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Jardins ouvriers puis familiaux de Chambovet dit section clos de Montchat

Dossier IA69001584 réalisé en 2020

Fiche

Dénominationsjardin ouvrier
Aire d'étude et cantonLyon patrimoine industriel - Lyon
AdresseCommune : Lyon 3e
Lieu-dit : Chambovet Montchat
Adresse : 33 à 36 rue, Jules Massenet, rue, Chambovet, rue, Alfred de Musset, rue
Pierre Bonnaud
Cadastre : Montchat (quartier de), Chambovet (lieu-dit)

Les jardins ouvriers de la section de Montchat sont dénommés « Chambovet » du nom du quartier et du parc voisin. Le lieu est d’un côté intimement lié à l’histoire du quartier Montchat, puisque le dénominatif « Chambovet » reprend le nom de jeune fille de la mère d’un des grands lotisseurs de Montchat Richard Vitton. L’histoire orale comme les sources écrites (Cf : Guetty Long et Gérard Chauvy, 2008) indiquent qu’une certaine « Maison Chambovet », qui constituait un élément historique de ce quartier, se situait sur la parcelle comprise à l’angle entre les actuelles rue Jules Massenet et rue Chambovet (au numéro 4 de cette rue). Une plaque commémorative encore en place informe de son existence : propriété de René Tavernier, père du réalisateur Bertrand, elle abrita pendant la Seconde Guerre mondiale le couple Aragon-Triolet.

C’est dans le voisinage de cette maison que se situent les jardins ouvriers Chambovet. Leur histoire se rattache à celle de tous les autres jardins ouvriers communaux de la région lyonnaise, qui voient le jour en 1916, en pleine guerre, dans un temps de pénurie. La Municipalité, à l’initiative du maire Edouard Herriot, constitue la Commission des Denrées pour permettre un meilleur ravitaillement de la population lyonnaise. C’est le secrétaire du Syndicat des typographes M. Bourrec qui suggère alors de défricher plusieurs terrains vagues présents sur le territoire de Lyon pour y créer des jardins, destinés avant tout aux « pères de famille ». C’est l’acte de naissance des quatre premières sociétés de jardins ouvriers à Lyon.

Le mouvement se développe dans l’immédiat après-guerre, où les destructions et privations sont encore bien présentes. C’est dans ce contexte que sont créés les jardins de Chambovet, parallèlement au démantèlement des fortifications de Lyon désormais hors d’usage, où essaiment dorénavant les jardins ouvriers de Vaise, de Loyasse, de La Duchère... C’est dans une ville désormais en pleine expansion industrielle et urbaine à l’est et au sud que se constitue la Fédération des Jardins Ouvriers Municipaux en 1920, dont les statuts sont déclarés en 1922. Cette Fédération a également lancé la construction d’un modèle uniforme de cabanes à partir de 1920, vendues de 220 à 260 francs selon le modèle.

Période(s)Principale : limite 19e siècle 20e siècle

Jardins ouvriers (AC Lyon : 726WP/123)

Location temporaire à la Ville par M. Claude Richard, gérant de la Société Location temporaire à la Ville par M. Claude Richard, gérant de la Société Civile du Clos de Montchat, de terrains dépendant dudit clos.

Emplacement loué à la Société civile d’une superficie de 15500 m2 dépendant du tènement dit « Clos de Montchat » dont les confins sont - au nord rue Bellevue

- à l’ouest propriété Taithe

- au sud propriétés Taithe, Thomas, Faucheron, Duret François et Dorier - à l’est propriétés Dorier, Verjus, héritiers Vezy et Forrire.

Sont exceptés les tènements vendus à MM Ferrière, Deschamps et Borider, ainsi un emplacement des rues Massenet, Alfred de Musset et Alfred de Vigny.

Extrait du registre des délibérations de la Ville de Lyon (séance du 20/11/1922), M. Herriot Maire

"Location consentie à partir du 01/07/1922, avec un prix de 0,10 francs par m2 soit pour l’ensemble 1550 francs par an (suivant conditions fixées par délibération du 26/11/1916) à échéance les premier janvier et juillet de chaque moi. La société civile pourra en reprendre possession dans les quarante jours sur simple préavis et sans avoir aucune indemnité à verser à la Ville et que ce même droit appartiendra à ses acquéreurs ou locataires."

Etat des redevances dues à la Ville par différentes Sociétés de Jardins ouvriers municipaux pour occupation de terrains communaux (minute)

« Vu et arrêté le présent état à la somme de 26 francs, Lyon le 14/01/1927.

Clos de Montchat : président GIACHINO (25/01/1927)

Rapport soumis à Monsieur le Maire, 09/11/1922

Ce rapport indique que la société civile du Clos de Montchat avait proposé initialement la mise à disposition de ces terrains à la Ville à titre gracieux, réclame à présent un loyer, en raison des charges et impôts qui grèvent ces terrains. Demande donc au maire s’il convient d’exiger pour ces terrains occupés par la société des jardins ouvriers avec redevance nominale d’un franc demandé, de demandera un loyer plus en rapport avec le prix de location réclamé à la Ville.

