Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
- inventaire topographique, La ceinture des boulevards de Clermont-Ferrand
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Clermont-Auvergne-Métropole
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Commune
Clermont-Ferrand
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Adresse
63 boulevard Jean-Jaurès
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Cadastre
2022
HO
116
1ière feuille ;
1831
L
203
1ière feuille
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Dénominationsmaison
Le tracé du boulevard Jean-Jaurès passe au milieu de la parcelle occupée par M. Penny. Ce dernier exerce la profession d'horticulteur. Son papier à en-tête nous apprend qu'il propose l'entretien et le tracé de parcs et de jardins, réalise des cultures spéciales de rosiers, d'œillets remontants, de plantes et de massifs, produit de grandes cultures de fraisiers, d'arbres fruitiers et d'asperges. Son adresse, ne mentionnant que la rue des Salins et la rue de Vallières, est relativement floue. Il n'est en fait que locataire de la parcelle coupée par le boulevard et il sous-loue cet emplacement à 16 autres cultivateurs. La procédure d'expropriation s'en trouve compliquée (voir note des services de la voierie reproduite en annexe). La portion nord de ce terrain accueille à partir de 1933 (permis déposé en décembre 1932) les premiers bâtiments de l'école ménagère attachée à la paroisse de sainte Jeanne-d'Arc. Sur la partie sud sont édifiés un immeuble d'un seul étage et une maison en recul d'alignement. Venant à la suite d'une série d'immeubles de trois étages à l'alignement, ces deux constructions semblent s'égrener, subissant autant l'attraction de la rue de Vallières que celle du boulevard, créant une sorte d'appel d'air à l'approche de la place Littré.
Dès 1927, il est prévu d'ouvrir des rues donnant sur cette place afin qu'elle forme une étoile la plus régulière possible. La photographie aérienne de 1945 montre que la rue Henri-Rivière n'est encore qu'à l'état d'ébauche et la rue Roberval, dont le tracé traverse le parc de la demeure dite "château de Vallières", n'existe pas (pour l'évolution de la place Littré, voir dossier IA63002887). La maison du n°63 boulevard Jean-Jaurès s'inscrit ainsi le paysage de villégiature de bord de ville auquel correspondent les vastes îlots tramés de parcelles en jardin que la photographie nous donne à voir. Elle traduit ce mode d'habitat davantage que son voisin, modeste immeuble de faubourg, par la morphologie bourgeoise dont son architecte, François Perrier, l'a dotée. Malgré son recul d'alignement et l'écran d'une haie à feuillage persistant, cette maison attire l'attention par sa rupture de rythme (une maison dans un secteur d'immeuble, l'irrégularité de son alignement) et par sa distinction formelle.
La notification d'expropriation au propriétaire de la parcelle coupée en deux par le passage du boulevard date de 1927. La dépose de permis de construire date du 11 avril 1934. L'alignement est déterminé par une ligne parallèle à 4m50 de la bordure du trottoir du boulevard Jean-Jaurès. En réalité, la maison est implantée en recul d'alignement oblique. Elle respecte cependant l'alignement préconisé pour la rue de Vallières, à savoir une ligne parallèle à 5 mètres de l'axe de la rue. La demande de raccordement à l'égout public accompagne la demande d'alignement.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
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Dates
- 1934, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
Perrier Françoisarchitecte attribution par sourcePerrier FrançoisCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Architecte à Clermont-Ferrand, domicilié au 4 rue d'Ambert dans les années 1930. Auteur des plans de la maison du n°1 boulevard Fleury et de ceux du n°63 boulevard Jean-Jaurès. Cette dernière offre une distribution discriminant les espaces des domestiques et des propriétaires. En 1939, il réalise l'immeuble du 62 boulevard Aristide-Briand. Une isolation par l'extérieur (en 2022) l'a grandement altéré ne laissant plus à sa façade que le traitement de la porte d'entrée.
