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Place de la Croix, puis du Marché aux Grains et aux Fourages, puis Victorien-Sardou, actuellement place Stalingrad

Dossier IA69006973 inclus dans Voirie du secteur d'étude La Guillotière réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

INTRODUCTION

1. La formation du faubourg de la Guillotière au niveau de la place Stalingrad jusqu´en 1852

L´actuelle place Stalingrad est située sur un plateau, appelé également « terrasse de Villeurbanne » (Kleinclausz, A., 1925, rééd. 1980, p.336) où s'est installé l'un des noyaux initiaux du faubourg de la Guillotière. L´étalement des habitations le long de la voie principale a donné sa première morphologie au secteur et plus particulièrement au quartier que nous étudions ici. La situation du premier bourg, en hauteur par rapport aux plaines bordant le Rhône, a permis de mettre « hors d´eau » le secteur de la place Stalingrad, expliquant le fait que le quartier de la place ait présenté une certaine permanence du parcellaire en lanière et des bâtiments anciens, de manière plus importante et sur plus longue durée que les quartiers situés près du Rhône.

Sur le plan dit de Mornand , daté de 1710, la croisée des chemins située à l´est du faubourg forme la pointe de l´actuelle place Stalingrad, les routes allant au sud vers Vienne, et à l´est vers les Alpes et l´Italie. La majorité des constructions est située au niveau des actuelles places Saint-Louis et Stalingrad, mais cette dernière est seulement marquée par une croix à la croisée des deux chemins, qui désigne la sortie en patte d´oie du faubourg. Entre ces deux axes, les constructions sont réparties tout autour du centre de l´îlot qui semble, quant à lui, n´être occupé que par des jardins. Le plan Bertrand confirme l´importance donnée à la convergence des deux axes. Le faubourg de la Guillotière est encore essentiellement constitué de terrains agricoles. L´intérêt du plan réside également dans le placement précis de toutes les constructions particulières de la paroisse de la Guillotière, les cotes renvoyant aux tableaux qui entourent le plan et donnent le nom de leur propriétaire (malheureusement assez illisibles). Le plan de Jars, dit de Villionne, datant de 1799, représente la ville de Lyon et ses faubourgs avant la reconstruction des démolitions dues au Siège de Lyon. La coloration des différents types de parcellaires nous permet de faire quelques hypothèses. La couleur rouge pâle est réservée au bâti, sans détail, ne mettant en relief que les plans-masses des bâtiments les plus importants mais dans le cas le plus fréquent, l'îlot entier. Les couleurs orangées et vertes sont liées à un type de culture précis : cultures donnant du grain et du foin pour l'orangé, cultures maraîchères pour le vert. Pour ce qui est du bâti, la tête de la future place semble déjà se détacher et l´essentiel des habitations se concentre toujours le long de l´actuelle Grande rue, alors nommé Grand chemin de Lyon à Crémieu, mais le centre du bourg a déjà amorcé son déplacement vers les berges du Rhône. La croix de chemin présente à l´extrémité ouest de l´actuelle place a disparu, peut-être à la Révolution. En 1818, lors de la mission menée pour le carême au faubourg de la Guillotière, une nouvelle croix est plantée au même emplacement.

Le cadastre dit napoléonien a été réalisé pour le secteur ici étudié en 1824 : sections I dite « du nord de la ville » et H dite « du midi de la ville ». Il permet d'évaluer la lente progression du centre du bourg vers les berges du Rhône et le comblement des îlots situés en bordure de la Grande rue. Cette densification horizontale conduit à la disparition des espaces libres à l´intérieur des îlots. A cette date, l'actuelle place Stalingrad n´est pas formée ni même amorcée, seul un îlot de forme triangulaire et encadré par la route de Lyon à Grenoble (actuelle Grande rue de la Guillotière) et le chemin de Crémieu (actuelle rue Abbé-Boisard) est identifiable. Le plan de Dignoscyo et Rembielinski, daté de 1847, met en lumière le déplacement définitif du centre du faubourg vers les berges, entraînant une diminution des constructions dans la partie entourant la place qui commence à se former et à prendre la fonction de place de marché. C'est l'un des rares plans sur lequel figure l´appellation de « Place du marché » pour désigner son emplacement. Jusqu´en 1908, la place gardera le nom de « place de la Croix », comme sur le plan de 1853 de Dardel réalisé juste après le rattachement de la commune de la Guillotière à la Ville de Lyon.

2. LA PLACE STALINGRAD

1. SITUATION

L´actuelle place Stalingrad est située sur le plateau de la rive gauche du Rhône, appelé « terrasse de Villeurbanne », dont l´une des pointes arrive au niveau de l´église Saint-Louis. Cette légère surélévation par rapport aux plaines bordant le Rhône a permis à cette partie située à l´est du faubourg de la Guillotière de ne pas trop souffrir des inondations dues aux crues du fleuve (AC Lyon, Périmètre des inondations de 1840 et 1856 dans l´agglomération lyonnaise, 1936. 963Wp82, reproduction 5Ph35734).

L´ensemble du quartier de la place Stalingrad est entouré au nord par le cours Gambetta, à l´est par le boulevard des Tchécoslovaques, au sud par la caserne Sergent Blandan, et à l´ouest par le quartier Saint-Louis.

Située sur l´axe principal du faubourg, à savoir la Grande rue de la Guillotière, la place est matérialisée par la jonction, à l´ouest, de cet axe et de l´actuelle rue Abbé-Boisard, et par l´axe nord-sud de la rue Garibaldi qui en fait le fond à l´est, le tout lui donnant la forme d´un triangle.

