Station climatique des Corbières, puis hôtel de voyageurs, dit Hôtel et Domaine des Corbières, puis orphelinat des Corbières, actuellement couvent, dit Monastère Notre-Dame de l'Unité des sœurs de Bethléem
Copyright
  • © Ville d'Aix-les-Bains

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Hauts de l'Albanais
  • Commune Pugny-Chatenod
  • Lieu-dit Les Corbières
  • Cadastre 2016 B 747-748 ; 750-752 ; 754 ; 756
  • Dénominations
    station de villégiature, orphelinat, couvent
  • Genre
    de chartreuses
  • Précision dénomination
    station climatique
  • Appellations
    Station climatique des Corbières, Hôtel et domaine des Corbières, Orphelinat des Corbières, Monastère Notre-Dame de l'Unité des sœurs de Bethléem
  • Destinations
    hôtel de voyageurs
  • Parties constituantes non étudiées
    chapelle, magasin de commerce

Introduction

L’histoire de la station climatique et de l’hôtel de montagne a été étudiée dans le cadre de l’exposition "Aix côté montagne", produite par les Archives municipales d’Aix-les-Bains, l’Inventaire du patrimoine d’Aix-les-Bains et l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les éléments concernant l’histoire de l’orphelinat des Corbières et celle du monastère des sœurs de Bethléem sont issus des recherches de Jean-François Connille publiées dans l’ouvrage Les Corbières, Histoire et spiritualité.

De la station climatique à l’hôtel de montagne : 1892-1910

Au début des années 1890, le médecin aixois Jean Monard, Victor Barbier, président de la section locale du Club alpin français, et l’entrepreneur Léon Grosse, s’associent pour fonder une station climatique à Pugny-Chatenod. Cette initiative s’inscrit dans un projet médical imaginé par Monard consistant à créer une "vallée climatérique Aix-Revard" dans laquelle le thermalisme aixois, les climats des bords du lac, des balcons des Bauges et du Revard permettraient de traiter différentes pathologies. La station climatique de Pugny-Chatenod, située à 600 m d’altitude, est ainsi envisagée et conçue comme un ensemble médical autonome mais également comme un poste intermédiaire autorisant l’acclimatation nécessaire avant de séjourner dans la station d’altitude naissante du Revard, à 1545 m d’altitude (voir Station du Revard).

L’emplacement choisi, au lieu-dit Corbières, présente les conditions climatiques nécessaires pour l’établissement de cures d’air et se situe à proximité du tracé du chemin de fer à crémaillère du Revard alors en construction. En octobre 1892, l’achat des terrains permet de former un vaste domaine constitué en vue de la création de promenades (activité intrinsèque des cures climatiques) et des développements futurs de la station. Le chantier, exécuté d’après les plans de l’architecte chambérien Laurent Faga et par l’entreprise Léon Grosse, démarre dans la foulée et aboutit un an après à la création d’une allée reliant la gare du chemin de fer (station de Pugny-Chatenod) à l’entrée du domaine, à l’aménagement de promenades et à l’édification d’une laiterie appelée chalet Victoria (voir plan : bât. A). Cette construction en bois, ceinte d’une galerie au rez-de-chaussée, qui repose sur un étage de soubassement en maçonnerie de pierres, adopte l’allure d’une fabrique de jardin. Malgré l’absence d’hébergement, la station climatique des Corbières est inaugurée officiellement le 4 juin 1893 et organise sa promotion en vantant le domaine, ses promenades et le paysage offert.

L’hôtel, dessiné par Faga, est bâti entre 1893 et 1894 par l’entreprise Léon Grosse (voir plan : bât. F). Les dépenses engagées pour l’acquisition des terrains et les premiers travaux d’aménagement n’autorisent pas la réalisation de l'ambitieux projet initial. L’hôtel construit adopte des dimensions plus modestes mais fait appel aux principes hygiéniques les plus modernes. Pour la cure d’air et de soleil, la façade sud-ouest est dotée d’une galerie au rez-de-chaussée surélevé et de loggias sur les trois autres niveaux d’élévation. La sobriété du décor, qui repose sur des éléments structurants du bâtiment (aisseliers, garde-corps, consoles et porche d’entrée) s’explique par des contraintes financières mais aussi par des principes hygiéniques selon lesquels l’architecture médicale doit renoncer à l’ornementation pour ne pas entraver la circulation de l’air. La distribution intérieure suit une organisation classique : chambres du personnel et pièces de service à l'étage de soubassement ; rez-de-chaussée surélevé occupé par les salles communes ; chambres réparties dans les trois étages.

