Dossier d’œuvre architecture IA63002870 | Réalisé par
Fougère Félicie (Contributeur)
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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  • inventaire topographique, La ceinture des boulevards de Clermont-Ferrand
maison
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Clermont-Auvergne-Métropole
  • Commune Clermont-Ferrand
  • Adresse 53 boulevard Jean-Jaurès
  • Cadastre 2022 HO 154 1ière feuille ; 1831 L 221 1ière feuille
  • Dénominations
    maison

La maison du n°53 boulevard Jean-Jaurès fait partie d'une série de constructions implantées en alignements irréguliers. Il semble que s'exprime une réticence à doter les constructions de la frome trapézoïdale des parcelles, forme héritée de l'ouverture du boulevard en légère diagonale d'une vaste propriété (propriété Touzet sur le plan parcellaire d'expropriation de 1926, propriété Béal sur le plan de bordure des trottoirs en 1930). Le cadastre actuel illustre bien le phénomène. Au n°45 boulevard Jean-Jaurès, la construction est de plan carré, ceci implique par conséquent une implantation en recul oblique par rapport au devant de parcelle trapézoïdale. Son mitoyen occidental, le n°47 se conforme à la morphologie parcellaire. L'immeuble est par conséquent en trapèze et en alignement régulier. Les suivants, du n°49 au n°53, reprennent la forme et l'implantation du n°45. Le n°51 inclue une variation en construisant sur une partie de sa marge de reculement un commerce en rez-de-chaussée. Ces ruptures d'alignement provoquent l'apparition de pignon d'alignement de largeurs différentes. Ce type d'implantation irrégulière donne au front de boulevard la forme d'un accordéon. La maison du n°53 suit le recul oblique de son mitoyen oriental tandis que l'immeuble qui la jouxte à l'ouest est implanté en alignement régulier. Il en résulte l'apparition d'un important pignon d'alignement. Elle fait donc partie d'une série d'immeubles qui attire le regard par l'animation désordonné qu'ils provoquent.

L'architecte Albéric Aubert édifie cette demeure en même temps qu'il construit la villa qui abrite son domicile et son cabinet, au n°52 boulevard Jean-Jaurès, soit sensiblement en vis-à-vis (voir dossier IA63002869). Sans doute peut-on voir dans cette maison du n°53 un manifeste des réalisations de l'architecte. Au-delà de l'adhésion à l'architecture moderne des années 1930, très perceptible dans sa propre villa, la maison du n°53 illustre une ambition créative. On peut d'ailleurs souligner qu'il signe cette dernière (le cartouche de signature au milieu à gauche de la façade est presque effacé de nos jours).

L'actuelle parcelle HO 154 est le résultat de la division de l'ancien terrain de Jean Touzet, propriété littéralement coupée en deux par l'ouverture du boulevard. Le lotissement de ces terrains situés de part et d'autre du boulevard est acté par le Conseil municipal du 3 mai 1933, sous le nom de lotissement Béal. La maison du n°53 boulevard Jean-Jaurès est édifiée dans la foulée puisque la demande de permis de construire date du 23 décembre 1933. Elle occupe le deuxième lot en partant de l'est de la frange sud du boulevard, ce qui la dote d'un foncier trapézoïdal.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1933, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Aubert Albéric
      Aubert Albéric

      Albéric Aubert, architecte SADG, devint architecte des Hospices de Clermont-Ferrand le 1er février 1930. Il occupa ce poste jusqu’au début des années 1950.

      Lorsqu'il dessine les plans de la villa du n°52 boulevard Jean-Jaurès, en 1933, il est domicilié au 19 rue Lamartine. Il est propriétaire du terrain et, si l'on en croit la présence de deux bureaux au rez-de-chaussée de la maison, il en fait son cabinet. De fait, en 1958, dans la demande de permis de construire du clocher de l'église sainte Jeanne-d'Arc, son adresse est le 52 boulevard Jean Jaurès. En 1933, il conçoit la villa du n°7 boulevard Jean-Jaurès. Cette réalisation, qui n'est pas sans rappeler le courant néo-régionaliste basque, formant ainsi contraste avec la morphologie épuré de la villa du n°52, est détruite au début des années 1980 pour céder la place à une résidence. Toujours en 1933, il dresse les plans de la maison située au 53 boulevard Jean-Jaurès. Le dessin de la façade figure une ordonnance classique rappelant les constructions bourgeoise de la fin du 19e siècle. La réalisation s'en écarte pour embrasser un style résolument moderne. Ces exemples de l'année 1933 montre l'étendue de la palette d'Albéric Aubert qui ne se fixe là sur aucun style en particulier. En 1947, il édifie pour le chirurgien Lecoq la villa sis au 36 bis boulevard Cote-Blatin qui sera rattachée à la cité universitaire (direction des relations internationales et service communication) ce qui entraine, en 2010, l'ajout d'un dispositif d'accès pour les personnes à mobilité réduite malheureusement implanté en façade.

      Il est également l’auteur de nombreux bâtiments publics dans le Puy-de-Dôme : projet de parachèvement de l'église sainte Jeanne-d'Arc sur la place Littré (façade, 1946 ; clocher 1958) ; hôpital-sanatorium Sabourin (1931-1934) ; architecte d'opération du lycée Roger-Claustres de Clermont-Ferrand, pour André-Vital Blanc, architecte domicilié à Paris.

      NB : de manière inattendue, car il n'est pas connu pour avoir fait oeuvre d'urbaniste, il est également l'auteur en 1936 d'un "Rapport sur les types de construction à adopter dans le plan d’embellissement de la ville de Royat". Ce court rapport est reproduit in extenso p. 164 de l'ouvrage Les villes en Auvergne [...], coll. "Cahiers du patrimoine", n°109.

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      architecte attribution par source, signature

La maison étant carré alors que la parcelle est de forme trapézoïdale, elle est implantée en recul d'alignement oblique par rapport au boulevard. Ceci ménage la place d'une courette triangulaire en devant de parcelle, courette limitée par un escalier extérieur implanté en parallèle de la façade permettant de gagner la porte d'entrée du rez-de-chaussée surélevé. Ce dispositif est prévu dès l'origine puisque présent sur le dessin de façade du permis de construire. L'enveloppe globale est également correspondante, à savoir le développement sur trois travées d'une construction comprenant un niveau de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et des combles en surcroit. Le dessin du projet représente une demeure de style Louis XIII (bossage et chaine d'angle, lucarnes ouvrant le brisis, encadrement de baies à clefs) à motifs antiquisants (colonnes ioniques et fronton). Le brisis du toit est sans doute la seule référence à ce style qui fut vraiment réalisé. Tous les autres éléments ont été modifié pour adhérer au courant d'architecture moderne des années 1930. L'ordre colossal qui devait flanquer l'entrée, le bossage en table du niveau de soubassement et des chaînes d'angle, la balustrade de l'escalier extérieur, l'encadrement des lucarnes du brisis ont été remplacé par des pilastres et des cordons de briques. Tous les éléments décoratifs tels que colonnes sur les trumeaux, clefs d'encadrement de baies, corniche d'avant-toit et lucarne à ailerons ont disparu. La seule animation est le léger relief des ressauts de l'habillage en brique de la travée centrale. L'architecte conserve la verticalité marquée grâce au traitement de la travée centrale tandis que s'instaure sur l'ensemble de la façade une symétrie s'harmonisant avec la rigueur de traitement. Il est difficile de discriminer la part de l'architecte et de son client dans ce revirement stylistique. On aurait tendance à prêter un plus grand conservatisme au propriétaire, avoué à Riom, et une plus grande audace à l'architecte, cependant nous n'avons aucune trace de la négociation nécessaire à une telle modification du parti d'origine.

Le niveau de soubassement permet de loger le garage automobile et une buanderie. La distribution intérieure correspond ensuite au canon bourgeois alors en vigueur. Au rez-de-chaussée, l'entrée implantée en travée centrale est en vis-à-vis de la cage d'escalier. L'espace ne permet pas de développer un véritable hall d'entrée cependant que le principe d'une implantation des pièces double en profondeur s'adapte au salon sur rue précédant la salle à manger sur le jardin. La distribution par hall central s'affirme à l'étage qui ouvre sur trois chambres et une salle de bain. Le comble en surcroit devait sans doute recevoir une chambre de bonne éclairée par la lucarne centrale, la partie postérieure ne pouvait accueillir qu'un grenier. C'est en définitive la solution qu'adopte, en 1934, l'architecte François Perrier pour la distribution intérieure de la maison de plan carré du n°63 boulevard Jean-Jaurès. Cependant, le traitement extérieur est bien moins novateur (voir dossier IA63002872).

  • Murs
    • pierre moellon crépi
  • Toits
    ardoise, tuile
  • Étages
    rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 2664 21A. [Demande d'alignement maison, 52 boulevard Jean-Jaurès]. 25 mai 1933.

    AC Clermont-Ferrand : O216 2664 21A
  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 625 22A. [Demande d'alignement maison, 53 boulevard Jean-Jaurès]. 23 décembre 1933.

    AC Clermont-Ferrand : O216 625 22A
  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 631 22A. [Demande d'alignement immeuble, 55 boulevard Jean-Jaurès]. 23 décembre 1933.

    AC Clermont-Ferrand : O216 631 22A
  • AC Clermont-Ferrand. 2074 W 122: 121. Lotissement Béal, boulevard Jean-Jaurès. 1933.

    AC Clermont-Ferrand : 2074 W 122

Documents figurés

  • Plan du calcul des surface dressé en conformité du plan d'alignement approuvé par décision de la commission départementale en date du 18 octobre 1913, boulevard sud (partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux, expropriation des immeubles ou parties d'immeuble, droits de toutes natures et servitudes diverses) / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine, Alignements. 0.002 pm. mars 1926. Dess. Extr de [liasse d'archives] "Expropriations: boulevard sud, 1921-1929", AC Clermont-Ferrand, série O : 1 O 224.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Fougère Félicie
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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