2. HISTORIQUE

La formation du faubourg de la Guillotière au niveau de la place Stalingrad

Parmi les premiers plans du faubourg, celui dit de Mornand daté de 1710 et reproduit en 1875 par la Société de topographie historique (AC Lyon, 2 S 13) représente le faubourg de la Guillotière déjà bien développé et suivant l´axe de l´actuelle Grande rue. La croisée des chemins située à l´est du faubourg forme la pointe de l´actuelle place Stalingrad, les routes allant au sud vers Vienne, et à l´est vers les Alpes et l´Italie. La majorité des constructions est située au niveau des actuelles places Saint-Louis et Stalingrad. La place n´existe pas alors, seule apparaît une croix à la croisée des deux chemins, qui marque la sortie en patte d´oie du faubourg. Entre ces deux axes, les constructions sont réparties tout autour du centre de l´îlot qui semble, quant à lui, n´être occupé que par des jardins. Le plan Bertrand (BM Lyon, Nouveau plan géométral de la ville fauxbourgs et banlieue de Lyon, 1785-1786, Ms. 6887) confirme l´importance donnée à la convergence des deux axes. Le faubourg de la Guillotière apparaît encore très entouré par des terrains agricoles, comme le montre également le plan de Villionne, datant de 1799 (Vincennes, Archives du Génie militaire, Plan général de la ville de Lyon et de ses environs, article 8, section 2 (Lyon), reproduction AC Lyon 5Ph34365 et 5Ph35150). La tête de la future place semble déjà se détacher et l´organisation en lanières des parcelles destinées au maraîchage est bien visible, confirmant l´importance de ce type de culture pour le faubourg. L´essentiel des habitations se concentre toujours le long de l´actuelle Grande rue, alors nommé Grand chemin de Lyon à Crémieu, mais le centre du bourg a déjà amorcé son déplacement vers les berges du Rhône. La croix de chemin présente à l´extrémité ouest de l´actuelle place a disparu, peut-être à la Révolution. En 1818, lors de la mission menée pour le carême au faubourg de la Guillotière, une nouvelle croix est plantée au même emplacement [voir le texte associé sur la croix de mission de 1818].

Le cadastre commandé par Napoléon est publié, pour la commune de la Guillotière, en 1824. Il montre une organisation presque inchangée du faubourg, l´ouest se développant toujours au détriment des quartiers est. La place n´est pas encore formée, et ce n´est qu´en 1845 qu´un projet de place de marché semble voir le jour. En effet, le plan de Crépet (AC Lyon, 2S14b), bien quil ne soit qu´une projection des alignements (non réalisés tels quels) devant relier l´ancien faubourg de la Guillotière au quartier des Brotteaux situé plus au nord, la place, appelée « place de la Croix » est indiquée, prenant l´exacte emplacement de l´îlot. Elle est alors organisée en deux parties, la première à l´ouest étant dédiée à un espace de circulation autour de la croix, la deuxième présentant le plan d´un bâtiment indiqué comme la « Halle au grains ». Il s´agit d´un des rares plans sur lequel est mentionné la fonction de cette nouvelle place, à savoir place de marché aux grains. Le plan de Laurent Dignoscyo et Eugène Rembielinski, daté de 1847 (AC Lyon, Plan topographique de la ville de Lyon et de ses environs, 2S574, reproduction 5Ph35570), présente non plus une projection mais un état du faubourg, et confirme la fonction remplie alors par la place. Il met également en lumière le déplacement définitif du centre du faubourg vers les berges, entraînant une diminution des constructions dans la partie entourant la place. A partir de cette date et jusqu´en 1908, la place qui se forme alors garde le nom de « place de la Croix », tout comme sur le plan de 1853 de Dardel (AC Lyon, Plan généralde la ville de Lyon dressé d´après les ordres et indications de Mr. Vaïsse, 1541 WP 30) réalisé juste après le rattachement de la commune de la Guillotière à la Ville de Lyon, que sur ceux de Van Doren et Terra de 1855 (Collection particulière, reproduction AC Lyon 5Ph34761), de Laurentet Claude Dignoscyo en 1863 (reproduction AC Lyon 5Ph35279) et de Reithofer en 1892 (AC Lyon, Lyon pittoresque et monumental, 2 S 333, reproduction 5Ph35776-35778).

Au début du 20e siècle, la place perd sa fonction en raison à la fois du transfert du marché aux grains et aux bestiaux à Perrache, et du commencement de l´élargissement de la rue Garibaldi. Elle prend alors le nom de « place Victorien-Sardou », en hommage à l´auteur de la célèbre pièce de théâtre La Tosca, entre autres. La place est alors représentée sur les plans de la Ville entièrement dégagée, dans des proportions identiques à celles qu´elle revêt actuellement. Le 3 juin 1946, après délibération du Conseil municipal, la place change à nouveau de nom, sur proposition de M. Serval, et prend celui de la victoire de l´Union Soviétique de 1942 qui marqua le début de la défaite des armées allemandes, à savoir la « place Stalingrad ». Actuellement (en 2012) la place triangulaire est délimitée par la Grande rue de la Guillotière au sud (des numéros 120 à 223), la rue Abbé-Boisard au nord (des numéros 1 à 5) et par la rue Garibaldi à l'est (numéro 305).

La voirie dans le secteur de la place Stalingrad : formation et évolution

Sur le cadastre napoléonien (sections I et H), deux axes donnent forme aux îlots du secteur de la place Stalingrad : la route de Lyon à Grenoble et le chemin de Crémieu. Le premier est attesté depuis le 15e siècle sous les diverses appellations de Grand chemin de Lyon à Saint-Laurent, puis Chemin tendant du Pont à la Table ronde au 16e siècle, et enfin Grand chemin tendant de Lyon à Crémieu ou de Lyon à Grenoble à partir du 18e siècle. Il s´agit de l´axe principal partant de la tête du pont de la Guillotière et allant vers l´est en direction des Alpes et de l´Italie. Dans la première moitié du 19e siècle, plusieurs noms sont donnés à ce même axe de circulation : à l'ouest, de la Place du Pont à l'église Notre-Dame-Saint-Louis, il est nommé Grande rue de la Guillotière, au centre, de l´église Saint-Louis à la Place de la Croix (place Stalingrad), rue de la Croix , et à l´est, de la Place de la Croix aux boulevard des Hirondelles (boulevard des Tchécoslovaques), rue d´Ossaris. Ce n´est qu´en 1857 que le nom de Grande rue de la Guillotière, qu´il porte toujours, lui est donné, de la Place du Pont au boulevard des Hirondelles. Le chemin de Crémieu, quant à lui, est cité dans les terriers du Vivier au 16e siècle. Il garde cette appellation jusqu´en juin 1954, lorsque le Chemin départemental n°29 dit Chemin de Crémieu est déclassé en voirie urbaine (Bulletin Municipal Officiel, 1954, p.105) et prend le nom de rue Abbé-Boisard en raison de la proximité des Ateliers d´Apprentissage du père Boisard. Enfin, l'îlot qui est encore présent à l'endroit de la place sur le cadastre napoléonien est bordé à son extrémité est par la rue de la Vierge Blanche. Bordant l´îlot situé au sud du croisement des chemins, se trouve la rue Béguin, qui est également l'une des plus anciennes voies du faubourg. La rue est attestée, dans le tracé qu´elle revêt sur le cadastre napoléonien, dès 1810.

