ou de papier provenant de la papeterie d'Entre-Deux-Guiers. Le site est géré jusqu'en 2010 par la société Matussière et Forest, département Textilose. Les dernières productions étaient à destination de la confiserie, de l'automobile et pour la fabrication de sac. Le site a cessé son activité. Acquis par la commune, il fait désormais l’objet d’un projet de réaménagement en base de loisirs. Plusieurs bâtiments ont été détruits.

Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle , daté par source
Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
Dates1728, daté par source
1865, daté par source
1870, daté par source
1908, daté par source

Le site était implanté en rive droite du Guiers-Vif. En 1866, la prise d’eau est située à 400 ou 500 mètres en amont des moulins. Le barrage d’origine devait se trouver plus en amont : « L’usine qui est aujourd’hui entre les mains du Sieur Veyre est très ancienne, autrefois, le Guiers ne passait pas devant la prise d’eau actuelle mais à une assez grande distance de cette prise. Aussi pour prendre les eaux, l’usinier avait été obligé de prolonger sa dérivation de 3 ou 400 mètres en amont et il prenait l’eau au moyen d’un barrage situé par conséquent bien en amont du barrage actuel. Les crues successives du Guiers ont modifié l’état des lieux. Un nouveau lit s’est creusé presque sur l’emplacement de l’ancienne dérivation de l’usine et la rivière en le suivant en partie a compris entre deux bras une portion des terrains de la rive droite qu’elle ainsi transformé en île ». (Rapport de l’ingénieur ordinaire, 7 janvier 1867 ADS 81S41).

Le barrage des moulins Veyre reconstruit en 1864, était composé de gros blocs et de béton. A 288,50 mètres de dérivation, un tuyau en tôle partait en direction de l’usine de canne de parapluie. En arrivant aux moulins, l’eau pouvait être stockée dans un bassin muni de vannes qui distribuaient l’eau sur les différentes roues, celles du moulin, du battoir et du pressoir. L’usine est située à 50 mètres en amont du pont. A priori, il existait une tannerie entre la fabrique de canne et les moulins. Elle était exploitée par la famille Millioz et devait être alimentée par une dérivation indépendante.

Au cours des années 1870, les moulins sont remplacés par une usine de soie, puis par une corderie. Le 28 septembre 1911, un procès-verbal de récolement nous apprend que l’ancienne roue hydraulique à aubes de l’usine a été changée récemment contre des turbines.

En 2011, le site se composait de deux éléments : l'usine et le logement. L'usine était alimentée par une réserve via une dérivation sur le ruisseau de l'Argenette ainsi que par une prise d'eau sur la rivière le Guiers-Vif et. Un canal permettait d'acheminer l'eau jusqu'à l´usine. Il existait également un canal de décharge. Le bâtiment de fabrication était de plan rectangulaire. Sur la façade sud-est, il disposait de baies en arc segmenté avec ossature métallique. La grande halle était couverte de sheds. Actuellement, ce bâtiment n’existe plus.

Au sud du bâtiment de fabrication, se trouvait un bâtiment administratif. Construit sur deux étages, (rez-de-chaussée et étage) il était couvert d’un toit à longs pans en tuiles mécaniques.

Un bâtiment servant se situe au nord-ouest de l'usine. Il est de plan rectangulaire sur trois niveaux avec deux étages et un étage de comble. Le bâtiment a un toit à longs pans avec croupes couvert de tuiles en écailles. Quatre lucarnes sont installées sur le pan ouest et la croupe nord. Ce bâtiment est toujours visible

En 1880, il existait en aval du pont une tournerie appartenant au sieur Carron (prise d’eau dans le canal de fuite de l’usine).

Murspierre
calcaire
brique
Toittuile en écaille
Plansplan rectangulaire régulier
Couverturesshed
toit à longs pans
croupe
Énergiesénergie hydraulique
État de conservationétablissement industriel désaffecté, détruit après inventaire

La commune a acquis les terrains et une partie du site a été détruite pour aménager une base de loisirs.

Statut de la propriétépropriété d'un établissement public

Références documentaires

Documents d'archives
  • FR.AD073, C2780, Cadastre de 1728, Echelles (les), 213, Vue 2, 1732.

    AD Savoie : C2780
  • FR.AD073 sous-série 81S40, Service hydraulique. Les Echelles, Affaires diverses ,1865-1938

    AD Savoie : 81S40
  • FR.AD073, 51SPC5, Prises d'eau (1860-1915). Chambéry (1863-1890). Chambre (la) (1865-1873). Chamoux (1888). Le Chéran : canal de dérivation entre le pont de l'Abîme et Chambéry pour le tramway Aix-les-Bains - le Châtelard (1906). Cognin (1873). Compôte (la) (1892-1900). Cruet (1872-1873). Echelles (les) (1871-1873). Esserts-Blay (1883-1889), 1863-1906.

    AD Savoie : 51SPC5
  • FR.AD073 sous-série 81S41, Service hydraulique. Les Echelles, Moulin Veyre,1867-1871.

    AD Savoie : 81S41
  • FR.AD073, 3P 7122, Premier cadastre français, Echelles (les), Section unique, feuille 10, 1907.

    AD Savoie : 3P 7122
  • FR.AD073, 3P 7123, Cadastre rénové, Echelles (les), Section unique, feuille 10, 1963.

    AD Savoie : 3P 7123
Bibliographie
  • Parc Naturel Régional de Chartreuse, État des lieux patrimonial, Les Échelles, 2005

    p. 13 et 49 à 50
  • J. Mollin, "Une curieuse concentration d'industries à l'écart des grandes villes : le Bassin moyen du Guiers", Revue de Géographie Alpine , 1946.

    p. 461-462
  • PAILLARD, Philippe (dir.), Histoire des communes savoyardes. Tome 2 : Aix-les-Bains et ses environs. Les Bauges - La Chartreuse - La Combe de Savoie - Montmélian, Roanne, Le Coteau : éditions Horvath, 1984.

    p. 172
  • P. Rajon, La vallée du guiers et sa région, 1889.

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Assemblée des Pays de Savoie © Assemblée des Pays de Savoie - Milleret Yannick - Bérelle Clara