Logo ={0} - Retour à l'accueil

École professionnelle, atelier dite Ateliers d'Apprentissage

Dossier IA69006686 inclus dans Avenue : cours de Brosses, actuellement cours Gambetta réalisé en 2006

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Voir

HISTORIQUE

A cet emplacement se trouvait au 19e siècle la propriété Biétrix (cf cadastre)

En 1875, le 13 de la rue de Crémieu est acheté par Paul Giraud, patron d'une entreprise de soierie, qui le remet à la Société Saint-Vincent de Paul, présidé par Brac de la Perrière. Cette société avait déjà fondé un premier patronage à Lyon, celui de Notre-Dame du Bon Conseil, institué aux Chartreux en 1867. La société souhaite en créer un second à La Guillotière. Le Patronage de la Guillotière ouvre le 8 décembre 1875.

Les bâtiments comprenaient alors, à gauche de l´entrée la maison d´habitation, convertie en salle de cours et de réunion ; à droite la ferme et les écuries transformées en salle de récréation précédées d´un vestibule. La chapelle sera installée à l´étage de la ferme. Les bâtiments étaient disposés de chaque côté d´une vaste cour, avec une salle d´ombrage plantée de platanes. En 1876, on construit une salle de théâtre, dont l´arrière scène donnait sur la cour, salle qui sera démolie vers 1907 (Bulletin du patronage et des ateliers d´apprentissage de Notre-Dame de la Guillotière).

Mal géré, le patronage ferme rapidement. Transmis à une filiale de la Société Saint-Vincent de Paul, la Société des patronages, il rouvre le 13 octobre 1879 avec comme aumônier le père Louis Boisard, et compte 300 enfants en 1880 (SAFFANGE, p. 35 ss).

Pour poursuivre son action dans la population ouvrière de la Guillotière, le 15 octobre 1882, le père Boisard ouvre son premier atelier dans l'arrière-scène du théâtre du patronage, rue de Crémieu, dans une petite pièce donnant sur la cour (LESTRA, p. 85 ; SAFFANGE, p. 45). L'atelier de cordonnerie, inscrit au registre du commerce, se développe rapidement et atteint 15 apprentis en un an. On lui adjoint en 1883 un atelier d'ébénisterie. La chapelle Notre-Dampe de la Guillotière est bénie le 4 mars 1883 (A. Association Ateliers d'apprentissage).

En 1884, le bâtiment derrière la chapelle est agrandi et surélevé ; dans cette construction de 3 étages s'installent les ateliers de menuiserie et de serrurerie, ainsi qu'un magasin de meubles et un dortoir de 50 pour les apprentis.

Parallèlement à l'apprentissage professionnel, les apprentis suivent des cours d'enseignement général et d'instruction religieuse.

Plusieurs ateliers ouvrent dans les années suivantes, celui de sculpture ornementale en 1886, une scierie en 1887, puis en 1888 l'atelier de chaiserie, celui de mécanique en 1889 et celui d'ajustage en 1891 (LESTRA, p. 87 ; BOISARD). Chapelle et ateliers donnent sur la grande cour qui sert d'aire de jeu au patronage (LESTRA, p. 207). A cette date, l'entreprise compte cinq contremaîtres, 30 ouvriers et 50 apprentis.

L'abbé Boisard achètent alors des immeubles voisins pour agrandir l'entreprise qui fournit une production considérable. Les Ateliers reçoivent de nombreuses commandes, tant de particuliers que de paroisses. Ils se voient confier une partie de l'ameublement de la basilique de Fourvière (confessionnaux, portes, stalles...)

En 1919, la société achètent des locaux 339 rue Garibaldi, qui lui permettent de s'étendre (SAFFANGE, p. 78).