Les plans dressés par le Service de la Voirie de la Ville de Lyon, après 1852, permettent d'étudier l´évolution du réseau viaire dans le secteur de la place Stalingrad jusqu´à nos jours. En 1885, la Grande rue de la Guillotière, dont le tracé est inchangé, porte désormais ce nom sur toute sa longueur, ainsi que les rues du Béguin et de la Vierge Blanche. En revanche, la pointe de l´îlot central a été supprimée, dégageant de l´espace pour la circulation autour de la croix de chemin qui semble être disposée sur un piédestal, et marquant le début de la formation de la place qui, pour l'instant, porte le nom de « Place de la Croix ». La croix de chemin qui marquait la patte d'oie formée du chemin de Crémieu et de la route de Lyon à Grenoble semble avoir disparu au cours de la Révolution. Elle est remplacée en 1818 par une croix de mission, érigée à l'instigation du curé de la Guillotière, Camille Neyrat (1819-1893). Elle venait commémorer la mission des prêtres de Saint-Irénée, installés par le cardinal Fesch dans l'ancien couvent des Chartreux sur les pentes de la Croix-Rousse, appelés pour raviver la foi des habitants du faubourg et calmer les esprits encore échauffés par les événements révolutionnaires (Hours, H., 1999, p.7-10). Le cours de Brosses (cours Gambetta), quant à lui, est percé progressivement entre les quais du Rhône et le quartier de la place de 1840 jusqu'à la fin du 19e siècle.

Ce n´est qu´à partir du premier quart du 20e siècle que l'on peut avoir une idée plus globale des percements de voies et de leur réel impact sur la formation des sept îlots entourant la place. En effet, entre les plans de 1885 et ceux des années 1920, trois rues sont percées dans le quartier de la place. La première est la rue Domer, ouverte en 1897 entre l'extrémité sud de l'avenue de Saxe et la Grande rue de la Guillotière afin de relier le quartier de Montplaisir à la gare de la Mouche au sud de l'ancien faubourg de la Guillotière (AM Lyon, 324 WP 46). La rue Rachais, percée en 1827, est viabilisée en 1932 pour sa partie sud jusqu´à la Grande rue de la Guillotière, et en 1958 pour la partie nord, de la Grande rue de la Guillotière au cours Gambetta. Cet axe qui marque la limite ouest du secteur, le séparant de celui de l'église Saint-Louis. Du côté des îlots sud, la rue Clair-Tisseur est projetée à partir de 1912 ; elle devait relier la rue Claude-Boyer à la rue Rachais. Un dernier percement modifia considérablement la physionomie des îlots du quartier et la formation de la place : celui de la rue Garibaldi (ancienne rue Elisabeth), à partir du cours de Brosses, entraînant la destruction d'une partie de l'îlot central du secteur, donnant naissance à la forme actuelle de la place. La rue de la Vierge Blanche est alors renommée rue Victorien-Sardou. A partir des années 1920, les îlots entourant la place sont dans l´ensemble délimités dans leur forme actuelle. Seul l´îlot nord-ouest change encore de physionomie. Après le percement de la rue Boileau dans la continuité de la rue Tourville au début des années 1920, suit le percement de la rue Barthélémy Aneau, reliant les rues Boileau et Garibaldi, laquelle sera supprimée dans les années 1960.

3. DESCRIPTION

Les éléments d´historique que nous venons de développer expliquent la disposition actuelle de la place Stalingrad. La forme triangulaire est due autant au fait que la pointe (à l´ouest) est une ancienne croisée de chemins, qu´au fait que la destruction de l´îlot présent alors s´est effectuée par l´ouest et que la rue Garibaldi ait été aménagée à l´ouest. Actuellement (en 2012), la place présente un espace de jeux d´enfants situé vers la pointe, ainsi qu´un square de terre battue dans la partie la plus large. De nombreuses places de parking sont également réparties tout autour, et la pointe est séparée du reste de l´aménagement pour permettre aux automobilistes de faire un demi-tour lorsqu´ils viennent de la rue Abbé-Boisard, chose qui n´est plus possible une fois arrivé en bout de place.

Les bâtiments entourant la place sont de périodes diverses et renvoient à l´histoire de sa formation. A l´extrémité ouest, celle qui a été dégagée le plus tôt, sont conservés des bâtiments datant des 17e et 18 siècles. [fig 48 et 49]. Concentrés autour de cette pointe, ils témoignent d´une certaine permanence du bâti autour du premier état de la place. A quelques exceptions près, les bâtiments situés dans la partie est de la place datent du 19e et du 20e siècle ; l´immeuble monumental fermant la place à l´est, a quant à lui été construit au début du 21e siècle [fig 52]. Cette configuration est due aussi bien à l´évolution des constructions qu´aux créations de voirie ayant nécessité la destruction et la reconstruction des bâtiments limitrophe. Ainsi, l´ouverture de la rue Garibaldi entre la place Victorien-Sardou (actuelle place Stalingrad) et la rue du Béguin, décidée en 1911 par la Ville, créée une coupure dans la progression du dégagement de la place, ce qui explique peut-être en partie le fait que le reste de l´îlot initial n´ait pas été touché. Cette progression chronologique est symbolique de l´histoire du quartier et créée un lien entre les parties de l´ancien faubourg situées à l´ouest, et les nouveaux quartiers à l´est de la place. Cette répartition des bâtiments, dont les hauteurs changent en fonction des siècles et de l´évolution des règlements d´urbanisme, créée une atmosphère particulière. En effet, les bâtiments les plus anciens étant généralement les moins hauts, la progression se fait vers le fond de la place, accentuant la mise en valeur de l´édifice qui en fait le fond. Cet étagement est particulièrement visible dans l´alignement des bâtiments au sud de la place, le long de la Grande rue de la Guillotière.

Enfin, l´une des particularités de cette place tient en partie au fait que sur ses trois perspectives formées par la Grande rue de la Guillotière et la rue de l´Abbé-Boisard, aucune n´est ouverte. En effet, lorsque l´on remonte la Grande rue de la Guillotière vers l´est, étant donné la sinuosité du tracé de la voie, la place n´est découverte qu´au dernier moment, à l´angle de la rue de Béguin. Une fois arrivé sur la place, les deux perspectives, au nord la rue Abbé-Boisard, au sud la Grande rue, sont fermées de telle manière que lorsque l´on est engagé dans l´une ou l´autre, la place disparaît complètement au niveau de la rue Victorien Sardou. Il en est de même pour tous les sens d´arrivée et de sortie. De cette manière, le promeneur, surpris par l´arrivée sur la place, ne garde qu´une vision fugace de cet espace, vite effacée par le resserrement et de nouveau le foisonnement architectural. L´autre effet provoqué par cette organisation est la monumentalisation de l´édifice présent en fond de place. Déjà imposant par ses dimensions, il l´est d´autant plus que le resserrement des deux axes qui l´encadrent.