RAPPORT LOCATION DES TERRAINS (06/06/1922)

Convention en date du 30 avril 1920 pour la location à titre entièrement gratuit ; demande ensuite de 0,25 francs par m2 par M. richard, sur les raisons des charges et impôts à hauteur de 1100 francs demandés par la ville pour les taxes municipales.

Cela engendrerait dépense annuelle de 3875 francs, impossibilité à la ville de payer une telle somme ; arrivés au prix de 0,15 francs, baissés encore à 0,10 francs devant impossibilité d’obtenir de Monsieur Richard délai de préavis supérieur à 40 jours pour les parcelles à retirer à la suite de ventes éventuelles. Dépense annuelle donc de 1550 francs.

« Vu les charges grevant la propriété, le prix de 0F10 le mètre carré nous paraît raisonnable et en acceptant la Ville traiterait dans les maillures conditions »

Les jardins ouvriers Chambovet sont situés en limite du 3e arrondissement, séparé de la commune de Bron par le boulevard Pinel. Surnommé « quartier des hôpitaux » après l’installation de nombreux services des Hospices Civils de Lyon, le quartier de Montchat présente encore aujourd’hui une forte identité pavillonnaire et résidentielle qui l’apparente, fait rare à Lyon, à un village. Une des caractéristiques géographiques premières des lieux est celle d’un vaste panorama depuis un des points culminants de la région lyonnaise, sur une déclivité arborée qui descend en pente douce en direction de la grande ville. Les jardins ouvriers et le parc public de Chambovet s’intègrent parfaitement dans ce cadre paisible, sur une voirie peu fréquentée et préservée des grands axes de circulation malgré leur proximité (boulevard Pinel, avenue Lacassagne). C’est de part-et-d’autre des rues Chambovet et Jules Massenet que sont groupés les jardins d’une surface moyenne de 125 m2, initialement au nombre de 88, aujourd’hui autour d’une soixantaine.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Réglement des jardins municipaux en 1916

    REGLEMENT des JARDINS OUVRIERS MUNICIPAUX de 1916

    Art 1 : cession temporaire et gratuite des terrains communaux ainsi un terrains privés mis à sa disposition ; chaque terrain donné en location sous prix uniforme de 1 franc par an

    Art. 2 : Sociétés agréées devront se placer sous régime de la loi du 1er juillet 1901

    Art 3 : Concession des terrains aux sociétés essentiellement précaire et révocable . L’administration se réserve le droit de reprendre les terrains concédés sans indemnité ; ceux-ci conservent la jouissance de leur jardin jusqu’à enlèvement de la récolte (délai de six mois maximum)

    Art 4 : Chaque société faisant demande de concession devra produire un exemplaire de ses statuts et de la liste de ses administrateurs

    Art 5 : Rapport détaille de fonctionnement envoyé par chaque président de société au Maire de Lyon envoyé tous les ans durant le 1er trimestre, accompagné du compte-rendu financier

    Art 6 : Superficie totale des jardins individuels ne devant pas excéder la moitié de la superficie des terrains concédés, autre moitié dédié à la culture collective. Cette culture sera effectuée par tous les sociétaires et à leur profit exclusif.

    Art 7 : L’Administration municipale se réserve le droit selon emplacement à ne pas autoriser la construction de tonnelles. Les sociétés doivent veiller dans le cas où il en serait édifié à ce que les dimensions n’excèdent pas 2m sur 3m et à ce que leur aspect ne soit pas disgracieux

    Art 8 : La Ville décline toute responsabilité en cas d’accident

    Art 9 : Toute dérogation au règlement doit être soumise à l’approbation du Maire de Lyon

    Art 10 : Exemplaire dues statues remis à chaque sociétaire

    Art 11 : Obligation d’insérer dans leurs statues ensemble de dispositions

  • L'attribution de l'eau pour les jardins ouvriers de Montchat

    NOTE pour M. le Secrétaire général par le Chef du 9e bureau de la Mairie de Lyon, 14/06/1925

    Demande de M. Sève conseiller municipal que la quantité d’eau attribuée aux jardins ouvriers de Montchat soit augmentée. Alimentation par la Compagnie générale des eaux et abonnement payé par la ville,fourniture faite sur crédit de 30000 francs voté en 1925. Renseignements recueillis auprès de M. Dupraz directeur du Service des Eaux, d’accord avec M. Giachino pour cette fourniture ; quantité de 2m3 par jour payée par la Ville mais sur insistance de M. Giachino, déclaration que la supplément devrait être à la charge de la Société. Les dépenses engagées pour la Société absorberaient totalement le crédit débloqué, satisfaction donc impossible à donner à moins de réduire les dépenses dont doivent bénéficier d’autres sociétés, de plus demande assez généralisée, chacune d’elles cherchant à obtenir avantage supplémentaire.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Lyon : 726WP/123, date 1927 : jardins ouvriers

    AC Lyon : 726WP/123
Bibliographie
  • Long Guetty, Chauvy Gérard, Montchat. Regards sur l’histoire d’un quartier lyonnais, Editions Bellier, 2008

    AP
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Ville de Lyon © Ville de Lyon - Halitim-Dubois Nadine