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Fiche

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Dénominationsrevêtement mural
Aire d'étude et cantonRhône-Alpes - Villeneuve-de-Berg
AdresseCommune : Mirabel
Lieu-dit : Le Pradel Ardèche
Cadastre : 2012 ZE 28
Commune : Privas Adresse : place André-Malraux

Présentation

L'ensemble le plus remarquable des papiers peints occupait le salon au premier étage de la bastide. D’autres papiers occupaient la pièce contiguë au premier étage.

Les fragments du 1er étage

Ils subsistaient sur une double porte de placard et lors des réaménagements de l'ancien musée (1996). Bérengère Chaix, restauratrice spécialisée de papier et papier peint, fut appelée pour l'étude et la dépose d'urgence des différentes couches de papier qui s'y trouvaient. Les plus anciens éléments remontent aux années 1820-1840, les plus récents aux années 1940-1950.

Le papier peint du 19e siècle

À la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle, les propriétaires du domaine du Pradel étaient des descendant par filiation et alliance à la famille de Serres. En 1888, le domaine appartenait en indivision à Mme veuve Millet et Melle de Malmazet de Saint-Andéol, selon l’acte reçu par Me Émile Marze et consorts, notaires à Aubenas, les 5 et 23 janvier 1888 (AD Ardèche, 2 E 21594). Cette Marie-Amélie-Constantine Malmazet de Saint-Andéol, née en juillet 1811, épouse en 1840 Léonce de Watré, cousin de Madame de Surville. Il est fort probable que la mention « LÉONCE DEC. 1857 » fasse référence à Léonce de Watré, mais sans que l’on puisse encore rattacher un quelconque événement à cette date (naissance ? réfection du papier par Léonce de Watré lui-même ?). On suppose que l’habitation du domaine a été repensée à la fin du 18e siècle, probablement après les évènements de la Terreur. Le salon offrant un écrin à cet ensemble peint paraît avoir été réaménagé dans les premières années du 19e siècle.

Une carte postale du début du 20e siècle, ainsi qu'un reportage photographique du milieu du 20e siècle (?), montrent la pièce dans son état d’alors, aménagée en musée dédié à Olivier de Serres. On y observe les figures allégoriques, la disposition générale du décor et la mise en scène pour la présentation du buste de l’agronome sur une souche de mûrier, dans l’angle de la pièce. Les sièges visibles sur la carte postale sont conservés par l’Institut Olivier de Serres.

Attribution

De Mme Georgette Pastiaux, à l’initiative de la Maison Joseph-Dufour à Tramayes, nous savons qu’un papier peint de tenture "aux Arts Libéraux" est passé en vente à l’hôtel Drouot à Paris en 2007 ; les deux lés sont ornés chacun d’un médaillon consacré à une allégorie d’un art libéral : la Musique pour l’un, l’Architecture pour l’autre ; chaque médaillon est cantonné d’une riche ornementation de tentures tendues sur de fines colonnes. Le trompe-l’œil des reliefs est accentué par un éclairage venant de la droite. Ce papier peint correspond à celui du Pradel ainsi qu’au projet de modèle conservé au Musée des Arts Décoratifs à Paris, figurant la peinture et la sculpture. L’ensemble est attribuable à la manufacture parisienne Jacquemart, auprès de laquelle l’architecte et ornemaniste Fontaine travaillait étroitement.

Pierre Jacquemart et Eugène Bénard de Moulinières, capitaine de grenadiers dans la garde nationale par la suite élu à la chambre des Cent-Jours sont les successeurs de la fabrique Réveillon, incendiée en 1789 ; ils en rachètent les installations en mai 1792. René Jacquemart succède à son père en 1804, puis en 1809 Eugène Bénard quitte l’affaire pour se consacrer à la politique. En 1813, la manufacture fait faillite, en même temps que deux autres sociétés auxquelles René Jacquemart est associé : la savonnerie du 135, rue de Montreuil (Auguste Jacquemart et compagnie), et le Comptoir commercial fondé par son père (Jacquemart et Fils et Doulcet Dégligny). Des accords sont cependant trouvés avec les créanciers, et ce n'est qu'en 1840 que la manufacture de papiers peints est définitivement fermée.

