Dossier d’œuvre architecture IA03000621 | Réalisé par
  • inventaire topographique, Inventaire du Val-d'Allier (nord)
Eglise paroissiale Saint-Hippolyte
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Val d'Allier (nord)
  • Commune Le Veurdre
  • Cadastre 1831 B1 55  ; 2018 B1 101
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Saint-Hippolyte

L'édifice, dont le premier relevé est le plan masse constitué par la parcelle 55 du cadastre napoléonien de 1831, était flanqué au sud à cette date d'une maison et une cour propriétés de la commune (parcelle 54) encore présentes sur un plan de la commune de 1878. Au nord, il est bordé au 18e siècle par le cimetière d'après les reconstitutions et travaux historiques (Fonds Clément AD03 : 9J16).

Contrairement à certaines analyses historiques1, il semblerait que les vestiges romans stylistiquement attestés se cantonnent aux deux travées de la nef : ancien portail occidental, colonnes engagées à chapiteaux sculptés, baies de la première travée au nord. Le reste de l'édifice a été profondément remanié, revoûté peut-être au début de l'époque gothique à la limite des 12e et 13e siècles.

Ultérieurement, à la fin de la période gothique, deux chapelles ont été construites au nord.

Par acte du 15 juin 1487, Pierre Le Blanc, "licencié en décret, chanoine de l'église de Narbonne" [fait un legs] "à l'église et à la communauté de prêtres lors depuis peu établie au lieu d'Aveuldre"2 pour y célébrer des messes et y faire bâtir la chapelle de la Baume. D'après Le Brun 3cette chapelle est nommée Chapelle-Neuve dans l'acte de décès de Margueritte Fouchier du 15 février 1604. Si la date et le commanditaire de la chapelle de la Baume, au nord-est, sont connus, la datation et l'attribution de la chapelle dite du communal au nord-ouest ne l'est pas.

Alors que les différents auteurs, à la suite d'Eugène le Brun, s'accordent pour dater cette seconde chapelle du 16e siècle, aucun critère stylistique ne permet de lui accorder une chronologie aussi tardive. Les sources archivistiques qui laissent présumer de la présence d'une "Chapelle Vieille" dans l'église si la seconde est qualifiée de "Chapelle-Neuve" à l'image de celles connues de la Priorale de Souvigny, infirmeraient ces datations. Les armoiries, aux minuscules gothiques que l'on peut relire comme la lettre "b" reliée à la lettre "o" peuvent aussi bien symboliser une alliance : celle d'Antoine de la Baume4 et d'Hodierne (dont le patronyme est inconnu), qu'une famille, les Gascoing dont les armoiries aux meubles similaires sont portées sur une chapelle du XVe siècle à de l'église de Saint-Pierre-le-Moutier. La chapelle dite du Communal (car édifiée par la communauté des prêtres de Saint-Hippolyte d'après Eugène Le Brun5), pourrait donc être antérieure à la chapelle de la Baume et avoir été occupée seulement postérieurement par la communauté.

La base du clocher, à l'intérieur, présente des colonnes surélevées par rapport au portail roman qu'elles sont venues encadrer de façon dissymétrique ; ces colonnes sont contemporaines du voûtement de l'édifice, du début de l'époque gothique.

Le reste du clocher, quant à lui, ne présente pas de caractères architecturaux médiévaux hormis ses baies géminées qui pourraient être des remplois car même les modillons de sa corniche, sommairement épanelés et grossièrement sculptés dans une pierre calcaire ne peuvent être rapprochés des sculptures de l'ancien portail occidental. Les nervures de la voute de sa travée d'avant nef, de pierre calcaire également ne peuvent aussi être rapprochées du voûtement de le nef tant par les matériaux de construction que par leur profil qui remontent au moins de la fin de l'époque gothique voire de l'époque Moderne.

L'église Saint-Hippolyte du Veurdre serait un édifice roman, du XIe siècle, à nef unique de deux travées, avant-chœur et chœur d'une travée droite terminé en abside, probablement fortement remanié à la limite des XII et XIIIe siècles puis au XVe siècle puis à l'époque Moderne. Des matériaux différents ont été mis en oeuvre à ces différentes périodes : grès pour la période romane et le début de la période gothique et calcaire à partir du XVe siècle.

La sacristie, à l'angle nord-est de la chapelle de la Baume remonte à la seconde moitié du 18e siècle, en 17536 elle était située à l'intérieur du clocher dit "tour de l'horloge". Elle a été d'après Eugène Le Brun7 reconstruite en 1825.