En 1948, les locaux de la rue de Crémieu consistent en une grande salle de souvenirs historiques, deux ateliers d'externes et la salle François-Coppée (Ibid., p. 303)

En 1959, l´association paroissiale de Sainte-Marie de la Guillotière, 11 rue Abbé-Boisard, comprend :

les Petits colons de la Guillotière, 12 rue Victorien-Sardou

Le bureau d´entraide, 11 rue Abbé-Boisard

En 1954, les bâtiments route de Crémieu et rue Victorien-Sardou sont vendus à la société Crémieu-Sardou constituée pour la construction de l'église Sainte-Marie de la Guillotière. En 1958, la partie nord (rue Victorien-Sardou) est vendue à la société V. Bérard et Fils et la partie sud (rue Abbé-Boisard) à l'Association diocésaine. Cette dernière la revend en 1964 à la Société V. Bérard et Fils.

Les bâtiments du cours Gambetta restent occupés par les ateliers de menuiserie jusqu'en 1980.

Parties constituantes non étudiéeschapelle, salle de spectacle, cour
Dénominationsécole professionnelle, atelier
Aire d'étude et cantonLyon Guillotière
AdresseCommune : Lyon 7e
Lieu-dit : la Guillotière
Adresse : 112 cours, Gambetta , 11-15 rue, Abbé-Boisard , 8-14 rue
Victorien-Sardou
Cadastre : 1826 I 42 à 47 partie ; 1999 AH 25 partie, 31, 33

Le patronage Notre-Dame de la Guillotière est créé en 1876. En 1879, il est repris par l'abbé Boisard qui en 1882 fonde les Ateliers d'Apprentissage, achète les terrains au nord, le long du cours Gambetta, et y construit des ateliers, des dortoirs, une loge de concierge et une chapelle, le tout imposé en 1887. En 1921, plusieurs ateliers sont déménagés 339 rue Garibaldi. En 1954, les bâtiments route de Crémieu et rue Victorien-Sardou sont vendus à la société Crémieu-Sardou constituée pour la construction de l'église Sainte-Marie de la Guillotière. En 1958, la partie nord (rue Victorien-Sardou) est vendue à la société V. Bérard et Fils et la partie sud (rue Abbé-Boisard) à l'Association diocésaine. Cette dernière la revend en 1964 à la Société V. Bérard et Fils. Les bâtiments du cours Gambetta restent occupés par les ateliers de menuiserie jusqu'en 1980.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
États conservationsdétruit
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Historique des terrains (A diocésaines Lyon)

    Par acte reçu Permezel et Finaz, notaires à Lyon, le 29 mai 1954, la société Ateliers d´Apprentissage (fondateur l´abbé Boisard, SA au capital de 350 000 F, dont le siège social est 339 rue Garibaldi, président Jacques Lépine, industriel, 35 rue Victor-Hugo) a vendu à la société immobilière Crémieu Sardou, constituée le 28 mai 1954, (siège social 11 rue de Crémieu) un tènement d´immeubles situé 11, 13, 15 rue de Crémieu, et un ensemble de bâtiment constituant la salle François-Coppée en façade rue Victorien-Sardou, pour 5 750 000 F dont 3 000 000 ont été payés comptant. Quittance du solde est donnée le 16 avril 1958.

    Le 16 avril 1958, R. de Pazanan et J. Rey agissant comme liquidateurs de la société Crémieu Sardou font apport à l´Association diocésaine d´un tènement d´immeubles 11-15 rue de Crémieu à l´angle de la rue Victorien-Sardou, confiné au nord par un tènement d´immeubles dit salle François Coppée, vendu récemment à la société V. Bénard et Fils

    Ce tènement est en partie frappé d´alignement pour l´élargissement de la rue de Crémieu à 12 m, et par la création d´un pan coupé prévu à l´angle de la rue Victorien-Sardou

    Le 9 octobre 1964, l´association diocésaine de Lyon décide de vendre le tènement 11-15 rue de Crémieu, à l´angle de la rue Victorien-Sardou, où se trouvaient le presbytère et les salles de catéchisme de la paroisse Sainte-Marie, à la Société V. Bénard et fils, siège social 112 cours Gambetta, déjà propriétaire du tènement d´immeubles contigu, autrefois salle François Coppée.

