Dossier d’œuvre architecture IA69001609 | Réalisé par
  • enquête thématique régionale, Patrimoine industriel
Jardins ouvriers familiaux de la section "Le Livre" à Gerland et logement social
Œuvre monographiée
Copyright
  • © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
  • © Ville de Lyon

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lyon patrimoine industriel - Lyon
  • Commune Lyon 7e Arrondissement
  • Lieu-dit Gerland
  • Adresse avenue Pierre de Coubertin
  • Cadastre 1999 CK 13, 18, 19
  • Dénominations
    jardin ouvrier, logement d'ouvriers
  • Parties constituantes non étudiées
    bâtiment administratif d'entreprise, logement d'ouvriers

Synthèse jardins ouvriers : enquêtes de 1993 (CAUE 69)

Les premiers terrains sont souvent donnés, loués, achetés sans participation outre qu'exceptionnelle des pouvoirs publics, d'où une précarité des terrains qui devient comme le montre les nombreux courriers envoyés par les présidents des jardins ouvriers au Maire de la ville de Lyon (ACL) le problème majeur des jardiniers. Une enquête réalisée en 1993 par la ligue française du coin de terre (Cabedoce, 1996, p. 199 cf biblio) révèle que 20% des associations seraient détentrices en propre des terrains par des associations créés avant 1945. Le nombre de jardins ouvriers avant-guerre était de 75000 parcelles. En 1943 : 250 000 parcelles municipales sans comptés les jardins ouvriers d'industries très nombreux.

Les jardins ouvriers du Parti socialiste du 7e arrondissement, section du livre, sont les premiers ouverts à Lyon en décembre 1916 à l'initiative du syndicat des typographes. Cette première société de ce genre comprend 49 familles dont 11 à enfants ou personnes à charge. Que d'un commun accord, les terrains communaux choisis sont situés entre l'Avenue Leclerc et le Rhône et acquis en vue de la création d'une usine d'incinération d'immondices, usine dont l'exécution est ajournée à cause de la guerre.

Ce premier lot de 49 jardins est mis en place sur une parcelle de 8 200 m² avec une petite réserve en vue d'une extension de la société ainsi qu'une parcelle contiguë de 8 430m² prévue pour la culture collective entre l'avenue Leclerc et le Rhône.

Un bail est consenti entre le maire et monsieur Chabert président de la Société des jardins ouvriers, terrains communaux non occupés en favorisant les familles nombreuses à charge pour ces sociétés de les exploiter en culture ménagère, notamment qu'une surface de 100m² serait concédée à chaque famille ayant au moins un enfant avec un supplément de 30m² par enfant ou ascendant à charge. Que de plus une surface supplémentaire égale à la surface totale obtenue serait attribuée pour cultiver collectivement des légumes de grand rendement, enfin que ces concessions seraient temporaires et données par location nominale de 1 franc. Considérant que cette œuvre, essentiellement moralisatrice pour la ville aurait encore l'avantage d'augmenter la production de denrées dont le renchérissement est dû à l'état de guerre.

Le syndicat des typographes a répondu à cette offre en fondant la première société de ce genre à Lyon. Elle se compose d'une famille avec 8 enfants, d'une famille avec 6 enfants, deux familles avec 5 enfants, 5 familles avec 4 enfants, 5 familles avec 3 enfants, 16 familles avec 2 enfants, 19 familles avec 1 enfant.

Leur histoire se rattache à celle de tous les autres jardins ouvriers communaux de la région lyonnaise, qui voient le jour en 1916, en pleine guerre, dans un temps de pénurie. La Municipalité, à l’initiative du maire Edouard Herriot, constitue la Commission des Denrées pour permettre un meilleur ravitaillement de la population lyonnaise. C’est le secrétaire du Syndicat des typographes M. Bourrec qui suggère alors de défricher plusieurs terrains vagues présents sur le territoire de Lyon pour y créer des jardins, destinés avant tout aux « pères de famille ». C’est l’acte de naissance des quatre premières sociétés de jardins ouvriers à Lyon.

En 1920, monsieur Tony Garnier architecte du stade voisin demande de prendre possession des terrains communaux occupé en partie par les jardins ouvriers du 7e arrondissement. En décembre 1922, un courrier indique une reprise des terrains que la société civile immobilière de Gerland à concédé gratuitement à la ville de Lyon pour l'établissement de jardins ouvriers situés avenue Jean-Jaurès angle avenue des Abattoirs, cette reprise effective en janvier 1923 (6300 m²) affectation aux cheminots et à la section du Livre, indiquant que situés entre le stade et l'avenue Jean-Jaurès.

En 1928, une demande de construction est réalisée par la ville pour construire sur le parcellaire des jardins ouvriers un immeuble (la construction de 10 nouvelles maisons) (AC Lyon 726WP 143, 1916-1931). Le 22 janvier 1927, une délibération du conseil municipal signale le groupement des jardins municipaux dit "socialiste communiste" est actuellement installé à Gerland. A la suite de cette perte de terrain (section P à Gerland), une demande est faite de récupérer une parcelle à la section Moullin à vent au 44 chemin des Combes Blanche une surface de 10 000 m². Les jardins ouvriers sont maintenus grâce à une forte résistance associative.

Depuis 2000, la parcelle des jardins ouvriers/familiaux (CK 13) est connexe aux aménagements paysagers du parc de Gerland, grand jardin d'agrément, conçu pour la maîtrise d'œuvre par l'atelier Michel Corajoud, paysagiste. Ce projet datant de 1997, concerne une superficie de 80 hectares, les travaux se déroulent de 1999 à 2000. La maîtrise d'ouvrage en est la Ville de Lyon et le Grand Lyon.

Un immeuble de logements ouvriers datant des années 1910 est localisé sur le parcellaire des jardins ouvriers (parcelles CK 18, 19).

A l'origine, ce premier lot de 49 jardins est mis en place sur une parcelle de 8 200 m² avec une petite réserve en vue d'une extension de la société ainsi qu'une parcelle contiguë de 8 430m² prévue pour la culture collective entre l'avenue Leclerc et le Rhône. Les dépenses d'installation s'élèvent pour la ville à 2800 francs pour : la mise en place de clôture en treillage de chemin de fer (1200 francs), six pompes artésiennes pour la fourniture de l'eau d'arrosage (1300 francs) ainsi qu'une borne fontaine (300 francs) branchée sur la conduite d'eau de l'avenue Leclerc pour l'alimentation domestique des membres du groupement et les premières semences pour la mise en culture desdits jardins. Sera placé sur chaque entrée de jardin un écriteau prescrivant l'usage (la gestion de l'eau) exclusif de l'eau pour arrosage.

Actuellement les jardins ouvriers localisés sur la parcelle CK 13, sont composés par 35 jardins (superficie des parcelles de 100 m² chacun). Les parcelles sont de forme linéaire.

Un immeuble de logements ouvriers CK 18, 19) datant des années 1910 est localisé sur le parcellaire des jardins ouvriers. Immeuble élégant de trois étages carrés composé de deux avant corps légèrement saillants correspondant aux deux entrées. Quatre travées par avant-corps, certains anciens habitants ont accès aux jardins.

  • Murs
    • bois
  • Toits
    tôle ondulée
  • Jardins
    planche de jardin
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Zone UL : zone destinée à encadrer l'organisation et le développement des grands parcs publics à Lyon. Espace de jardins ouvriers dit familiaux aujourd'hui remarquable.

Documents d'archives

  • AC Lyon : 726WP/143, date 1927 : jardins ouvriers, 1ère pochette bleue de 1916-1931 + 2e pochette bleue : 1942-1947.

    AC Lyon : 726WP/143

Bibliographie

  • CABEDOCE B.(ss dir.), PIERSIN Ph, 100 ans d'histoire des jardins ouvriers 1896-1996. Ligue française du coin de terre et du foyer, Créaphis, 1996

    BM Lyon : K107005
  • AUCOURD, Nicolas. Le développement d'un quartier industriel à Lyon : Gerland de 1852 à 1914. Université Lumière Lyon 2, maîtrise d'histoire contemporaine, 1996 (BU Diderot)

    p. 88, 89 à 91
  • CORAJOUD, Michel.Une grande prairie dans la métropole. Rencontre avec Michel Corajoud autour du projet pour le parc Gerland à Lyon. Faces 50, Le projet territorial et le paysage. Journal d'architecture hiver 2001-2002. Courvoisier-Attinger, Arts graphiques, CH (Suisse), Bienne. 2002.

    p. 13-17
  • BAILLY Jean-Christophe. Le dépaysement, voyages en France, Points, 2011

  • PERROT, Anne, LEMAHIEU, Mireille (dir.). Quel paysage pour les jardins familiaux ? Analyse et recommandations. Lyon : CAUE du Rhône/Communauté urbaine de Lyon, 1996-1997.

Documents figurés

  • AC Lyon, 2S 456. Les cartes industrielles de France : le Rhône. 1932. Société de documentation industrielle, relevé effectué par Mr. Saint-Denis géomètre à Lyon, 1 : 10000

Annexes

  • Les jardins ouvriers de Gerland
  • Synthèse jardins ouvriers : CAUE 69 enquêtes de 1993
Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2021
© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
© Ville de Lyon