L’hôtel ouvre le 3 juillet 1894 au sein d’un vaste domaine parsemé de promenades, accessible depuis la gare par une longue allée bordée d’arbres et dont l’entrée est signalée par la laiterie et par des dépendances construites de manière concomitante (voir plan : bât. D). Les premières publicités pour l’hôtel et le domaine des Corbières font état d’un ensemble de soins et de cures possibles, excluant l’accueil de tuberculeux, et reflétées par les diverses appellations que revêt la station comme "Solarium des Corbières" ou bien "station de cure d'air".

Malgré le séjour des reines de Hollande, Wilhelmine de Nassau-Orange et Emma de Waldeck-Pyrmont, en novembre 1896, la station climatique des Corbières ne rencontre pas le succès attendu. Pour les actionnaires de cette entreprise, l'importante ambition médicale est responsable des difficultés financières rencontrées dès le lancement du projet. Rapidement, les soins dispensés disparaissent et la station climatique devient un simple hôtel de montagne. Faute de moyens financiers, les projets d’agrandissement envisagés (construction d’hôtels plus grands et plus luxueux) ne sont pas réalisés. Entre 1905 et 1908, la société exploite une source, baptisée Source des Deux Reines (afin de raviver le souvenir du séjour de ces hôtesses de marque), acheminée jusqu’à Aix-les-Bains et consommée dans une buvette située en face de l’établissement thermal.

En 1910, suite à de nouvelles difficultés d’exploitation (bail de l’hôtel rompu par l’exploitante), l’affaire est liquidée non sans avoir fait l’objet de démarches infructueuses entreprises depuis 1900 par Léon Grosse pour vendre l’hôtel et le domaine.

L’orphelinat des Corbières : 1916-1970

Après six années d’abandon, le site des Corbières est acquis en 1916 par Mme Gallice pour y établir un orphelinat. La société des Corbières, chargée de "recueillir et élever les orphelins, principalement pupilles de la nation", est créée la même année.

En 1916-1917, l’hôtel fait l’objet d’aménagements dessinés par l’architecte aixois Jules Pin et exécutés par l’entreprise Léon Grosse : création d’une cuisine et d’un réfectoire dans l'étage de soubassement, d’une chapelle au rez-de-chaussée surélevé de l’aile est et de dortoirs aux 2e et 3e étages. Les premières orphelines, surveillées par des jeunes filles recrutées dans les alentours, s’installent dès l’achèvement du chantier en 1917. Des travaux d’agrandissement, conduits par l’entrepreneur aixois Boschetto, sont entrepris en 1922. Une travée supplémentaire et un corps de liaison sont réalisés à l’ouest afin d’y loger un escalier et de créer des chambres supplémentaires. En contrebas de l’orphelinat, une chapelle d’inspiration orientale et baptisée Chapelle du Christ Rédempteur (voir plan : bât. G), est édifiée en 1927.

En 1970, suite à la diminution des effectifs d’enfants et de surveillantes (sœurs de Saint-Joseph depuis 1922), l’orphelinat ferme.

Le monastère Notre-Dame de l’Unité des sœurs de Bethléem : depuis 1971

Depuis 1971, les lieux sont occupés par des moniales appartenant à la famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de Saint-Bruno, rattachée à l’ordre des Chartreux. Les sœurs vivent cloîtrées. Le bâtiment conventuel (ancien hôtel et ancien orphelinat, voir plan : bât. F) et une partie du domaine sont désormais clos et inaccessibles. L’ensemble s’est doté en 2004 d’une nouvelle église ouverte au public, l'église Saint-Joseph (voir plan : bât. C), et de petits bâtiments indépendants qui abritent des cellules (voir plan : bât. E).

