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Église paroissiale Saint-Pierre

Dossier IA42001401 inclus dans Ville de Montbrison réalisé en 2007

Fiche

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Après la destruction de l´église de la « Bienheureuse Vierge Marie », remplacée par la collégiale Notre-Dame d´Espérance dans la ville basse, il ne reste désormais sur la butte castrale que la chapelle Saint-Pierre, qui subsistera là jusqu´en 1258. A cette date, l´accroissement de la population urbaine oblige le transfert de la chapelle, appelée Saint-Pierre-le-Vieux, le long du Grand chemin de Forez, probablement dans l´espace réservé aux marchés. La construction de l'église Saint-Pierre commence vers 1260 ; elle est financée grâce aux legs de nombreux montbrisonnais. Il semble cependant que le chantier avance lentement. Etienne Fournial rapporte dans son livre Les villes et l´économie d´échange en Forez ... qu´en 1316 le choeur n´est pas achevé et qu´un legs de 50 livres viennois est fait par Hugues Maurin pour le bâtir "à chaux, sable et pierre " dans un délai de trois ans. Installée au nord de la ville, la nouvelle église paroissiale Saint-Pierre se situe près des pouvoirs administratifs et judiciaires naissants ; et c´est près de leurs institutions que les notables s´installent, dès le XVe siècle. Aussi la paroisse Saint-Pierre dessert-elle à cette époque une population en partie composée de familles nobles, d´officiers du baillage et de magistrats. En 1662, le procès-verbal de la visite pastorale de Monseigneur Camille de Neuville rend brièvement compte du bâtiment " Toute la fabrique de l´églize est en bon estat, le choeur est voûté et a le clocher au dessus (...) ". Cette église, probablement reconstruite en 1606 (le chanoine Ollagnier précise que cette date était gravée à la base d´un pilier), avait une seule grande nef voûtée et trois chapelles : celles de Saint-Vincent, du Sacré-Coeur et des Morts. Au cours de la période révolutionnaire les églises de la ville sont fermées, excepté l'église Saint-Pierre. En 1801, le Concordat décrète l´existence de deux paroisses au lieu de quatre, soit Notre-Dame et Saint-Pierre-la-Madeleine. Ainsi à la paroisse Saint-Pierre s´agrège une partie de l´ancienne paroisse du faubourg de la Madeleine habitée par une société plutôt rurale composée d'artisans, de vignerons, de laboureurs, de journaliers. L´église Saint-Pierre, très endommagée pendant la Révolution, va être restaurée et remeublée grâce aux soins attentifs de ses curés, aux nombreux dons et au regain de ferveur religieuse : le Renouveau catholique. Dès lors le registre de la fabrique, de 1803 à 1811, mentionne de multiples dépenses de mobiliers et de fournitures usuelles. En mai 1836 l´Etat accorde un secours pour réparer l´édifice à partir des plans dressés par l´architecte du département Etienne Trabucco. Le rapporteur du ministère de l´Intérieur auprès du conseil des bâtiments civils, M. Rohault, précise que "cette église n´est pas régulière et n´a rien de remarquable. On démolit des chapelles qui sont en excroissance, pour en faire d´autres qui ne sont pas plus en harmonie avec le reste de l´église (...). Quoiqu´il en soit, la dépense étant minime, l´église, telle qu´elle est aujourd´hui, ne présente aucun intérêt sous le rapport de l´art, je pense que le projet d´agrandissement peut être approuvé." En 1843 le Journal de Montbrison indique que des améliorations de détails ont été réalisées, mais que l´église est trop petite et difficile à agrandir ; c´est pourquoi la sacristie est transformée en chapelle et la bibliothèque en tribune. En 1859, l´architecte de la ville M. Dulac dresse un devis des réparations à faire. Les subventions demandées à la mairie sont rejetées car les travaux envisagés ne correspondent pas aux besoins paroissiaux. Néanmoins, le conseil municipal partage avec les paroissiens le souhait de construire une église plus grande. En 1861 le conseil municipal et le conseil de fabrique élaborent une convention autour du projet de reconstruction : la municipalité accorde une subvention de 30 000 F sans aucun dépassement possible ; les secours de l´Etat et surtout les dons des paroissiens vont assurer ce financement très coûteux. Le projet initié par M. Barou, curé de la paroisse, brutalement décédé, est repris en 1862 par le chanoine Louis-Charles Ollagnier. Plusieurs emplacements sont proposés pour aboutir à une solution finale : la nouvelle église sera installée en partie sur l´ancienne parcelle (E 71), avec une orientation nord-sud au lieu de la traditionnelle orientation est-ouest. A partir de 1867, les plans et devis sont confiés à l'architecte diocésain Antoine Desjardins, dit Tony Desjardins, en étroite collaboration avec le chanoine Ollagnier. En 1869, six maisons (parcelles E 73 à 78), situées au nord de l´église, sont démolies par l´entrepreneur Reynaud. L´adjudication de la première tranche est confiée à M. Guichard de Saint-Etienne ; les travaux commencent en 1870 avec la construction du choeur, du transept et de la nef. L´église est bénie le 4 mai 1873 par le Cardinal Archevêque de Lyon. La seconde partie des travaux s´effectue de 1874 à 1877 ; elle comprend la démolition de l´ancienne église et, sur une partie de cette dernière, la construction du porche et du clocher par les entrepreneurs Parot et Boudet. La réception définitive des travaux a lieu le 9 juin 1877, l´église de style néo-gothique est ensuite dotée de vitraux, de 1885 à 1886, et d'un mobilier néo-gothique, réalisé par le menuisier montbrisonnais Laurent ; mobilier qui sera en partie démonté, tout comme le maître-autel, lors de la rénovation de l´église en 1993.