La destruction progressive de l´îlot présent à l´origine a donc permis l´apparition de cet espace d´abord dédié au marché, puis laissé libre. Le dégagement ainsi créé apparaît comme une pause nécessaire dans le foisonnement de la Grande rue et donne à ce quartier à l´architecture hétéroclite une occasion de définir un espace commun, bien que peu exploité pour l´instant.

Appellationsde la Croix, puis du Marché aux Grains et aux Fourages, puis Victorien-Sardou, actuellement Stalingrad
Parties constituantes non étudiéessquare
Dénominationsplace
Aire d'étude et cantonLyon Guillotière
AdresseCommune : Lyon 7e
Lieu-dit : la Guillotière
Cadastre : 1999 AH, AK

Le plan Mornand daté de 1710 présente l'emplacement de l'actuelle place Stalingrad comme une simple croisée de chemins marquée par une croix. Ce n'est qu'à partir de la première moitié du 19e siècle que commence à se former le triangle de la place, par destruction progressive de l'ouest de l'îlot. Dans un premier temps il ne s'agit que de la pointe, toujours marquée par une croix, et qui prend le nom de "place de la Croix" ou "place du Marché aux grains" selon les plans. L'îlot est de nouveau raccourci de moitié entre la fin du 19e et le début du 20e siècle, mais garde le nom de "place de la Croix" jusqu'en 1908, date à laquelle la Ville lui attribue le nom de "place Victorien-Sardou". L'ouverture de la rue Garibaldi décidée en 1911 marque la fin de l'agrandissement de la place. En 1946, la municipalité la renomme, changeant le nom de "place Victorien-Sardou" pour "place Stalingrad", nom qu'elle porte toujours actuellement.

Période(s)Principale : 16e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Place triangulaire formée par le croisement entre la grande rue de la Guillotière au sud, la rue Abbé-Boisard au nord et la rue Garibaldi à l'est. Actuellement (en 2012), la place présente un espace de jeux d´enfants situé vers la pointe, ainsi qu´un square de terre battue dans la partie la plus large. De nombreuses places de parking sont également réparties tout autour, et la pointe est séparée du reste de l´aménagement pour permettre aux automobilistes de faire un demi-tour lorsqu´ils viennent de la rue Abbé-Boisard, chose qui n´est plus possible une fois arrivé en bout de place. Les bâtiments entourant la place sont de périodes diverses et renvoient à l´histoire de sa formation.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • HOURS, Henri. La mission de la Guillotière en 1818. Rive gauche, n° 148, mars 1999, p. 7-10.
    Sous la Restauration, profitant d´une liberté que lui avait interdite le régime napoléonien, l´Eglise multiplia en France les missions paroissiales. Ce mode d´Apostolat remontait loin : apparu en Italie au XVe siècle, il s´y développa, et fut introduit en France dès la fin du concile de Trente (1563) par les Jésuites, notamment les Pères Possevin et Auger, bien connus à Lyon. Il trouva ses formes stables dans la première moitié du XVIIe siècle, où l'utilisèrent tous les grands prédicateurs du temps, certains ordres religieux le pratiquèrent abondamment : capucins, jésuites, lazaristes (dont le nom officiel était « prêtres de la Mission »).

    L´initiative en revenait au curé du lieu ou à un généreux paroissien qui assurait les frais d´entretien et de la rémunération des prédicateurs. Ces derniers étaient au moins deux, et souvent d´avantage, jusqu´à cinq, six, dans les paroisses peuplées, et leur séjour durait, selon les cas, de une à quatre semaines. Le programme était chargé : offices à l´église accompagnés de sermons (messe, vêpres, adoration du T. S. Sacrement) ; instruction à l´église, adaptées à des publics choisis (hommes, femmes, enfants) ; séances de catéchisme ; visites des prédicateurs à domicile chez tous les paroissiens, assorties de recommandations, conseils, exhortations, distributions de petits livrets de piété et d´images à fixer au mur. La mission se terminait ordinairement sur une grande procession à travers le territoire de la paroisse, dont le moment suprême était la plantation d'une croix de chemin destinée à invoquer la protection divine, et à rappeler à chacun ses bonnes résolutions. Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, les curés apprécièrent de plus en plus ce moyens de réveiller et relancer la ferveur des fidèles, que le train-train quotidien ou dominical poussait naturellement à s´assoupir dans la routine.

    Après la tornade destructrice de la Révolution, puis la période de liberté surveillée sous l´Empire, le besoin se fit sentir de fonder dans les paroisses une vie religieuse authentique, et l´on se souvint naturellement de ce qui avait naguère donné de si bons résultats. Le cardinal Fesch y pensa le premier, et voulut fonder une société de prêtres diocésains affectés à ce ministère. C´est dans cette intention qu´il acheta entre 1810 et 1815, une grande partie de l'ancienne chartreuse établie à la Croix-Rousse ; mais diverses raisons empêchèrent le projet d'aboutir avant son départ pour l´exil en 1815, et ce fut son vicaire général Claude-Marie Bochard qui, en 1816, établit « aux Chartreux » les prêtres de la Société de la Croix de Jésus (aujourd´hui Société des prêtres de Saint-Irénée, appelés communément, « prêtres des Chartreux »).

    Ils donnèrent leurs premières missions à Saint Sauveur-en-Rue, Saint-Germain-Laval, Belleville, et le curé de la Guillotière, Camille Neyrat, ne perdit pas de temps pour les appeler. Né à Lyon en 1775, prêtre en 1805, curé à la Rajasse, il était arrivé en 1817 sur la Rive Gauche et allait y rester jusqu´en 1829, année de sa nomination à la cure de SaintFrançois (il devait y mourir en 1841). Prêtre zélé, il se dévoua dans son ministère, et s'occupa d'organiser sa paroisse ; ce fut lui qui, en bonne entente avec le maire Henri Vitton, entreprit la construction de l'actuel clocher de l´église Notre-Dame-Saint-Louis.

    Il prit tout de suite rang afin de recevoir une mission et, l´ayant obtenue pour le carême de 1818, il la prépara avec soin, aidé de ses vicaires, jusqu'au 1er mars, jour de l'ouverture. Les missionnaires étaient six, dont le supérieur, Jean-Marie Mioland, futur archevêque de Toulouse, Léonard Furnion [note du « retranscripteur » : il s´agit du futur fondateur de la communauté des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus qui prendront place dans une partie du cloître de l'ancienne Chartreuse de la Croix-Rousse ; la communauté existe encore en 2012 mais les locaux sont occupés par le Lycée technique De La Salle], André Coindre, futur fondateur des Frères du Sacré-Cœur. Pour eux, cette mission était un test : aux portes de Lyon ; lieu d´un gros trafic routier de marchandises et de voyageurs, où commençaient de s´installer des ateliers industriels divers, la Guillotière, avec sa population mêlée et difficile, les changeait des précédentes.

