Dossier IA69004615 | Réalisé par
Guégan Catherine
Guégan Catherine

Chercheuse au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel (2006-...)

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Pensionnat du collège de la Trinité, actuellement collège Ampère et centre de formation dit GRETA Ampère
Copyright
  • © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
  • © Ville de Lyon

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lyon Urgences
  • Commune Lyon 2e
  • Adresse 31 rue de la Bourse
  • Cadastre 2013 AC 2  ; 1831 G 425, 426
  • Dénominations
    pensionnat, collège, centre de formation
  • Genre
    de clercs réguliers de la compagnie de Jésus
  • Appellations
    de la Trinité, Ampère
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, logement

Dès 1579, la nécessité de loger les élèves à proximité du collège conduit à la création d'un pensionnat dans des granges jouxtant le collège, acquises auprès de l'Aumône générale, et remises aux jésuites le 3 juillet 1604. En 1607, un premier pensionnat est aménagé dans la partie nord du nouveau collège (voir Ill. IVR82_19776900175X), détruit lors de l’incendie de 1644. Durant tout le 17e siècle, des élèves seront logés et répartis dans l'ensemble des bâtiments, solution peu satisfaisante.

Par délibération du 30 septembre 1706, le Consulat accepte donc de financer la création de chambres pour les pensionnaires dans l'enceinte du collège, en versant 1000 livres pendant huit ans (AC Lyon, BB 266). Cette rente ne correspond pas au projet des jésuites, envisagé dès 1664 (AD Rhône, 1 D 13), lesquels souhaitent faire édifier un bâtiment indépendant du collège à l'usage des pensionnaires. Pour ce faire, ils ont commencé à acquérir des bien-fonds dès les années 1680 (AD Rhône, 1 D 14), acquisitions qui deviennent particulièrement nombreuses entre 1712 et 1713. Toutes ces propriétés sont situées entre l’actuel passage Ménestrier et la rue Gentil, où se trouvent déjà les chapelles des congrégations des Grands Artisans et des Affaneurs (AD Rhône, 1 D 15-7), définissant ainsi l'emprise future du pensionnat. Parmi elles figurent les maisons Saint-Louis, de Camille Beck de la Valsonnière, des sœurs Chevelu, de Pierre Colobeau, de Jean-Baptiste Delaroche, écuyer et avocat du roi, de François Gravier de Pramol (AD Rhône. 1 D 15 1-6), de Denis Dechez (AD Rhône, 1 D 13), et de Pierre Chenevière (AD Rhône. 1 D 15-12) (voir plan IVR82_20146902422NUCA). L'ensemble est cédé à la Ville le 29 novembre 1731, laquelle accepte en contre-partie de financer la construction de ce nouveau bâtiment (AC Lyon, BB 295) et s’engage à verser 10000 livres par an pendant dix ans. Le prix-fait est cosigné le 1er Février 1733 par les Pères Etienne Lombard, recteur, Jacques Fulchiron, principal des pensionnaires et François Guérin, procureur syndic du collège : Claude Perrache et son fils Paul, maîtres charpentiers, architectes et entrepreneurs sont choisis pour réaliser les travaux du pensionnat, après démolition des maisons existantes. Il semble que les pères jésuites aient sinon donné le plan, du moins participé à son élaboration (AD Rhône. 1 D 15 [s.n.], fol.1). Ce bâtiment, dont le coût dépasse le budget initial, nécessite une aide financière supplémentaire du Consulat (12000 livres) pour l'achèvement des travaux, votée le 15 décembre 1740 (AC Lyon, BB 302).

En 1762, la Sénéchaussée procède à un premier état des lieux, en même temps que celui du collège ((AD Rhône, 2 D 62). Le 1er août 1763, les oratoriens prennent possession des meubles et effets du pensionnat (AD Rhône, 1 D 1 : Reconnaissance du Père Laurent d'Anglade, chapitre 4, art. 5-1)

Distribution du pensionnat au 18e siècle

Plan du rez-de-chaussée, par J.-F. Grand, 1763Plan du rez-de-chaussée, par J.-F. Grand, 1763

Les plans et état des lieux de 1763 (AC Lyon, 1 S 115 et AD Rhône, 3 D 1) permettent, comme pour le collège, d'avoir une idée précise de la distribution.

