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Chapelle Saint-Pierre

Dossier IA74002602 inclus dans Ecart des Frasses (ou A la Chapelle) réalisé en 2016

Fiche

Œuvres contenues

La paroisse des Frasses

Les Frasses formait au Moyen Âge une paroisse indépendante, dont l'église est attestée dès le pouillé du diocèse de Genève daté du milieu du 14e siècle (vers 1344).

En 1756, la paroisse des Frasses a encore une église et un presbytère, mais c'est le Rd Dereydet, vicaire de Saint-Félix, qui y dit la messe (AVRA, n°29).

L'idée de la réunir à une paroisse voisine prend corps à la Révolution française. Ainsi en 1793, une délibération de la commune de Saint-Girod plaide pour l'union des paroisses de Saint-Girod et des Frasses, dont la petite église n'a plus de curé depuis longtemps ; en 1794, c'est même l'union provisoire des paroisses de Chainaz, La Frasse et Saint-Girod, dont l’église est la plus grande et "couverte à tuiles" qui est prononcée, peu de temps avant les décrets d'Albitte ordonnant l'arasement des clochers et la fonte des cloches (AVRA, n°5).

Les paroisses de Chainaz et des Frasses semblent unies au spirituel à partir de 1802. En 1805, un décret préfectoral exige que la paroisse des Frasses soit unie à celle de Chainaz afin de payer le tiers de la rémunération du desservant (devenue obligatoire après le Concordat). Mais en 1806, sous prétexte que sa participation au traitement du recteur est trop élevée, la paroisse des Frasses demande son rattachement à celle d'Héry-sur-Alby (paroisse plus grande, la fraction du traitement dû par Les Frasses serait donc moindre, passant du tiers au cinquième), ce qui est refusé. L'archevêque enjoint plusieurs fois la paroisse de procéder à des travaux sur l'église et le cimetière, sous peine d'en interdire l'accès, et propose la transformation de l'église en chapelle rurale : ainsi, en 1824, il commande un rapport sur l'église au curé de Saint-Offenge ; en 1828, il propose que l'église soit réparée et devienne une chapelle rurale (dans le même temps, il ordonne le transport des fonts baptismaux à l'église de Chainaz, signe que ce sacrement ne doit plus être pratiqué dans l'église) ; en 1841, l’archevêque indique que si l’ancienne église pouvait être convertie en chapelle rurale, on pourrait affecter à son entretien le revenu de l’ancien cimetière, mais que si elle tombait de vétusté, la fabrique serait autorisée à la vendre, avec le cimetière.

Pendant le demi-siècle suivant, la question de la réunion des deux paroisses est régulièrement soulevée, celle des Frasses, trop petite et sans revenu, n'ayant pas les moyens de financer l'entretien d'une église, d'un presbytère et d'un desservant. Si elle rencontre rapidement l'accord du maire, elle se heurte aux réticences d'une partie de la population, qui souhaite en particulier conserver l'usage de son cimetière. Le projet d'union des paroisses devient ainsi un projet d'union des deux communes, inscrit dans des délibérations des deux conseils municipaux en décembre 1843, en juin 1854 (l'union étant prévue pour le 1er janvier 1855) et enfin en mars 1862. En janvier 1864, certains habitants des Frasses proposent même de construire une salle d’école en réutilisant la chapelle qui a succédé à l’église ; mais la commune n’a de fonds ni pour construire, ni pour entretenir un instituteur.

La fusion des communes est finalement arrêtée par un vote du conseil général le 22 août 1865, confirmé par un décret de Napoléon III du 17 novembre 1865.

L'église paroissiale Saint-Pierre (détruite)

Les visites pastorales d'Ancien Régime donnent peu renseignements sur l'aspect de cette petite église. En 1793, lors de la tentative de réunion avec Saint-Girod, il est mentionné que son toit est en chaume ; elle possédait une cloche, transférée à Annecy suite au décret d'Albitte le 2 novembre 1793, puis finalement restituée.