  • Lettre de l´ancien président de la Société La Sainte-Marie de la Guillotière adressée à l´archevêque de Lyon, 6 décembre 1956 (A. Evêché Lyon)

    ... L´Association de la Sainte-Marie de la Guillotière... a été fondée au début du siècle comme société interparroissiale par l´abbé Boisard. J´en ai été le président durant les années qui ont précédé la guerre.

    C´était alors une des sociétés les plus brillantes, les plus vivantes de l´U.R.L., et elle a eu dans tout ce quartier alors un peu déshérité un rayonnement intense. Beaucoup de bien s´y est fait et un certain nombre de prêtres sont sortis de ses rangs ainsi que des chefs de famille profondément chrétiennes. Malheureusement, durant la guerre, pour des raisons qu´il me semble inutile de développer, elle a subi une certaine éclipse.

    Lorsque la nouvelle paroisse de la Sainte-Marie a été fondée, le R.P. Neyret a été invité par l´archevêché à passer à la nouvelle paroisse toutes les oeuvres qui s´étaient développées autour des ateliers d´apprentissage, et il a obéi, satisfait peut-être d´enlever aux ateliers tout ce qui ne correspondaient pas strictement à leur vocation.

    Sans doute, nouveau venu à la direction des ateliers, ne savait-il pas que ces oeuvres dont il abandonnait l´actif, je parle de la Sainte-Marie et de la colonie de vacances de Noirétable étaient des associations aptes à posséder, et qui avaient constitué leur actif peu à peu par les cotisations de leurs membres, par le produit des fêtes et de ventes de charité, et que rigoureusement il ne pouvait en disposer.

    A ce moment là, sur l´initiative du regretté père Charavay qui, ayant dirigé la société et l´ayant développé, avait tant à coeur de la voir continuer, des anciens de la Sainte-Marie se sont unis et ont décidé de la faire renaître. Je peux vous dire, par les contacts que j´ai avec eux, que j´y retrouve tout l´esprit d´autrefois et le désir de servir qui est la devise de la Sainte-Marie.

    Les contacts qui ont été pris avec la cure ont été assez décevants, et vous n´êtes pas sans ignorer les difficultés qui se sont produites, la cure entendant disposer de ce qui lui avait été cédé et les dirigeants de la Sainte-Marie désirant récupérer ce qui appartenait à leur association. Un modus vivendi a pu s´établir en ce qui concerne les instruments de musique remis à titre précaire sans que le fond du problème soit réglé, mais je crois savoir qu´en ce qui concerne la colonie de vacances, la situation reste entière, et j´espère qu´il n´y aura pas de revendication.

    Ces tractations qui ne se sont pas toujours déroulées dans la sérénité n´ont pas permis à des rapports de sympathie compréhensive de s´établir. La logique aurait voulu que la Sainte-Marie et ses bonnes volontés soient accueillies par la paroisse, et je crois que ses membres se sont dévoués pour faciliter la réussite de la kermesse il y a deux ans je crois. Il n´en a pas été ainsi.

    Je comprend parfaitement qu´un fondateur de paroisse et ayant par conséquent de lourdes responsabilités soit désireux d´avoir autour de lui des oeuvres créées par lui et qu´il voie venir avec un peu de réticence une organisation ayant sa tradition et tout un passé ancien de gloire. Je sais également que beaucoup d´ecclésiastiques jugent périmés les sociétés de gymnastique ou de sport alors que cependant cette survie de la Sainte-Marie, ces bonnes volontés, ce prosélytisme chrétien soient la preuve de la formation qu´elle a dispensée dans le passé.

    Cependant cette équipe aurait permis un regroupement des jeunes dans une oeuvre qui n´aurait rien coûté à la paroisse et aurait peut-être permis de l´aider à la collecte des fonds nécessaires pour les constructions projetées.

