Dossier d’œuvre architecture IA63002887 | Réalisé par
Fougère Félicie (Contributeur)
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • inventaire topographique, La ceinture des boulevards de Clermont-Ferrand
Lotissement concerté Bonhomme et Palazzi
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Clermont-Auvergne-Métropole
  • Hydrographies
  • Commune Clermont-Ferrand
  • Adresse boulevard Jean-Jaurès , place Littré , rue de Vallières , rue Roberval
  • Cadastre 2022 HO 0115  ; 2022 HO 0079  ; 1831 L3 1045
  • Dénominations
    lotissement concerté
  • Appellations
    Bonhomme et Palazzi
  • Parties constituantes non étudiées
    immeuble, garage

La création de la place Littré et de la voierie en étoile y aboutissant est prévue au plan d’Aménagement, d’Embellissement et d’Extension (PAEE) issu de la loi Cornudet (1919), dressé par J. Morel en 1925. L'essentiel des travaux de voierie sont effectués dans les années 1930 : prolongement de la rue Drelon, ouverture du boulevard Jean-Jaurès et de la partie de la rue Henri-Rivière comprise entre le boulevard et la rue André-Theuriet. L'état visible sur la photographie aérienne de 1944 persiste jusque dans la seconde moitié des années 1950. En 1953, la rue Roberval qui doit traverser les jardins de la propriété Bonhomme n'est pas encore ouverte. Elle commence à s'ébaucher en 1956 à la faveur de la création du lotissement concerté Bonhomme et Palazzi et ne semble véritablement s'achever qu'une huitaine d'années plus tard (voir la photographie aérienne de 1964). Conformément à la loi du 19 juillet 1924, les lots doivent être desservis par des rues dont la viabilisation est prise en charge par le propriétaire du terrain. Dans le cadre d'un lotissement concerté, l'allotissement se fait par constructions. Il est ainsi prévu que le lotisseur aménage la rue Roberval qui dessert les immeubles implantés de part et d'autre de sa chaussée (terrassement et nivellement, formation du trottoir, confection de la sous-chaussée et de la chaussée, bordure des trottoirs et caniveaux) et y installe les canalisations nécessaires (égouts, eau, gaz) ainsi que les infrastructures pour l'éclairage. Les ventes d'appartements ne peuvent intervenir avant la réalisation de ces travaux. La rue ainsi construite est cédée à titre gracieux à la Ville pour être versée au domaine public. L'entretien des espaces verts implantés au sein des parcelles reste à la charge des co-propriétaires des immeubles. Cependant, deux mois après l'arrêté accordant le permis de lotir, le mandataire des propriétaires, M. Duplaix, souligne qu'un accord avait été passé entre le premier adjoint et l'architecture qui réduisait l'aménagement de la voierie à n'être que sommaire. M. Duplaix souligne, de surcroît, le caractère économique des constructions qui vaudrait d'épargner des frais au lotisseur. Ainsi demande-t-il que la Ville réexamine les aménagements imposés et demande "la suppression de certains travaux, notamment l'empierrement des chaussées en pierre cassée de 0m12 d'épaisseur avec répandage de sable d'agrégation et cylindrage" (source dossier du lotissement, 2074 W 574). En juillet 1956, la Ville revient sur la répartition des travaux précédemment actée à l'amiable entre le premier-adjoint et l'architecte, Julien Arnaud. Il s'agissait alors non plus de supprimer certains travaux mais de laisser à la Ville le soin d'exécuter les aménagements de voieries, le lotisseur devant ensuite verser à la recette municipale une somme calculée sur devis. La Ville revient sur cet engagement (voir note à monsieur le maire du 2 juillet 1956). Il s'en suit des atermoiements qui amènent la Ville à sommer les lotisseurs, en janvier 1958, d'achever les travaux (le certificat d'achèvement ne sera délivré qu'en février 1959). Ainsi, malgré la loi de 1924 empêchant que le privé ne fasse de plus value grâce aux investissements publics, les aménageurs privés persistent à renâcler devant l'obligation de financer des travaux à bénéfice collectif.

