La ville de Faverges apparaît au Moyen Âge. Elle se développe au pied du château (IA74001055) établi sur une éminence dominant la plaine, sur les pentes du Crêt de Chambellon. Le nom de Faverges dérive du latin Fabricae, les Fabriques : en effet, le bourg, qui bénéficie de la protection du château, prospère grâce à une importante activité artisanale utilisant un bief dérivé d'une exsurgence qui traverse la ville. En 1350, celle-ci compte déjà une papeterie, une tannerie, cinq clouteries, trois forges pour le cuivre et deux pour le fer. Bien que dépendant théoriquement de la paroisse de Viuz, l'agglomération de Faverges supplante rapidement, en taille et en influence, ce village héritier de l'antique vicus de Casuaria : en 1318, Faverges obtient une charte de franchise du comte de Savoie Amédée V. L'activité métallurgique, liée à la proximité de la montagne de la Sambuy où les moines de Tamié exploitent la mine de fer de la Bouchasse, prend son essor au XVe siècle. On trouve alors à Faverges des renardières (four permettant d'obtenir directement le fer à partir du minerai et sans passer par la fonte, grâce à l'écoulement du laitier par un conduit appelé "queue de renard") pour fondre le minerai, et des martinets pour travailler le fer et le cuivre. Au siècle suivant, la famille Castagnéri de Chateauneuf installe des forges à Faverges tandis que les moines de Tamié établissent un haut-fourneau à Seythenex.
Jusqu'au XIXe siècle, l'aspect global de la ville reste peu ou prou similaire à ce que décrit en 1635 Maurice Barfelly, procureur fiscal au conseil de Genevois à Annecy : "le bourg et ville de Faverges est [...] composé de 80 maisons, clos de murailles des mêmes maisons ; on y entre par trois portes ; il contient 310 pas de longueur et 70 de largeur. [...] Il n'y a que deux rues et par le milieu de la grande, passe un ruisseau qui fait moudre trois moulins à blé, deux martinets à cuivre, une papeterie, outre plusieurs autres fabriques où se font de très bons clous de chaudron de cuivre et autres belles matières fort bien élaborées...".
En 1810, l'industriel lyonnais Jean-Pierre Duport dit le Jeune (1756-1822), originaire de Faverges mais installé à Lyon où il possède deux filatures de coton, décide d'acheter le château de Faverges pour installer une manufacture de soierie, afin de s'affranchir des difficultés d'approvisionnement en coton engendrées par le blocus continental. La manufacture, reprise en 1820 par son gendre, le baron Nicolas Blanc, devient l'une des plus importantes de Savoie, employant jusqu'à 1 000 ouvriers en 1855 ; elle fonctionne jusqu'en 1978, après avoir été rachetée en 1902 par Hans Stünzi. Ce dernier modernise les soieries et fait venir son gendre Hermann Stäubli qui installe un atelier de fabrication de métiers à tisser (voir IA74001057). Faverges devient dans la 1ère moitié du XIXe siècle une ville industrielle et connait un important développement hors les murs, en particulier le long de la route d'Annecy où sont notamment construites la mairie et l'école.
Chargé de mission patrimoine bâti au Parc naturel régional du Massif des Bauges, en convention pour réaliser l'inventaire du patrimoine bâti de 2009 à 2023.