Dossier d’œuvre architecture IA03000622 | Réalisé par
  • inventaire topographique, Inventaire du Val-d'Allier (nord)
Couvent d'Augustins Notre-Dame de Lorette puis ferme actuellement maison d'habitation
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Val d'Allier (nord)
  • Commune Le Veurdre
  • Lieu-dit Lorette
  • Cadastre 1831 A1 11  ; 2018 A1 569
  • Dénominations
    couvent
  • Genre
    d'augustins
  • Appellations
    Notre-Dame de Lorette
  • Destinations
    couvent

Les bâtiments conventuels et l'église de Notre-Dame de Lorette édifiés au début du 17e siècle, s'organisaient en quadrilatère, en surplomb du ruisseau du Merderon et de la route de Lurcy-Lévis, jusqu'à leur démantèlement progressif à partir de 1834.

L'origine du couvent remonterait à 1527 (Le Brun, 1913), le 5 mars 1555 le catalogue des actes de Henri II (AN : 1555-03-05/7) mentionne le "mandement au Parlement de Paris d'autoriser les prieurs et religieux de Notre-Dame de Lorette diocèse de Bourges, en Bourbonnais, à faire publier leurs bulles, pardon et indulgences". En 1595, les religieux de Notre-Dame de Lorette sont reconnus comme ermites de Saint-Augustin et confirmés dans cet ordre.

L'église est probablement bâtie au début du 17e siècle, avant 1630, date sous forme de graffiti relevée sur le portail occidental par Eugène Lebrun (Le Brun, 1913 p. 187). Cette construction est réalisée grâce aux dons des nombreux pèlerins qui affluent, participant au culte de Notre-Dame de Lorette, ainsi qu'il était inscrit sur le portail aujourd'hui détruit : A L'HONNEUR DE DIEU / ET DE / NOTRE DAME DE LORTE / CETTE EGLISE A ESTE / BASTIE DES AUMOSNES / DES GENTS DE BIENS. L'église et une partie des bâtiments conventuels figurent sur une estampe datée de 1656 utilisée notamment comme ex-libris sur un ouvrage ayant appartenu aux RR. PP. Augustins de Notre-Dame de Lorette. (Mercier, 1922). Cette vue du "couvent de Notre-Dame de Lorette de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin, situé en Bourbonnais" comme le stipule la légende latine, est celle du nord de l'église, flanquée de deux chapelles et achevée par un chœur (peut-être à l'abside polygonale) surmonté d'un clocher. Le pignon du occidental, jouxté par un édicule, possède un oculus sommital ; il a conservé son aspect d'origine sur les cartes postales anciennes du début du 20e siècle montrant les quelques vestiges du couvent. Son portail présente composition à plusieurs niveaux, à fronton brisé et niches reprenant le vocabulaire décoratif fixé au début du 17e siècle. Il est à rapprocher du portail de la sacristie qui subsiste à l'intérieur de bâtiments d'époque postérieure.

Donations, inhumations dans l'église, pèlerinages se succèdent au fil du 17e siècle et durant la première moitié du 18e siècle jusqu'à un certain déclin à partir du troisième quart du 18e siècle. Si le pèlerinage perdure durant la Révolution, en 1791 les biens du couvent sont saisis, mis en vente le 13 avril par le directoire du district de Cérilly. Parmi les objets mobiliers du couvent, ceux qui ne sont pas transférés au Veurdre (AD03 : L 58 : 26 mars 1791 ; L 59 : 29 juillet 1791) sont vendus aux enchères du 7 au 10 juin 1791 (AD03 : 1Q 77). Le tabernacle et le banc d'oeuvre dit "siège du prieur" : IM03000658 ; IM03000664 ont été transférés en l'église du Veurdre, de même que la statue de Notre-Dame de Lorette aujourd'hui à Château-sur-Allier : IM03000635. A partir de 1791, le couvent, l'église et les terres attenantes sont propriété de André-Louis-Marie de Sinéty, marquis de Lévy qui les vend à la comtesse de Castellane le 25 janvier 1823. C'est elle que mentionne le tableau indicatif des propriétés foncières en 1832 en tant que propriétaire de la parcelle concernée. (AD03 : 3P 1036). Le plan cadastral de décembre 1831 correspondant montre un plan de l'ensemble conventuel fidèle à l'état antérieur à la Révolution.

Revendue le 6 juillet 1833, la propriété de Lorette passe aux main du Comte de Chalus l'année suivante, le 23 juillet 1834, lequel fait bientôt démolir une partie des bâtiments conventuels et l'église afin d'en récupérer les matériaux. Une partie des matériaux et des boiseries serviront aux travaux et aménagements du château de la Baume. Les restes de l'édifice passent de main en main au fil du 19e siècle, sont rachetés par Jean Simonin en 1903 et appartiennent à son fils Jean-Marie, cultivateur, en 1925. Une partie de l'état actuel est le fruit de travaux réalisés au cours du 20e siècle lors de l'aménagement des bâtiments en ferme.

Les cartes postales du début du 20e siècle montrent encore les vestiges de l'église ainsi que le pignon occidental. Celui-ci est vendu d'après E. Capelin (Capelin, E., 1925, p. 220), peu avant 1925, à des amateurs américains : "l'ultime pignon a pris récemment le chemin aquatique des Etats-Unis, non sans que l'acquéreur se fût acquitté du soin de numéroter chaque pierre".

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 17e siècle, 19e siècle, 20e siècle

L'estampe ou ex-libris de 1656, le plan cadastral dit napoléonien de 1831 ainsi que la reconstitution dressée par Eugène Le Brun (1913, p. 176), donnent une description du parti de plan général de l'édifice et de l'élévation nord de l'église.

De ce parti général il ne subsiste qu'un plan en U, remanié au nord contre le seul mur subsistant de l'église, ainsi qu'une construction semi enterrée à l'est de l'église.

Cette construction, d'usage indéterminé à laquelle on accede par une porte prolongée de degrés, comporte en contrebas deux pièces voutées (perpendiculairement à la façade) de blocage de moellons. Elles communiquent par un arc à feuillure.

Les bâtiments conventuels subsistant au sud sont à un étage carré, prolongés à l'est par une travée en rez-de-chaussée, le tout couvert de toit à long pan à tuiles mécaniques ayant remplacé des petites tuiles. La travée en rez-de-chaussée est percée d'une porte et d'une fenêtre, le bâtiment de deux portes et quatre fenêtres en rez-de-chaussée et deux fenêtres à l'étage. L'encadrement des baies est en pierre de taille de calcaire portant des graffitis pour certaines d'entres elles. A l'intérieur de ce bâtiment une cheminée dans laquelle est ouverte la porte d'un four à pain (disparu), porte une ornementation néoclassique de triglyphes.

A l'ouest deux bâtiments accolés dans le prolongement l'un de l'autre, à étage carré recouverts de toit à long pans et petites tuiles présentent d'importantes traces de remaniements probablement réalisés lors de la transformation de l'édifice en ferme. Un graffiti "Pinoux Joseph 1877" est gravé sur une Pierre de taille de cette dépendance agricole.

Une autre construction agricole a été élevée par ailleurs contre l'extérieur du mur méridional de l'église, le seul subsistant. Elle est adossée d'autre part à la dépendance précédente avec laquelle elle communique notamment par le vestige du portail de l'ancienne sacristie. Ce portail présente une ornementation à pilastres tailloirs, fronton brisé et édicule à niche rappelant l'ancien portail occidental dont il est contemporain.

Le mur gouttereau de l'église subsistant présente une large baie en arc brisé, moulurée, au dessus des traces d'une niche ainsi que de la porte de l'ancienne sacristie qui lui était adossée.

L'extérieur actuel de ce mur est l'ancienne face intérieure du mur gouttereau de l'église ; il montre, outre la face interne de la fenêtre haute et la porte de la sacristie, les traces de l'ancienne niche de la statue de Notre-Dame-de-Lorette (aujourd'hui conservée à Château-sur-Allier).

  • Murs
    • calcaire moyen appareil enduit
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    tuile plate
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvrements
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
  • Précision représentations

    Présence de graffitis : bâtiment sud : initiales et date ; lettres ; motifs ; bâtiment occidental : nom et date.

  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Documents d'archives

  • AN :1555-03-05/7e : catalogue des actes de Henri II : Mandement au Parlement de Paris d'autoriser les prieurs et religieux de Notre-Dame de Lorette diocèse de Bourges, en Bourbonnais, à faire publier leurs bulles, pardon et indulgences . 5 mars 1555.

    AN : 1555-03-05/7
  • AD03 : L58 registre : fol. 168v° : 26 mars 1791 : Autorisation de transférer les reliques...conservées en l'église et couvent de Lorette en l'église du Veurdre.

    AD Allier : L 58 : fol.
    Fol. 168 v°
  • AD03 : 1Q 77 : Procès verbal de vente des effets de Lorette. 7-10 juin 1791. Enregistré à Bourbon le 11 juin 1791. 10 fol.

    AD Allier : 1Q 77
  • AD03 : L59 : n°1208 : Décision de transférer le tabernacle et tous ses ornements entre autres les reliques de Lorette à l'église paroissiale du Veurdre. Séance du 29 juillet 1791 In : Registre général des arrêtés et délibération du directoire du département de l'Allier. 202 f°

    AD Allier : L59 : n°1208
    n°1208
  • AD03 : 3P 1036 : Le Veurdre : tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus (section A-D) : [1832]

    AD Allier : 3P 1036
    A - 11

Bibliographie

  • LE BRUN, Eugène, Une petite ville bourbonnaise, le Veurdre : ses seigneurs, ses châteaux et leurs possesseurs. Paris : Champion ; Moulins : Louis Grégoire,1913. (Reprint : Paris : Le livre d'histoire-Lorisse, 2006)

    p. 173-189.
  • MORET, Jules-Jacques. Notes pour servir à l'histoire des paroisses bourbonnaises : deuxième période : du XVIe siècle à la Révolution. Deuxième partie : Paroisses qui dépendaient de l'Archevêché de Bourges. Moulins : Crépin-Leblond, 1913.

    p.280-282

Périodiques

  • CAPELIN, E. XXIIIe excursion de la Société d'Emulation dans la région du Veurdre et de Saint-Pierre-le-Moutier le jeudi 18 juin 1925 : compte rendu général. Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais, 1925. p. 217-224

    p. 220
  • Séance du 3 juillet 1922 : communication de M. Tiersonnier [à propos d'un ex-libris représentant le couvent de Notre-Dame de Lorette]. Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais, Juillet 1922, p. 114.

    p. 114
  • MERCIER, J.-B. Un curieux ex-libris monastique. Archives de la société française des collectionneurs d'ex-libris, juin, 1922.

    p.95-96.
  • LE BRUN, Eugène. Le Veurdre. Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais, 1925, p. 225-253

Documents figurés

  • BnF : Est. VA-3 (4)-Fol. 108797 : Conventus Dnae nra Lauretanae Ord. Eremitarum S Augustini apud Borois 1656. [vue du "couvent de Notre-Dame de Lorette de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin, situé en Bourbonnais] estampe, .s.n., 1656.

    BnF, Est. : VA-3 (4)-Fol 108797
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2025
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