VocablesSaint-Pierre
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonMontbrison - Montbrison
AdresseCommune : Montbrison
Adresse : place
Saint-Pierre
Cadastre : 1809 E 71 à 79 ; 1986 BK 98

A partir de 1867, les plans et devis de la nouvelle église Saint-Pierre sont confiés à l'architecte diocésain Antoine Desjardins en étroite collaboration avec le chanoine Ollagnier, curé de la paroisse. En 1869, six maisons (parcelles E 73 à 78), situées au nord de l´église, sont démolies par l´entrepreneur Reynaud. L´adjudication de la première tranche est confiée à M. Guichard de Saint-Etienne ; les travaux commencent en 1870 avec la construction du choeur, du transept et de la nef. L´église est bénie le 4 mai 1873 par le Cardinal Archevêque de Lyon. La seconde tranche s´effectue de 1874 à 1877 ; elle comprend la démolition de l´ancienne église et, sur une partie de cette dernière, la construction du porche et du clocher par les entrepreneurs Parot et Boudet. La réception définitive des travaux a lieu le 9 juin 1877, l´église de style néo-gothique est ensuite dotée de ses vitraux, de 1885 à 1886, puis de son mobilier, dont le maître autel en 1900.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1870, daté par source, daté par travaux historiques
1874
Auteur(s)Auteur : Desjardins Antoine architecte diocésain attribution par source
Auteur : Guichard entrepreneur attribution par source
Auteur : Parot entrepreneur attribution par source
Auteur : Boudet entrepreneur attribution par source
Auteur : Ollagnier Louis-Charles auteur commanditaire attribution par source
Personnalité : Ollagnier Louis Charles, chanoine commanditaire

L´église Saint-Pierre de style néogothique est construite en pierre de taille de granite, en moyen appareil. La façade ordonnancée est ornée de bossages à chanfrein. Les longs pans de la nef, du transept à pignons découverts, et de la croupe polygonale de l´abside sont couverts d´ardoises. Les croupes polygonales à 6 pans des cages d´escalier sont en pierre. Le toit en pavillon du clocher et les bas-côtés de la nef en appentis, sont couverts de tuiles creuses. L´église est construite sur un sol remblayé après la démolition de l´ancienne église, de la cure et de quatre maisons avec cour. La forte déclivité du lieu a nécessité la construction d´un étage de soubassement partiel afin de racheter les pentes nord-sud et est-ouest. Les accès latéraux sont ainsi dissymétriques : une entrée de plain-pied à droite, un emmarchement logé dans l´angle rentrant du transept gauche. Le chevet au nord est dégagé par une cour anglaise. La première travée de la nef est bâtie sur un étage de soubassement composé de 3 salles voûtées d´arêtes (dont deux ornées d´une clef armoriée) reliées par un passage voûté en berceau. Le parvis surélevé (accessible par des degrés latéraux) est conforté par une salle voûtée en arc de cloître. L´église présente un plan en croix latine à trois vaisseaux : la nef centrale à deux travées et la 1ère travée de choeur sont à voûtes sexpartite. Le transept, les bas-côtés et les chapelles latérales sont voûtés d´ogives, la travée du porche est à voûte sexpartite bombée. De part et d´autre du tambour d´entrée, des escaliers en vis, symétriques, conduisent au clocher. De chaque côté des chapelles latérales, les sacristies sur deux niveaux sont desservies par un escalier droit en bois.