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Auteur :
Les parcelles sur lesquelles les constructions du n°57 à 63 boulevard Jean-Jaurès sont édifiées forment une langue de terrain entre la rue de Vallières et le boulevard Jean-Jaurès. A l'origine, il s'agissait de parcelles en lanières traversantes. L'une d'entre elles fait l'objet d'une demande de lotissement en 1934. Le propriétaire, M. Ravel, profite de la viabilisation du boulevard et de la rue de Vallières, réalisée par la ville, pour découper son bien en deux parts dont une façade donne sur le boulevard et l'autre sur la rue. La contrepartie est une cession gracieuse d'un pan de terrain nécessaire au redressement de la rue de Vallières. La partie donnant sur le boulevard pose cependant un problème morphologique. Etant implantées dans la courbe de la voie qui, à cet endroit, s'oriente vers le nord, les parcelles offrent l'alternative d'une construction en retrait oblique ou d'une façade qui pour être à l'alignement serait concave. Les n°59 et 57, qui appartiennent au lotissement Ravel, sont implantés sur des parcelles redécoupées de façon à s'orienter en perpendiculaire du boulevard. Ils respectent donc l'alignement le long du boulevard. Le n°61 adopte le retrait oblique. Enfin, le n°63, opte pour un alignement sur la rue de Vallières et pour un recul oblique sur le boulevard. Il n'en reste pas moins que la façade comportant le perron d'entrée est orientée, par-delà le jardin avant, sur le boulevard. Ainsi la proximité des voies ne détermine pas l'implantation de la façade de l'édifice (si cela avait été le cas, la façade serait le long de la rue de Vallières). De même, la hiérarchie des espaces urbains qui voudrait que l'on érige plus volontiers la façade sur une place que sur une voie est également ici détournée. La maison ne présente à la place Littré qu'une élévation latérale en retrait oblique qui, par conséquent, participe peu à l'animation de l'espace urbain.
Malgré la position de recul soulignée par la clôture implantée sur le boulevard dont l'opacité est assurée par une haie de thuyas, le traitement de façade s'avère plus soignée que celui de l'immeuble voisin. Le toit en pavillon est couvert d'ardoises et couronné par la flèche métallique de son épi de faîtage. Les agrafes des arcs du rez-de-chaussée forment une continuité avec l'appui en corbeille des baies du premier étage. L'auvent abritant le perron d'entrée est supporté par des colonnes. L'ensemble de ces éléments, auquel on peut ajouter le bossage en table du niveau de sous-bassement, constitue les références éclectiques de l'univers bourgeois de l'époque. Quelques traits modernes s'y ajoutent par la morphologie en corbeille des appuis de baies, les cannelures des linteaux des ouvertures du premier étage. Enfin, les aisseliers supportant l'avant-toit constitue la seule référence au vocabulaire néo-régionaliste.
Sur plan, la distribution intérieure renvoie également à l'art d'accommoder diverses solutions. Le rez-de-chaussée propose une distribution double avec couloir dans laquelle salon et salle en manger sont placés en enfilade, ce qui permet à la cuisine de faire le pendant avec la salle à manger. Cette solution, pour être moins propice à la réception dont le premier acte se jour dans le hall que prolonge la cage d'escalier, correspond à des intérieurs relativement modestes. En revanche, l'étage propose une distribution double en profondeur commandé par un vestibule formant antichambre central au débouché de la cage d'escalier. Le caractère cossu d'une habitation peut également se déduire de la place des pièces de service et de leur rapport aux espaces dévolus à la domesticité. La domesticité peut éviter la porte d'entrée principale en gagnant le niveau de sous-bassement soit par la porte fenêtre ouverte sur l'élévation postérieure soit en empruntant l'escalier s'ouvrant au bas du perron d'entrée. Entre la buanderie et la pièce dénommée "dépendance", qui pourrait correspondre à une chambre de bonne ou de chauffeur (un garage automobile se trouve également à l'arrière de la maison), un escalier permet de gagner directement la cuisine au rez-de-chaussée. Nous rencontrons là un système de séparation de l'espace des domestiques et des propriétaires aussi parfait qu'au n°21 boulevard Cote-Blatin, maison dans laquelle le niveau de sous-bassement logeait une conciergerie équipée d'une cuisine donnant directement dans la cuisine du rez-de-chaussée par un escalier de service. Cependant et à contrario, l'escalier qui dessert l'étage du n°63 boulevard Jean-Jaurès est partagé : la partie postérieure à l'est accueille un second espace domestique pourvu d'une chambre de bonne et d'une lingerie. Au 21 boulevard Cote-Blatin, les chambres sont clairement destinées à madame, mademoiselle et aux amis, la lingerie n'appelant pas de présence nocturne d'une domestique.