Au 19e siècle, le clocher précédemment pourvu d'une flèche, a été doté d'une nouvelle couverture à campanile. En 1867 l'édifice a été restauré par l'architecte moulinois Emile Dadole et postérieurement des corniches sommitales de briques sont venues souligner la toiture en plusieurs endroits.

1(Le Brun, 1913)2(Le Brun, 1903)3(Le Brun, 1913, note 3)4l'un des frères ainés de Pierre. (Le Brun 1903)5(1913)6(Le Brun, 1913, p. 86)7(Le Brun 1913, p.92)

La paroisse appartenait à l'ancien diocèse de Bourges et a été confirmée en 1152 au prieuré de Souvigny par le pape Eugène III.

Le 15 juin 1487, Pierre le Blanc, écuyer, licencié en décrets, chanoine de l'église de Narbonne effectue un legs par testament destiné à la construction de la chapelle de la Baume. Cette chapelle est appelée chapelle de la Vierge ou, au début du 17e siècle, "Chapelle-Neuve".

1753 : "la tour de l'horloge" ou clocher est en mauvais état "dans laquelle tour est la sacristie de ladite église et en laquelle est le dépôt des ornements et des vases sacrés".

19 juin 1867 : Projets de travaux de restauration effectués par Emile Dadole, architecte à Moulins consistant en :

- une reprise du sous-bassement de l'édifice du côté de la route et du clocher sur une hauteur d'environ 1m, "sur le derrière comprenant le pourtour des chapelles... sur une hauteur de 1, 30 m" ; "la réparation en élévation des contreforts sur la route qui devront être refaits sur une hauteur d'environ 3 mètres"; "la réparation des trois contreforts du clocher"; "la réparation du contrefort isolé sur le derrière"; "la réparation de deux contreforts d'angle de la chapelle"; "la réparation de la couverture de la nef et du chœur en tuiles" ; "la réparation de la couverture de la chapelle et de la sacristie en tuiles"; "la réparation de la couverture du clocher en ardoises"; travaux de menuiserie ; "dallage en pierre de Volvic à l'intérieur [de tout l'édifice]" ; "Réouverture de deux anciennes croisées".

  • Période(s)
    • Principale : 11e siècle
    • Principale : limite 12e siècle 13e siècle
    • Secondaire : 15e siècle
    • Secondaire : Temps modernes
    • Secondaire : 3e quart 19e siècle
    • Secondaire : 18e siècle

Le plan de l'édifice présente d'ouest en est une travée d'avant-nef supportant un clocher, deux travées droites de la nef et une travée d'avant chœur poursuivie par la travée droite du chœur terminé en abside. Deux chapelles flanquent au nord le clocher et l'avant nef. Une sacristie a été bâtie dans l'angle de la seconde chapelle et de la travée droite du chœur.

Elévation extérieure :

Sur la façade occidentale, un portail en plein cintre appareillé à clef légèrement saillante permet d'accéder à l'avant nef surmontée d'un clocher percé au dernier étage d'une baie géminée. Un corniche à modillons grossièrement sculptés souligne la toiture de laquelle elle se trouve toutefois désolidarisée. Les pierres de taille du clocher sont principalement de calcaire.

La façade méridionale du clocher conserve la trace d'un arc brisé permettant probablement d'accéder à l'ancienne chapelle Saint-Michel aujourd'hui détruite citée par Eugène Le Brun (1913). Une baie géminée et une corniche à modillons grossièrement sculptés couronnent le clocher au dernier étage.

Le mur gouttereau méridional scandé de contreforts n'est pas ouvert dans le première travée de le nef mais présente une baie probablement romane au dessus d'un portail vraisemblablement percé à l'époque moderne ou contemporaine, à colonnes et chapiteaux à crochets feuillagés, surmontées d'un tympan dépourvu de sculpture sous un arc en plein cintre. Au niveau de la travée d'avant-chœur est conservée la trace d'une baie en plein cintre au linteau appareillé reposant sur une ébauche de piédroit qui pourrait constituer le vestige d'un portail primitif. Le tracé de cette baie a été bouleversé par le percement d'une large baie en plein cintre probablement d'époque moderne qui trouve son pendant dans la travée suivante (travée droite du chœur). La corniche de ce mur gouttereau est constituée de trois rangs de briques qui courent aussi sous la toiture de l'abside.

