Chronologie :
Les dates portées étant rares, les critères morphologiques mis en regard des données cadastrales sont privilégiés pour établir une chronologie des 79 édifices civils repérés dont 56 figurent déjà sur le plan cadastral dit napoléonien de 1831 et au tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus (section A à D) de 1832. Parmi ce corpus, 13 au moins ont conservé des témoins d'un substrat médiéval modifié plus généralement aux Temps modernes avec des alignements sur rue et au fil des 19e et 20e siècle.
Le substrat médiéval :
Le tracé des fortifications d'agglomération, schématisé sur les plans de 1690 et 1701, est encore lisible sur le cadastre dit napoléonien de 1831, souligné par la rue du Tour des Murs et scandé 14 tours. Seulement deux des tours primitives subsistent de nos jours : au nord jouxtant la Place du Champ de Foire (parcelle 1343) et au sud-est (bordure de la parcelle 123.). Ces vestiges médiévaux ne sont à ce jour pas scientifiquement datés mais Eugène Lebrun (1913), les juge contemporains de l'abside romane de la chapelle du doyenné, du 12e siècle, édifiée en appareil similaire IA03000657.
Ils sont postérieurs à la collégiale Sainte-Marie, église primitive du Veurdre réputée "construite par Charlemagne" d'après Le Brun, dont ils tronquent le tracé au sud-ouest du bourg (voir la restitution du Chanoine Joseph Clément). S'il n'en subsiste aucun vestige, cette église primitive est connue encore au 17e et au 18e siècle sous le nom de chapelle Notre-Dame et lieu de sépulture des curés. En 1913, Eugène Le Brun fait état des sources orales et de fouilles la concernant (voir annexe 1).
Entre le 11e et 15e siècles la chapelle du Doyenné (dossier n° IA03000657 ) et l'église paroissiale Saint-Hippolyte (dossier n° IA03000621) sont édifiées et dotées de chapelles.
Des traces de constructions civiles de la fin du Moyen Age et du début du 16e siècle se retrouvent dans plusieurs rues du bourg dans des maisons à tourelles d'escalier en vis, à étage.
Une tourelle d'escalier quadrangulaire à escalier en vis comportant des encadrements de fenêtres épannelés de congés au n° 12 (B01 : 1132 non étudié), des linteaux taillés d'arcs en accolade, des moulures à la bases des escaliers en vis, une cave voutée aux n° 6 et 8 contigus (dossiers IA03000666 et IA03000667) sont à signaler rue d'Allier. Dans la même rue au n°4 (B01 58), le linteau d'une fenêtre du rez-de-chaussée conserve le tracé d'un double arc en accolade. Il était surmonté d'une baie au premier étage munie d'un encadrement disparu (probablement volé durant la seconde guerre mondiale d'après des sources orales), décrit (voir Annexe 2) et dessiné par Eugène Lebrun (1913). Ces éléments remontent à la fin du 15e siècle ; ils côtoient sur la même façade un linteau gravé d'une inscription latine à la typographie plus tardive (16e siècle?) [traduction : LA PAIX DANS CETTE MAISON ET À TOUS CEUX QUI Y VIVENT FAIT LE. 10. DE...].
Proche du retour d'angle de la rue d'Allier, le n° 3-5 de la rue du Trou Gandou présente une tourelle à escalier en vis de plan circulaire.
Rue Monnet, la présence d'une tourelle d'escalier quadrangulaire et d'éléments de décor contemporains similaires ont été étudiés au n°7 (dossier IA03000668). Rue de Bourbon, le n° 8 (B01 151) est une maison à étage, petites baies en pignon et toit à longs pans de forte pente comportant notamment une cheminée à piédroits moulurés pouvant être rattachée à cette période tout comme, plus loin le n°26, étudié (dossier n° IA03000673). Ce dernier porte en outre plusieurs éléments de décor (portail, porte piétonne, lucarne et cheminée) pouvant être rattachés à la période suivante.
Au n°3 rue de Bourbon, rue Bichon, (12 et 14, rue Bichon, parcelles cadastrales B01 : 69 et 68, premier étage), au 16 et 21 rue des orfèvres, des moulures d'encadrements et d'appuis de fenêtres, des départs de meneaux, des moulures de piédroits, de la limite des 15e et 16e siècles semblent en place, mais mériteraient une étude plus approfondie associant des visites intérieures.
Le cimetière, d'après Eugène Le Brun se trouve primitivement autour de l'église Sainte-Marie avant d'être déplacé autour de l'église paroissiale de Saint-Hippolyte puis au 15e siècle dans le "champ du cimetière", site abandonné au 16e siècle pour celui qu'il occupe en 1913 (Le Brun, 1913, p. 107). Il faut nuancer ces propos car il apparait toujours au nord de l'église Saint-Hippolyte sur une carte du bourg dans le courant du 18e siècle (AD03 : 1C 023) à moins qu'il existe alors plusieurs cimetières.
Temps modernes :
Outre la date portée de 1648 gravée de part et d'autre d'une ancre marine sur une clef d'arc de la porte du n°9 rue de Bourbon et les quelques caractères stylistiques mentionnés ci-dessus peu d'éléments tangibles permettent de rattacher précisément l'édification de nouvelles demeures au 17e siècle.
Une nouvelle date portée (178[5?].) gravée sur un linteau de l'ancien hôtel du Lion d'Or IA03000667 permettrait de dater l'alignement de cet édifice sur la rue d'Allier, les principaux alignements sur rues étant déjà réalisés sur le plan du 18e siècle conservé aux Archives départementales de l'Allier. L'alignement du n°12 sur la rue d'Allier peut remonter à cette époque, scandé de baies aux encadrements de pierre de taille de calcaire, dont le linteau du porche est à crossettes. Des linteaux curvilignes tant aux baies de façade qu'aux lucarnes, parmi lesquelles celles, particulièrement ornées (aujourd'hui disparues) de la maison formant l'angle de la place Henri Barbusse, ancienne place du Marché, et de la rue de Bourbon indiquent eux aussi des constructions du 18e siècle. La maison dit Hotel des Vilhardin de Marcellange, 8 rue Monnet, présente un étage percé de baies aux linteaux curvilignes surmonté d'un étage de comble percé de baies et couvert d'une toiture en pavillon soulignée d'une corniche de rangées de briques en longueur et en pointe ; sa construction est probablement antérieure à la Révolution.
Rencontré à neuf reprises sur un corpus de 79 édifices repérés dans le bourg, il semblerait que le décor de telles corniches à rangées de briques alternativement droites et en pointe, associé souvent à des linteaux curvilignes soit récurent dans les constructions du 18e siècle. On le retrouve rue Monnet (B01 : 90 ; 91 ; 93 ; 94 ; 95 ; 86), rue d'Allier (B01 : 49 ; B01 : 1131 ; B 58), place Henri Barbusse (B01 : 106 ; B01 : 107), rue des Orfèvres (B01 : 115), rue de Bourbon (B01 : 852, 853, 854), au Point-du-Jour.
Epoque contemporaine :
Entre 1830 et 1890 plus d'une soixantaine d'édifices sont reconstruits, nouvellement construits ou agrandis intra-muros et dans les faubourgs proches, à raison d'une quinzaine en moyenne par décennie. Sur d'anciennes parcelles bâties ou des parcelles vacantes, les constructions nouvelles gagnent les faubourgs.
Des bâtiments ou équipements publics sont édifiés à cette époque :
Les écoles :
L'ancienne mairie-école construite en 1863-1864 (B01: 1136, anciennes parcelles 136-137) consistait en une mairie-école à laquelle était adjointe une prison. Elle est estimée en 1879 (voir annexe 3), remplacée par la mairie- école actuelle entre 1878 et 1881, construite d'après les plans de Jean-Baptiste Arpet, architecte-voyer à Lurcy-Lévis. L'école maternelle dite "école enfantine" va être installée sur une partie de l'ancienne mairie école en 1887, sa création faisant suite à une réclamation de la municipalité en 1882 car "la commune est sur le point d'avoir une école congréganiste de filles et probablement une école maternelle". Cette école maternelle publique sera finalement transférée dans la nouvelle mairie-école en 1892. (AD03 : 2O 2213). Les locaux municipaux ainsi libérés seront loués à l'Hotel d'Allier postérieurement ; il les occupe déjà en 1913 d'après Eugène Lebrun jusqu'au moins en 1939 (AD03 : 2O 2218).
Une école libre est par ailleurs édifiée Faubourg de Lorette par la Marquise de la Roche en 1883 puis par Charles Jourdier en 1884 qui procède à un agrandissement en 1890.
Le Pont-bascule a été établi en 1880 (AD03 : 2O 2214.
Le Presbytère est repris par la commune en 1907 pour en faire le bureau de poste ; les travaux sont menés par Chabiron, architecte à Moulins en 1911 et 1912.
Instituteur au Veurdre 4e quart 19e siècle