L'entrée des pensionnaires se faisait par la grande porte à deux vantaux, aujourd'hui condamnée, située au nord de l'édifice, côté rue Neuve (actuel passage Ménestrier) : elle donnait sur un vestibule où était installés le cabinet du portier et deux petites pièces où étaient remisées les épées des pensionnaires et leurs ustensiles de table. Autour de la cour étaient disposés la salle des jeunes pensionnaires (aile ouest), le réfectoire, éclairé par 5 croisées au sud et 5 au nord (aile nord) et la cuisine, flanquée du réfectoire du commun, de deux garde-manger et d'une souillarde (aile est). Une galerie en entresol de la salle des pensionnaires distribuait un certain nombre de chambres, dont celle des préfets à chaque extrémité. Le réfectoire était desservi de part et d'autre par deux vestibules garnis de lave-mains, ce qui témoignent d'un souci d'hygiène certain. Enfin la cuisine et ses annexes donnaient sur la cour dite "cour des meuniers", où se trouvait un puits, débouchant par un passage sur le quai de Retz,longé au nord par un bûcher voûté et au sud par la boulangerie, surmontée comme celle du collège par la farinière et la chambre du boulanger au 1er étage, et un grenier à blé au 2e. Enfin, une boucherie était installée dans une petite pièce donnant directement sur la rue Neuve, au sud de la cour des meuniers.

Les pensionnaires plus âgés étaient logés au 1er étage ; leur salle, flanquée de chambres de part et d'autre, surmontait le réfectoire. On y accédait par le vestibule de l'actuel escalier d'honneur, à l'ouest, ou par un escalier rampe sur rampe (actuel escalier F) à l'est, lequel desservait également des chambres situées dans toute l'aile est du pensionnat. A chaque extrémité se trouvait une chambre de préfet. Dans l'aile ouest étaient logés les pères principaux, dont les chambres étaient desservies par un corridor, dont les actuels bureaux de l’intendance ont peu ou prou conservé la disposition. Cette distribution qui se répète presque à l'identique aux 2e et 3e étages, le corridor et les chambres des pères principaux laissant place dans l'aile ouest aux pensionnaires. Au niveau du 3e étage, un étroit corridor longe la chapelle de la congrégation des pensionnaires pour rejoindre le bâtiment de la boulangerie, qui s'inscrit côté quai de Retz dans le prolongement de la bibliothèque, et dans lequel sont installés un garde-meuble, une "couturerie" et la chambre du tailleur. Au 4e étage enfin se trouvent les greniers, dans l'aile nord, mais aussi des chambres de pensionnaires dans les ailes est et ouest.

Au total, le pensionnat abrite donc 95 chambres de pensionnaires, auxquelles il faut ajouter 10 petites chambres situées dans le comble de l'angle nord-est, au niveau du 5e étage.

Le pensionnat était jouxté au nord-est par les deux chapelles de congrégation des Affaneurs et des Grands Artisans (actuels gymnase du collège et bureaux du GRETA). Au niveau du 2e étage, la première est surmontée par une autre chapelle, celle de la congrégation des Pensionnaires (disparue), précédée d'un vestibule, tandis que la seconde est couverte par une partie de la bibliothèque depuis le 17e siècle.

Le 19e siècle

A partir de la Révolution, pensionnat et collège vont évoluer de façon concomitante mais parfois divergente, les locaux du pensionnat n'étant qu'en partie affectés à l'enseignement. En 1803, il comprend trois corps de bâtiments ainsi désignés : le pensionnat, la maison de la boulangerie (à l'angle sud-est), entièrement occupée par des locataires, et la maison de la terrasse, qui prolonge la maison de la boulangerie sur le quai (sans doute l'ancienne chapelle des Grands artisans), où s'est installé un fabricant de boutons au rez-de-chaussée, M. Volozan, et la bibliothèque de la Ville au 1er étage (SAUSSAC, R.,1986, t. 1, p.303)

Le pensionnat, qui a servi de caserne aux troupes de la Convention après la reddition de Lyon en 1793, est en priorité concerné par les travaux de remise en état du début du 19e siècle.

La Justice de paix, instituée par la Constituante en août 1790, s'installe en 1816 dans l'ancienne salle des petits pensionnaires, au rez-de-chaussée du corps de bâtiments ouest. C'est à cette date qu'est créée la porte à refend, ouverte dans la 2e travée sud de l'élévation principale (actuelle entrée des élèves du collège Ampère ; AC Lyon, 477 WP 002).

Dans les autres étages sont répartis salles d'enseignement, salles d'études et dortoirs, ainsi que l'indique le plan de distribution de 1849 ((ill. IVR82_20156901378 à 1380NUCA). Quant à la bibliothèque du collège (puis lycée), elle est alors située au 1er étage de l'aile nord, flanquée d'une salle d'étude et d'une salle dévolue aux livres classiques ; vers 1882, elle semble avoir été transférée dans une ancienne salle de classe, au rez-de-chaussée de l'aile ouest de la cour d'honneur (AC Lyon, 477 WP 014)

Après le départ de la Justice de paix en 1880, les locaux seront transformés en salles de classe (AC Lyon, Registre des délibération du Conseil municipal, séance du 9 octobre 1883) et la cour réaménagée pour les élèves avec création du préau sur colonnettes en fonte actuel, avant 1890 (plan parcellaire, AC Lyon, 4 S 152-1890 ; voir ill. IVR82_20156901377NUCA). La cour des Meuniers subit aussi des modifications avec l'ajout de deux pièces en rez-de-chaussée au sud de la chapelle des Affaneurs dont l'affectation n'est pas connue, peut-être destinées à la réception et au stockage des marchandises, la chapelle faisant office à cette époque de réfectoire (Ibid.).

Le 20e siècle

Avec le déménagement de l'internat au lycée du Parc en 1919, des travaux d'aménagements et de rénovation peuvent être menés à bien : des classes spacieuses et claires sont créées à l'emplacement des anciens dortoirs et salles d'études, aux 2e et 3e étages du collège (POUZET, 1937, éd. 1984, p. 45). Dans les années 1950, les architectes A. et P. Rostagnat, associés à Paul Bouteille, adjoignent à ces nouvelles salles de classes un escalier de secours extérieur sur la cour, côté ouest (AC Lyon 968 WP 003 ; voir ill. IVR82_20146902191 et 2192NUCA). Les ouvertures en largeur créées dans le couloir pour éclairer les salles de classe en second jour sont caractéristiques du style des deux architectes comme de l'architecture scolaire de cette époque (voir lycée Juliette-Récamier, Lyon 2e), et n'ont pas été modifiées depuis. Dans les mêmes années, une troisième construction en rez-de-chaussée est réalisée dans la cour des Meuniers, visible sur le plan parcellaire de 1956. Une passerelle métallique est également mise en place par l'entreprise J.-B. Gérin en 1959 en surplomb de cette cour, afin de relier le corps de bâtiment est du collège à celui de la bibliothèque (AC Lyon, 826 WP 027 : plans et coupes).

Édifice composé de trois corps de bâtiment en U encadrant une cour intérieure fermée par un mur de clôture au sud ; un quatrième corps de bâtiment à l'est fait jonction avec l'ancienne bibliothèque côté nord et ferme la composition côté sud-est, créant ainsi une seconde cour.

L'élévation principale se compose de 9 travées s'élevant sur 5 niveaux (rez-de-chaussée, 3 étages carrés et 1 étage en surcroît). Deux portes ouvrent sur la rue de la Bourse. La première (entrée de l'administration) a été créée dans une ancienne baie ; elle est à deux vantaux et châssis de tympan vitré et barreaudé. La seconde (actuelle entrée du collège) est à deux vantaux et châssis de tympan vitré. L'encadrement à corniche segmentaire sans retours est en pierre de taille à bossage en table à refends ; trois clefs saillantes surmontent la porte. Les baies du rez-de-chaussée sont cintrées à chambranle plat ; celles des niveaux supérieurs sont identiques, avec appui saillant. Au 3ème niveau elles ont été obturées en partie supérieure, au 4e elles sont légèrement plus petite.

L'élévation latérale nord (passage Ménestrier) se compose de 10 travées s'élevant sur 4 niveaux. Les baies, cintrées à chambranles plat et appui saillant, sont identiques à tout les niveaux. Sous l'arche du passage Ménestrier, une porte actuellement condamnée dessert le vestibule de l'administration (ancienne entrée du pensionnat) ; elle est à deux vantaux, en chêne clair, et surmontée d'une imposte cintrée en bois avec encadrement en pierre de taille. La travée se développant sur 4 niveaux au-dessus de l'arche abrite la cage de l'escalier principal de l'ancien pensionnat (actuel escalier H).

Les pignons des deux corps de bâtiment est et ouest sont identiques : ils comportent 2 travées s'élevant sur 5 niveaux ; les baies sont de même profil que celles de l'élévation principale.

Les élévations sur cour est et ouest sont symétriques. Elles se composent de 5 travées s'élevant sur 5 niveaux. Le rez-de-chaussée est composé de deux portes d'accès encadrant une baie cintrée à chambranle plat et appui saillant, forme que l'on retrouve dans les niveaux supérieurs ; seules les baies du dernier niveau de l'élévation intérieure est sont de plus petites dimensions. Des escaliers de secours en charpente métallique obstruent les deux dernières travées de chacune des élévations. L'élévation nord se compose quant à elle de 7 travées s'élevant sur 4 niveaux ; ses baies sont identiques à celles des élévations est et ouest. Une marquise maintenue par des tirants en fer a été rajoutée le long des trois élévations sur cour ; elle se prolonge du côté du mur de clôture, au sud, en un préau soutenu par des colonnettes en fonte.

L'ensemble de l'édifice repose sur des caves voûtées d'arête. Certaines sont renforcées par une charpente métallique dont la structure épouse celle des voûtes. La première révolution de l'escalier principal, dans-oeuvre, est décalée par rapport aux suivantes : elle s'inscrit dans le plan du vestibule de l'entrée de l'administration, et comprend 3 volées et 2 repos ; les marches de la première volée sont adoucies. Le palier du 1er étage, de vastes proportions, dessert au sud les bureaux de l'intendance, à l'est le CDI du collège Ampère et les salles des professeurs. Une baie ouvre sur un deuxième palier d'où part la deuxième révolution de l'escalier principal, hors-oeuvre, la cage occupant la travée située au-dessus du passage Ménestrier ; cet escalier, avec garde-corps en fer forgé, est un escalier suspendu à limon porteur et jour central, à retour tournant à gauche, à volées droites et deux repos. Le deuxième palier comporte un accès vers la tribune de l'église. Au niveau du 2e repos s'ouvre une porte communiquant avec la tour sud de l'église : on accède par un escalier droit en bois à d'anciennes pièces d'habitation, transformées aujourd'hui en débarras. La première est couverte en voûtes d'arêtes, la seconde par un plafond à poutres et solives. Sur les plinthes, traces de revêtement peint.

Au 2e étage de l'aile nord se trouvent le centre de documentation et la salle de formation du GRETA ; ces deux salles sont couvertes par un plafond à poutres et solives. A ce même étage, les ailes est et ouest sont dévolues aux salles de classes. Aux étages supérieurs, la totalité des espaces est occupée par des salles de classes.

Un deuxième escalier, rampe sur rampe à mur noyau plein en maçonnerie, voûté d'arêtes, est situé à l'angle des ailes nord et est, longeant le gymnase (escalier F) ; il dessert également l'ensemble des étages du collège. Sur le 1er repos se trouve une porte datant vraisemblablement du 18e siècle, communiquant peut-être avec une des chambres des préfets qui se trouvait au 1er étage du pensionnat. Sur certaines marches, marques de tâcheron "IB", similaires à celles de l'escalier H. Les encadrements des ouvertures au niveau des paliers sont en pierre de taille et portent des traces de décor peint (faux marbre ?) visible sous des restes de peinture de couleur verte. Au 2e étage, carrelage refait vers 1950 ?

Le corps de bâtiment au sud-est de la parcelle (angle quai Jean Moulin et rue Gentil) est de plan carré et s'élève de 4 niveaux sur 3 travées côté quai. Édifié dans le prolongement de la chapelle des Grands artisans, il correspond à l'ancienne boulangerie du Pensionnat, bordée à l'ouest par la cour des Meuniers. Les baies du rez-de-chaussée ont été modifiées. Actuellement, elles sont rectangulaires avec chambranle plat dans leur partie inférieure (murée), cintrées à l'entresol avec garde-corps en fer forgé. La travée axiale est occupée par une porte autrefois cochère, entresolée, et constituée d'une arcade en anse de panier avec encadrement en bossage en table à refend surmonté d'une corniche. Les baies des trois niveaux supérieurs sont cintrées à chambranle plat et garde-corps en fer forgé ; leurs dimensions varient en fonction des étages. Au sud, le pignon est percé de trois baies à chambranle plat au niveau des 2e, 3e et 4e étages. Sur la rue Gentil, une porte permet d'accéder à un escalier à mur noyau en maçonnerie, tournant à gauche à volée balancée, qui dessert sur les trois étages les locaux du GRETA.

  • Murs
    • calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
  • Toits
    tuile, zinc en couverture
  • Plans
    plan régulier en U
  • Étages
    sous-sol, 3 étages carrés, étage en surcroît
  • Couvrements
    • voûte d'arêtes
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à deux pans pignon couvert
    • appentis
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour en maçonnerie
    • escalier hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour suspendu, en maçonnerie
    • escalier de distribution extérieur : escalier tournant à retours sans jour en charpente métallique
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour en maçonnerie
  • État de conservation
    bon état
  • Statut de la propriété
    propriété publique, Propriété de la Métropole de Lyon
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1944/09/22
  • Précisions sur la protection

    Inscrit par arrêté du 22 septembre 1944

    Référence: PA00117788