L'abside possédait une baie axiale obturée postérieurement par une partie du contrefort d'après le plan réalisé en 1867 par Emile Dadole. Des traces de deux anciennes baies quadrangulaires subsistent au sud-est de l'abside. A l'est du clocher la corniche qui subsiste possède quelques modillons pour certain grossièrement sculptés.

Au nord, jouxtant l'abside, une sacristie est construite en appentis, contre une chapelle au nord-ouest. Une large baie de style flamboyant éclaire au nord cette chapelle aux contreforts angulaires et à la corniche en doucine. La construction de cette chapelle est majoritairement en pierres de taille de calcaire comme l'autre qui lui fait pendant contre le clocher à l'ouest. Cette dernière est couverte en appentis et possède une corniche de briques. Elle est éclairée également par une fenêtre de style flamboyant de moindres dimensions. De ce côté le clocher est à baie géminée dans sa partie supérieure et à corniche à modillons épanelés.

La nef l'abside et la chapelle du nord-est sont couvertes de petites tuiles plates ; le clocher et son clocheton sommital sont couverts d'ardoises comme la chapelle du nord-ouest.

Elévation intérieure :

L'avant nef ou base du clocher est voutée d'arrêtes au profil caractéristique du style flamboyant, taillées dans une pierre calcaire, lesquelles sont supportées par des colonnes en surplomb par rapport au niveau du sol. Ces colonnes, tout comme les deux arcs brisés qu'elles reçoivent à l'est et au sud, le portail ancien subsistant, sont taillés dans une pierre en grès plus foncée aux tonalités ocre. Ce portail ancien probablement le portail de l'église romane primitive est vraisemblablement antérieur à la structure à colonnes sur pilastres qui le jouxte de façon décentrée. Cette structure ne comporte par ailleurs pas de chapiteaux sculptés mais des chapiteaux lisses à tailloir polygonal au nord et circulaire au sud.

Le portail roman :

Il est constitué d'un arc à ressauts formé de trois rouleaux et d'une archivolte retombant sur deux paires de colonnettes à bases moulurées et chapiteaux sculptés. Le rouleau extérieur et l'archivolte reposent sur le tailloir et le bandeau sculpté de l'embrasure extérieure au sud. Ce procédé a été tronqué au nord par une mise en oeuvre ultérieure créant une dissymétrie. Les colonnettes du rouleau central sont monolithiques. L'embrasure intérieure formant piédroit est couronnée de deux chapiteaux sculptés ne recevant aucun rouleau. L'ornementation consiste en une archivolte sculptée de cordon de billettes, des tailloirs à damiers, des chapiteaux sculptés par paire symétriquement, de feuilles d'acanthe, d'animaux et de griffons affrontés (le chapiteau aux griffons au sud est une reconstitution de 20e siècle).

Au nord une chapelle caractéristique de l'architecture gothique flamboyante a été édifiée. Il s'agit actuellement de la chapelle des fonts baptismaux. Les ogives nervurées de la voûte sont supportées aux angles par des culots sculptés d'anges portant les mêmes armoiries qu'à la clef. Une baie à remplage flamboyant et embrasure intérieure moulurée l'éclaire ; sa verrière est une réalisation du 20e siècle. Comme il est souvent d'usage lors des constructions de chapelles castrales de la fin du 15e et du début du 16e siècles, un passage avec vue sur le chœur a été aménagé dans la nef. Faisant fonction d'hagioscope, il est fermé par un vantail ajouré.

La première travée de la nef est partiellement occupée par une tribune charpentée ; elle est éclairée au nord par deux baies romanes. Comme la seconde travée, elle est voûtée d'ogives au profil de tore épais sur socle retombant sur des culots portant ou non un décor sculpté. Des doubleaux en arc brisé scandent la nef, celui qui sépare les deux premières travées retombe sur des pilastres à colonnes engagées couronnées de chapiteaux sculptés de motifs géométriques au nord et de feuilles d'eau au sud. Le doubleau brisé précédant l'avant chœur retombe sur des pilastres à simple tailloir mouluré, un voute d'ogives de section polygonale couvre cette partie de l'édifice. Les clefs de voutes de la nef et de l'avant chœur sont sculptées de rosace, croix et feuillage.

La travée d'avant chœur ouvre au nord sur une chapelle de style gothique flamboyant portant à la clef de voûte des armoiries identifiées. Elle est éclairée par un large baie dont la verrière est une création du 20e siècle. Un lavabo surmonté d'un arc en accolade est creusé dans l'angle sud est.

