Dossier d’œuvre architecture IA63002869 | Réalisé par
Fougère Félicie (Contributeur)
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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  • inventaire topographique, La ceinture des boulevards de Clermont-Ferrand
maison
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Clermont-Auvergne-Métropole
  • Commune Clermont-Ferrand
  • Adresse 52 boulevard Jean-Jaurès
  • Cadastre 2022 HP 148  ; 1831 L 220 1ière feuille ; 1831 L 219 1ière feuille
  • Dénominations
    maison

La maison est implantée en alignement régulier sans pour autant être strictement à l'aplomb du trottoir. Le renfoncement de la travée orientale du premier étage produit un mouvement adroitement introduit par le biseau de la travée centrale, sorte de pointe préludant à l'établissement de l'étroit balcon précédant la salle à manger. L'effet en est perceptible depuis le boulevard sans que l'on puisse distinguer pleinement ce qui, dans cette façade constituée de trois travées équilibrées sans être symétriques et de deux registres horizontaux surmontés par le garde-corps d'un toit-terrasse, contrevient à la sorte de rigidité dont sont parfois affectés les édifices des années 1930. C'est en consultant le plan du premier étage que le procédé s'éclaire. Ainsi la dysmétrie des ouvertures se double d'une différence de morphologie des deux niveaux : le rez-de-chaussée s'inscrit dans un parallélogramme tandis que l'étage se rapproche de la figure du carré. Il semblerait que l'immeuble voisin, édifié trente ans plus tard, en 1964, ait repris cette formule de façon plus classique puisque saillie et renfoncement sont implantés par travée et non pas niveau, produisant par conséquent un effet de travées biaises. La maison et l'immeuble accompagnent chacun à leur manière la courbe qu'ébauche alors le boulevard.

L'architecte Albéric Aubert, précédemment domicilié rue Lamartine, édifie cette villa pour lui-même. A l'origine, la construction est dépourvue de mitoyen (voir la photographie aérienne de l'IGN en 1953), ainsi peut-on la qualifier de villa. Cependant, elle devient une maison par l'implantation dans les années 1960 d'un immeuble mitoyen à l'est et dans les années 1990 d'un bâtiment appartenant au lycée professionnel privé Anna Rodier à l'ouest. Albéric Aubert y installe son cabinet d'architecte au rez-de-chaussée. La construction de maison-mixte1 par les architectes est attestée sur les boulevards par la maison d'Amadon au n°19 avenue d'Italie ou bien encore celle d'Elie Marquet au n°66 boulevard Jean-Jaurès (voir dossier IA63002853). Ces demeures ne sont pas des chefs-d'œuvre mais sont parfois accompagnées, dans leur voisinage immédiat, de réalisations remarquables. Ainsi en est-il au n°17 avenue d'Italie du Cinéma conçu par Amadon (voir dossier IA63002779) ou bien encore de la maison du n°53 boulevard Jean-Jaurès (voir dossier IA63002870) signée Albéric Aubert qui, pour n'être pas plus élégante que sa propre maison du n°52 est résolument plus ostentatoire. La maison du n°52 vaut d'être retenu par son usage, le cabinet d'un architecte dont les réalisations sont particulièrement intéressantes, et parce qu'elle s'inscrit dans le courant de l'architecture des années 1930, reflétant la rigueur et l'inventivité de cette mouvance.

1Maison mixte à étage » de commerçant, d’artisan, de profession libérale : maison généralement d’un étage dont le rez-de-chaussée est occupé par un commerce ou un atelier et dont l’étage est aménagé en appartement pour le propriétaire du commerce ou de l’atelier et potentiellement ses ouvriers. Y. Esquieu dans Une histoire de l'architecture ; programmes, techniques, styles en dresse la définition et le développement tant chronologique que régional (p. 110 à 114)

L'actuelle parcelle HP 148 est le résultat de la division de l'ancien terrain de Jean Touzet, propriété littéralement coupée en deux par l'ouverture du boulevard. Le lotissement de ces terrains situés de part et d'autre du boulevard est acté par le Conseil municipal du 3 mai 1933, sous le nom de lotissement Béal. La maison du n°52 boulevard Jean-Jaurès est édifiée dans la foulée puisque la demande de permis de construire date du 25 mai 1933. Elle occupe le lot le plus à l'ouest de la frange nord du boulevard, ce qui la dote d'un foncier rectangulaire relativement étroit. Elle abrite alors le cabinet de l'architecte Albéric Aubert. Des modifications de l'aménagement sont réalisées à la fin des années 1970 (dépôt de permis de construire en janvier 1977, relance en janvier 1978). Pour autant, la maison reste jusqu'en 2024 une maison mixte de profession libérale puisqu'un médecin y installe son cabinet de consultation.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1933, daté par source
    • 1977, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Aubert Albéric
      Aubert Albéric

      Albéric Aubert, architecte SADG, devint architecte des Hospices de Clermont-Ferrand le 1er février 1930. Il occupa ce poste jusqu’au début des années 1950.

