Dossier d’œuvre architecture IA63002853 | Réalisé par
Fougère Félicie (Contributeur)
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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  • inventaire topographique, La ceinture des boulevards de Clermont-Ferrand
maison
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Clermont-Auvergne-Métropole
  • Commune Clermont-Ferrand
  • Adresse 66 boulevard Jean-Jaurès
  • Cadastre 2022 HP 188
  • Dénominations
    maison

L'îlot triangulaire sur lequel se trouve la maison du n°66 boulevard Jean-Jaurès émane du vestige d'un ancien chemin auquel la voierie moderne ajoute de nouveaux éléments. Sur le plan cadastral de 1831, le "chemin sous Vallières" constitue la branche nord-est d'une fourche partant du chemin de Gravenoire1. L'ancienne parcelle 1021, section L, feuille 3, se trouve comprise dans le triangle que forme la courbe du chemin sous Vallières par l'infléchissement de sa course vers le sud-est. Cette configuration est encore lisible de nos jours dans la fourche de l'extrémité nord de la rue de Bellevue : la rue des Salins forme la branche ouest tandis que l'allée piétonne à l'est fait la jonction avec la rue de Vallières. A partir du croisement avec la rue Gerbert, l'ancien chemin sous Vallières poursuit son cours sous l'appellation de rue de Vallières, coupée, au niveau de la place Littré, par le boulevard Jean-Jaurès. Un lotissement, acté par délibération du 10 avril 1925, s'étend sur une partie de l'ancienne parcelle 1021, section L, feuille 3, de part et d'autre du boulevard Jean-Jaurès jusqu'aux actuelles rues Gerbert et André-Theuriet. Deux des voies qui doivent le desservir, la rue Gerbert et le boulevard Jean-Jaurès ne sont alors pas encore ouvertes "mais les terrains nécessaires à leur assiette appartiennent à la Ville et le lotisseur s'engage à faire l'aménagement sommaire de ces voies en face de son lotissement et à établir les canalisations nécessaires". La rue de Vallières est pourvue des canalisations d'eau, de gaz et d'électricité. Le propriétaire est M. Chabert, architecte. Cependant, sur le plan du boulevard daté de 1926, ce terrain est indiqué comme étant la propriété de Bernheim et Cie via son représentant M. Duplaix2. C'est d'ailleurs ce dernier qui représente les propriétaires madame Bayard et monsieur Raynaud lors de la vente, en 1924, des terrains pour le prolongement du boulevard sud et de l'allée de Vallières jusqu'à ce boulevard. Un courrier envoyé au maire par le propriétaire des actuelles parcelles HP 0190 et 0191 indique qu'il a acquis son terrain auprès de M. Chabert, ce dernier ayant acheté le lotissement Bernheim. La société Bernheim a sans doute préféré vendre la parcelle d'un seul tenant à M. Chabert qui se charge de lotir, ce qui paraît chose faite sur le plan de l'aménagement des bordures de trottoirs, daté entre 1926 et 1930, puisque les parcelles sont réparties entre différents propriétaires.

L'architecte Elie Marquet édifie cette maison pour en faire son cabinet. Comme on peut l'observer dans trois autres cas rencontrés dans le cadre de cette étude, les cabinets d'architectes sont souvent des villas3 dont tout ou partie du rez-de-chaussée est dédié à l'activité professionnelle. De plus, ces villas voisinent avec des réalisations de l'architecte volontiers prestigieuses. En 1924 l'architecte Jean Amadon édifie, au n°19 avenue d'Italie, une maison à rez-de-chaussée professionnel, afin d'y installer son bureau (en parallèle de sa carrière institutionnelle, Amadon mène une activité en libéral) et étage d'habitation. En 1928, il construit au n°21 un immeuble d'un étage d'habitation sur rez-de-chaussée aménagé en garages automobiles4. En 1937, il reprend une formule relativement similaire pour le n°17 bis selon le principe d'un rez-de-chaussée commercial et d'un étage d'habitation. Dans ce secteur, Amadon revient surtout sur la transformation du n°17 par l'aménagement du cinéma le Vox (dossier IA63002779). L'architecte André Verdier occupe une partie de l'îlot, situé entre le boulevard Cote-Blatin et la rue des Prés-Bas, sur laquelle se trouvait son cabinet dont on peut d'ailleurs déplorer la destruction au début des années 1970. Construite dans les années 1930 et agrandie dans les années 1950, sa villa à rez-de-chaussée en partie commercial voisine à l'origine avec l'entreprise de matériau Verdier. Il dessine le projet de la résidence Hélios qui se substitue à l'entreprise, dans la seconde moitié des années 1960 (voir dossier IA63002799). L'enveloppe de cet immeuble ainsi que le traitement des façades sur le boulevard en font un édifice doté d'un fort caractère. De façon plus discrète mais selon le même procédé, l'architecte Albéric Aubert édifie la villa abritant son bureau au n°52 boulevard Jean-Jaurès (voir dossier IA63002869) ; la même année 1933, il dessine la maison en vis-à-vis, au n°53 boulevard Jean-Jaurès (voir dossier IA63002870), qui, pour n'être pas plus élégante que sa propre maison du n°52 est résolument plus ostentatoire. Ainsi, le cabinet de l'architecte s'entoure de l'une de ses réalisations susceptibles de faire de la réclame. Par la suite, à la fin des années 1950, Albéric Aubert, travaille à l'édification du clocher de l'église voisine Sainte-Jeanne-d 'Arc (voir dossier IA63002871). Elie Marquet marque également de son empreinte les abords de son cabinet. Au n°71 boulevard Jean-Jaurès, une villa s'inscrivant, par son écriture nette et équilibrée, dans l'esprit des années 1930 (voir dossier IA63002873) préfigure l'immeuble voisin édifié en 1952. Ce dernier, le n°73 boulevard Jean-Jaurès, reprend encore les codes architecturaux des années 1930 à balcon et bow-window tout en faisant preuve d'une lourdeur des volumes que renforce la surélévation de 1965, cette dernière restant dans le même style sans en rafraichir l'emploi. Enfin, en 1956, Elie Marquet se livre à l'exercice d'une construction sur une parcelle contrainte puisque formant un étroit triangle en proue de l'îlot donnant sur la place Littré. L'immeuble du n°62 boulevard Jean-Jaurès adopte une morphologie de "fer à repasser". L'architecte persiste dans l'adoption de formes des années 1930 avec cet immeuble à bow-window et balcons galbés. La façade est clairement implantée sur le boulevard bien que l'entrée soit placée rue de Vallières en élévation postérieure. L'appartement principal englobe l'angle traité en arrondi à balcon filant et logeant un commerce en rez-de-chaussée. La date tardive pour une telle réalisation ne permet pas que l'on y porte le regard que l'on aurait pour une architecture innovante, ici il faudrait plutôt saluer la maîtrise d'une tradition.

1également nommé chemin de Montaudaoux à Clermont par Gravenoire, sur la feuille 1 de la section L du cadastre de 18312La société Bernheim est spécialisée dans la vente de biens immobiliers et notamment de parcelles à lotir. Son activité, débutée au XIXe siècle, s'achève tragiquement en 1945.3Le terme est ici employé pour désigner une maison sans mitoyen. La mitoyenneté intervient par la suite, au cours du processus de densification urbaine.4Cet édifice est occulté dans les années 1950 par un immeuble en alignement régulier, le repoussant en fond de cour intérieure et le rendant indécelable depuis l'avenue (n°21, Antoine Fustier architecte).

Le 24 octobre madame Bayard et monsieur Raynaud vendent, par l'entremise de leur mandataire M. Duplaix, les terrains nécessaires à l'ouverture du boulevard Jean-Jaurès et de la rue Gerbert, alors projetée comme prolongement de l'allée de Vallières. Une note, datée du 14 avril 1925 et conservée dans le dossier du lotissement Chabert, précise également que le terrain nécessaire à l'assiette du boulevard Jean-Jaurès, de la rue Gerbert et de Vallières a été acquis par la Ville à la "maison Bernheim", représentée à Clermont-Ferrand par M. Duplaix, dont on voit le nom tant sur le plan de numérotage de la rue de Vallières que sur le plan parcellaire d'expropriation du boulevard. La société de biens immobiliers spécialisée dans les lotissements semble finalement vendre le terrain d'un seul tenant, en 1924, à M. Chabert, architecte agréé par la préfecture du Pas-de-Calais, domicilié au 5 rue de la Paix à Thiers (Puy-de-Dôme). Ce terrain est traversé par le boulevard, délimité à l'ouest par la rue Gerbert se poursuivant en rue André-Theuriet et à l'est par la place Littré. L'accord du plan de lotissement de la Ville est prononcé par délibération le 10 avril 1925 et de la préfecture par arrêté le 24 juin 1925. La demande de permis de construire pour la maison de M. Elie Marquet, architecte jusqu'alors domicilié au 85 boulevard Gergovia, date du 11 juillet 1950. Le certificat de conformité est établi le 11 janvier 1952.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1950, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Marquet Elie
      Marquet Elie

      Architecte clermontois, domicilié au 85 boulevard Gergovia en 1950, année au cours de laquelle il installe son cabinet dans une maison qu'il construit, au 66 boulevard Jean-Jaurès. Auteur de la maison du n°71 boulevard Jean-Jaurès en 1948 et de l'immeuble mitoyen (n°73 boulevard Jean-Jaurès) en 1952. Ce dernier s'inspire des réalisations de Jean Guillot, dans les années 1930, dans une manière plus brute issue de la surélévation de deux étages réalisée en 1965, surélévation qui, pour être du même architecte, malgré l'écart de plus de dix années, est particulièrement fidèle au bâtiment d'origine. L'immeuble qu'il édifie en 1956, dans ce même secteur, à l'angle des rues de Vallières et du boulevard Jean-Jaurès (n°62) reflète encore l'attachement aux formes et style des années 1930.

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      architecte attribution par source

Elie Marquet laisse s'exprime son attachement au traitement des volumes pratiqué dans les années 1930 malgré le décalage chronologique, la construction de sa maison datant des années 1950. Le principe d'un renfoncement de la travée centrale employé par Jean Guillot pour l'immeuble voisin est ici inversé (voir dossier IA63002825). L'élargissement de l'îlot permet une scission en deux parcelles et qu'une maison soit construite sur la rue de Vallières ne laissant entre deux qu'une étroite courette. L'entrée est surmontée d'un auvent formant imposte lui-même surplombé par l'arc d'un bow-window à ouverture barlongue. Le jeu de symétrie renforce la présence de la saillie convexe. L'étagement des volumes croissant progressivement jusqu'à la place Littré ainsi que l'alternance des volumes en saillie ou renfoncement ainsi que celle d'arc ou d'angles droits fait de cette séquence un paysage urbain intéressant. Le bureau de l'architecte sur trouve au rez-de-chaussée selon un dispositif relativement proche de l'aménagement adopté par Jean Amadon, en 1924. L'étage est double avec couloir, le séjour occupant la travée en bow-window.

  • Murs
    • pierre moellon crépi
  • Toits
    tuile
  • Étages
    1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Maison inscrite sur la liste des éléments identifiés au titre de patrimoine du PLUI Clermont-Auvergne-Métropole, juin 2024

Documents d'archives

  • AC Clermont-Ferrand. Série O : 1 O 152 1428. Acquisition: actes administratifs (1924), acquisition d'un terrain à Madame veuve Bayard et à M. Raynaud pour l'élargissement de la rue de Vallières, le prolongement du boulevard Sud et de l'allée de Vallières. 24/10/1924.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 152 1428
  • AC Clermont-Ferrand. 2074 W 29. Lotissement Chabert, boulevard Jean-Jaurès. 1929.

    AC Clermont-Ferrand : 2074 W 29
  • AC Clermont-Ferrand, 1 O 1590, Etablissement de bordures de trottoirs, boulevard Cote-Blatin [Jean-Jaurès, partie comprise entre la rue de Rabanesse et l'avenue de Boisséjour], 1926, boulevard Jean-Jaurès [partie comprise entre l'avenue de Boisséjour et la rue des Salins], 1930.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 1590
  • AC Clermont-Ferrand. O216 2246 23A. [Demande de permis de construire maison, 6 rue des Prés-Bas]. 11 août 1936.

    AC Clermont-Ferrand : O216 2246 23A
  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 1153 27A. [Demande d'alignement, maison, 71 boulevard Jean-Jaurès]. 9 octobre 1948.

    AC Clermont-Ferrand : O216 1153 27A
  • AC Clermont-Ferrand. O216 197 28A. [Demande de permis de construire agrandissement maison, 6 rue des Prés-Bas]. 25 avril 1949.

    AC Clermont-Ferrand : O216 197 28A
  • AC Clermont-Ferrand. O216 1469 28A. [Demande de permis de construire maison, 66 boulevard Jean-Jaurès]. 11 juillet 1950.

    AC Clermont-Ferrand : O216 1469 28A
  • AC Clermont-Ferrand. PC 400. [Demande de permis de construire immeuble, 73 boulevard Jean-Jaurès]. 15 avril 1952.

    AC Clermont-Ferrand : PC 400
  • AC Clermont-Ferrand. PC 2452. [Demande de permis de construire immeuble, 62 boulevard Jean-Jaurès et 18 rue de Vallières]. 11 juillet 1956.

    AC Clermont-Ferrand : PC 2452
  • AC Clermont-Ferrand. PC 6632. [Demande de permis de surélevé immeuble, 73 boulevard Jean-Jaurès]. 26 avril 1965.

    AC Clermont-Ferrand : PC 6632
  • AC Clermont-Ferrand. PC 63 113 00 Y 0027. [Demande de permis d'aménagement d'un commerce, 73 boulevard Jean-Jaurès]. 3 février 2000.

    AC Clermont-Ferrand : PC 63 113 00 Y 0027

Documents figurés

  • Section L de Vallière, 3ième feuille [détail, Clermont-Ferrand] / service du cadastre. 1831. Dess. Extr. de feuille, AD Puy-de-Dôme, 51 FI 1550

    AD Puy-de-Dôme : 51 FI 1550
  • Plan de numérotage des immeubles, rue de Vallières / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine. 1925. Extr. de [liasse d'archives] "Numérotage des immeubles et maisons, 1911-1925", AC Clermont-Ferrand, série 1 O 90.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 90
  • Plan du calcul des surface dressé en conformité du plan d'alignement approuvé par décision de la commission départementale en date du 18 octobre 1913, boulevard sud (partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux, expropriation des immeubles ou parties d'immeuble, droits de toutes natures et servitudes diverses) / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine, Alignements. 0.002 pm. mars 1926. Dess. Extr de [liasse d'archives] "Expropriations: boulevard sud, 1921-1929", AC Clermont-Ferrand, série O : 1 O 224.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Fougère Félicie
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Articulation des dossiers
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