    Quoiqu´il en soit, les anciens n´ont pas désespéré et ont pu s´installer sur un terrain de la rue Domer, et avec quelques concours financiers y monter une baraque en bois qu´ils ont aménagée peu à peu. Mais le terrain qu´ils occupaient vient d´être vendu. Ils sont contraints de partir et dans quelques mois n´auront plus de siège, ni de salle de réunions.

    Ils avaient espéré avoir la possibilité de s´installer à nouveau au 339 de la rue Garibaldi. C´était la solution idéale pour la Sainte-Marie, et son président m´a exposé combien sa société pourrait mieux revivre et se développer sur le lieu de sa naissance. Ils envisageaient même la possibilité de reconstituer le patronage qui a fait tant de bien dans le quartier et auquel le père Charavay tenait tant pour la formation de la jeunesse prolongée par la suite par celle de la Sainte-Marie.

    Mais là encore nouvelle déception. Les ateliers envisagent de s´agrandir et trouvant que cette activité parallèle pourrait gêner leurs travaux, ne peuvent recevoir la Sainte-Marie. Que faire ?

  • L'abbé Boisard

    Louis Boisard est né à Lyon le 12 juin 1851.

    Il fait des études à l'Ecole Centrale Lyonnaise, commence à travailler dans l'industrie chimique, et se construit une fabrique de produits pharmaceutiques qu'il exploite après la guerre de 1870.

    En 1874, il abandonne son usine, entreprend des études de théologie et est ordonné prêtre en 1877. Il enseigne la chimie à l'Institut des Chartreux jusqu'en 1879.

    L'abbé Boisard s'interesse à la condition ouvrière et souhaite former des ouvriers dans le cadre d'un enseignement chrétien. En 1879, l'archevêché lui confie la direction du patronage Notre-Dame de la Guillotière. L'abbé Boisard va lui adjoindre les Ateliers d'Apprentissage. Le premier atelier, un atelier de cordonnerie, est ouvert avec un contremaître et trois apprentis, atelier qui va vite s'agrandir et être suivi de l'apprentissage d'autres métiers. Les Ateliers fonctionnent comme une entreprise ; ils reçoivent des commandes et vendent leur production.

    En 1892, l'abbé Boisard se lance dans une expérience de colonisation en Tunisie qui sera un échec.

    Il meurt en 1938.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. Association Ateliers d'Apprentissage fondateur Abbé Boisard (69 - Vaulx-en-Velin)

Documents figurés
  • [L'Atelier de menuiserie de l'abbé Boisard]. Photogr. / Jules Sylvestre, 1900 (BM Lyon. Fonds d´archives photographiques Jules Sylvestre, 1859-1936. SA 9/11)

Bibliographie
  • BOISARD, Chanoine Louis. Fondation et courte histoire des Ateliers d'Apprentissage. Leur cinquantenaire. Lyon : impr. Le Nouvelliste, 1932. 30 p. : ill. ; 22 cm

  • LESTRA, Antoine. Le père Boisard, prêtre ouvrier. Lyon : Lardanchet, 1948. 311 p. ; 19 cm

    p. 77-102
  • SAFANGE, J.-F. Le Père Boisard et l'Oeuvre des Ateliers d'Apprentissage de la Guillotière. Paris : Editions Don Bosco, 2007. 275 p. 21 cm (Sciences de l'Education)

Périodiques
  • L´histoire du patronage. Bulletin du patronage et des ateliers d´apprentissage de Notre-Dame de la Guillotière, n° 11, novembre 1924, p. 7-9, n° 12, décembre 1924, p. 4-6, n° 1, janvier 1925, p. 8-9, n° 2, février 1925, p. 6-8, n° 3, mars 1925, p. 9-11, n° 4, avril 1925, p. 5-6, n° 6, juin 1925, p. 6-7, n° 9-10, septembre-octobre 1925, p. 6-8, n° 11, novembre 1925, p. 8-10

  • Technica, 1938

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel ; © Ville de Lyon © Ville de Lyon - Chalabi Maryannick