L'îlot triangulaire sur lequel se trouve l'immeuble du n°64 boulevard Jean-Jaurès émane du vestige d'anciens cheminements auquel la voierie moderne ajoute de nouveaux éléments. Sur le plan cadastral de 1831, le "chemin sous Vallières" constitue la branche nord-est d'une fourche partant du chemin de Gravenoire1. L'ancienne parcelle 1021, section L, feuille 3, se trouve comprise dans le triangle que forme la courbe du chemin sous Vallières par l'infléchissement de sa course vers le sud-est. Cette configuration est encore lisible de nos jours dans la fourche de l'extrémité nord de la rue de Bellevue: la rue des Salins forme la branche ouest de cette fourche tandis que l'allée piétonne à l'ouest fait la jonction avec la rue de Vallières. A partir du croisement avec la rue Gerbert, l'ancien chemin sous Vallières poursuit son cours sous l'appellation de rue de Vallières, coupée, au niveau de la place Littré, par le boulevard Jean-Jaurès. L'ancienne parcelle 1021, section L, feuille 3 ainsi traversée de nouvelles voies est rachetée, vers 1924, par la société Bernheim afin d'en lotir le terrain. Elle en revend la moitié orientale à M. Chabert dont le but est similaire à celui des Bernheim puisqu'il envisage de lotir ce terrain. Le découpage parcellaire pour lotissement a l'air achevé sur le plan d'aménagement des bordures de trottoir. La pointe du triangle formé par l'ouverture du boulevard est alors encore rattachée au terrain de M. Mallet (voir dossier IA63002887). L'actuelle parcelle HP 0186 est la première à être édifiée, en 1939. Elle est ensuite cernée par les réalisations de l'architecte Elie Marquet : son cabinet, à l'ouest, construit en 1950 et, à la tête de l'îlot sur la place Littré, sur une parcelle en étroit triangle, un immeuble en fer à repasser en 1956 (voir dossier IA63002853). La diminution de l'enveloppe des bâtiments, de l'immeuble de la pointe comptant trois étages, à la maison de l'architecte Marquet n'en possédant qu'un seul, se fait par la transition de l'immeuble du n°64 à deux étages. Ainsi, l'étagement des volumes empêche la rupture de rythme. L'immeuble du n°66 s'individualise cependant par la concavité de la travée d'entrée, placée au centre de la façade. Cet édifice peut être inséré dans une série de réalisations, datant des années 1930, et dont l'architecte Valentin Vigneron est le principal créateur.
- inventaire topographique, La ceinture des boulevards de Clermont-Ferrand
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Clermont-Auvergne-Métropole
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Commune
Clermont-Ferrand
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Adresse
64 boulevard Jean-Jaurès
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Cadastre
2025
HP
186
;
1831
L3
1021
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Dénominationsimmeuble
Les demandes de permis de construire et de branchement à l'égout sont déposées le 8 juin 1939. Le certificat d'achèvement des travaux date du 19 août 1940.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
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Dates
- 1939, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
Bosser Jeanarchitecte attribution par sourceBosser JeanCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Jean Bosser (Clermont-Ferrand, 22 février 1902, idem, 21 octobre 1984) suivit des études d’architecture à l’École spéciale des Travaux publics de Paris puis à l’École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand. Il exerça de 1926 à 1980 à Clermont-Ferrand et plus largement dans le Puy-de-Dôme. A la fin des années 1930, il est domicilié au 72 rue Lamartine. En 1965, son adresse est au n°7 du boulevard Duclaux.
A conçu en particulier, en 1951, les plans de certaines des maisons "Castor" de la cité ouvrière Michelin du Clos-Chanturgue à Clermont-Ferrand. Aurait également travaillé à des projets pour l'établissement thermal du Mont-Dore à la fin des années 1940. En 1929 puis en 1933, la maison et l'immeuble édifiés au 81 boulevard Jean-Jaurès et au 16 boulevard Fleury ne se démarquent pas des productions de l'époque encore très influencée par le style des années 1910. En revanche, en 1933, il dessine les plans de l'immeuble du 59 boulevard Jean-Jaurès qui prend la manière moderne (travée centrale en bow-window, couronnement par entablement, abandon de l'ornement des baies). En 1938, il produit les plans de la maison du n°1 du boulevard Cote-Blatin. La contrainte parcellaire, un triangle donnant au bâtiment le profil d'un fer à repasser, l'amène à adopter une solution que l'on voit émerger en 1937 chez Valentin Vigneron (renfoncement de travée ménageant des balcons), au n°29 du boulevard Cote-Blatin ou au n°110 du boulevard Lavoisier, sans que pour autant le morphologie parcellaire ait induit ce parti pour ce dernier. En 1939, pour l'immeuble du n°64 boulevard Jean Jaurès, Jean Bosser persiste dans l'inspiration de Vigneron (traitement de la travée centrale rappelant celle du 24 boulevard Jean-Jaurès, V. Vigneron architecte, 1938). C'est également en 1939, qu'il s'écarte de cette source d'inspiration pour l'immeuble de la Caisse primaire de l'Union des sociétés de Secours mutuel, au 50 avenue d'Italie puis, au début des années 1960 pour sa surélévation. La même année (1939), il produit les plans d'un immeuble au n°9 boulevard Cote-Blatin. La réalisation s'écarte du projet d'origine et y perd son sobre équilibre. En 1947, il propose le bâtiment en extension de l'école ménagère Sainte-Jeanne -d'Arc, au 54 boulevard Jean-Jaurès, dont l'élévation sud se conforme au bâtiment préexistant (Charles Marc, architecte) mais dont la façade, à l'est, révèle une série d'ouvertures barlongues. Il poursuivra l'évolution du site en édifiant, en 1962, un bâtiment en fond de parcelle à élévation en ossature béton conservant en façade le principe des ouvertures barlongues. En 1951, le dessin d'élévation de la maison au 81d du boulevard Jean-Jaurès reprend le quadrillage en faux-joints de Valentin Vigneron tandis que les volumes sont d'expression assez brute, en parallèle, l'année d'après, la maison du 81e boulevard Jean-Jaurès revient au code traditionnel (bossage du rez-de-chaussée, fonctionnalisme). En 1955, il s'associe à Valentin Vigneron pour réaliser l'immeuble du n°31 boulevard Cote-Blatin. Si la symétrie de l'édifice peut renvoyer à la manière de Jean Bosser, le marquage des lignes horizontales et verticales de l'ossature en béton du bâtiment est volontiers employé par Valentin Vigneron. On retrouve cette affection pour la symétrie dans l'immeuble édifié dans le courant des années 1960 au n°3 du boulevard Jean-Jaurès. Dans la seconde moitié des années 1960, il est architecte d'opération de la résidence universitaire de jeunes filles, située au n°24 du boulevard Cote-Blatin (maître d'ouvrage, ministère de l'éducation nationale, direction de l'équipement scolaire universitaire et sportif, office public d'HLM de la ville de Clermont-Ferrand, architecte en chef Auguste Arsac, 180 bd Saint-Germain, Paris). Cette opération immobilière implantée sur une vaste parcelle ne s'affranchit pas totalement de l'alignement par rapport à la voirie mais adopte une non mitoyenneté ménageant un effet de dissémination en bord de rive.
Le milieu catholique lui assura des commandes importantes, parmi lesquelles, à Clermont-Ferrand, dans les années 1930, les chapelles de la Maîtrise (école Massillon) et de l’évêché (rue Pascal), et dans les années 1950-1960, les églises Notre-Dame de la Route, Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus (avec Jean-Louis Douat), Sainte-Bernadette et Saint-Austremoine.
Il construisit aussi à Clermont-Ferrand trois cinémas : l’« ABC », « L’Ambiance », « Le Globe », ainsi que la salle Saint-Genès (à l’arrière du n° 9 place Michel-de-l’Hospital). Il fut enfin le maître d’œuvre de nombreuses maisons (certaines très modestes) et d’immeubles d’habitation (par exemple à Clermont-Ferrand n° 9 place Michel-de-l’Hospital et n° 13 avenue des États-Unis).
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Auteur :
Dans cette façade structurée en symétrie par une travée centrale en un renfoncement logeant des balcons en éventail, Jean Bosser reprend le parti que Valentin Vigneron applique au n°24 boulevard Jean-Jaurès (1936). Cependant, on note que la profondeur d'embrasure sert à dégager des pans biais accueillant des ouvertures. L'articulation des éléments ne se fait pas par la mise en scène de la travée centrale mais plutôt par l'exploitation des retours latéraux que son renforcement permet. C'est alors à un autre immeuble de Valentin Vigneron que nous comparons l'édifice : au n°43 boulevard Aristide Briand, datant de 1939, les balcons de la travée centrale en renfoncement sont cloisonnés afin que les ouvertures des pans biais ne soient pas en vis-à-vis. La partition correspond à l'implantation de deux appartements par étage, ce qui ne se retrouve pas au n°64 boulevard Jean-Jaurès. Cependant le traitement de l'embrasure formée par la concavité de la travée est similaire dans les deux cas. La contemporanéité de la dépose des permis de construire ne permet pas de déterminer qui de Bosser ou de Vigneron inspire l'autre.