    Ils restèrent jusqu´au 12 avril, soit six semaines, au cours desquelles leur temps fut bien occupé. Pendant quatre jours de la semaine, outre la messe matinale, trois exercices, de façon que le plus grand nombre possible de paroissiens pût assister au moins à un : on y trouvait, selon l'heure : instruction, cantines, récitation du chapelet, prière du soir et bénédiction du Saint Sacrement. Le mercredi et le samedi, il n´y avait qu´un seul exercice, la journée étant réservée aux confessions (bien entendu, on pouvait se confesser tous les autres jours, à toute heure et jusque tard dans la nuit)... Le dimanche, en plusdes trois exercices, messe de paroisse à onze heures et demi, plus les vêpres avec prédication. Tout au long de la journée, les missionnaires visitaient les habitants, réconfortant les malades, s'efforçant de faire cesser les scandales publics, portant desparoles de paix et de réconciliation.

    Certaines cérémonies sortaient de l'ordinaire quotidien : la première communion des enfants, avec rénovation des promesses du baptême, le 12 mars, préparée par une retraite de trois jours chez les frères de la Doctrine Chrétienne et les Soeurs Saint-Charles ; deux communions générales, les 30 mars et 5 avril (à la première, 1 200 personnes ; à la seconde, plus de 1 000 hommes en plus des femmes) ; érection d'une confrérie du Sacré-Coeur ; abjuration de quatre protestants, le 9 avril. Utilisant le procédé pédagogique de mise en scène un peu théâtrale, couramment employé dans les missions anciennes, les missionnaires organisaient une cérémonie d'"amende honorable" destinée à susciter le regret des fautes. "Les impies nous dit le compte-rendu de la mission, ont pu rire en voyant u missionnaire prosterné, la corde au cou, priant pour toute la paroisse s'offrant en victime d'expiation à la justice divine pour le pardon des pêcheurs », mais « les vrais chrétiens » en furent édifiés et émus. Pendant la semaine sainte, un autre exercice réservé aux hommes comporta une cérémonie de réconciliation : après un sermon sur la charité et le pardon des offenses, les missionnaires parcoururent l'église, donnant le baiser de paix que chacun transmettait à son voisin. Ils disposaient de tout un répertoire de sermons et d'instructions : "pour affermir la foi" (sur l'existence de Dieu, la loi naturelle, l'immortalité de l'âme, etc), "pour opérer la conversion (sur les fins de l'homme, le bonheur de la vertu, le petit nombre des élus, etc.), "pour instruire" (sur la foi, l'espérance, les devoirs et les peines, etc.).

    Il semble bien que la mission attira beaucoup de monde. Non seulement le compte-rendu l´affirme (après tout, il pourrait avoir été enjolivé quelque peu) mais en plus, les missionnaires durent se faire aider, en particulier pour confessions, non seulement par le clergé paroissial, mais par des prêtres de Lyon appelés en renfort. Cette affluence apparut au grand jour, lors de la manifestement publique que fut la traditionnelle cérémonie de plantations de croix, le 10 avril dans l'après-midi. La croix de fer forgé, posé sur un brancard, fut d'abord bénite dans le choeur de l'église par le premier vicaire général, M. Courbon ; puis portéepar dix-huit hommes (ils é´aient deux cent cinquante à se relayer), elle sortit, suivie d´une longue procession où se voyaient la municipalité en corps et la garde nationale. Par les rues balayées de frais et tendues de blanc, elle parvint à l'emplacement désigné et fut planée dans son socle de pierre. Un missionnaire y monta et prononça un sermon sur la crucifixion puis l´on revint à l'Eglise où, après la bénédiction du Saint Sacrement, les petites croix personnelles et chapelets se termina par la vénération de la croix de l'autel jusqu'à la tombée de la nuit.

    Cette nouvelle croix occupait l´emplacement naguère occupé, à la fourche de la Grande rue de la Guillotière et du chemin de Crémieu (« place de la Croix », aujourd´hui « place Stalingrad »), par celle qui s´y trouvait avant la Révolution. Elle existait encore en 1859 au moins, mais a disparu depuis, on ne sait quand. Un ex-voto conservé à Fourvière nous en a fait heureusement connaître l'aspect, très simple : le fût et les bras sont faits chacun de quatre barreaux de fer forgé, avec un fleuron à chaque extrémité et un cœur dans une couronne d´épines à la croisée. Ce type, très répandu au XIXe siècle (on le trouve couramment dans les cimetières), fut utilisé à l´identique par les prêtres des Chartreux dans les missions qu´ils donnèrent, en 1818 et 1820, à Tarare, Millery et Bourg-en-Bresse.

    Grâce à l´extrême amabilité de M. Berthod, conservateur du Musée de Fourvière, nous pouvons publier une photographie de cet ex-voto qui montre, à gauche, le pont du Rhône (d'autres disent : celui de la Rize devant le 103 de la Grand'Rue) et dans le fond : Fourvière. Le prêtre à genoux serait non pas l´abbé Coindre, un des missionnaires, mais en raison de son camail, l´abbé Camille Neyrat, curé de la Guillotière.

    Le dimanche 12, après les exercices de la journée, les missionnaires prirent congé et regagnèrent la Coirx-Rousse, laissant derrière eux d´excellents souvenirs, à en juger par la lettre de remerciements signé par le Curé, les vicaires et quarante quatre des plus notables des paroissiens : "Pendant quarante jours vous avez consacré vos veilles et vos sueurs à notre instruction et à notre régénération spirituelle. Vous avez réduit au silence l'ignorance et le libertinage, vous avez terrassé le respect humain, cet odieux ennemi du courage de la foi ; vous avez fait cesser les unions illégitimes et, mettant un terme au scandale, vous avez assuré la paternité, aux yeux de la religion, à de malheureux enfants ; vous avez rétabli à jamais le respect dû aux choses saintes et aux ministres de la religion ; nous avons tous promis le pardon et l'oubli des injures et des malheurs passés (...)". L'allusion faite ici à la régularisation de plusieurs mariages est exacte. Pendant l´année 1818, furent célébrés 117 mariages dans la paroisse, contre 75 en 1816 et 51 (chiffre particulièrement bas) en 1817. Sur ce nombre, 51, soit autant que toute l´année précédente, pendant la mission du 1er mars au 12 avril. Célébrés, soit par les missionnaires, soit par le clergé paroissial, « en vertu des pouvoirs extraordinaires accordés pendant la mission de la Guillotière » (sans doute pour la dispense des bans), ils se présentent souvent, sur les registres, comme de petits mariages modestes, dépourvus des signatures de parents qui accompagnent ordinairement les actes ; cela est visible surtout pour les 38 mariages qui se célébrèrent dans les derniers jours, entre le 1er et le 12 avril, comme en séries : on sent que, la fin de la mission approchant, les missionnaires insistèrent et réussirent à vaincre les dernières réticences, qui cédèrent sans bruit.

