Dossier d’œuvre architecture IA69001186 | Réalisé par
  • enquête thématique régionale, Patrimoine industriel
Lavoir municipal dit lavoir public, bains douches actuellement bains douches Flesselles
Œuvre monographiée
Copyright
  • © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
  • © Ville de Lyon

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lyon patrimoine industriel - Lyon
  • Commune Lyon 1er
  • Lieu-dit Pentes de la Croix-Rousse
  • Adresse 4 impasse Flesselles , rue Prenelle , rue Ornano
  • Cadastre 1999 AH 72
  • Dénominations
    lavoir, bains douches
  • Parties constituantes non étudiées
    cheminée d'usine, chaufferie

Enquête /Repérage bains douches – lavoirs à Lyon, synthèse 2007-2017

Pour citer cette étude :

Nadine Halitim-Dubois, Enquête /Repérage bains douches – lavoirs à Lyon synthèse 2007-2017, chercheur Région Auvergne-Rhône-Alpes service Patrimoines et Inventaire, 2020

Au cours de l’inventaire de la Ville de Lyon, plusieurs établissements de bains-douches-lavoirs ont été repérés. L’enquête a été poursuivie afin de connaître le nombre et l’emplacement de ces équipements : un recensement rapide a permis d’en identifier au moins sept. (et deux sur la commune de Vénissieux)

Rappel législatif : à l’origine, la Charte de l’hygiène publique (Loi du 15 fév 1902) rassemble des prescriptions en matière d’assainissement et de lutte contre les maladies contagieuses. Après la loi de 1902 et jusqu’en 1940, la Ville de Paris prend le relais des constructions privées et fait construire 21 établissements de bains-douches publics dans les quartiers industrialisés les plus denses. On trouve également des bains-douches à proximité des mairies d’arrondissement ou des services sociaux à Paris à Lyon et à Villeurbanne.

Comment se situait Lyon par comparaison avec Paris ? Quand ces établissements ont-ils disparu ? Aujourd’hui, un seul établissement bains-douches reste ouvert sur les sept que comptait Lyon. (Pour information sur la commune de Villeurbanne lors de la construction des Gratte-ciels et du palais du travail une piscine a été réalisée et à l'origine des bains-douches étaient prévus mais ne furent pas réalisés). Lyon est une ville où l'hygiène publique a toujours été considéré comme important. Selon Stéphane Frioux (2013), les exemples sont nombreux pour considérer Lyon comme un pôle de l'hygiénisme français de la première moitié du XXe siècle.

Croix-Rousse, 4 impasse Flesselles, Lyon 1er (en partie reconverti et aujourd’hui menacé) 1934

Le lavoir public et bains douches Flesselles, situé sur les pentes de la Croix-Rousse a été construit en 1934  par les architectes de la Ville : Robert V. A., Marin J et A. Chollat. Il est compris dans le périmètre UNESCO en limite du périmètre de l’ AVAP.

Le lavoir municipal a fermé à la fin des années 1980 et a été reconverti en théâtre. Quant aux bains-douches, ils ont cessé de fonctionner en 2016. Le bâtiment en béton armé, présente une forme de V le long des rues Ornano et Flesselles. Les deux ailes (chacune de 2 étages) sont accrochées à une tour de distribution située à leur jonction. Une haute cheminée en brique de 35 mètres et de 1,20 m de diamètre occupe l'intérieur de la cour. Chaque aile est rythmée sur les deux étages par des travées en bandeau horizontal.  Cette construction, très bien intégrée à la topographie des pentes de la Croix-Rousse, fait partie d'un petit ensemble urbain des années 1930, avec les écoles primaire et maternelle Victor Hugo ainsi que la salle municipale Paul Garcin. Cet ensemble bâti aurait dû être intégré au périmètre de l’AVAP.

Le lavoir public est un lieu d'un très grand intérêt patrimonial mais qui n'a pas été inclus dans le périmètre de la ZPPAUP en 1994 ; une protection monument historique serait également très justifiée.

Presqu’île, 30-32 cours Bayard Lyon 2e (reconverti) 1935

Les bains-douches-lavoir de la cité HBM dite Cité Perrache, à l’extrémité de la presqu’île (ont été construits en 1935 par Victor-Adrien Robert et Jean Marin.  Ils comprenaient 50 cabines de bains et de 50 cabines de douches accessibles au public, ainsi qu’un lavoir couvert et non fermé. Ce dernier a été utilisés jusqu'en 1983 : en 1955, on comptait 3.668 journées de lavoirs contre environ 450 en 1980. A l’inverse, la fréquentation des bains-douches n’a pas cessé d’augmenter atteignant 14.000 entrées en 1982, année de leur fermeture. En 1983, la chaufferie principale (190 m²) a été transformée en gymnase et les lavoirs en salle polyvalente ; les bains-douches ont été conservés dans l'aile droite et le 1er étage, tandis que l'aile gauche a été affecté à un centre de soins et à des bureaux d'aide sociale. Un bas-relief représentant le lion rampant de la Ville est sculpté en bas-relief sous la corniche du corps central.

