Une cité ouvrière est un « ensemble concerté d’habitat ouvrier, généralement mono-familial » mise à disposition par l'usine. Elle peut être accompagnée d’équipements collectifs.
La petite cité Tase présente une grande variété de maisons disposées dans des allées sinueuses. Cette petite cité ou cité villa, véritable espace urbain en milieu rural, se compose de 97 maisons en partie jumelées pittoresques à grands toits sur 11 hectares comprenant 297 logements. Descriptif des différents types de maisons. Les maisons destinées aux ouvriers sont de plusieurs types : environ 13 types différents.
Les formes du bâti se caractérisent par la diversité typologique : chaque maison a une assiette divisée en parts égales entre les différents logements de la maison. L'attribution de logement est comprise à l’origine dans le contrat de travail. Certaines maisons se composent de deux niveaux, dont chacun comporte deux logements de trois pièces d'une superficie d'environ 50 m² par logement : 2 chambres, une pièces commune (salon-cuisine), un wc particulier et une cave. Chaque maison est bordée d'un jardin divisé en 4 parcelles identiques.
Lors de la première phase de construction, 8 types de pavillons sont construits. Parmi ces différents pavillons plusieurs sont des déclinaisons de mêmes modèles. Les pavillons destinés initialement aux ouvriers sont sensiblement différents les uns des autres, et jouent de ces différences pour donner l’illusion d’une diversité de formes bâties tout en gardant une cohérence d’ensemble. Ce parti pris de donner l’illusion d’une composition aléatoire est essentiel. Il rejoint les concepts anglais de la cité jardin, et du jardin à l’anglaise, dans lequel on offre une composition en apparence aléatoire et irrégulière pour recréer l’effet d’un décor naturel et pittoresque alors que tout est penser, conçu très précisément. Afin de corroborer ce concept, l’architecture de la Petite Cité TASE va chercher le modèle constructif dans le langage de l’architecture vernaculaire. On retrouve des emprunts à des formes bâties traditionnelles venant d’autres régions françaises dans lesquelles le décor de la façade est prépondérant. Dans le cas de la Petite Cité TASE, les décors prennent le pas sur les systèmes constructifs employés, dont ils ne sont pas la résultante : exemple des faux colombages peints sur l’enduit.
Le système viaire de la cité jardin se présente par la superposition de deux systèmes : un système d’axes traversant, un système de ruelles et de venelles internes : système viaire périphérique : rue de la Poudrette, avenue Bataillon-Campagnole-Liberté- voies traversantes Nord/Sud : rue de l’Ancienne église, allée du stade. Véritable plate forme de la cité Tase, cet axe organise les rapports hiérarchiques entre le site de production et l’usine, fait le lien entre le bâtiment de Direction au Nord et le Stade Aubert au Sud.
- axes traversants Est/Ouest : rue Alfred de Musset- 3 carrefours : le rond point de la rue de la Poudrette, la place de l’ancienne église, le point de convergence allée du stade/ rue Alfred Musset- organisation qui propose des angles de vue particuliers et donne une ambiance pittoresque : inspiration du village médiéval. Le réseau est complété par un entrelacs de venelles convexes ou concaves qui serpente les recoins de la cité jardin et desservent chaque îlot foncier (allée de Acacias, rue Maxime Teyssier, Allée du Square, Allée de la Pelouse, Allée de la Boule Histoire.
Cette cité industrielle est conçue en 1924 pour avoir son entière autonomie sur un terrain de 20 hectares contigu à l’usine Gillet qui en a financé la construction. Dans les années 1970, le Groupe Rhône Poulenc Textile héritier de l’empire Gillet adopte une nouvelle stratégie de délocalisation des unités de production dans les sites les plus rentables et profitant d’une position stratégique : à proximité de la façade maritime. Les unités de production jugées trop déficitaires sont liquidées. Maillage de ce groupe tentaculaire, la cessation d’activité dans l’usine de Vaulx-en-Velin est annoncée en 1976 pour une fermeture effective. Cette cité composée d’immeubles collectifs et de villas, a été vendue dans les années 1980 : les collectifs ont été rachetés par des organismes HLM, les maisons à la fois par les occupants (à un prix bas) et par des organismes HLM.
Des copropriétés ont été établies après la vente pour certaines villas seulement au bon vouloir des habitants. Les conséquences esthétiques sont apparues rapidement : certaines copropriétés de villas étaient plus ou moins réhabilitées ou entretenues en fonction de leurs moyens, tandis que dans les villas non organisées en copropriétés, les réhabilitations furent parfois établies sur des portions de villas (exemple : un quart de la façade était refaite).
Contexte général
La cité de la Soie était la propriété privée de l’usine Gillet : Soie Artificielle du Sud Est, Comptoir de la Soie Artificielle. Est effectué le classement dans le domaine public des voies et réseaux de la cité qui sont acquis par la commune en 1982. (Sources , Grand-Lyon) A noter que des extensions et modifications par des ajouts de vérandas, abris de jardins ou autres tendent à modifier la lisibilité de l'ensemble de la petite cité qui fait son intérêt patrimonial. Une tentative de mise en place d'un règlement de type copropriété permettrait une meilleure régulation et harmonisation de ces transformations.
Lors des ventes des maisons, les parkings qui existaient sur l’espace public ont été supprimés, et remis dans l’espace privé de la parcelle de la maison. Pour une meilleure gestion de cet ensemble urbain de grande qualité, il serait intéressant et opportun de conserver un petit espace PUBLIC (qui existait avant la vente des maisons), cela permettrait la mise en place d’un règlement de copropriété de cette cité majeur du territoire métropolitain.
© Mission Carré de Soie