    Autre point soulevé par cette lettre : l´importance attachée à la réconciliation générale. On a vu qu´une cérémonie spéciale lui avait été consacrée : les souvenirs de la Révolution étaient encore proches, à plus forte raison ceux de 1814 et de 1815 ; que de rancoeurs, de jalousies s´étaient accumulées, sans parler des comptes plus ou moins avouables qui restaient à régler... Ramener les esprits à la paix était une oeuvre de salut public. C´est bien ce que pensait aussi le maire Joseph Robert qui le même jour, au nom de la municipalité, remerciait les missionnaires d´avoir fait « tant d´efforts pour réunir toutes les opinions, faire oublier toutes les haines, exiger de tous les fidèles l´engagement de s´aimer comme des frères. Si mes administrés pouvaient oublier un jour ce qu'ils ont promis, j'aurai soin de leur montrer le signe révéré devant lequel ils se sont tous prosternés" (il voulait parler évidemment de la croix publique).

    Mais c´était trop beau, et sans doute cherchait-il à se persuader lui-même de la réalité de ce qu'il écrivait. Le 7 avril, un certain Denis Flamanville, fidèle partisan de l'Empereur déchu, adressa au supérieur des missionnaires, par l´intermédiaire du curé Neyrat, cette missive dont il convient de ne pas changer une lettre :

    « Monsieur, j´ai assisté une fois à votre prêche, mais toutes les absurdités, mensonges que vous avé débité m'ont entièrement dégouté di aller. Grace à Dieu vous parté, et si vous avés ambétés, ainsi que vos associés ignorantins, une partie de imbécilles, oui, je dis des imbécilles de la Guillotière, la plus grande partie a méprisé toutte vos bétisses, vous regardant comme des hypocrittes et des gourmands. Vous estiés jalou, ainsi que le royaliste Nerac, curé du nom honorable que mon légitime souverain et celui de tous les Français avait donné au faux-bourg de la Guillotière en lui accordant le titre de fauxbourg de la ville d'Elbe. Ce nom d'honneur est une preuve de l'amitié des habitans de ce fauxbourg pour ce héro de la France et son généreux empereur des Français Napoléon Ier. C´est à lui, ingrat, race de caffard que vous devez le retour à la religion, le rétablissement des autels, enfin votre salaire. Pour lui témoigner votre reconnaissance, vous avez changé ce beau nom de la Guillotière, fauxbourg de la ville d'Elbe, en celui de fauxbourg des Bettards. En effet tous ceux qui vous ont entendu, qui vous ont approché, qui se sont confessés à vos camarades de bettizes, méritent ce nom, mais il est malheureux que les bons souffrent pour les mauvais. Allés, ministres du diable, porter la dézunion dans les ménages plus louin et, si vous ne revené que par mes ordres, ce ne sera jamais. Le7 avril 1818. Denis Flamanville."

    Voilà un bon exemple de l´hostilité acharnée opposée dans toute la France aux missionnaires par les milieux bonapartistes et libéraux, et que nous rapportent pamphlets et caricatures. Les troubles à l'ordre public furent rares ; il n'y en eut pas à la Guillotière. Mais cela suffisait pour rendre prudentes les autorités, toujours désireuses de sauvegarder le calme. En mai 1819, une mission de dix jours fut prêchée dans la prison lyonnaise de Saint-Joseph ; le préfet en fut enchanté : cela ne sortait pas de la prison, et ne pouvait avoir sur les détenus qu´une influence apaisante. Au dehors, en revanche, en ces années où le clergé manifestait trop souvent et de manière provocante des sentiments royalistes, certes bien compréhensibles, mais qui eussent gagné à rester plus discrets, il était plus réticent. Ainsi, quand en décembre de cette même année 1819, M. Besson, curé de St Nizier, l'un des plus ardents à célébrer bruyamment le retour des Bourbon, eut demandé pour Lyon une mission semblable à celle de la Guillotière, le préfet Lezay-Marnésia s'y opposa, expliquant au ministre de l'Intérieur : "L'exagération, sous quelque forme qu'elle se présente à Lyon, ne peut que faire du mal (...), les têtes sont si faciles à enflammer". De fait, toutes sortes de bobards circulaient sur les missionnaires : ici, on les accusait de vouloir ramener la dîme, à Belleville, en 1817, on avait dit qu'ils cherchaient à faire annuler les ventes des biens nationaux. Toujours les reliquats de la Révolution...

    Mais surtout, les craintes des autorités furent vaines, ou volontairement exagérées ; partout le calme, et partout des succès de foules auxquels personne ne s´attendait. Ce qui ne voulait pas dire que la réconciliation fut faite, ni que le sieur de Flamanville fut un isolé.

    SOURCES

    Archives de la Société des missionnaires de Saint-Irénée : carton « Missions 1816-1820".

    Registre de catholicité de Niotre-Dame-Saint-Louis

    Anon., Mission de la paroisse de la Guillotière, l´un des faubourgs de Lyon. Lyon, Lambert et Gentot, 1818, 16 p.

    BAZIN, G. Les Croix de chemins sur la rive gauche, Rive gauche, octobre 1965, n°14.

    ROURE, J. Père André Coindre, missionnaire et fondateur, 1786-1826. Chronologie et iconographie. Rome, 1987, p.71.

    SEVRIN, E., Les Missions religieuses en France sous la Restauration. Paris, Vrin, 1959, t. II, p. 159.

    VIEUX, G. Les Paroisses de la rive gauche : Notre Dame Saint Louis, Rive gauche, octobre 1967, n°22

  • L'ancienne église paroissiale de la Guillotière et son cimetière

    L'église paroissiale de Béchevelin ayant été détruite par les protestants en 1562, une nouvelle église paroissiale est construite à la fin du 16e siècle sous le vocable de Notre-Dame-de-Grâces à la bifurcation de la route de Crémieu et de la route de Grenoble, le long d'un cimetière (MARTIN, J.-B., 1908, t. 2, p. 242-248). L'église est mentionnée comme étant en ruine lorsque Camille de Neuville, par ordonnance du 7 janvier 1678, impose la séparation de la paroisse de la Guillotière de celle de Villeurbanne ; elle est alors détruite et les habitants sont autorisés à édifier sur son emplacement une chapelle qui sera utilisée jusqu'au 19e siècle comme chapelle de cimetière. Cette chapelle est probablement celle désignée dans les textes sous le vocable de Chapelle des pénitents. De fait, cette chapelle semble avoir été installée dans l'ancien clocher : c'est en tout cas ainsi qu'elle est désignée dans la prisée réalisée le 23 prairial an IV (11 Juin 1796), formant un trapèze de deux cent soixante treize pieds carrés (cadastre napoléonien, section I, parcelle 20). Le terrain contigu à l'est de ce clocher servait de cimetière (ibid., parcelles 19 et 19bis), d'une superficie de " quatre mille cent pieds ", et était clos d'un mur élevé à hauteur de coudée. Au cours de cette prisée, le commissaire observait qu'il " serait plus avantageux pour le public et la faculté du commerce de la Guillotière de former une place libre au public de cet emplacement " (AD Rhône. 1 Q 83).

    .

  • Chapelle des Pénitents, estimation, 8 messidor an IV (AD Rhône, 1 Q 83)

    " La maison, cour, chapelle, sacristie et jardin, située sur la commune de la Guillotière, entre les deux routes de Grenoble et Crémieux, ayant appartenu aux pénitents de la ditte commune. Ce bâtiment qui contient environ quatre mille huit cents trente sept pieds six pouces carrés de superficie est confiné au midy y compris la cour et le jardin par la grande route de Grenoble, à l'orient par la maison et jardin d'Antoine Long portant le n° 11 et par le jardin et maison de Claude Casod portant le n° 36, du nord par la route de Crémieux, et d'occident côté du chemin de Crémieux par la maison de Jean-Baptiste Primat, une ruette de cinq à six pieds de largeur entre deux, et encore d'occident entre ces deux maisons par un emplacement où est un puits à eau claire qu'on nous a dit être commun entre les voisins et les cy-devants pénitents, n'étant qu'à quatre pieds cinq pouces de distance du mur de la cy-devant chapelle.

    Que ce même tènement est composé

    1/ d'une avant-cour qui prend son entrée principale du côté du midy sur la route de Grenoble par une porte [cintrée ?]. Cette avant-cour occupe quatre cent huit pieds neuf pouces de superficie.

    2/ d'un péristyle à la suite carrellé surmonté d'un plancher qui servoit de tribune de trois cent trente six pieds de superficie.

    3/ de la nef de la chapelle éclairée par quatre vitraux barrés à fer sans fermeture et deux yeux de boeuf ; le carrellage et lambrissage au-dessus en mauvais état, duquel il ne reste que les quatre murs de mille quatre cent vingt huit pieds de superficie.

    4/ le choeur attenant du nord de la nef éclairé par quatre vitraux dont deux sur le chemin de Crémieux avec petit vestibule d'entrée sur la ruette carrelé en [caniche] et plafonné en plâtre sous le toit, ny ayant aussi que les quatre murs de sept cent huit pieds neuf pouces de superficie.

    5/ d'une petite maison à l'orient de la cour et partie du vestibule de la chapelle, construit en pisay ayant un bas sur le chemin de Grenoble avec cheminée et une chambre sans cheminée au-dessus, couverte par le toit, et une rampe d'escalier en bois pour y monter. Ces deux pièces servoit de logement au concierge, une petite salle attenante et chambre au-dessus qui servoit pour l'assemblée des cy-devant pénitents à deux croisées sur le jardin desservis par une rampe d'escalier en pierre et galerie donnant également entrée à la cy-devant tribune, le tout d'ancienne construction, la maison de quatre cent cinquante trois pieds neuf pouces de superficie.

    6/ et enfin d'un petit jardin clos de murs à l'orient de la chapelle et contigu au nord de la maison, de la contenance d'environ un septième de bicherée... Le mur de clôture sur le chemin de Crémieux est en très mauvais état et sujet à reculement, que le jardin est sans arbre et semencé actuellement en bled.

    Soumissionnaire Chariet

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Rhône. 1 Q 83. Faubourg de la Guillotière. Ancien cimetière. Estimation du clocher, 23 prairial an IV (11 juin 1796 )

  • AC Lyon. 321 WP 208 6. Rue Tourville : élargissement de la dite rue et de la rue du Béguin : alignement de rue : cession de terrains, reconstruction de maisons, acquisition d'immeubles : actes de vente, correpondance, arrêté préfectoral, délibérations, procès verbal de mensuration, rapports, 1856-1912

    AC Lyon : 321 WP 208 6
  • AC Lyon. 321 WP 114. Grande rue de la Guillotière, 3ème arrondissement : élargissement de la dite rue et de la rue Tourville, formation d'un pan coupé à l'angle Sud-Est de la dite rue et de la rue de la Vierge Blanche, élargissement de la dite rue et de la rue d'Heyrieux, proposition de vente à la Ville de l'Hôtel de la Couronne sis la dite rue pour l'installation d'une halle aux grains, amélioration de la dite rue : route impériale n°6 : cession de terrains et de bâtiments, indemnisation, pétition, acquisition de terrains, démolition de bâtiments des missions africaines, reculement de bâtiments : alignement : correspondance, délibération, rapports, actes de vente, arrêté préfectoral, plans, procès verbaux de mensuration, 1866-1910

  • AC Lyon. 945 WP 004. Voirie urbaine : élargissement et ouverture de rues : acquisition de terrains et d'immeubles : actes de vente, correpondance, rapports ..., 1905-1923

  • AC Lyon. 922 WP 099 5. Place Victorien Sardou, 7ème arrondissement : élargissement de la dite rue : acquisition de terrains : acte de vente, procès verbal de mensuration, rapport, arrêté, correspondance 1912-1913, agrandissement de la dite place : rapport, détail administratif des travaux, plan, correspondance, 1929

  • AC Lyon. 730 WP 015. Biens communaux : terrains : locations : textes officiels, baux, plans, rapports, devis, demandes de location temporaires, statuts, copies d'actes de vente, correspondance, 1909-1957

  • AC Lyon. 344 WP 097 PCA 19210417. Voirie urbaine : Permis de construire administratif : construction d'un hangar et ouverture d'un portail rue Victorien-Sardou et 112 cours Gambetta pour Monsieur Louis Boisard par Monsieur Lamache : correspondance, rapport, plans, 1921-1922

  • AC Lyon. 793 WP 084. Marchés : marchés alimentaires : création, gestion, réglementation et suppression de quelques marchés : correspondance, affiches, rapports, textes officiels, 1920-1929

  • AC Lyon. 344 WP 097 PCA 19210417. Voirie urbaine : Permis de construire administratif : construction d'un hangar et ouverture d'un portail rue Victorien Sardou et 112 cours Gambetta pour Monsieur Louis Boisard par monsieur Lamache : correspondance, rapport, plans, 1921-1922