En 2016 le projet de réhabilitation de l’établissement des anciens bains-douches pour y relocaliser l’Académie d’Architecture de Lyon est actée et réalisée par l’architecte Fleurent Architecte. Maître d’ouvrage : Ville de Lyon - Montant des travaux : 525 000€ - Surface : 200 m2 - Livré en 2016 - Mission : BASE+ EXE.

Guillotière, 5 rue Félissent Lyon 7e (reconverti) 1932

Les "Grandes douches modernes" ont été construites en 1932 par Antonin Chomel et Pierre Verrier, pour le compte de M. Meynent, propriétaire privé. C’est actuellement local associatif. L'établissement était ouvert de 6h à 20h en semaine ; le dimanche de 6h à 15h.  

Sources :AC Lyon. 344 W 1127. Constructions neuves, 1932., A. Chomel et P. Verrier  rchitectes. 

Cité jardin Gerland – 13 rue Benjamin Delessert  (ouvert) 1967

Prévu à l'origine sur le plan de la cité-jardin de Gerland des années 1930 réalisée par les architectes Chollat et Robert. Les bains-douches ne seront pas réalisés à cette date, visiblement trop chers pour la commune qui doit les financer. Ils ne seront réalisés qu'en 1967 : lavoir-bains-douches de Gerland (Delessert) ouverts en 1967 (architecte inconnu).Un arrêté du maire Louis Prade du 28 septembre 1970, indique que le Crédit lyonnais se porte caution en faveur des entreprises G. Pradat (rue de Marseille) financé en partie par le Crédit Lyonnais, pour les travaux d’installation de chauffage central et de production d’eau chaude sanitaire au lavoir-bains-douches de Gerland (Delessert) ouverts en 1967.

(Pas de nom d’architectes dans les archives pour celui de 1967)

23 rue de Bourgogne, Lyon 9e (fermé /reconverti ?) 1933

Le bâtiment conçu par l’architecte Michel Roux-Spitz ( 1888-1957) comprenait une salle des fêtes (1930-1933), des bureaux municipaux et un établissement de bains-douches.  Il a également fait office d’école, et de mairie de 1964 à 1974 avant d’être aménagé en théâtre en 1979 (Théâtre des jeunes années, créé et dirigé par Maurice Yendt (1960-2004))

Piscine Garibaldi, 221 rue Garibaldi Lyon 3 (disparu/fermé) 1933

La Piscine Garibaldi a ouvert ses porte le 25 novembre 1933 (Architectes : Camille Chalumeau, , 1879-1972 ; Hippolyte Pasquier-Sarrasin (1882-1961) C. Colliard, C. Elle était accompagnée de bains-douches qui ont fermés dans les années 1980.

Les logements n'ont toutefois pas de salle d'eau, [ce qui est considéré comme un luxe], "pour rester propre", la municipalité a un programme de bains-douches publics à Flesselles, Vaise, Gerland, Perrache, la Villette.

Quartier Villette 215 rue Paul Bert, Lyon 3e (reconverti) 1930

Depuis 1984, la Société d’Escrime de Lyon est installée dans les locaux des anciens bains douches et lavoir (1930) du quartier Villette. Ils ont été réalisés par Chollat et Robert architectes dans les années 1930.

Bibliographie/sources :

Bain Publics, 02, Région île de France, Patrimoines et Inventaire, coll. Ré-Inventaire, édit. Loco, 2017;

 

L'ensemble du lavoir municipal et des bains douches est construit en 1934 par les architectes de la ville Robert V. A., Marin J et A. Chollat. Il se compose d'une partie lavoir avec une blanchisserie assortie d'une vingtaine de lessiveuses (22) située au rez-de-chaussée et de bains-douches localisés au premier étage. Ce bâtiment emblématique se signale dans le paysage par une haute cheminée en brique de 35 m. Actuellement le lavoir n'est plus en activité, il a été fermé à la fin des années 80 (fissures en fond de bassin), seuls les bains-douches sont encore en activité à la date de l'enquête (2007). Ce bâtiment n'a pas été intégré dans le périmètre de la ZPPAUP de 1994, malgré l'intérêt urbain et patrimonial de ce bâtiment architecture XXe siècle. La fermeture des bains douches s'effectue en 2016 (cf annexe) bien que ces bains-douches soient encore utilisés. Le lavoir est aujourd'hui réinvesti temporairement par le théâtre du "Lavoir public". Le gardien du bâtiment habite toujours le dernier étage côté entrée bains-douches.

