Dossier d’œuvre architecture IA63002812 | Réalisé par
Fougère Félicie (Contributeur)
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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  • inventaire topographique, La ceinture des boulevards de Clermont-Ferrand
immeuble
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Clermont-Auvergne-Métropole
  • Commune Clermont-Ferrand
  • Adresse 1 place Littré , 65 boulevard Jean-Jaurès
  • Cadastre 2025 H0 0070 1ière feuille ; 1831 L 1021 3ième feuille
  • Dénominations
    immeuble

La propriété Mallet, ancienne parcelle 1021 section L (3ième feuille) du cadastre de 1831, est percutée par le passage du boulevard Jean-Jaurès qui enlève une construction "en briques à plat de 0.08 d'épaisseur et bois, couverture tuiles mécaniques, construction en mauvais état" ainsi que des "hangars en mauvais état, couvertures tuiles creuses et tôle fer, mur planches et tôle métallique...". Cette propriété est également rognée par l'élargissement de la rue de Vallières, traversée par le tracé de la rue Henri-Rivière et faiblement impactée par la rue André-Theuriet. En 1926, une note à M. le Maire préconise d'attendre avant de négocier une acquisition : le terrain de "M. Mallet étant susceptible de lotissement, nous vous proposons de ne pas en poursuivre l'acquisition et d'attendre le dépôt d'un projet de lotissement. Dans ce dernier cas, la presque totalité du terrain devrait nous être cédée gratuitement." Un lotissement, acté par délibération du 10 avril 1925, s'étend à l'ouest du terrain Mallet, de part et d'autre du boulevard Jean-Jaurès jusqu'aux actuelles rues Gerbert et André-Theuriet. Deux des voies qui doivent le desservir, la rue Gerbert et le boulevard Jean-Jaurès ne sont pas encore ouvertes "mais les terrains nécessaires à leur assiette appartiennent à la Ville et le lotisseur s'engage à faire l'aménagement sommaire de ces voies en face de son lotissement et à établir les canalisations nécessaires". Le propriétaire en est M. Chabert, architecte. Cependant, sur le plan du boulevard daté de 1926, ce terrain, par ailleurs plus largement étendu vers l'ouest, est indiqué comme étant la propriété de Bernheim et Cie via son représentant M. Duplaix1. C'est d'ailleurs ce dernier qui représente les propriétaires mesdames Bayard et Raynaud lors de la vente, en 1924, des terrains pour le prolongement du boulevard sud et de l'allée de Vallières jusqu'à ce boulevard. Enfin, sur le plan de l'aménagement des bordures de trottoirs, daté entre 1926 et 1930, les parcelles sont réparties entre différents propriétaires. Un courrier envoyé au maire par le propriétaire des actuelles parcelles HP 0190 et 0191 indique qu'il a acquis son terrain auprès de M. Chabert, ce dernier ayant acheté le lotissement Bernheim. La société Bernheim a sans doute loti la partie ouest du terrain et à cédé en bloc le secteur est à M. Chabert, charge pour ce dernier de finir de vendre les lots. Toujours est-il qu'à partir de la loi du 19 juillet 1924, la Ville est particulièrement attentive à l'emplacement de potentiels lotissements afin de réduire ses propres coûts de voierie et de viabilisation.

La parcelle HO 0070 correspond à la pointe orientale de l'îlot. Le devant de parcelle présente un arrondi difficilement logeable. Ainsi peut s'expliquer le caractère tardif de son édification. C'est en effet le dernier immeuble à être construit autour de la place Littré (c'est là ce que l'on peut constater sur une photographie aérienne datée de 1964). Contrairement aux autres immeubles ou maisons de la place ne présentant vers cette dernière que des façades latérales, l'immeuble du n°65 boulevard Jean-Jaurès déploie sa façade en arrondie en direction de l'espace urbain que constitue la place. Le caractère convexe de la façade est redoublé par les larges balcons régnants. L'immeuble est donc un élément fort de la place. L'œil le perçoit depuis l'extrémité de la courbe que forme le boulevard avant son débouché sur la place Littré.

1La société Bernheim est spécialisée dans la vente de biens immobiliers et notamment de parcelles à lotir. Son activité, débutée au XIXe siècle, s'achève tragiquement en 1945.

Le dépôt de demande de permis de construire date du 29 octobre 1962. Le projet dépasse le coefficient d'utilisation du sol prévu par le plan d'urbanisme du 10 décembre 1962. Le propriétaire s'engage, en janvier 1964, à verser l'indemnité compensatrice pour la création d'espaces verts ou d'espaces libres. L'arrêté accordant le permis de construire est délivré le 7 mars 1964. Cependant, en novembre 1966, le bureau d'hygiène refuse d'émettre le permis d'habiter pour défaut d'aération de W.C. et salle d'eau ainsi que pour modification des plans d'origine. Le certificat de conformité n'est délivré que le 29 mai 1969.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1962, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Vigneron Valentin
      Vigneron Valentin

      Architecte, né le 17 février 1908, mort le 04 novembre 1973. Adresses: 22 bis place de Jaude dans les années 1930 ; 3 rue Colbert dans les années 1940 et 1950. Dans les années 1930 et 40, les plans sont formellement dessinés selon la même disposition : filets d'encadrement comprenant l'identité du propriétaire et la localisation en marge supérieure et identification de l'architecte, lieu et date en marge inférieure.