En plan, la formule de Vigneron pour le n°24 embrasse l'ensemble du bâtiment en inversant l'effet à l'arrière du bâtiment : la travée en renfoncement de la façade est en saillie en élévation postérieure. Le n°64 limite le jeu de volume à la façade et offre une élévation arrière à travées irrégulièrement implantées. Le rez-de-chaussée des deux immeubles recourt à la même partition de deux appartements départagés par le vestibule d'entrée avec chambres, pour le n°64, living-room, pour le n°24, sur l'avant et cuisines à l'arrière. Les étages sont ceux d'un immeuble-maison (un seul appartement par étage). De façon similaire au n°24, la distribution se fait par un hall central, la disposition des pièces étant double en profondeur. La cuisine est rejetée à l'arrière. L'implantation de la salle de bain est en revanche différente : occupant une travée latérale au n°24, elle est, au n°64, implantée en travée centrale. Ainsi s'explique la présence d'oculi au-dessus de l'entrée, les portes-fenêtres sur les balcons étant réservées à la salle à manger et la chambre. La présence de la salle de bain en façade se retrouve au 38 et 38 bis boulevard Cote-Blatin (Valentin Vigneron architecte, dossier IA63002798 et dossier IA63002832), pour lesquels l'exiguïté parcellaire peut servir d'explication, ainsi qu'au 49 boulevard Cote-Blatin (Arnaud Julien architecte, dossier IA63002839) ou bien encore au 21 boulevard Cote-Blatin (Marcel Rabany architecte) pour lesquels, la place ne manquant pas, il semble que la salle de bain soit mise à l'honneur pour le confort qu'elle représente.
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Murs
- pierre moellon crépi
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Toitsbitume
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Étages2 étages carrés
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Couvrements
- dalle de béton
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Couvertures
- terrasse
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
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Intérêt de l'œuvreà signaler
Immeuble inscrit sur la liste des éléments identifiés au titre de patrimoine du PLUI Clermont-Auvergne-Métropole, juin 2024
- © Ministère des finances et des comptes publics, www.cadastre.gouv.fr
- © Ministère des finances et des comptes publics, www.cadastre.gouv.fr
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- © Archives départementales du Puy-de-Dôme
- © Archives communales de Clermont-Ferrand
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- © Fonds privé
- © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
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Documents d'archives
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AC Clermont-Ferrand : 2074 W 29
AC Clermont-Ferrand. 2074 W 29. Lotissement Chabert, boulevard Jean-Jaurès. 1929.
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AC Clermont-Ferrand : 1 O 1590
AC Clermont-Ferrand, 1 O 1590, Etablissement de bordures de trottoirs, boulevard Cote-Blatin [Jean-Jaurès, partie comprise entre la rue de Rabanesse et l'avenue de Boisséjour], 1926, boulevard Jean-Jaurès [partie comprise entre l'avenue de Boisséjour et la rue des Salins], 1930.
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AC Clermont-Ferrand : O216 45 24A
AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 45 24A. [Demande d'alignement, immeuble, 24 boulevard Jean-Jaurès]. 20 octobre 1936.
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AC Clermont-Ferrand : O216 807 25A
AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 807 25A. [Demande d'alignement, immeuble, 64 boulevard Jean-Jaurès]. 8 juin 1939.
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AC Clermont-Ferrand : O216 925 25A
AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 925 25A. [Demande d'alignement immeuble, 43 boulevard Aristide-Briand]. 12 juillet 1939.
Documents figurés
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AD Puy-de-Dôme : 51 FI 1550
Section L de Vallière, 3ième feuille [détail, Clermont-Ferrand] / service du cadastre. 1831. Dess. Extr. de feuille, AD Puy-de-Dôme, 51 FI 1550
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AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
Plan du calcul des surface dressé en conformité du plan d'alignement approuvé par décision de la commission départementale en date du 18 octobre 1913, boulevard sud (partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux, expropriation des immeubles ou parties d'immeuble, droits de toutes natures et servitudes diverses) / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine, Alignements. 0.002 pm. mars 1926. Dess. Extr de [liasse d'archives] "Expropriations: boulevard sud, 1921-1929", AC Clermont-Ferrand, série O : 1 O 224.
Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
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