  • AC Lyon. 344 WP 179 PCA 19250618. Voirie urbaine : Permis de consturire administratif : agrandissement d'une usine de chocolaterie, construction d'un poste de transformation et d'une maison de type Rolland pour le gardien, déplacement d'un portail, 28 rue Victorien Sardou, pour Madame Janoray, par Messieurs Ruff et Ollivier, architectes : rapport, correspondance, plan, 1925

  • AC Lyon. 344 WP 198 PCA 19260063. Voirie urbaine : Permis de construire administratif : construction d'une salle de spectacle dans le local du patronage, 8 rue Victorien Sardou, pour Les Ateliers d'Apprentissage (Abbé-Boisard) : rapport, correspondance, plan, 1926

  • AC Lyon. 922 WP 099 5. Place Victorien Sardou, 7ème arrondissement : élargissement de la dite rue : acquisition de terrains : acte de vente, procès verbal de mensuration, rapport, arrêté, correspondance 1912-1913 - agrandissement de la dite place : rapport, détail estimatif des travaux, plan correspondance, 1929

  • AC Lyon. 429 WP 019. Voirie urbaine et édifices communaux : aménagement et restauration de rues, de jardins et de bâtiments , 1980-1982

  • AC Lyon. 429 WP 022. Voirie urbaine : aménagement de jardins, 1981-1984

  • AC Lyon. 429 WP 022. Voirie urbaine : aménagement de jardins, 1981-1984

Documents figurés
  • Nouveau plan de la Ville de Lyon et ses faubourgs / Laurent Dignoscyo, 1816. Pap., encre, aq. (BM Lyon Fonds Coste n°6351)

    BM Lyon : Fonds Coste n°6351
  • Cadastre napoléonien. Section I dite du Nord de la ville.1824. (AD Rhône. 3 P 1045)

    AD Rhône : 3 P 1045
  • Cadastre napoléonien. Section H dite du Midi de la ville.1824. (AD Rhône. 3 P 1043)

    AD Rhône : 3 P 1043
  • [Plan de la Ville de Lyon avec les forts]. [vers 1830]. Est. Pap. collé sur toile. [environ 1/6.500]. 1340 x 1225 (AC Lyon. 0001 S 00014)

    AC Lyon : 0001 S 00014
  • Travaux défensifs de Lyon. 1831. Rive gauche du Rhône. Projet d'un fort au château de la Motte / Daighemont, [1831]. Pap., encre, aq. 1 : 2000 (A. Service historique de l'Armée de terre. Parios. Vincennes. Art. 8, section 1, Lyon, carton 2, n° 31/5)

  • Plan topographique de la ville de la Guillotière et de son embellissement projeté / Christophe Crépet, 1845. Pap., encre, aq. Echelle portée mais illisible. (BM Lyon Fonds Coste n° 6409)

    BM Lyon : Fonds Coste n° 6409
  • Plan de Lyon de ses environs et des forts avec un projet de débarcadère de chemin de fer à la Guillotière] / S.n. [Dignoscyo], 1845. Lithogr., impr. Saint-Côme, Lyon. 1 : 20000. 45,5 x 60,5 cm (AC Lyon. 0003 S 00014b)

    AC Lyon : 0003 S 00014b
  • Plan topographique de la Ville de Lyon et de ses environs / Eugène Rembielinski et Laurent Dignoscyo, 1847. 1 : 10000. 1 est. : lithogr. ; 65 x 89,9 cm (AC Lyon : 2 S 574)

    AC Lyon : 2 S 574
  • Projet d'ouverture des rues de la Guillotière . [S.n.] : [1880]. Calque collé sur toile, 77,2 x 62,3 cm (AC Lyon : 0002 S 00288)

  • AC Lyon. 4 S 234. Plan général de la ville de Lyon. Ech. 1 : 500

    1885, 1913, 1925, 1935, 1951, 1974 AC Lyon : 4 S 234
  • AC Lyon. 4 S 250. Plan général de la ville de Lyon. Ech. 1 : 500

    1885-1922, 1938, 19521, 1979 AC Lyon : 4 S 250
  • Carte postale ancienne de la Place Victorien Sardou. Vers 1910. (AC Lyon. 4 Fi 73)

Bibliographie
  • CLEMENCON, Anne-Sophie. Le plan Crépet de 1845. Projet utopique ou modèle pour le troisième plan d'extension de la Guillotière ?, in Forma urbis. Les plans généraux de Lyon, XVIe-XXe siècles. 2e édition revue, corrigée et augmentée. Lyon : Archives municipales. 1999. (Les dossiers des Archives municipales, n°10, édition en ligne : www.archives-lyon.fr/sommaires/forma_urbis.html).

  • CLEMENCON, Anne-Sophie. La fabrication de la ville ordinaire : pour comprendre les processus d'élaboration des formes urbaines, l'exemple du domaine des Hospices Civils de Lyon : Lyon-Guillotière rive gauche du Rhône, 1781-1914. Thèse de doctorat en Histoire de l'art, Université de Lyon-2, 1999.

  • DE OCHANDIANO, Jean-Luc. Lyon, un chantier limousin. Les maçons migrants (1848-1940). Lyon : éd. Lieux-Dits, 2008

  • GARDES, Gilbert. Lyon, l'art et la ville, Architecture-Décoration. Paris : CNRS, 1988. 2 vol. 188-253 p. : ill.

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  • PELLETIER, Jean. Connaître son arrondissement. Le 7ème.Lyon : Editions Lyonnaises d´Art et d´Histoire, 1997, 96p.

  • PELLETIER, Jean, DELFANTE, Charles..Places de Lyon. Portraits d'une ville.Lyon : Stéphane Bachès, 2009, 160p.

  • SAFFANGE, Jean-François.Le père Boisard et l´oeuvre des Ateliers d´Apprentissage de la Guillotière.Paris : Don Bosco, 2007, 275p.

  • SEMICHON Juliette. Le quartier de la place Stalingrad, la Guillotiere (Lyon, 7earrondissement) : étude topographique et analyse urbaine. 1824 – 2012. Mémoire de Master 2 professionnel « Patrimoine architectural et urbain du Moyen Âge à l’époque contemporaine », Université Lumière - Lyon II, Lyon : 2012

Périodiques
  • COGOLUENHES Henri. Une place aux dénominations changeantes. Rive gauche, n° 152, mars 2000, p.8-11.

  • HOURS, Henri. La mission de la Guillotière en 1818. Rive gauche, n° 148, mars 1999, p. 7-10

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