      Lorsqu'il dessine les plans de la villa du n°52 boulevard Jean-Jaurès, en 1933, il est domicilié au 19 rue Lamartine. Il est propriétaire du terrain et, si l'on en croit la présence de deux bureaux au rez-de-chaussée de la maison, il en fait son cabinet. De fait, en 1958, dans la demande de permis de construire du clocher de l'église sainte Jeanne-d'Arc, son adresse est le 52 boulevard Jean Jaurès. En 1933, il conçoit la villa du n°7 boulevard Jean-Jaurès. Cette réalisation, qui n'est pas sans rappeler le courant néo-régionaliste basque, formant ainsi contraste avec la morphologie épuré de la villa du n°52, est détruite au début des années 1980 pour céder la place à une résidence. Toujours en 1933, il dresse les plans de la maison située au 53 boulevard Jean-Jaurès. Le dessin de la façade figure une ordonnance classique rappelant les constructions bourgeoise de la fin du 19e siècle. La réalisation s'en écarte pour embrasser un style résolument moderne. Ces exemples de l'année 1933 montre l'étendue de la palette d'Albéric Aubert qui ne se fixe là sur aucun style en particulier. En 1947, il édifie pour le chirurgien Lecoq la villa sis au 36 bis boulevard Cote-Blatin qui sera rattachée à la cité universitaire (direction des relations internationales et service communication) ce qui entraine, en 2010, l'ajout d'un dispositif d'accès pour les personnes à mobilité réduite malheureusement implanté en façade.

      Il est également l’auteur de nombreux bâtiments publics dans le Puy-de-Dôme : projet de parachèvement de l'église sainte Jeanne-d'Arc sur la place Littré (façade, 1946 ; clocher 1958) ; hôpital-sanatorium Sabourin (1931-1934) ; architecte d'opération du lycée Roger-Claustres de Clermont-Ferrand, pour André-Vital Blanc, architecte domicilié à Paris.

      NB : de manière inattendue, car il n'est pas connu pour avoir fait oeuvre d'urbaniste, il est également l'auteur en 1936 d'un "Rapport sur les types de construction à adopter dans le plan d’embellissement de la ville de Royat". Ce court rapport est reproduit in extenso p. 164 de l'ouvrage Les villes en Auvergne [...], coll. "Cahiers du patrimoine", n°109.

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      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Jury J.
      Jury J.

      J. Jury, décorateur à Royat. Il est l'auteur d'un projet de remaniement de la villa d'Albéric Aubert (52, bd Jean-Jaurès) après sa vente, en 1977.

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      décorateur attribution par source

La maison est conçue selon un principe d'étagement du volume des niveaux par renfoncement progressif. Le rez-de-chaussée à l'aplomb du trottoir est surmonté d'un premier étage dont la travée orientale est légèrement en retrait, l'ensemble est couronné d'un attique en retiré. L'aménagement de la fin des années 1970 n'affecte pas ce principe. L'ajout d'une salle de bain au second étage en retiré, adjoignant une couverture en tôle nervurée au toit-terrasse (voir sur le plan cette couverture figurée en bande zébrée entre le toit-terrasse et la terrasse proprement dite), n'est pas directement perceptible depuis la rue. De même, les modifications affectant l'élévation postérieure sur le jardin ne sont perceptibles que sur les plans des architectes : un balcon est implanté au premier étage, son encorbellement protège un perron d'entrée permettant d'atteindre la cage d'escalier. La présence d'une entrée sur le jardin, que l'on peut gagner depuis le garage, permet de dissocier le passage des clients ou des patients, se rendant au rez-de-chaussée par la porte sur le boulevard, de celui des familiers empruntant la porte arrière pour rejoindre les étages d'habitation. La même solution est adoptée pour la villa comprenant un cabinet médical du n°20 boulevard Fleury (voir dossier IA63002790).

Cet aménagement est également respectueux de la distribution intérieure. Au rez-de-chaussée le cabinet de l'architecte est remplacé par celui du médecin avant l'aménagement (état de lieux 1977) et persiste après celui-ci. Sur les trois plans, le garage automobile occupe la travée orientale. À l'étage, la cuisine et la salle de bains de la travée occidentale persiste à travers les deux états (1933 et 1977) tandis qu'en travée orientale la chambre donnant sur le jardin est transformé en salon, ce qui rejoins l'usage bourgeois de l'enfilade de ces deux pièces en une même travée tout en reprenant la norme qui place le salon sur la rue et la salle-à-manger sur le jardin. L'aménagement de 1977 propose de déplacer la salle de bains qui était implantée en façade de façon à agrandir la chambre donnant sur le boulevard (on rappelle que la salle de bains en façade donnant parfois sur un balcon est attestée à cette période, voir la maison du n°40 boulevard Cote-Blatin, dossier IA63002798). Au dernier étage, le principe d'un retiré permettant le déploiement d'une vaste terrasse est préservée, même si, de l'aveu de l'actuel propriétaire, l'intense circulation automobile en rend l'usage peu agréable (voir à ce propos la fermeture de la terrasse du n°41 boulevard Jean-Jaurès, dossier IA63002867). En 1933, ce dernier étage abrite une chambre et un débarras transformé, en 1977, en chambre tandis qu'un solarium est implanté au débouché de l'escalier. Le projet d'aménagement de 1977 propose de compléter ce niveau avec une salle de bain.

La distribution des pièces par hall central associé à la cage d'escalier, de type double en profondeur, est par conséquent préservée. Elle est emblématique des intérieurs bourgeois, particulièrement lorsqu'elle est dotée de l'enfilade du salon sur rue et de la salle à manger sur jardin, caractéristique que l'on trouve dans la demeure édifié en 1933 presque en vis-à-vis, au n°53 boulevard Jean-Jaurès (voir dossier IA63002870) ou bien au n°33 rue Charles-Fabre (voir dossier IA63002803, Marius Lanquette architecte) pour lequel nous proposions une comparaison avec le n°21 boulevard Cote-Blatin (Marcel Rabany architecte), enfin dans les villas de Valentin Vigneron des n°38, 38 bis et 40 boulevard Cote-Blatin (voir dossiers  IA63002798, IA63002832 et IA63002833).

  • Murs
    • pierre moellon crépi
  • Toits
    bitume
  • Étages
    rez-de-chaussée, 2 étages carrés
  • Couvrements
    • dalle de béton
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    maison d'homme célèbre, à signaler

Documents d'archives

  • AC Clermont-Ferrand, 1 O 1590, Etablissement de bordures de trottoirs, boulevard Cote-Blatin [Jean-Jaurès, partie comprise entre la rue de Rabanesse et l'avenue de Boisséjour], 1926, boulevard Jean-Jaurès [partie comprise entre l'avenue de Boisséjour et la rue des Salins], 1930.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 1590
  • AC Clermont-Ferrand. 2074 W 122: 121. Lotissement Béal, boulevard Jean-Jaurès. 1933.

    AC Clermont-Ferrand : 2074 W 122
  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 2664 21A. [Demande d'alignement maison, 52 boulevard Jean-Jaurès]. 25 mai 1933.

    AC Clermont-Ferrand : O216 2664 21A
  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 625 22A. [Demande d'alignement maison, 53 boulevard Jean-Jaurès]. 23 décembre 1933.

    AC Clermont-Ferrand : O216 625 22A
  • AC Clermont-Ferrand. PC 11384. [Demande de permis de construire, création d'une salle de bains et d'un balcon, maison, 52 boulevard Jean-Jaurès]. 13 février 1978.

    AC Clermont-Ferrand : PC 11384
  • AC Clermont-Ferrand. PC 6094. [Demande de permis de construire immeuble, 50 boulevard Jean-Jaurès]. 16 mars 1964.

    AC Clermont-Ferrand : PC 6094
  • AC Clermont-Ferrand. PC 063113 91 Y 0279. [Demande d'extension ancienne école ménagère, actuel LEP Anna Roddier, 54 boulevard Jean-Jaurès]. 2 août 1991.

    AC Clermont-Ferrand : PC 063113 91 Y 0279

Documents figurés

  • Plan du calcul des surface dressé en conformité du plan d'alignement approuvé par décision de la commission départementale en date du 18 octobre 1913, boulevard sud (partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux, expropriation des immeubles ou parties d'immeuble, droits de toutes natures et servitudes diverses) / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine, Alignements. 0.002 pm. mars 1926. Dess. Extr de [liasse d'archives] "Expropriations: boulevard sud, 1921-1929", AC Clermont-Ferrand, série O : 1 O 224.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
  • [Boulevard Jean-Jaurès, secteur de la place Littré] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°2531-0381, réf. C2531-0381_1953_CDP3726_0424. 1 : 4844. 19 mai 1953. Photogr. pos.

    IGN : C2531-0381_1953_CDP3726_0424
  • [Boulevard Jean-Jaurès, secteur de la place Littré] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°3410-0141, réf. C3410-0141_1985_IFN63-03_0909. 1 : 12244. 23 juillet 1985. Photogr. pos.

    IGN : C3410-0141_1985_IFN63-03_0909
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Fougère Félicie
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Articulation des dossiers
Fait partie de