Mursgranite
bossage
pierre de taille
moyen appareil
Toittuile creuse, ardoise, pierre en couverture
Plansplan en croix latine
Étages3 vaisseaux, étage de soubassement
Couvrementsvoûte d'ogives
voûte d'arêtes
voûte d'ogives bombée
voûte en arc-de-cloître
voûte en berceau
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
appentis
toit en pavillon
croupe polygonale
noue
pignon découvert
Escaliersescalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
escalier intérieur : escalier symétrique en maçonnerie
escalier intérieur : escalier symétrique en charpente
États conservationsinégal suivant les parties
Techniquesmenuiserie
sculpture
vitrail
Précision représentations

Les trois vaisseaux sont portés par des colonnes ou des faisseaux de colonnettes à chapiteaux corinthiens sculptés. Les armoiries sculptées sur les deux clefs de voûte de l'étage de soubassement représentent les deux clefs croisées de saint Pierre et les deux épées croisées de saint Paul.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Annexe A

    Lettre de l'architecte du diocèse de Lyon, directeur des travaux, M. Desjardins, à M. Le président du Conseil de fabrique de l'église Saint-Pierre, 2 mai 1874 (AD Loire : série V802)

    (...) Monsieur le Curé de l'église St Pierre m'ayant fait part des intentions que le Conseil de fabrique, que vous présidez, manifeste de continuer la construction de cet édifice pour en parfaire l'achèvement. Je crois devoir vous communiquer les observations que me suggère l'exécution de ce projet.

    Les ouvrages qui restent à faire sont d'une nature beaucoup plus délicate que ceux qui ont été exécutés jusqu'a ce jour :

    Il s'agit de faire la façade et le clocher et de se raccorder avec ce qui est déjà fait, en modifiant les deux piles placées à l'entrée de la nef, de manière à dégager plus parfaitement le fond de l'église pour les fidèles placés sous le clocher. Il y aura donc là des travaux de reprises et de retouches qui demandent une main particulièrement exercée, celle d'un entrepreneur inspirant toute confiance et offrant en même temps les meilleures garanties de responsabilité.

    D'un autre côté, l'exécution de la façade et du clocher doit faire désirer une exécution aussi parfaite que possible et qui soit un digne couronnement de l'oeuvre entreprise, il n'y a donc pas lieu de rechercher avant tout l'économie mais surtout, des travaux aussi bien faits qu'on pourra les obtenir.

    Pour ces diverses considérations, il me semble nécessaire Monsieur le Président de ne pas courir les chances d'une adjudication, mais de traiter de gré à gré aux conditions des devis estimatifs et descriptifs et d'un cahier des charges, pour l'achèvement de l'église avec un entrepreneur également recommandable tant pour ses capacités que pour sa solvabilité.

    Vous perdrez peut-être quelques mille francs à ce mode de procéder mais vous y gagnerez incontestablement d'autre part ; d'être beaucoup plus maître de diriger les opérations qui restent à faire, d'avoir toutes les garanties désirables pour leur bonne réussite en assurant une parfaite exécution des travaux.

    D'ailleurs les bons travaux sont toujours les plus profitables, si on examine ce que coûtent parfois en réparations, des ouvrages négligemment exécutés.

    Pour toutes ces considérations, je crois qu'il importe aux intérêts véritables et sérieux de la fabrique de St Pierre de demander à Monsieur le Préfet de la Loire, l'autorisation de traiter de gré à gré aux conditions indiquées ci-dessus, avec un entrepreneur connu, pour l'exécution des travaux d'achèvement de cet édifice. (...)

    Annexe B

    Lettre du préfet de la Loire, 27 mai 1874 (AD Loire : série V802)

    (...) La fabrique est autorisée à faire exécuter en régie, par un entrepreneur choisi par l'architecte et le conseil, les travaux nécessaires pour l'achèvement de l'église Saint-Pierre et ce suivant les plans et devis des dits travaux, dressés par M l'architecte Desjardins et régulièrement approuvés. (...)

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Loire. Série O1067. Rapport du ministère de l´Intérieur au conseil des bâtiments civils par M. Rohault, 28 mai 1836. Dossier affaires diverses 1834-1852.

  • AD Loire. Série V616. Inventaire des biens dépendant de la fabrique paroissiale de l'église St Pierre à Montbrison, 12 février 1906.

    13 p
  • AD Loire. Série V802. Lettre de l'architecte M. Desjardins à la fabrique de l'église St Pierre de Montbrison, 2 mai 1874 ; accord par le préfet, 27 mai 1874 ; décompte général des travaux reçus le 1er mars 1873 et le 9 juin 1877 et exécutés conformément aux plans et devis, approuvés le 1er mars 1870.

  • Bibl. Diana, Montbrison. Procès-verbal de la visite pastorale de Monseigneur Camille de Neuville, 1658-1662. Transcription réalisée par l'abbé Merle, milieu 20e siècle

  • Bibl. Diana, Montbrison. Souvenir de M. Le chanoine Ollagnier ancien curé de Champoly et de Saint-Pierre de Montbrison. Ms (copie), [1895].

    p. 58-75
Documents figurés
  • Département de la Loire. Arrondissement de Montbrison. Canton de Montbrison. Commune de Montbrison. Parcellaire de 1809. Section E dite de la ville. Reboul, géomètre, Montbrison, 1809. Papier, encre brune, lavis bleu. Ech. 1/1250e. (AC Montbrison)

  • Eglise de St Pierre de Montbrison. Plan, coupe et élévation, agrandissement projeté. Trabucco, architecte du département, 5 mars 1836, papier, encre, 53,2 x 55,7 cm. (Bibl. Diana, Montbrison, soubassement 7, n° 34, rouleau 10).

  • MONTBRISON - Eglise Saint-Pierre. Henri Prat, édit. [début 20e siècle ?]. Carte postale. (Coll. privée. L. Tissier)

  • 103 - Montbrison (Loire) - Vue panoramique. Montbrison : Ed. Villemagne, tabacs, rue Tupinerie. Cl. B. F. [début 20e siècle]. Carte postale. (Coll. privée L. Tissier)

  • 8. - MONTBRISON. - Eglise St-Pierre. Chéri-Rousseau. [fin 19e siècle ?]. Carte postale. (Coll. privée L. Tissier)

  • Montbrison - Eglise Saint-Pierre. Montbrison : Ed. Perroton, 1909. Carte postale. (Coll. privée Rolland)

  • MONTBRISON. - Eglise St-Pierre. Montbrison : Edition Librairies - Papeterie Michel Potard, [début 20e siècle ?]. Carte postale. (Coll. privée Chaffangeon)

  • 136 - La Loire pittoresque 23. MONTBRISON - Intérieur de l'église Saint-Pierre. E. L.D. [début 20e siècle ?]. Carte postale. (Coll. privée L. Tissier)

Bibliographie
  • FOURNIAL, Etienne. Les villes et l'économie d'échange en Forez aux XIIIe et XIVe siècles. Paris : Les Presses du Palais royal, 1967

    p. 47
  • HALM, Cindy. Les églises du Forez au 19e siècle et leur importance dans le tissus social. T. 2. canton de Montbrison et Noirétable. Montbrison : la Diana (Recueil de mémoires et documents sur le Forez ; 43), 2006

    p. 76-93, 165-184
  • RENON, François (Dom). Chronique de Notre-Dame d'Espérance de Montbrison, ou étude historique et archéologique sur cette église, depuis son origine (1212) jusqu'à nos jours. Roanne : imprimerie de A. Farine, rue Royale, 1847

    p. 378-382
Périodiques
  • BAROU, Joseph. La paroisse et l'église Saint-Pierre de Montbrison. In Village de Forez, octobre 1991, supplément au n° 48

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