Le rapport établi en 1824 par le curé de Saint-Offenge pour l'archevêque donne plus d'éléments, la comparant à l’étable de Bethléem (AVRA, n°5, p. 21) : le choeur était voûté en cul-de-four, "avec une petite fenêtre au midi", la nef avait un plafond en bois, le tout en très mauvais état ; pour le mobilier, le tableau, le devant et le marchepied d’autel étaient pourris, de même que le plancher du chœur, seul le tabernacle était à peu près en état ; il existait un confessionnal, à réparer, la chaire basse était bon état, de même que la pierre des fonts baptismaux. Le toit était toujours en chaume, avec un petit clocher dont la couverture laissait « voir les étoiles », et contenant une petite cloche. On peut ajouter qu'une pièce du procès en sorcellerie à Héry-sur-Alby tenu en 1756 mentionne que les curés sont enterrés "au pied du balustre de la communion" de l'église.

La chapelle Saint-Pierre

La chapelle des Frasses a été construite en 1833 (date portée ; la graphie des 3 est étrange et pourrait être interprétée comme des 5) par le curé J. Louis (AVRA, n°5). Des matériaux de l'ancienne église auraient été remployés dans sa construction : l'appui de la fenêtre sud porte ainsi un arc infléchi utilise à l'envers, et le linteau en arc segmentaire délardé de la baie haute en façade principale pourrait dater du 18e siècle. La construction de la chapelle à la place de l'église n'est étonnamment pas mentionnée dans la documentation, en particulier dans les échanges avec l'archevêque.

La chapelle a un plan rectangulaire, à chevet plat orienté. La porte est en arc en anse de panier, les fenêtres (une par mur latéral) en arc plein-cintre ; deux baies ouvrent dans le comble, une porte à linteau segmentaire délardé en façade principale, un oculus côté est. Un clocheton de plan carré est implanté côté ouest. L'intérieur est composé de deux travées voûtées d'arêtes, séparées par un arc doubleau en anse de panier peint en faux marbre. Deux petits placards sont aménagés dans le mur sud. Le sol est en carreau de terre cuite.

Les murs sont en moellon calcaire enduit, les encadrements et les chaînes d'angle en calcaire blanc. Le clocheton est en charpente. Le toit est à longs pans, avec une flèche carrée sur le clocheton, en ardoise. La date est gravée sur une pierre insérée dans la maçonnerie au-dessus de la porte.

VocablesSaint-Pierre
Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonHauts de l'Albanais
AdresseCommune : Chainaz-les-Frasses
Lieu-dit : A la Chapelle
Cadastre : 1891 A3 252 ; 2016 A3 900

La chapelle des Frasses a été construite en 1833 (date portée) par le curé J. Louis (AVRA, n°5). Elle rappelle l'existence d'une paroisse indépendante aux Frasses, finalement réunie à celle de Chainaz en même temps la fusion des communes, en 1865.

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle
Dates1833, porte la date

Chapelle de plan rectangulaire, à chevet plat orienté. La porte est en arc en anse de panier, les fenêtres (une par mur latéral) en arc plein-cintre ; deux baies ouvrent dans le comble, une porte à linteau segmentaire délardé en façade principale, un oculus côté est. Un clocheton de plan carré est implanté côté ouest. L'intérieur est composé de deux travées voûtées d'arêtes, séparées par un arc doubleau en anse de panier peint en faux marbre. Deux petits placards sont aménagés dans le mur sud.

Les murs sont en moellon calcaire enduit, les encadrements et les chaînes d'angle en calcaire blanc. Le clocheton est en charpente. Le toit est à longs pans, avec une flèche carrée sur le clocheton, en ardoise. La date est gravée sur une pierre insérée dans la maçonnerie au-dessus de la porte.

Murscalcaire pierre de taille
Toitardoise
Couvrementsvoûte d'arêtes
Couverturestoit à longs pans
flèche carrée
Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Bibliographie
  • MALLINJOUD, Robert. Sortilège pour faire fortune à Héry-sur-Alby en 1756. Bulletin des Amis du vieux Rumilly et de l'Albanais, n°29, 2011.

  • MARECHAL, Yves. PERSOUD, Pierre. SALOMON, Marie-José. Chainaz-les-Frasses (Patrimoine du Canton d'Alby-sur-Chéran ; 5e cahier). Rumilly : Les Amis du Vieux Rumilly et de l'Albanais (AVRA) / Imprimerie Ducret, 2013. Ill. en coul., 48 p.

    p. 20-23
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