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Ancien téléphérique du Revard

Dossier IA73003814 inclus dans Station de villégiature, estivale et de sports d'hiver : Le Revard réalisé en 2014

Fiche

AppellationsRevard
Dénominationstéléférique
Aire d'étude et cantonPlateau de la Leysse
AdresseCommune : Mouxy
Lieu-dit : les Mentens
Adresse : Cadastre : 2014 B 710 Gare inférieure : parcelle B 710 Tracé du téléphérique presque en totalité sur la commune de Mouxy (section B)
AdresseCommune : Les Déserts
Lieu-dit : le Revard
Cadastre : 2014 AB 2-6 ; 36-37 Gare supérieure du téléphérique : section AB, parcelles 2-6 et 36-37

Au tournant des années 1930, le chemin de fer à crémaillère qui dessert la station du Revard ne parvient plus à répondre à l’affluence des dimanches d’hiver (voir dossier Chemin de fer à crémaillère). La Société hôtelière et touristique de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (SHT-PLM), propriétaire de la station, choisit de remplacer le chemin de fer par un service combinant un transport automobile (nouvelle route en construction : voir dossier route) et un transport aérien par câbles. Ce nouvel équipement permet de s’affranchir des problèmes de déneigement, d’augmenter le débit et de rendre la station hivernale attractive pour favoriser l’accroissement du trafic sur les lignes ferroviaires à partir et à destination d’Aix dont la Compagnie PLM est propriétaire.

En 1935, le Département approuve le projet de la SHT-PLM qui confie la construction du téléphérique à André Rebuffel, alors reconnu comme le spécialiste des transports par câbles et auteur notamment des lignes de Chamonix-Planpraz-Brévent, de Veyrier-du-Lac et du Salève. L’équipement comprend une gare supérieure implantée au sommet du Revard et une gare inférieure située au lieu-dit Les Mentens sur la commune de Mouxy et reliée à la gare de chemin de fer d’Aix par un service automobile. Lors de sa mise en service à la fin de l’année 1935, le téléphérique du Revard est le seul au monde à franchir une aussi longue portée (1578 mètres) sans pylône intermédiaire.

En 1953, lors de la vente de la station par la SHT (voir dossier Station), le téléphérique est acquis par la Société d'approvisionnement de matériaux de production et d'exploitation de carrière (SAPEC). L'exploitation de l'équipement, pensé au moment de sa création comme un aménagement au service de la station, se révèle déficitaire. Le téléphérique est ainsi vendu à la Société immobilière du plateau du Mont-Revard et de la Féclaz en 1959 (STIR) avant d’être repris par le Département en 1967 jusqu’à l’arrêt de son fonctionnement en 1969 en raison de l’usure des câbles.

L’éloignement de la gare inférieure et le recourt à un service automobile sont tenus pour responsables des difficultés d’exploitation du téléphérique. Dès 1935, la convention passée entre le Département et la SHT relative à la construction et l’exploitation du téléphérique prévoit la création d’un second tronçon entre Les Mentens et Aix. A partir des années 1950, ce projet de liaison est sérieusement envisagé. Les différentes études menées, bien qu’elles recourent à des équipements techniques différents (voie ferrée, divers types de transports par câbles), proposent deux solutions : créer une nouvelle liaison aérienne Aix-les-Bains – Le Revard ou bien construire un tronçon reliant Aix aux Mentens et rénover le téléphérique existant. Si aucun de ces projets ne voit le jour, l’idée de raccorder Aix au Revard par l’intermédiaire d’un transport par câbles perdure dans les années 1980.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
Dates1935, daté par source
Auteur(s)Auteur : Rebuffel André
André Rebuffel (2 septembre 1880 (Cannes) - 24 mai 1970

Ingénieur français spécialisé dans la construction de transports par câbles (téléphériques) dans la première moitié du XXe siècle.

Biographie établie par Jean-Pierre Petit (architecte, CAUE 73):

Ingénieur civil français ; élève externe le l’École nationale des Ponts et Chaussée, promotion 1902. Dès sa sortie d’École en 1906, Rebuffel intègre le bureau d'études de l'entreprise milanaise Ceretti & Tanfani qui travaillait au projet d'un chemin de fer aérien. Ingénieur très inventif, il dépose le brevet d'un téléphérique à trois câbles, et conçoit le projet du 1er téléphérique pour voyageurs de France, à Chamonix, sur les pentes de l'Aiguille du Midi, dont le chantier commencé en 1909, interrompu par la guerre, s'achèvera en 1924. Sitôt après guerre, il s'installe à son propre compte à Paris, en tant qu'ingénieur conseil et maître d’œuvre spécialisé en funiculaires aériens. En son nom, il concevra et dirigera la partie technique de téléphériques toujours plus innovateurs et puissants : ceux de Planpraz (1925-28) et du Brevent (1930), à Chamonix ; du Salève (1932), près de Genève ; du Veyrier-du-Lac (1934), près d'Annecy ; du Béout(1934), à Lourdes ; et du Revard (1935). Puis il s'associera jusqu'en 1959 avec l'entreprise de Pierre Monziès pour d'autres téléphériques : Las Donas à Auron ; les Grandes Rousses à l'Alpe d'Huez ; Bellevarde à Val d'Isère... Il inventa également le catérail, téléphérique à cabines automobiles, dont le prototype fut installé en 1946 aux Tovets, dans la toute naissante station de Courchevel. Dans les années 50, il deviendra membre du Conseil supérieur du tourisme, et président de Commission à l'Organisation internationale des transports par câbles. Ses premiers téléphériques furent tous salués comme étant d'avant-garde, soit pour leurs innovations et performances techniques, notamment les inventions des « double-boucle » et « boucle tri-câbles », et l'absence de pylône intermédiaire, soit pour leur architecture due à son choix de ne collaborer qu'avec des architectes modernes de renom. Ce fut le cas pour le téléphérique du Revard, commandé par la S.H.T.-P.L.M., considéré à l'époque comme « le plus puissant du monde » et auquel contribuèrent les architectes L. Pierron, pour la gare inférieure, et L. Guidetti, pour la gare supérieure.


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ingénieur civil attribution par source
Personnalité : Société Hôtelière et Touristique du réseau Paris-Lyon-Méditerranée (SHT-PLM)
Société Hôtelière et Touristique du réseau Paris-Lyon-Méditerranée (SHT-PLM)

Société fondée en 1921 par la Compagnie de chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) « afin de venir en aide sous forme de participations, à des entreprises hôtelières exploitant certains centres touristiques dont le développement intéressait tout particulièrement le trafic ferroviaire. La Société ne pouvant subsister qu'avec des ressources venant en contre-partie d'investissements dont il était difficile d'attendre une rémunération, la gérance de l'hôtel Terminus de Marseille lui fut tout d'abord confiée, puis celle de l'hôtel Terminus de Lyon… et enfin celle du Terminus de Briançon et du Chalet du Lautaret. Elle fut, d'autre part, amenée à absorber deux sociétés : la Société des hôtels et automobiles des Alpes françaises, propriétaire de l'hôtel de Combloux, et la Compagnie du Revard ». Son siège social se situe au 86 rue Saint Lazare à Paris. Elle absorbe la Compagnie du Revard par acte du 22 mai 1930 avec tous ses actifs et reçoit la concession du chemin de fer à crémaillère du Revard par décision ministérielle publiée au JO du 7 janvier 1930. Elle devient ainsi l'acteur majeur du renouveau du Revard entre 1930 et 1953.


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commanditaire, propriétaire attribution par source
Personnalité : Société d'approvisionnement de matériaux de production et d'exploitation de carrière (SAPEC)
Société d'approvisionnement de matériaux de production et d'exploitation de carrière (SAPEC)

Siège social, 45 rue de Baraban à Lyon. La SAPEC fait l'objet d'une fusion partielle avec la Société touristique et immobilière du Revard (STIR) par acte chez Jean d'Aubarede, notaire à Lyon, le 29 juin 1959. La SAPEC apporte à la STIR, tous les biens immobiliers qu'elle possède sur les communes de Mouxy, Les Déserts, Pugny-Chatenod, le Montcel et ceux qu'elle possède à raison de la concession du téléphérique, contre des actions de la STIR et le remboursement d'un emprunt. La SAPEC avait acheté ses biens à la Société Hôtelière et Touristique du réseau PLM (SHT-PLM) par acte chez Me Ollier, le 28 avril 1953. Elle est donc l'exploitante du téléphérique et du téléski de l'Observatoire de 1953 à 1959.


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Personnalité : Société touristique et immobilière du Revard (STIR)
Société touristique et immobilière du Revard (STIR)

Société fondée le 16 décembre 1952 à Aix-les-Bains sous le nom de Société immobilière du plateau du Mont-Revard et de la Féclaz (SI devient la STIR en 1960). Cette société est créée par l'Association pour soutenir et favoriser l’aménagement du plateau du Revard et de la Féclaz, afin d'acheter la plus grande partie du domaine PLM du Revard et de le lotir, suivant les plans de lotissement de Laurent Chappis.

Son siège social se situait 1 place du Revard à Aix-les-Bains (Grand-Hôtel), puis 4 rue de Casino à la Banque de Savoie (fait partie de l'actionnariat). Le principal actionnaire était la société industrielle foncière et routière de Paul Chemin (1 490 actions). Suite à la faillite de cette dernière en 1965, ses actions sont vendues aux enchères et rachetées par la STIR, qui les propose aux autres actionnaires. Etant donné sa mauvaise santé financière, la STIR n'a jamais distribué de dividendes. Les actionnaires ont surtout cherché, à partir des années 70, à vendre leurs actions. En juillet 1960, après l'intégration partielle de la SAPEC (société appartenant à un des grands actionnaires de la STIR) suite à un échange d'actions, la STIR devient propriétaire du téléphérique et de la remontée mécanique du Revard. Elle change alors son objet social et sa dénomination en Société touristique et immobilière du Revard (STIR). Les actions de la STIR sont rachetées par les collectivités publiques (la ville d'Aix principalement), en 1987 ; elle est alors transformée en Société d'économie mixte, sous le nom de SEM du Revard.


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Le téléphérique du Revard comprend une gare inférieure aux Mentens, à 680 mètres d’altitude, et une gare supérieure au sommet du Revard, à 1545 mètres d’altitude. L'architecture et l'implantation des gares privilégient la présentation d’un point de vue et concourent à sa mise en scène.

Les gares sont reliées par un ensemble de câbles, porteur, tracteur et de sécurité, qui assurent le va-et-vient des deux cabines (une montante et une descendante) et sont mis en mouvement par un système moteur. Le câble tracteur à double boucle système Rebuffel, mis au point pour le tronçon supérieur du Brévent, permet d’assurer le rapatriement des cabines en cas de rupture de câble et de positionner le système moteur (poulie motrice et moteurs électriques) au niveau de la gare inférieure dont l’alimentation en électricité est plus aisée. La gare supérieure abrite ainsi seulement les poulies de renvoi des câbles tracteurs et le massif d’ancrage des câbles porteurs.

Si les deux gares existent encore aujourd'hui, les câbles ont été retirés.

Mursbéton
pierre moyen appareil
Énergiesénergie électrique produite à distance moteur électrique
États conservationsdésaffecté
Techniquesmaçonnerie
Précision représentations

Inscription en relief (autrefois peinte) sur la tour signal : "Le Revard"

Édifice étudié dans le cadre de l'exposition "Aix côté Montagne - Le Revard - Les Corbières" en 2016.

Statut de la propriétépropriété publique, Gare inférieure : propriété de la Communauté d'Agglomération Grand Lac Gare supérieure : propriété privée
Protections
Précisions sur la protection

Gare inférieure : Label XXe (10/03/2003)

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Savoie. S 1426. Téléphérique du Revard, 1935-1936

    AD Savoie : S 1426
  • AD Savoie. 1210 W 127. Le Mont-Revard : train à crémaillère ; téléphérique. 1935-1961.

    AD Savoie : 1210 W 127
  • AD Savoie. 1164 W 92. Téléphérique du Revard. 1951-1973.

    AD Savoie : 1164 W 92
  • AC Aix-les-Bains. 2 O 24-25. Téléphérique du Revard, 1935-1984.

    AC Aix-les-Bains : 2 O 24-25
  • AC Aix-les-Bains. 160 W 35. SIVOM du Revard, Téléphérique. 1890-1971.

    AC Aix-les-Bains : 160 W 35
  • AC Aix-les-Bains. 160 W 36. SIVOM du Revard, Téléphérique, 1890-1974.

    AC Aix-les-Bains : 160 W 36
  • AC Aix-les-Bains. 360 W 5. SIVOM du Revard, Téléphérique, 1959-1989.

    AC Aix-les-Bains : 360 W 5
Documents figurés
  • Téléférique du Mont-Revard. Dessins de détails / A. Bidault des Chaumes, ingénieur. S.l., [ca 1935]. Sans ech. 1 tirage de plan ; 122 X 31 cm (AC Aix-les-Bains. 2 O 24)

    Extrait d'un document manuscrit rédigé par A. Bidault des Chaumes vers 1935 et publié dans Le Génie civil, 56e année, Tome CVIII, n°7, n°2792, 15 février 1936.

    AC Aix-les-Bains : 2 O 24
  • [Vue d'ensemble du téléphérique du Mont-Revard] / S.n. [Mouxy], [3e quart XXe siècle]. 1 photogr. : n. et b. ; 17, 5 x 13 cm (AC Aix-les-Bains. 12 Fi 17_0004)

    AC Aix-les-Bains : 12 Fi 17_0004
Bibliographie
  • BIDAULT DES CHAUMES, A. « Le téléférique du Mont Revard près d'Aix-les-Bains (Savoie) », in Le Génie civil : revue générale des industries françaises et étrangères. Paris : S.n. 15 février 1936.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64901497/f1.image.r=t%C3%A9l%C3%A9ph%C3%A9rique

  • BILLIEZ, Henri. « Le téléphérique », in Le Revard. Aix-les-Bains : Société d’Art et d’Histoire, 1996. (coll. Arts et Mémoire, n°6)

    pp. 57-62
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