(Détail archives municipales de Lyon : (AM Lyon, 922 WP 044)

Deux rapports concernant la recherche d´un terrain pour l´établissement de bains publics dans le 1er arrondissement sont consultables aux AM Lyon. Les études préalables ont débuté le 16 juin 1927 avec la publication de l´avant-projet de construction des bains. Les terrains choisis se situent à l´angle de l´impasse Flesselles et de la rue d´Ornano. A l´origine, ce lot de terrain avait été destiné par Tony Garnier pour la construction des logements des enseignants de l´école des beaux arts, localisée en dessous de cette parcelle.

(AM Lyon 958 WP 030) Le 20 novembre 1930 : édition du cahier des charges par lots de construction. Les architectes nommés par la ville pour mener à bien ce projet sont V. A. Robert et J. Marin (leur cabinet est situé dans le 2e arrondissement, 12 rue de la barre). La construction de ces bains douches a été divisée en 16 lots :

Terrassement (Soly et Lemieu) ; Maçonnerie et ciments armés (Peix) ; Pierres de taille (F. Morel) ; Etanchéité (L´Asphalte) ; Ciments (Perrot et Cie) ; Carrelage (Mouton et Fils) ; Menuiserie et parquet (Peraglie) ; Serrurerie et quincaillerie (D. Ferrand) ; Plomberie et zinguerie (Bouvard) ; Marbrerie et fumisterie (Petit et Mottet) ; Plâtrerie et peinture (Union Lyonnaise des Entrepreneurs) ; Vitrerie (Del Pietro) ; Briques émaillées (Tournaud) ; Chauffage et sanitaire (J. Desgranges) ; Electricité et sonnerie (Chareyron) ; Fumisterie spéciale (Paufiques frères) ; Charpentes en fer (Gerin) ; Planches à laver (Comberousse) ; Wagonnets (J. Weitz).

(AM Lyon 958 WP 031) : Le 27 janvier 1928 a lieu la soumission des plans d´architectes (Rez-de-chaussée, 1e étage, 2e étage, façade sur rue Ornano, façade sur impasse Flesselles, coupes, chaufferie;

(AM Lyon 958 WP 032) Le plan des installations électriques et divers devis. Adoption définitives des plans d´architecte du 27 janvier 1928 : le 27 janvier 1930 par le conseil municipal et le 25 février 1930 par le préfet. Le lot de fumisterie spéciale (16e lot), autrement dit la construction de la cheminée, est confié à la société Paufiques Frères. Présence du cahier des charges spéciales concernant la construction de la cheminée.

bâtiment et chaufferie: Une haute cheminée en brique de 35 mètres et de 1,20 m de diamètre est localisée à l'intérieur de la cour. Bâtiment en béton armé, formant un V sur les 2 rues de deux ailes de 2 étages carrés accrochées à une tour de distribution plus haute à l'angle des deux rues qui cache la cheminée. Chaque aile est rythmée sur les deux étages par des travées en bandeau horizontal.

Bains douches et lavoir :

Plan fonctionnel, ils juxtaposent de part et d'autre d'un large couloir central des alignements de 24 cabines individuelles avec deux WC précédés de vestiaires. Les 6 bains d'origines n'existent plus. Les parois murales sont revêtues de carreaux de faïence blanche qui facilitent le nettoyage des espaces de circulation.

Le lavoir est composé de deux parties, la partie "dégraissoir" correspond au grand bassin (environ 9m de long) qui est couronné de 20 planches à laver en pierre intégrées au bassin correspondant aux places avec numéro associé, la partie "rinçoir" correspond au petit bassin (environ 3,50m de long). une ancienne salle de séchoir, une salle prévue pour l'essoreuse et 2 WC entourent l'espace du lavoir.

Un appartement pour un gardien est localisé au dernier étage côté entrée bains-douches.

  • Murs
    • béton
  • Toits
    béton en couverture
  • Étages
    2 étages carrés
  • Couvertures
    • terrasse
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Précisions sur la protection

    Pour citer cette étude : HALITIM-DUBOIS Nadine, Lavoir public et bains-douches Flesselles à Lyon 1er arrondissement : quel devenir ?, 2007. https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/recherche/globale?texte=IA69001186&type=

Bâtiment très bien intégré à la topographie des pentes de la Croix-Rousse, il fait partie d'un petit ensemble urbain des années 1930 avec les écoles primaire et maternelle Victor Hugo ainsi que la salle municipale Paul Garçin cet ensemble bâti pourrait être intégré au périmètre de la futur AVAP. Ce bâtiment comprenant un lavoir public et des bains douches, est un lieu d'un très grand intérêt patrimonial qui n'a pas été inclus dans le périmètre de la ZPPAUP en 1994, une protection monument historique serait également très justifiée. Périmètre UNESCO

Pour citer cette étude copyright :

HALITIM-DUBOIS N., Le lavoir-bains-douches Flesselles à Lyon 1er arrondissement, 2007. https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/lavoir-municipal-dit-lavoir-public-bains-douches-actuellement-bains-douches-flesselles/ad55d421-97a7-46b0-953e-332f35195ef8