De nombreux fragments de papiers peints de cette manufacture sont conservés au Musée du papier peint de Rixheim.

Jacquemart et Bénard (ou Jacquemart seul) imprime autour de 1810 Les Saisons et Les Arts dessinés par Percier et Fontaine. Dans le Recueil de décorations intérieures publié en 1812 par les deux architectes, on trouve la « vue en perspective d’une chambre à coucher exécutée à Paris pour le citoyen V… » aux panneaux muraux identiques à certains papiers peints de la manufacture et identiques à ce papier peint.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Lieu d'exécutionCommune : Paris
Auteur(s)Auteur : Jacquemart Pierre
Pierre Jacquemart (1739 - 1804

Manufacturier de papiers peints. Pierre Jacquemart et Eugène Bénard de Moussinières, capitaine de grenadiers dans la garde nationale par la suite élu à la chambre des Cent-Jours sont les successeurs de la fabrique Réveillon, incendiée en 1789 ; ils en rachètent les installations en mai 1792. Probablement l'auteur des motifs du papier du Pradel (IM07001436).


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manufacture attribution par travaux historiques
Auteur : Jacquemart René
René Jacquemart (1778 - 1848

René Jacquemart reprend la manufacture installée 39 rue de Montreuil par son frère Auguste Jacquemard, de 1838 à 1840. Sa manufacture est réputée pour ses papiers moirés et veloutés, les imitations des ornements en or.


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manufacture (?), attribution par travaux historiques, attribution par analyse stylistique
Auteur : Fontaine Pierre-François-Léonard peintre, auteur du modèle (?), attribution par source, attribution par analyse stylistique

Le papier peint a été découpé en 72 lés dont les dimensions varient de 24 x 69 à 151 x 58. Il est en camaïeu de brun, bleu, rouge et gris. Le décor s’organise selon un schéma traditionnel : une frise et une plinthe encadrent des tableaux centraux. Les ornementations structurent les différents pans du papier.

Catégoriespapier peint
Matériauxpapier, en plusieurs lés peint
Mesuresh : 150.0 cm (unité la plus grande)
la : 58.0 cm (unité la plus grande)
h : 24.0 cm (moyenne)
la : 69.0 cm (moyenne)
Iconographieszoomorphe, ornementation, vue d'architecture, recto, représentation végétale, allégorie
Précision représentations

Le décor s'organise suivant une thématique néo-classique. Pour les bordures horizontales supérieures, une frise de frontons sur entablement alternant avec des atlantes gainés ailés retenant des oiseaux par un fil rouge ; frontons et atlantes reposent sur un entablement gris supporté par des colonnes à fût bleu et aux chapiteaux corinthiens rouge. La face de l’entablement est timbrée d’un rinceau végétal bleu et rouge sur fond gris. Chaque fronton est timbré alternativement d’un putto appuyé sur un lion ou le retenant à l’aide d’un bâillon barrant sa gueule.

La bordure horizontale inférieure est structurée autour des bases des colonnes alternant avec une draperie retenue aux colonnes par des lacs à pompons et d’une paire d’atlante gainé tenant la patte d’un protomé de lion lui faisant face ; au-dessus de la paire est dessiné un immense vase canthare relié aux atlantes par un faisceau de perles. Les tons sont là encore bleus, rouge, gris, rehaussés de noir.

Des bandes verticales et/ou horizontales rattachent les différents motifs entre eux ; ce sont des tentures liées par des lacs à des colonnes.