Achevant l'édifice à l'est, l'abside est voûtée en cul de four.

  • Murs
    • grès
    • calcaire
  • Toits
    tuile plate, ardoise
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
  • Couvertures
  • Représentations
    • armoiries
  • Précision représentations

    Les armoiries de la chapelle du nord-ouest, non identifiées, en partie martelées aux retombées des nervures sont restées intactes à la clef de voûte. Elles sont ainsi lues par Eugène Lebrun (1913) : D'or, à un lacs d'amour de gueules, disposé en forme de croix, enlaçant les lettres capitales gothiques D et O en abyme [sic, il s'agit en fait des minuscules gothiques b et o, déchiffrées de façon erronée par Eugène Le Brun], accompagné de trois grappes de raisin de sinople. Celles de la clef de voûte sont de surcroît entourées d'une couronne de sarment de vigne au naturel.

    Les armoiries de la chapelle du nord-est, sont identifiées comme étant celles des seigneurs de la Baume, les Le Blanc de la Baume : Coupé de gueules et d'or, au léopard lionné, coupé d'argent et de sable, l'argent du le gueules, et le sable sur l'or.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • AD03 : 2O 2219 : Eglise : dossier. 1867-1909.

    AD Allier : 2O 2219
  • AD03 : 20 2213 : Ecole. Plan général de la ville du Veurdre et emplacement de la nouvelle maison d'école dressé par l'architecte soussigné. Lurcy, le 10 août 1878, Arpet.

    AD Allier : 2O 2213

Bibliographie

  • NICOLAY, Nicolas de. Générale description du Bourbonnois / Nicolas de Nicolay [1569] publié avec une introduction et une table annotée des noms de personnes et de lieux par A. Vayssière. Moulins : E. Durond, 1889. 2vol. [Réimpr. Paris : Ed. du Palais Royal, 1974 ; TI et II + carte]

    T. II, p. 154 ; 154
  • ANSELME DE SAINTE-MARIE (1625-1694 ; augustin). Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne..., 1726-1733. Tome 5. Paris Compagnie des Libraires associés, 1730.

    p. 487-488 ; p.491
  • Patrologiae cursus completus. T. 180, Eugenii III, Romanis pontificis Epistolae et privilegia. Accedunt Ulgerii Andegavensis episcopi, Ogerii Lucedii abbatis, Guillelmi abbatis S. Theodorici prope Remos, Hermanni abbatis S. Martini Tornacensis, Algeri canonici Leodiensis, Teulfi Mauriniacensis monachi, Joannis monachi S. Laurentii Leodiensis, Arnulfi de Boeriis, Henrici Salteriensis scripta quae supersunt / accurante J. P. Migne,... 1855

    col. 1515
  • SOULTRAIT (Comte de). Armorial historique et archéologique du Nivernais. Nevers : Chez Michot, 1879.

    TII : p. 5-6 ; Pl. XVII
  • SOULTRAIT, Comte de. Armorial du Bourbonnais,...Marseille : Laffitte reprints, 1979. (Réimpression de l'éd. de Moulins-Paris, 1890).

    T. II, p.53 ; pl.XXII.
  • LE BRUN, Eugène. Les ancêtres de Louise de la Vallière, généalogie de la maison de la Baume Le Blanc / Eugène Le Blanc. Paris : Honoré Champion ; Moulins : Louis Grégoire, 1903.

    p. 36-38
  • LE BRUN, Eugène, Une petite ville bourbonnaise, le Veurdre : ses seigneurs, ses châteaux et leurs possesseurs. Paris : Champion ; Moulins : Louis Grégoire,1913. (Reprint : Paris : Le livre d'histoire-Lorisse, 2006)

    p. 79-97
  • MORET, Jules-Jacques. Notes pour servir à l'histoire des paroisses bourbonnaises : deuxième période : du XVIe siècle à la Révolution. Deuxième partie : Paroisses qui dépendaient de l'Archevêché de Bourges. Moulins : Crépin-Leblond, 1913.

    7 ; 11 ; 169 ; 270-283
  • GENERMONT, Marcel, PRADEL, Pierre. Les églises de France : Allier. Paris : Letouzey et Ané, 1938.

    Région Auvergne-Rhône-Alpes, SRI, site de Clermont
    p. 288-289
  • MOULINET, Daniel. Églises et chapelles de l'Allier.  [Moulins] : Amis du patrimoine religieux en Bourbonnais, 2023.

    p. 321-324
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2025
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel