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Séchoir à plantes médicinales

Dossier IA42003431 inclus dans Demeure de Vaure réalisé en 2007

Fiche

Á rapprocher de

Dénominationsséchoir
Aire d'étude et cantonMontbrison
AdresseCommune : Savigneux
Lieu-dit : Vaure
Cadastre : 1999 AB 3 (partie)

En 1894, Charles Durel (voir annexe) prend à bail le domaine de Vaure (40 ha ; voir IA42003429), appartenant à Anne Marie Louise de la Plagne et son époux le baron de Brosse. Le domaine est acquis par la société Ch. Durel, Jay & Naacke en 1906. On y pratique la culture industrielle de plantes médicinales (surtout des roses, selon un témoignage oral, mais les registres conservés sur place listent les références de plus de 300 plantes). Les plantes ramassées, ainsi que celles récoltées dans les monts du Forez, étaient stockées à Montbrison dans un entrepôt rue d'Ecotay, qui brûle en janvier 1907. De nouvelles installations (entrepôt, triage, séchage, emballage, expédition) sont alors édifiés 14 boulevard Duguet à Bellevue (Montbrison ; détruit), et sans doute vers la même époque à Vaure (voir IA42003431), sur l’emplacement d'un bâtiment rural dessiné sur le plan cadastral de 1809. Un tirage de plan avec les coupes de l’édifice est conservé (mais sans date ni nom d'architecte), ainsi qu'un projet d'installation d'un aérocondenseur système Frédéric Fouché pour le séchage des cônes de pin, daté de 1908 (il est difficile de savoir si cet équipement concernait le séchoir de Vaure ou celui de Bellevue). Le séchoir a été agrandi vers l'est (remises) ; le four a été agrandi vers le nord. L'activité de culture de plantes officinales et sècherie de semences forestières a cessé dans les années 1950, le domaine étant réorienté vers une activité d'élevage et d'embouche. Le rez-de-chaussée du séchoir est alors transformé en étable.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Auteur(s)Personnalité : Durel Charles commanditaire

Le séchoir est un édifice de plan allongé, avec un étage carré et un comble sous toiture ; la façade est divisée en quatre groupes de trois travées. Au rez-de-chaussée, les ouvertures des travées des extrémités sont des portes : celle du côté ouest donne accès à l'escalier, droit et en bois ; celle du côté est dessert un espace voûté muni de quatre conduits d'évacuation aux angles. Dans le troisième groupe en partant de l'ouest, les travées sont fusionnées en une grande porte (sans doute pour l'entrée des marchandises). A l'intérieur, le rez-de-chaussée et le premier étage sont des halles de séchage à trois nefs, dont le plafond est supporté par des colonnettes en fonte. Les fenêtres sont des baies libres équipées de volets métalliques à claire-voie, fixés sur un axe central médian qui leur permet de pivoter, avec un système à crémaillère pour régler l'écartement et donc l'aération. À l'ouest du séchoir est adossé le four, dont l'entrée est protégée par un hangar. Le four est divisé en deux niveaux séparés par un plancher à claire-voie (grilles métalliques). À l'est est adossé un bâtiment à un seul niveau, abritant deux remises. L'édifice est en moellon de granite avec enduit à pierres vues à assisées dessinées ; les encadrements sont en brique (en arc segmentaire pour les fenêtres ; en IPN pour les linteaux de portes doubles), et la brique a également été utilisée pour murer les ouvertures du pignon est et dans la façade de l'agrandissement est. Les toits sont à longs pans, en tuile creuse ; toit terrasse sur le four. Du mobilier ayant servi à l'activité artisanale est conservé sur place : claies de séchage en toile tendue sur cadre de bois, tréteaux.

Mursgranite
enduit
moellon
Toittuile plate mécanique
Étages1 étage carré
Couverturesterrasse
toit à longs pans
Escaliersescalier intérieur : escalier droit en charpente
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Complément d'historique de la Société Ch. Durel, Jay et Naacke, d'après Centenaire de la société Durel, Jay et Naacke 1894-1994, allocution prononcée par Henri Naacke, président, le 23 septembre 1994 (A. Privées).

    Charles Durel est né à Moingt en 1845, d'une famille originaire de Roche. Il vit à Paris entre 1865 et 1871, où il apprend les métiers de la banque et du négoce ; il rentre en Forez après le siège de Paris. En 1872, il créé à Montbrison, rue Martin-Bernard, un commerce d'épicerie en gros et plantes médicinales, puis une banque, boulevard Lachèze.

    En 1894, il fonde une société en nom collectif avec son gendre René Jay ; la société rassemble un établissement de commerce de denrées coloniales, épicerie, herboristerie et une banque. En 1906, Henri Naacke, second gendre de Charles Durel, rentre dans la société qui devient Ch. Durel, Jay & Naacke.

    En 1894, Charles Durel prend à bail le domaine de Vaure (40 ha), appartenant à Anne Marie Louise de la Plagne et son époux le baron de Brosse ; ce domaine est acquis par la société en 1906. On y pratique la culture industrielle de plantes médicinales (surtout des roses). Les plantes ramassées, ainsi que celles récoltées dans les monts du Forez, sont stockées dans un entrepôt rue d'Ecotay, derrière l'immeuble du boulevard Lachèze. Cet entrepôt brûle en janvier 1907. De nouvelles installations (entrepôt, triage, séchage, emballage, expédition) sont édifiés à Bellevue (Montbrison), 14 bd Duguet (propriété acquise en 1903 ; à l'emplacement du supermarché Champion).

    En juillet 1907, Charles Durel fait construire une maison de vacances pour sa famille aux Garets, à Verrières-en-Forez.

    En 1911, la société achète une féculerie à Balbigny et une centrale hydroélectrique à Chizonnet.

    En 1925, la société en nom collectif devient une société anonyme.

    En 1925 est acquis le domaine de la Bruyère (60 ha), à Savigneux, pour étendre la production de plantes médicinales.

    En plus de la culture des plantes est développé de l'élevage sélectionné, en particulier de chevaux (René Jay a favorisé le développement de l'élevage des trotteurs en Forez).

    En 1938, le décès de Charles Durel et crise des milieux financiers après la signature des accords de Munich met la banque est en difficulté ; elle se renfloue en vendant le domaine de la Bruyère (1939, vendu à Genevier, marchand de bestiaux à Savigneux) et grâce à la vente d'électricité, mais la loi de nationalisation de la ditribution de l'électricité, en 1946, la met de nouveau en difficulté. L'activité de production de plantes médicinales cesse dans les années 1950, par manque de rentabilité due aux coûts de la main d'oeuvre (les récoltes employaient à Vaure des dizaines de saisonniers ; une activité d'élevage et d'embouche est alors développée à Vaure.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A Privées. Centenaire de la société Durel, Jay et Naacke 1894-1994. Allocution prononcée par Henri Naacke, président, le 23 septembre 1994.

  • A Privées. Papier à en-tête de la société Ch. Durel, Jay et Naacke. Société Anonyme des Etablissements Ch. Durel, Jay et Naacke, au capital de 1.000.000 de francs, 12, Boulevard Lachèze, 12, Montbrison (Loire). Liste des activités de la société : - Banque du Forez - Herboristerie en gros / R.C. Montbrison 7-9 - Culture de plantes officinales / Domaines de Vaure et de la Bruyère / 100 hectares - Secteur hydro-électrique de l'Aix / Distribution de Force et Lumière - Usine hydraulique de Bernigot / Trituration, Poudres impalpables / pour Droguerie et Produits chimiques - Sècherie de semences forestières / Fournisseur du Ministère de l'agriculture - Exposition universelle de paris 1900 / médaille d'or Ministère de l'Agriculture / Concours de prime d'honneur de la Loire / 1914-1915 / Spécialité : plantes officinales / un objet d'art offert à Ch. Durel Montbrison.

Documents figurés
  • Sècherie de Mr Durel et Jay, banquiers à Montbrison. Plan du 1er étage. Coupe / 1 dess. : tirage de plan bleu. Ech. 1:200. [s.n.], [s.d.], 1er quart 20e siècle (A. Privées).

  • Messieurs Durel Jay et Naacke à Montbrison. Séchage à cônes de pin par aérocondenseur système Frédéric Fouché. Vue d'ensemble. Plan. Elévation. Coupe transversale. / Frédéric Fouché (constructeur). 1 dess. : encre et lavis colorés sur papier. Ech. 1:50. 1er quart 20e siècle, 27 juillet 1908 (A. Privées). Tampons : - FREDERIC FOUCHE / ... - constructeur / ... / rue des Ecluses Saint-Martin / PARIS - Numéro du dessin 4152 / Numéro du dossier 15

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