L'ouverture du boulevard provoque l'expropriation et la destruction de l'immeuble de Mme veuve Cornillot (voir le courrier que cette dame adresse à la Ville en annexe) mais épargne de peu la demeure de M. Pardoux (ce qui n'empêche des contestations de sa part, voir courrier en annexe). Comme on le constate sur le plan de numérotation de la rue de Vallières, le boulevard Jean-Jaurès, frôlant l'angle sud-est de la maison de M. Pardoux, passe au sud de cette dernière (phénomène plus précisément rendu sur le plan de détail de la cession Pardoux de 1928). Elle se trouve sur une parcelle désormais circonscrite au sud par le boulevard, du nord-est au nord-ouest par le coude de la rue de Vallières et à l'ouest par le prolongement de la rue Gerbert jusqu'au boulevard qui provoque le détachement de cette partie orientale de l'ancienne parcelle 1021, section L, feuille 3. Sur le plan cadastral de 1831, le "chemin sous Vallières" constitue la branche nord-est d'une fourche partant du chemin de Gravenoire1, branche qui tout aussitôt s'infléchit vers le sud-est. Cette configuration est encore lisible de nos jours : de la fourche que forme l'extrémité nord de la rue de Bellevue part la rue des Salins à l'ouest tandis qu'à l'est naît la première portion de la rue de Vallières. A l'origine, la voirie se trouvant en amont du carrefour de la rue Gerbert ne semble pas avoir subi de différence de traitement (voir par exemple la photographie aérienne IGN de 1947). En revanche, il est manifeste, à partir des années 1990, que la partie de la rue se trouvant à l'ouest du carrefour avec la rue Gerbert est traitée comme une allée piétonne, étroite et plantée (voir le plan de masse dressé en 2000). Cette tendance se cristallise sans doute à cause de la persistance du goulot d'étranglement que forme l'avancée d'alignement de la parcelle HP 0517 au niveau du carrefour de la rue Gerbert. La Ville n'a sans doute pas souhaité exproprier cette extrémité de parcelle afin de redresser un début de rue d'un intérêt plus que limité puisque redoublé par la rue Gerbert. Les photographies d'état des lieux avant destruction de la maison et construction de l'immeuble du n°74 boulevard Jean-Jaurès confirment le positionnement de la maison visible sur les plans. Entourée d'un jardin, elle présente au boulevard un pignon en retrait oblique. En 2002, le projet d'occupation de l'îlot comprend une proposition d'échange de terrain avec la Ville : le promoteur s'approprierait la partie de la rue de Vallières située à l'ouest du carrefour de la rue Gerbert, tandis qu'il cèderait à la Ville une bande le long du boulevard. L'immeuble devait alors être implanté en retrait régulier par rapport au boulevard, sa façade étant précédée par un espace vert. Le projet modificatif, déposé en 2004, préserve la rue de Vallières, tout en lui donnant définitivement l'aspect d'une allée de desserte d'arrière d'immeuble. L'alignement sur le boulevard est alors adopté et la parcelle est unifiée en un îlot entièrement bâtit.
Tout en restant d'une taille relativement modeste, cet immeuble de cinq étages acquière, au voisinage de constructions de petits gabarits et de faibles emprises, un aspect monumental provenant de l'usage de l'ensemble de la parcelle-ilot qui permet de développer trois longues façades. L'immeuble est imposant dans sa masse plus que dans sa hauteur. Il crée une rupture de rythme que le défaut d'alignement de la maison précédemment construite à son emplacement ne devait pas produire. Somme toute, elle ressemblait à son vis-à-vis oriental de la rue Gerbert, une maison à pignon en avant-corps en recul du boulevard, construite en 1926 par la prévoyance immobilière, ou bien à son vis-à-vis méridional, au 81 boulevard Jean-Jaurès, elle aussi édifiée en recul d'alignement oblique, en 1929.2
Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.