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Prieuré de Saint-Thomas (Saint-Thomas-les-Nonnains)

Dossier IA42001497 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Genrede bénédictines
VocablesSaint-Thomas
AppellationsSaint-Thomas-les-Nonnains
Parties constituantes non étudiéeséglise, bâtiment conventuel
Dénominationsprieuré
Aire d'étude et cantonMontbrison
AdresseCommune : Saint-Thomas-la-Garde
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1814 A 182 à 192 ; 1984 A 626 à 633, 635, 1015, 1016

Le prieuré de religieuses bénédictines de Saint-Thomas aurait été fondé en 1206 par Guy II, comte de Forez, assisté de son fils Renaud, archevêque de Lyon. Le prieuré de Saint-Romain-le-Puy (dépendant de l'abbaye d'Ainay, à Lyon, et de l'archevêque de Lyon) semble superviser ce couvent de femmes. L'église de la paroisse, concédée aux religieuses, existait déjà ; l'usage en sera dès lors partagé entre prieuré et paroisse. Au 13e siècle, le prieuré de Saint-Thomas bénéficie de nombreux dons (terres, rentes ou fondations) des comtes de Forez et de leur entourage, de chanoines de Lyon et de gentilshommes foréziens. Le prieuré a sans doute souffert des troubles causés en Forez par la guerre de Cent Ans. Dans la 2e moitié du 15e siècle, les bâtiments sont reconstruits ou réaménagés, en particulier sous le priorat d'Isabelle de Bouthéon. En 1734, le prieuré, qui ne comte que 4 religieuses (dont la prieure), doit faire partie d'un ensemble de petites communautés de l'ordre de Cluny qui doivent être supprimées. Malgré la résistance des prieures, cette suppression est définitivement prononcée en 1755 et la communauté est réunie au couvent de Saint-Martin de Salles en Beaujolais. A la Révolution, les bâtiments du prieuré sont vendus. En 1825, le site porte le nom de 'Petit Couvent' et les bâtiments (hors l'église) sont divisés entre deux propriétaires. C'est encore le cas aujourd'hui.

Période(s)Principale : 12e siècle , (?)
Principale : 2e moitié 15e siècle
Principale : 19e siècle
Auteur(s)Personnalité : Bouthéon Isabelle de, prieure commanditaire

Le prieuré occupait une enceinte en forme d'amande divisée en deux parties : à l'ouest se trouvait l'église, flanquée au nord par le cimetière et au sud par une cour distribuant les bâtiments d'habitation des religieuses, au sud et à l'est, et le cloître, qui occupait l'angle entre ces deux bâtiments et joignait le chevet de l'église. La partie est, située en contrebas, comprenait la basse-cour encadrée par les lieux de stockage (cave, cellier) et les dépendances agricoles (pressoir, écurie, grange). L'enceinte, qui a presque totalement disparu (Claude de Saint-Georges, prieur de Saint-Romain-le-Puy, la fait réparer en 1666, mais elle est en très mauvais état en 1751), sert aussi au sud de mur de soutènement du terrain et est fondée directement sur le rocher.

Mursgranite
moellon
moyen appareil
Toittuile creuse
Statut de la propriétépropriété privée
propriété de la commune

Annexes

  • Historique complémentaire

    Le prieuré de religieuses bénédictines de Saint-Thomas aurait été fondé en 1206 par Guy II, comte de Forez, assisté de son fils Renaud, archevêque de Lyon (La Mure, Ducs, p. 171. Le Forez est en effet gouverné par Guy II, jusqu'à son décès en 1210, bien que celui-ci ait cédé le comté en 1198 à son fils Guy III. Mort prématurément en Orient en 1204, il laisse un fils mineur, le futur Guy IV, placé sous la tutelle de son grand-père et de son oncle Renaud, archevêque de Lyon). Un acte de 1213 précise la composition de la nouvelle communauté religieuse, qui compte une prieure et 19 moniales (12 litteratae et 7 converses ; La Mure, Hist. éccles., p. 321). L'église paroissiale, qui existait déjà lors de la fondation du couvent, est concédé aux religieuses. En 1225, c'est le prieur de Saint-Romain-le-Puy (dépendant de l'abbaye lyonnais d'Ainay et de l'archevêque de Lyon) qui nomme à la cure de la paroisse (ce privilège est par la suite cédé à la prieure de Saint-Thomas, comme l'atteste la visite pastorale du 19 juin 1614). Les prieurés de Saint-Romain et de Saint-Thomas, distants de moins de 4 kilomètres à vol d'oiseau, ont entretenu des liens étroits tout au long de leur existence, la prieure de l'un étant souvent une soeur du prieur de l'autre. Au 13e siècle, le prieuré de Saint-Thomas bénéficie de nombreux dons, en particulier du comte Guy IV (en 1218 ; La Mure, p. 171) ou de ses successeurs (testament du comte Renaud, 1270, La Mure, Ducs, p. 272 ; don de la comtesse Jeanne de Montfort en 1280, Gras, Obituaire..., p. 68), mais aussi de chanoines de Lyon et de gentilshommes foréziens. Il s'agit souvent de cessions de terres, en particulier de vignes (dans les communes de Saint-Marcellin, Boisset-Saint-Priest...), que le couvent complète dans le courant du 13e siècle par des acquisitions (une vigne à Saint-Thomas en 1250, le bois de la Terrasse, au-dessus de Conol dans la commune de Verrières-en-Forez quelques années plus tard ; Gras, Obituaire..., p. 68).

