La maison est implantée en alignement régulier sans pour autant être strictement à l'aplomb du trottoir. Le renfoncement de la travée orientale du premier étage produit un mouvement adroitement introduit par le biseau de la travée centrale, sorte de pointe préludant à l'établissement de l'étroit balcon précédant la salle à manger. L'effet en est perceptible depuis le boulevard sans que l'on puisse distinguer pleinement ce qui, dans cette façade constituée de trois travées équilibrées sans être symétriques et de deux registres horizontaux surmontés par le garde-corps d'un toit-terrasse, contrevient à la sorte de rigidité dont sont parfois affectés les édifices des années 1930. C'est en consultant le plan du premier étage que le procédé s'éclaire. Ainsi la dysmétrie des ouvertures se double d'une différence de morphologie des deux niveaux : le rez-de-chaussée s'inscrit dans un parallélogramme tandis que l'étage se rapproche de la figure du carré. Il semblerait que l'immeuble voisin, édifié trente ans plus tard, en 1964, ait repris cette formule de façon plus classique puisque saillie et renfoncement sont implantés par travée et non pas niveau, produisant par conséquent un effet de travées biaises. La maison et l'immeuble accompagnent chacun à leur manière la courbe qu'ébauche alors le boulevard.
L'architecte Albéric Aubert, précédemment domicilié rue Lamartine, édifie cette villa pour lui-même. A l'origine, la construction est dépourvue de mitoyen (voir la photographie aérienne de l'IGN en 1953), ainsi peut-on la qualifier de villa. Cependant, elle devient une maison par l'implantation dans les années 1960 d'un immeuble mitoyen à l'est et dans les années 1990 d'un bâtiment appartenant au lycée professionnel privé Anna Rodier à l'ouest. Albéric Aubert y installe son cabinet d'architecte au rez-de-chaussée. La construction de maison-mixte1 par les architectes est attestée sur les boulevards par la maison d'Amadon au n°19 avenue d'Italie ou bien encore celle d'Elie Marquet au n°66 boulevard Jean-Jaurès (voir dossier IA63002853). Ces demeures ne sont pas des chefs-d'œuvre mais sont parfois accompagnées, dans leur voisinage immédiat, de réalisations remarquables. Ainsi en est-il au n°17 avenue d'Italie du Cinéma conçu par Amadon (voir dossier IA63002779) ou bien encore de la maison du n°53 boulevard Jean-Jaurès (voir dossier IA63002870) signée Albéric Aubert qui, pour n'être pas plus élégante que sa propre maison du n°52 est résolument plus ostentatoire. La maison du n°52 vaut d'être retenu par son usage, le cabinet d'un architecte dont les réalisations sont particulièrement intéressantes, et parce qu'elle s'inscrit dans le courant de l'architecture des années 1930, reflétant la rigueur et l'inventivité de cette mouvance.
Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.