Le domaine Bonhomme comprenait une demeure dite "château de Vallières" précédée d'un jardin dont la limite septentrionale empiétait sur l'actuelle place Littré. Le vis-à-vis de cet ensemble avec l'église sainte Jeanne-d 'Arc, dialogue s'établissant de part et d'autre de la place Littré, reflétait une façon d'habiter l'espace urbain par une monumentalité aux abords dégagés, pour l'église, et par une mise en scène de l'habitat dans un écrin de verdure, pour la demeure. Cet ensemble, demeure et jardin, sont détruits par le lotissement. L'implantation des immeubles 1 et du groupe A du plan de masse définitif privilégie la rue Roberval et n'offre à la place Littré que des murs pignons aveugles. A l'inverse, les façades des immeubles 2 et 7 sont orientées vers le cœur d'îlot et la rue Roberval ne reçoit alors que leurs élévations latérales aveugles. On voit ici s'exprimer un courant d'urbanisation dédaignant la voierie et prenant comme base d'implantation l'orientation des constructions, privilégiant l'axe nord-est pour les élévations principales, au sein de vastes parcelles censément plantées. Dans ce courant, l'ensemble résidentiel privé tend à s'autonomiser par rapport aux espaces urbains publics. De plus, le dogme de l'orientation est-ouest n'est pas ici respecté puisque les bâtiments 2 et 7 sont orientés nord-sud, sans que pour autant ce phénomène ne s'explique par la volonté d'habiller le pourtour de la place Littré ni par celui de fermer l'espace afin de ménager une cour centrale. Le plan d'implantation de ce lotissement correspond à celui des îlots ouverts, les immeubles non mitoyens étant en alignement discontinu, séparés par des allées de desserte, en recul d'alignement ou à l'alignement latéral.

Une première demande de permis de construire est déposée par le gérant de la société d'étude et de construction du centre, M. Deprez, sous maîtrise d'œuvre de l'architecte Julien Arnaud. Ce permis est annulé. L'arrêté préfectoral d'approbation du lotissement est daté du 20 mai 1955. Le projet en est présenté par M. Paul Duplaix pour le compte des consorts Bonhomme-Palazzi. C'est à ces noms et avec l'architecte Julien Arnaud en maîtrise d'œuvre qu'une nouvelle demande de permis de construire d'un groupe d'immeuble à logements économiques et familiaux est déposée le 24 février 1955. Le certificat de conformité des bâtiments 4, 5 et 6 est délivré le 12 décembre 1956 ; le certificat du bâtiment 3 le 5 juillet 1957 ; celui des bâtiment 1 et 2 le 17 août 1958 ; celui des blocs 7, 8 et 9 le 11 mars 1959. En 1957, la Ville menace le lotisseur d'exercer, via le tribunal civil, une contrainte si les travaux d'aménagement de la voirie ne sont pas achevés le 28 février 1958.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1955, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Arnaud Julien
      Arnaud Julien

      Architecte clermontois, début d'activité dans les années 1930 (Fonds au AD du Puy-de-Dôme, côte 208J), domicilié au 39 avenue des Etats-Unis dans les années 1930, au 16, rue Edouard-Branly à Chamalières en 1947, au 2 rue de Billom dans les années 1950.

      Par sondage dans les archives municipales, en 1937 et 1938, on lui connaît deux villas sans originalité rue Eugène-Pelletan (n°14 et 16). Plus intéressante est sa démarche d'adaptation à une parcelle particulièrement étroite au 3 boulevard Joseph-Girod en 1937. L'immeuble-maison du n°11 boulevard Aristide-Briand est simple dans ses volumes et son agencement. Enfin, la seule villa que nous lui connaissons marquant l'adoption d'un style moderne à l'équilibre bien maîtrisé est celle du n°49 boulevard Cote-Blatin, dont les plans datent de 1937, mais qui subit une surélévation assez maladroite en 2021.

      Dans les années 1950, il construit des ensembles composés de plusieurs barres d'immeubles. En 1955, il conçoit l'ensemble de la place Littré (6 barres sur deux vastes parcelles de part et d'autre de la rue Roberval. Il est l'auteur, à la fin des années 1950, de la barre d'immeuble du 12-16 avenue d'Italie (logements sociaux pour le compte de la Société civile immobilière de l'avenue d'Italie). A la fin des années 1950, on remarque une adoption du style alors en vogue avec l'immeuble du n°45-47 boulevard Cote-Blatin. L'immeuble est conçu avec la collaboration de R. Bournadet. Il en est de même, en 1969, pour l'immeuble au n°35-35 bis boulevard Aristide-Briand (ZUP Aristide-Briand, résidence Le Pariou). Au début des années 1960, l'immeuble du 72 avenue d'Italie et 51 avenue de Grande-Bretagne (société régionale d'HLM maître d'ouvrage société régionale d'HLM) puis, au milieu des années 1960, celui du n°18 boulevard Cote-Blatin, se conforment à un volume rectangulaire présentent une façade-épaisse, abritant des balcons filant, traitée en symétrie. En 1972, il produit les plans de reconstruction du garage, magasin de vente, station-service des établissements Citroën, situés au carrefour de l'avenue des Paulines, du boulevard Fleury et de la rue de l'Oradou selon un principe similaire. Ce projet ne vit pas le jour.

      Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
      architecte attribution par source

Le lotissement occupe deux vastes parcelles (HO 0115 et HO 0079) bordées au nord-est par la place Littré, à l'ouest par la rue Henri-Rivière et à l'est par la rue de Vallières. Les deux parcelles, placées en frange septentrionales d'îlots s'étirant vers le sud, sont séparées l'une de l'autre par la rue Roberval. Le premier plan de masse du lotissement prévoyait d'aménager des espaces verts entre les immeubles. Le plan de masse définitif réduit considérablement l'emprise du végétal afin d'implanter des garages. Leur localisation en pourtour de la parcelle HO 0079 implique l'accès automobile de l'ensemble du terrain, par conséquent, la pose d'un revêtement carrossable incompatible avec des plantations.

L'implantation des immeubles est similaire sur les deux plans. Les immeubles de la parcelle HO 0115 sont de hauteurs distinctes. La façade de l'immeuble n°3, haut de deux étages sur rez-de-chaussée surrélevé, est à l'alignement de la rue de Vallières. Les deux autres immeubles de la parcelle HO 0115 comptent quatre étages. L'un tourne le dos à la rue Roberval, sa façade étant implantée en recul oblique de la rue de Vallières, l'autre présente à la rue une élévation latérale à une seule travée, la façade étant implantée vers le cœur de l'îlot. Cette configuration multiplie les pignons aveugles visibles depuis la rue Roberval et la place Littré. Il en est de même sur l'autre parcelle du lotissement (HO 0079). Les deux immeubles les plus hauts sont respectivement implantés à l'alignement de la rue Roberval et en recul d'alignement parallèle à cette rue tandis qu'un immeuble comptant un étage de moins s'aligne à la rue au moyen d'un pignon percé d'une seule travée.

  • Toits
    tuile
  • Étages
    2 étages carrés, 4 étages carrés
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Documents d'archives

  • AC Clermont-Ferrand. Série O : 1 O 224. Expropriations : boulevard Sud. Partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux : enquête parcellaire, déclaration d'utilité publique, état estimatif des terrains à acquérir, jugement d'expropriation, notifications, devis estimatif des travaux (plan d'alignement, plan parcellaire, plan du calcul des surfaces, plan des lieux après exécution des travaux : 1926). 1916-1928.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
  • AC Clermont-Ferrand. PC 887. [Demande de permis de construire immeubles, lotissement Bohomme-Palazzi, rue Roberval]. 15 juillet 1953.

    AC Clermont-Ferrand : PC 887
  • AC Clermont-Ferrand. 2074 W 574. Lotissement Bonhomme-Palazzi, place Littré. 1951.

    AC Clermont-Ferrand : 2074 W 574
  • AC Clermont-Ferrand. PC 1667 et bis. [Demande de permis de construire immeubles, lotissement Bohomme-Palazzi, rue Roberval]. 13 juin 1955.

    AC Clermont-Ferrand : PC 1667 et bis

Documents figurés

  • AM de Clermont-Ferrand. Services techniques, sans cote. Plan d'extension de Clermont-Ferrand, par Morel.

    Déclaration d'utilité publique obtenue le 30/11/1926.

    AC Clermont-Ferrand : sans
  • [Boulevard Jean-Jaurès, secteur de la place Littré] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°3410-0121, réf. C3410-0121_1945_CDP229_5006. 1 : 13618. 27 août 1945. Photogr. pos.

    IGN : C3410-0121_1945_CDP229_5006
  • [Boulevard Jean-Jaurès, secteur de la place Littré] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°2531-0381, réf. C2531-0381_1953_CDP3726_0424. 1 : 4844. 19 mai 1953. Photogr. pos.

    IGN : C2531-0381_1953_CDP3726_0424
  • [Boulevard Jean-Jaurès, secteur de la place Littré] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°2531-0361, réf. C2531-0361_1956_CDP1141_0533. 1 : 3458. 17 décembre 1956. Photogr. pos.

    IGN : C2531-0361_1956_CDP1141_0533
  • [Boulevard Jean-Jaurès, secteur de la place Littré] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°2531-0102, réf. C2531-0102_1960_FR240_0053. 1 : 17622. 25 août 1960. Photogr. pos.

    IGN : C2531-0102_1960_FR240_0053
  • [Jean-Jaurès, secteur place Littré] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°5688, réf. C2531-0211_1964_CDP4038_5688. 1 : 8579. 05 juillet 1964. Photogr. pos.

    IGN : C2531-0211_1964_CDP4038_5688

Annexes

  • Note à monsieur le maire, aménagement de voierie lotissement Bonhomme-Palazzi, 2 juillet 1956
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Fougère Félicie
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Articulation des dossiers
Fait partie de