    En 1251, l'église est mentionnée comme ecclesia Sancti Thome Monialium, traduit plus tard en Français par 'Saint-Thomas-les-Nonnains' (Dufour), nom que conservera le village jusqu'à la Révolution. Dans la 2e moitié du 15e siècle, les bâtiments sont reconstruits ou réaménagés, comme ceux de nombreux prieurés foréziens à cette époque, et sans doute après avoir été endommagé par des bandes de routiers dans les années 1420 (Busseuil, 2001, p. 35). La prieure Isabelle de Bouthéon, soeur de Jacques de Bouthéon, prieur à Saint-Romain-le-Puy, dont les armoiries sont figurées dans le prieuré, a peut-être commandité une partie de ces travaux (L. Bernard, dossier de recensement) ; L.-A. Gras signale trois prieures de cette famille dans la première moitié du 15e siècle (Obituaire..., p. 54). En 1614, lors de la visite pastorale, il n'y a que quatre religieuses (la prieure est absente), et le visiteur note la pauvreté des lieux. En 1709, Claude de Saint-Georges, chanoine-comte de Lyon, est pourvu du prieuré de Saint-Romain, dont il fait annuler la sécularisation, intervenue en 1666 sur l'ordre de l´archevêque Camille de Neufville : il nomme ensuite sa soeur Marianne de Saint-Georges prieure de Saint-Thomas et en fait réparer la clôture (AD Loire, série H : 30/4).

    Dans les années 1730, le prieuré résiste au projet de réunion des petites communautés de l'ordre de Cluny : la prieure Marianne de Saint-Georges plaide que son prieuré, qui compte 10 places (mais seulement 6 religieuses) n'est pas dans un cas de suppression : il n'a pas de dettes, de bonnes moeurs y sont respectée et il reçoit régulièrement les visiteurs et du grand vicaire de Cluny. Cependant, depuis 1732 des lettres de cachet défendent d'y recevoir des novices, et en 1734 la décision de supprimer le monastère qui ne compte que 4 religieuses (prieure incluse), dans des bâtiments en mauvais état, est prise. La prieure obtient le droit d'y rester sa vie durant avec ses religieuses, mais après sa mort, ou si elle se retire ailleurs, les religieuses et les biens de la communauté seront transférés à un autre monastère clunisien (AD Loire, série H : 30/4, Convention du 19 septembre 1738). En 1742, la mise sous séquestre des biens du couvent est ordonnée, certainement suite au décès de Marianne de Saint-Georges, remplacée par Marguerite Claudine de Lévis (certainement sa nièce) : celle-ci, ainsi que les trois religieuses, consent au rattachement de Saint-Thomas à une autre communauté (AD Loire, série H : 30/4, Rapport du procureur général de l´ordre de Cluny au cardinal de Tencin). Le couvent de Sainte-Colombe (à Vienne), d´abord proposé, mais situé dans un autre diocèse, est abandonné au profit de celui de Salles (en Beaujolais). Peu après, la nouvelle prieure Gabrielle de Lévis (certainement la soeur de la précédente ; Gras inverse l´ordre de ces deux prieures : Obituaire..., p. 89-91) tente encore de conserver l'indépendance du couvent où elle voudrait pouvoir accueillir des novices issue de l'aristocratie locale, les bâtiments pouvant accueillir une dizaine de religieuses (AD Loire, série H : 30/4, Lettre de dame Gabrielle de Lévi prieure (...) à l'abbé général de l'ordre de Cluny, commissaire pour la réunion des petites communautés de religieuses). La suppression du prieuré est décidée par le cardinal de Tencin, archevêque de Lyon, en 1753 et confirmée en 1755 (AD Loire, série H : 30/4).

    A la Révolution, les bâtiments du prieuré sont vendus. En 1825, le site porte le nom de 'Petit Couvent' et les bâtiments (hors l'église) sont divisés entre deux propriétaires (AC, matrice cadastrale). C´est encore le cas aujourd'hui.

    Quelques éléments réputés provenir de ce prieuré sont conservés au château de la Garde.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loire. Série H : 30/4. Liasse Prieuré de Saint-Thomas-la-Garde, 1630-1738. [Eléments d'historique du prieuré au 17e et 18e siècle]Camille de Neufville, archevêque de Lyon, posséda le prieuré de Saint-Romain. Il y supprima les religieux. Une translation du 10 mai 1666 assura le transfert des services effectués à Saint-Romain à Ainay (dont Neufville était abbé). Puis Claude de Saint-Georges, précepteur et comte de Lyon, fut pourvu du prieuré et en fit annuler la sécularisation en 1709. Il nomma sa soeur à Saint-Thomas et en fit réparer la clôture

  • AD Loire. Série H : 30/4. Liasse Prieuré de Saint-Thomas-la-Garde, 1630-1738. 13 mai 1751. Procès-verbal de visite des bâtiments par Michel Espinat, maître entrepreneur à Montbrison (voir transcription en annexe).

  • AD Loire. Série 1111 VT : 256. Fonds Louis Bernard. Saint-Thomas-la-Garde. Dossier 42.76.2401, recensement MH du prieuré. Dossier établi en 1976.

  • AC Saint-Thomas-la-Garde. Etat de sections des propriétés non bâties et bâties. Montbrison, 7 juin 1825.

Documents figurés
  • N°1. Département de la Loire. Arrondt de Montbrison. Commune de St-Thomas-la-Garde. Translation du cimetière. Projet faisant connaître par une teinte rose l'emplacement à aquérir (nature pré) de Mme Marguerite Masson, femme Ande, pour la construction d'un nouveau cimetière et faisant partie du n°668 section A du plan cadastral (surface à aquérir : 1200 mètres carrés). / Thévenet (agent voyer). 1 dess. : encres et lavis colorés sur calque collé sur papier. 30,9x20,9 cm. Échelle 1:2500. Montbrison, 3 juin 1883. AC Saint-Thomas-la-Garde.

  • Plan du prieuré. / GRAS, Louis-Pierre, dans 'Obituaire de Saint-Thomas en Forez, suivi de l'histoire de ce prieuré'. Lyon : Auguste Brun, libraire ; A. Vingtrinier, imp., 1873.

    p. 76
  • [Série de vues aériennes du village de Saint-Thomas-la-Garde : vue de l'ilot central (prieuré) depuis le nord-ouest].. / [s. n.]. 1 photogr. pos. : tirage sur papier argentique. 3e quart 20e siècle (AC Saint-Thomas-la-Garde).

  • [Série de vues aériennes du village de Saint-Thomas-la-Garde : vue de l'ilot central (prieuré) depuis le nord-est].. / [s. n.]. 1 photogr. pos. : tirage sur papier argentique. 3e quart 20e siècle (AC Saint-Thomas-la-Garde).

Bibliographie
  • Archives départementales du Rhône. Recueil des visites pastorales du diocèse de Lyon aux XVIIe et XVIIIe siècles, Tome I. Visites de 1613-1614. Lyon : aux Archives départementales, 1926

    p. 413, 414
  • BUSSEUIL, Muriel. Le prieuré de Saint-Thomas-les-Nonnains. Bulletin du GRAL, n°21, 2011

    p. 33-52
  • GRAS, Louis-Pierre. Obituaire de Saint-Thomas en Forez, suivi de l'histoire de ce prieuré. Lyon : Auguste Brun, libraire ; A. Vingtrinier, imp., 1873.

  • LA MURE, Jean-Marie de, chanoine. Histoire des ducs de Bourbon et des comtes de Forez, en forme d'annales, sur preuves authentiques... : publiée pour la première fois d'après un manuscrit de la bibliothèque de Montbrison portant la date de 1675. Paris : Potier, 1860-1869. STEYERT, André (éd.) ; Roanne : Horvath, 1982- .4 vol.

    Vol. I, p. 171, 209
  • LA MURE, Jean-Marie de, chanoine. Histoire ecclésiastique du diocèse de Lyon. Lyon : Marcellin Gautherin, rue Confort, à la Justice, devant l'Hôtel-Dieu, 1671.

    p. 321, 322
  • TISSIER, Régine. Un village forézien. Saint-Thomas-la-Garde. Dactyl, 1967

    p. 16
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