Ces motifs décoratifs soutiennent des motifs verticaux plus importants, représentant dans un octogone étiré les allégories d’arts libéraux : la gravure (2 fois), la musique (1 fois), la sculpture (2 fois), l’architecture (3 fois, dont une moitié), l’agriculture (2 fois), la peinture (3 fois). Chaque tableau est traité en camaïeu de gris sur un fond brun. L’allégorie est identifiée à la fois par les attributs du personnage et un cartouche en dessous. La scène est traitée de façon identique : une femme vêtue et coiffée à l’antique s’affaire, assise sur un siège curule, à la tâche correspondante : la sculpture, tournée vers la gauche, cisèle au burin et au marteau un portrait de guerrier posé sur une sellette ; la musique, tournée vers la gauche, joue de la harpe en lisant une partition ; la gravure, attablée à un pupitre, trace sur la planche le motif projeté par un panneau incliné retenu par un ange devant lui ; l’architecture, tournée vers la droite, examine les plans d’un projet déroulé sur sa table de travail, éclairée par un luminaire en forme d’aigle ; l’agriculture, tournée vers la droite, contemple et présente les fruits de la terre : corne d’abondance, gerbes de blé, bouquets de fleurs, devant une figuration de la moisson ; enfin la peinture, tournée vers la droite, exécute le portrait d’un guerrier armé (le dieu Mars ?) debout devant un arbre.

Inscriptions & marquesinscription concernant le propriétaire, sur l'oeuvre, d'origine, manuscrit
marque de marchand, sur l'oeuvre, d'origine, partiellement illisible, imprimé (?)
Précision inscriptions

C’est en dessous de l’une des trois représentations de la peinture que l’on lit, sur le côté droit de l’octogone : LÉONCE DEC. 1857. Lors de la dépose, la restauratrice a relevé au verso la marque d’un tampon avec un lion et initiales entrelacées : LAF.

État de conservationbon état
Précision état de conservation

Le papier peint a été déposé avec beaucoup de soins par Bérengère Chaix. Les lés (55) sont stockés à plat dans deux cartons plats ; chaque lé est séparé du précédent par un papier japon. Les deux cartons sont entreposés au-dessus d’un meuble haut au sein des magasins des archives départementales de l’Ardèche. Une restauration en sera nécessaire dans le cadre de leur repose.

Statut de la propriétépropriété de l'Etat, L'indication "propriété de l'État" figure sur la fiche objet dans la base Palissy.
Protectionsinscrit au titre objet, 1983/03/15

Annexes

  • Percier Fontaine : Recueil de décorations intérieures 1812

    TABLE EXPLICATIVE DES SUJETS QUI COMPOSENT CE RECUEIL

    PLANCHES I, II, III, IV, V

    Vue intérieure, coupe, plafond et détails des ornements de l'atelier de peinture de M. J. à Paris.

    Cette pièce, dont le fond est occupé par un lit élevé sur une estrade, sert en même tems de cabinet de travail et de chambre à coucher. Des pilastres en menuiserie forment les divisions des panneaux sur lesquels sont représentées, à la manière étrusque, et sur des fonds bruns, la Peinture, la Sculpture, l'Architecture et la Gravure. Au dessus est une frise en bas-relief, composée de renommées et de flambeaux soutenant des guirlandes entre lesquelles se trouvent des médaillons représentant les portraits des peintres les plus célèbres, avec leurs noms, leur patrie, les dates de leur naissance et de leur mort. Le poële, placé dans l'intérieur d'un piédestal en terre cuite, couvert de marbre et de bronze, supporte le buste de Minerve. Des pieds de chimères forment en avant de chaque pilastre des consoles séparées pour porter des vases et des ustensiles. On voit sur le plafond, du côté des fenêtres, Apollon, symbole du jour, et du côté du lit, Diane, symbole de la nuit. Les ornements qui accompagnent les sujets principaux et qui composent les détails de cette pièce, sont analogues aux arts du dessin. Ils ont rapport aux goûts et aux talens de l'artiste habile pour qui ils ont été exécutés.

    Extrait de : PERCIER Charles, FONTAINE Pierre François Léonard. Recueil de décorations intérieures comprenant tout ce qui a rapport à l'ameublement, comme vases, trépieds, candélabres, cassolettes, lustres, girandoles, lampes, chandeliers, cheminées, feux, poêles, pendules, tables, secrétaires, lits, canapés, fauteuils, chaises, tabourets, miroirs, écrans, etc., etc., etc., par C. Percier et P.F.L. Fontaine. Exécutés sur leurs dessins. [Paris] : 1812.

Références documentaires

Documents d'archives
Documents figurés
  • Le Pradel : le salon orné de papiers peints / s.d. : photographie noir et blanc. 1 tirage (photographie). (AD Ardèche. 7 Fi 281).

Bibliographie
  • CHAIX Bérengère. Le papier peint du musée Olivier de Serres au Pradel : dépose et conservation. État des connaissances. Lyon, juin 1995. 1 document dactylographié A4, 29 pages. Ill. n. et b. et coul.

  • CHAIX Bérengère. Étude des papiers peints du 1er étage pièce nord-est. Institut Olivier de Serres au Pradel. Mirabel-Ardèche. Lyon, décembre 1996. 1 document dactylographié A4, 33 pages. Ill. n. et b. et coul.

  • CHAIX Bérengère. Rapport d’étude sur les possibilités et les conditions de repose du papier peint du salon de l’ancien musée du Pradel dans l’ancienne maison du Cochet. Lyon, mars 1998.

  • DE BRUIGNAC Véronique. Le papier peint, arts et techniques. Massin, Paris, 1995, p.46.

    p. 46
  • COLLECTIF. Vente Hôtel Drouot, Coutau et Begarie. Papiers peints. Lot n°167 Rare papier peint de tenture "aux Arts Libéraux". Paris, Hôtel Drouot, 9 juillet 2003, p.18-19.

    p. 18-19
  • COLLECTIF. Art et artistes du papier peint en France. Répertoire alphabétique. Gourcuff Gradenigo - Les Arts Décoratifs. Montreuil, Paris : 2007.

  • PERCIER Charles, FONTAINE Pierre François Léonard. Recueil de décorations intérieures comprenant tout ce qui a rapport à l'ameublement, comme vases, trépieds, candélabres, cassolettes, lustres, girandoles, lampes, chandeliers, cheminées, feux, poêles, pendules, tables, secrétaires, lits, canapés, fauteuils, chaises, tabourets, miroirs, écrans, etc., etc., etc., par C. Percier et P.F.L. Fontaine. Exécutés sur leurs dessins. [Paris] : 1812.

  • Digital Library for the Decorative Arts and Material Culture. http://digital.library.wisc.edu/1711.dl/DLDecArts.PercierI.

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel - Dandel Elisabeth
Elisabeth Dandel

Inventaires de lycées de la région Rhône-Alpes : Gabriel-Faure à Tournon-sur-Rhône, La Martinière à Lyon, Champollion à Grenoble, Plaine de l'Ain à Ambérieu-en-Bugey (2009-2011) ; Jean-Puy à Roanne, Claude-Fauriel à Saint-Étienne (avec Frederike Mulot), Claude-Berthollet à Annecy, Claude-Vaugelas à Chambéry, Olivier-de-Serres à Aubenas, Émile-Loubet à Valence, Robert-Doisneau à Vaulx-en-Velin (avec Frederike Mulot), Pierre-du-Terrail à Pontcharra (avec Frederike Mulot). Inventaire topographique de deux communes de l'ancien canton de Trévoux (Pays d'Art et d'Histoire Dombes Saône Vallée, pour la communauté de communes Dombes Saône Vallée, 2019). Inventaire des œuvres réalisées au titre du 1 % artistique dans les lycées publics de 8 départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes : compléments à l'état des lieux de 2010 (2019-2020).


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