En 1892-1894, un grand domaine et un hôtel, baptisés Hôtel et domaine des Corbières, voient le jour sur la commune de Pugny-Chatenod. Créé à l’initiative du médecin aixois Jean Monard, cet ensemble, situé à 600 m d’altitude, est conçu comme une station climatique. Il comprend un hôtel (voir plan : bât. F) placé au cœur d’un grand domaine dont l’entrée est signalée par des dépendances (voir plan : bât. D) et une laiterie (voir plan : bât. A). L’ensemble est dessiné par l’architecte chambérien Laurent Faga et construit par l’entreprise aixoise Léon Grosse. La station est reliée par une allée plantée d’arbres à la gare de Pugny-Chatenod sur le tracé du chemin de fer à crémaillère du Revard. Rapidement, les soins dispensés disparaissent et l’hôtel devient un simple hôtel de montagne. Suite à des difficultés financières, l’affaire est liquidée en 1910.

En 1916, l’ensemble est acquis par Mme Gallice pour y installer un orphelinat. L’architecte aixois Jules Pin dirige les travaux d’aménagement intérieurs réalisés dans l’ancien hôtel. En 1922, le bâtiment est agrandi à l’ouest et en 1927, une nouvelle chapelle d'inspiration orientale, baptisée Chapelle du Christ Rédempteur, est construite (voir plan : bât. G). Ces travaux sont réalisés par l'entrepreneur aixois Boschetto. L’orphelinat fonctionne jusqu’en 1970.

En 1971, l’ensemble devient le monastère Notre-Dame de l’Unité et abrite les sœurs de Bethléem. Celles-ci vivent cloîtrées et une partie de l'ensemble conventuel est inaccessible au public.

L’ensemble conventuel, implanté en lisière de forêt, est isolé des autres constructions. Il se situe au bout de la route des Corbières qui emprunte l’allée ombragée tracée en 1893. La chapelle ancienne (chapelle Notre-Dame de l'Unité) (voir plan : bât. G), située en contrebas, la nouvelle église Saint-Joseph (voir plan : bât. C), le magasin d'artisanat (voir plan : bât. C) et l’ancienne laiterie (entièrement reconstruite sur les soubassements d’origine) (voir plan : bât. A) sont ouvertes au public ; un portail interdit l’accès aux nouvelles cellules (voir plan : bât. E), au bâtiment conventuel (ancien hôtel et ancien orphelinat) (voir plan : bât. F), et au logement du prêtre (anciennes dépendances) (voir plan : bât. D). L’architecture extérieure originelle de ces deux derniers édifices reste lisible.

Le bâtiment conventuel (voir plan : bât. F) est édifié en moellons de pierre et couvert d’un toit à deux versants en ardoise. Il comprend un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages carrés et un comble à surcroît (excepté pour le corps de liaison). La construction de 1894 s’organise autour d’un corps central à trois travées couronné d’une grande lucarne-pignon et encadré de deux ailes à une travée placée à l’aplomb d’une lucarne passante. L’extension de 1922 se compose d’un corps de liaison et d’un corps de bâtiment qui adopte la forme et le vocabulaire des ailes de la construction primitive (lucarne passante remplacée par un simple pignon). Une construction en rez-de-chaussée, attenante au pignon ouest, complète l’ensemble.

Les anciennes dépendances (voir plan : bât. D) adoptent un plan en L formé par l’édifice le plus ancien (1894) et un agrandissement. Le premier est bâti en pierre et couvert d’un toit à deux versants et à égouts retroussés en tuiles mécaniques. L’avant-toit repose sur de larges aisseliers en bois. Le bâtiment comprend un rez-de-chaussée accessible par deux portes cochères, un étage carré régulièrement percé de baies et un étage de comble prenant le jour par un oculus percé dans le pignon sud-est. Les baies en arc segmentaire sont encadrées de briques et un décor en pans de bois orne la partie centrale de la façade principale. L’agrandissement des dépendances est une construction rectangulaire en béton, couverte d’un toit à deux versants, comprenant un rez-de-chaussée et un étage carré. L’intérieur est éclairé par de grandes baies rectangulaires.

  • Murs
    • pierre moellon
    • béton
  • Toits
    ardoise, tuile mécanique
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, comble à surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à deux pans
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée