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centrale et barrage de Livet basse-vallée de la Romanche

Dossier IA38000983 réalisé en 2014

Fiche

Dénominationscentrale hydroélectrique
Aire d'étude et cantonRhône-Alpes patrimoine industriel
AdresseCommune : Livet-et-Gavet
Lieu-dit : Adresse : route de l'Oisans

La première centrale hydroélectrique construite dans la basse vallée de la Romanche est celle de Livet créée par l’ingénieur

Edouard Lullin et mise en service par la Société Electrochimique de la Romanche pour produire de la soude et du carbure de calcium. Elle est composée de deux

unités, mises en service à deux périodes différentes : en 1898-99 pour Livet I et en 1905 pour Livet II, qui se distinguent par leurs

dimensions et leurs architectures. Par ailleurs, ayant remporté l'appel d'offre pour la fourniture d'électricité destinée à éclairer la ville de Grenoble, la Société

Electrochimique de la Romanche (SER) créa une seconde centrale en 1905, tout en louant une partie de sa production à la société Keller et Leleux qui deviendra

propriétaire de la centrale double en 1906 pour la production de ferroalliages au four électrique.

Livet I se caractérise par une typologie assez classique de centrales de moyenne puissance rencontrée dans les régions alpines : un modèle simple et fonctionnel qui se

caractérise par une longue salle des machines rectangulaire de type halle industrielle entièrement en pierre, définie par le nombre de groupes, à charpente

métallique et lanterneau, surmontée d’un pont roulant. La jonction des deux centrales est réalisée après 1925.

Le bâtiment de Livet II, est le plus remarquable du site. Il se distingue par son toit terrasse et sa façade ouverte de hautes baies en plein-cintre (véritable verrière), en pans de fer vitrés. Il est surmonté d’une chambre de mise en charge, dont « le trop plein » (chute d’eau de 60 m en train de déverser) fait la couverture de « l’Illustration » du 13 juin 1925. La centrale fonctionne avec le barrage de l’Infernet (ou barrage de Livet), localisé en amont de cette dernière. Un vitrail de l’église de Livet réalisée par un peintre verrier de Grenoble « A. F. BERNARD, 1927 » (date portée), représente le village ainsi que l’usine et la centrale.

L’ensemble abrite 6 groupes horizontaux dont 5 sont en fonction aujourd’hui : 4 groupes dans Livet II (G0, G1, G2, G3) et 2 groupes dans Livet I G4 prototype et G5 endommagé, équipés de turbines Francis couplées avec des alternateurs, un poste de transformation et un canal de fuite, d’une puissance totale de 10 MW (débit d’équipement de 28 m3/s, et d’une hauteur de chute de 56 m). A noter, la complémentarité entre les centrales de Livet et des Vernes : la centrale des Vernes réutilise directement l’eau qui vient d’être turbinée par Livet sans repasser par la rivière. Éléments marqueurs du paysage avec les barrages, les conduites forcées, les pylônes, les chambres de mise en charge, la centrale de Livet appartient à ce patrimoine hydroélectrique remarquable de la vallée de la Romanche et fait preuve pour Livet II d’une véritable audace bien avant la construction des Vernes. Cet ensemble mérite à ce titre une protection au titre des monuments historiques en incluant les machines pour que cela garde tout son sens. La disparition de ces éléments contribuerait à effacer un paysage marqué par une identité industrielle très forte, et laisserait la place à un paysage standardisé.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle
Dates1898, daté par source
1905, daté par source

La centrale de Livet se caractérise par deux bâtiments distincts. Livet I se caractérise par une typologie assez classique de centrales de moyenne puissance rencontrée dans les régions alpines : un modèle simple et fonctionnel qui se caractérise par une longue salle des machines rectangulaire de type halle industrielle entièrement en pierre, définie par le nombre de groupes, à charpente métallique et lanterneau, surmontée d’un pont roulant.

Le bâtiment de Livet II, est le plus remarquable du site. Il se distingue par son toit terrasse et sa façade ouverte de hautes baies en plein-cintre (véritable verrière), en pans de fer vitrés. Il est surmonté d’une chambre de mise en charge, dont « le trop plein » (chute d’eau en train de déverser) fait la couverture de « l’Illustration » du 13 juin 1925. La centrale fonctionne avec le barrage de l’Infernet (ou barrage de Livet), localisé en amont de cette dernière.

Toitverre en couverture
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en vis

la centrale de Livet appartient à ce patrimoine hydroélectrique remarquable de la vallée de la Romanche et fait preuve pour Livet II d’une véritable audace esthétique bien avant la construction des Vernes. A la demande d'EDF et dans le cadre de "vigipirate" les photographies des intérieurs de la centrale ne sont pas diffusables.

L'ensemble des six centrales et barrages de la vallée de la basse-Romanche est menacé de démolition par EDF. Un programme de construction d'une nouvelle centrale à Vizille va entraîner la démolition de 5 centrales et barrages de la vallée de la Romanche qui entraînera à terme la disparition d'un paysage d'une très grande qualité.

Pour citer cette étude : Nadine Halitim-Dubois, la centrale hydroélectrique de Livet, 2015. URL : https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/recherche/globale?texte=centrales+romanche&type=Dossiers

Intérêt de l'œuvreà signaler
Précisions sur la protection

Cette centrale est passée devant la commission régionale de protection des sites en 2015, en attente d'un projet de reconversion.

Références documentaires

Bibliographie
  • Olivier Zimmy, Réflexions sur la conservation et la mise en valeur du patrimoine

    hydroélectrique de la moyenne Romanche, musée EDF Hydrelec, 2007.

  • Philippe Grandvoinnet, Vallée de la Romanche, le patrimoine hydro-industriel dans la dynamique

    territoriale alpine, projet de fin d’étude, Formation des architectes

    urbanistes de l’Etat (AUE), juin 2012, p. 13.

  • Henri Morsel, Jean-François Parent, Les industries de la région Grenobloise,

    itinéraire historique et géographique, PUG, 1991

    Région Rhône-Alpes, SRI, Lyon
  • Jean-François Lyon-Caen, Jean-Claude Ménégoz, Cathédrales électriques, architecture des centrales hydrauliques du Dauphiné, musée Dauphinois, 1989, 155, 156.

    p. 111-115, 155, 156
  • Alpes électriques, paysages de la houille blanche, Dire l’entreprise, 2011

  • Nadine Halitim-Dubois, Centrales hydroélectriques de la Basse-Romanche: une disparition annoncée en 2018-2020, L’archéologie Industrielle en France - AIF n° 64, juin 2014

    p. 13, 14, 15, 16
  • Jean-François Belhoste Fer, fonte, acier. Rhône-Alpes, XVe-début XXe siècle, Image du

    patrimoine n° 85, 1992, p. 97

    p. 97
  • Geneviève Dufresne et Beranrd André, « Du

    papier à l’hydroélectricité. Autour de Grenoble. Week-end du Cilac, 16 et 17

    juin 2006), dans l’Archéologie

    industrielle en France, n° 48.

    p. 38-43
Périodiques
  • Centrales & Barrages de Moyenne Romanche, 01/09/2008-14/26 (documentation EdF),

  • Un grand projet pour EDF, un nouveau visage pour la vallée de la

    Romanche, Brochure EDF, 2013 (archives EDF)

Multimedia
  • http://www.isere-patrimoine.fr/2288-les-centrales-de-la-romanche-en-question.htm#par30488 ;

    inventaire des centrales de la Romanche réalisé en 2010 par le Service

    Patrimoine culturel du Conseil général de l’Isère.

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel - Halitim-Dubois Nadine