Il est probable que la différence de distribution entre le rez-de-chaussée et l'étage ait été corrigé dans la réalité. En effet, les plans ne correspondent pas à la réalisation. Le plan d'origine se développait en L, prévoyant une extension latérale au corp de bâtiment de plan carré au toit en pavillon. Perron et porte d'entrée étaient alors déportés dans la travée d'extrémité en recul. Cette façade donnait sur le pan coupé de la place Littré. Le boulevard ne bénéficiait par conséquent que de l'élévation latérale. L'implantation d'une façade orientée vers le boulevard pourvue d'une porte d'entrée en travée centrale offre l'opportunité de créer une continuité entre le portillon du jardin, la porte principale et la cage d'escalier, ce qui permet d'épouser le modèle du hall central de distribution ouvrant sur le départ de l'escalier.
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Toitsardoise
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Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- toit en pavillon croupe polygonale
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
- © Ministère des finances et des comptes publics, www.cadastre.gouv.fr
- © Archives communales de Clermont-Ferrand
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- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
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Documents d'archives
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AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
AC Clermont-Ferrand. Série O : 1 O 224. Expropriations : boulevard Sud. Partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux : enquête parcellaire, déclaration d'utilité publique, état estimatif des terrains à acquérir, jugement d'expropriation, notifications, devis estimatif des travaux (plan d'alignement, plan parcellaire, plan du calcul des surfaces, plan des lieux après exécution des travaux : 1926). 1916-1928.
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AC Clermont-Ferrand : 1 O 41
AC Clermont-Ferrand. Série O : 1 o 41. Alignement: quartier des Salins, place Emile Littré. 1927.
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AC Clermont-Ferrand : O216 2100 21A
AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 2100 21A. [Demande d'alignement immeuble, 61 boulevard Jean-Jaurès]. 2 février 1933.
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AC Clermont-Ferrand : 2074 W 132
AC Clermont-Ferrand. 2074 W 132. Lotissement Ravel, boulevard Jean-Jaurès. 1934
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AC Clermont-Ferrand : O216 1018 22A
AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 1018 22A. [Demande d'alignement maison, 63 boulevard Jean-Jaurès]. 11 avril 1934.
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AC Clermont-Ferrand : O216 1563 24A
AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 1563 24A. [Demande d'alignement, maison, 21 boulevard Cote-Blatin]. 1938.
Documents figurés
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AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
Plan du calcul des surface dressé en conformité du plan d'alignement approuvé par décision de la commission départementale en date du 18 octobre 1913, boulevard sud (partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux, expropriation des immeubles ou parties d'immeuble, droits de toutes natures et servitudes diverses) / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine, Alignements. 0.002 pm. mars 1926. Dess. Extr de [liasse d'archives] "Expropriations: boulevard sud, 1921-1929", AC Clermont-Ferrand, série O : 1 O 224.
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IGN : C3410-0121_1945_CDP229_5006
[Boulevard Jean-Jaurès, secteur de la place Littré] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°3410-0121, réf. C3410-0121_1945_CDP229_5006. 1 : 13618. 27 août 1945. Photogr. pos.
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