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La parcelle HO 0070 est située en tête d'un îlot donnant sur la place Littré. La spécificité du projet, que souligne le plan d'implantation, est d'étendre la construction à la presque totalité du terrain produisant ainsi un bâtiment à la façade déployée en U et à l'élévation postérieure se repliant en V. La convexité de la forme permet d'appliquer une parfaite symétrie à la façade sans risquer la raideur du plan trop géométrique. Le déploiement des quatre travées centrales sur la place aurait également pu alourdir l'édifice. Valentin Vigneron évite cet écueil en prolongeant la ligne de façade sur les élévations latérales au moyen des larges balcons régnants. Le procédé de la façade épaisse est ici poussé à son expression de légèreté maximum par l'absence de cloison délimitant les balcons de chaque appartement, balcons qui se poursuivent ainsi à la manière de galeries d'un bout à l'autre de la façade. La délimitation des travées et le soutien de la saillie sont opérés au moyen de poutrelles partant du premier étage et montant jusqu'au dernier niveau. La légèreté se trouve encore affirmée par l'exclusivité des ouvertures en portes-fenêtres éliminant les pleins de travées et réduisant les trumeaux. La transparence qui en découle se retrouve au rez-de-chaussée grâce au vitrage continu des devantures de commerces. Poutrelles et portes-fenêtres ont également pour effet de contrebalancer l'horizontalité des balcons par une touche de verticalité. Le premier étage fait office de socle, rôle habilement souligné par les baies centrales de forme barlongue. Ce premier étage reçoit des plans modificatifs le distinguant des autres étages : il est dévolu à des activités professionnelles (un cabinet médical et un bureau recevant du public). Les autres étages se répartissent symétriquement et, par conséquent, de façon égalitaire entre deux appartements doubles avec couloirs disposés de part et d'autre de l'escalier central. Les pièces intimes ou de service, cuisines et salles de bains, sont rejetées sur la courette tandis que les séjours sont implantés dans l'arrondi du plan de façade, profitant ainsi d'une double orientation. L'espace partagé est situé au rez-de-chaussée avec un garage à vélos et voitures pour enfant ainsi qu'au niveau de la terrasse par l'implantation de séchoirs couverts.

Malgré sa forme particulière, cet édifice ne constitue pas une première dans la carrière de Valentin Vigneron. Il dépose, en 1956, une demande de permis concernant un immeuble également situé en tête d'îlot, au carrefour de la rue de Bellevue et du boulevard Aristide-Briand, pour lequel une hybridation de V et de U est adoptée. Pour cet immeuble (voir dossier IA63002823), l'architecte délaisse la forme éprouvée des travées d'angle du bow-window surmontant un rez-de-chaussée en pan coupé (voir dossier IA63002863) ou bien abandonne une solution consistant à creuser les travées d'angles en une concavité pouvant loger des balcons à l'image du 29 boulevard Cote-Blatin (voir dossier IA63002797) pour finalement adopter une convexité généralisée de fond sur les quatre travées du carrefour. L'espace intérieur est réparti en trois appartements dont deux symétriques donnant sur les voies et un plus exigu ouvrant sur le carrefour. En 1956 également, Valentin Vigneron dote la façade de l'immeuble d'angle du boulevard Aristide-Briand et de la rue de la Rochefoucault, au n°25, d'une courbe évitant le recours au pan coupé (voir dossier IA63002824). L'angle convexe est intégré à l'appartement le plus vaste. Avatar bien plus récent de ce parti, en 1996 les architectes Pierre et Cédric Vigneron structurent l'immeuble du carrefour du boulevard Fleury, de l'avenue des Paulines et de la rue de l'Oradou par une façade en courbe (voir dossier IA63002786).

  • Murs
    • béton parpaing de béton crépi
  • Toits
    bitume
  • Étages
    rez-de-chaussée, 4 étages carrés
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis avec jour
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée, Copropriété
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • AC Clermont-Ferrand. Série O : 1 O 1193. Projet d'acquisition de terrain à Monsieur Mallet pour l'assiette du boulevard Jean Jaurès et des rues de Vallières, Henri Rivière et André Theuriet (plan et métré non daté, Extrait des états estimatifs parcellaires : 1923, Estimations des terrains à acquérir : 1925-1926, Notes : 1923-1926.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 1193
  • AC Clermont-Ferrand. 2074 W 29. Lotissement Chabert, boulevard Jean-Jaurès. 1929.

    AC Clermont-Ferrand : 2074 W 29
  • AC Clermont-Ferrand, 1 O 1590, Etablissement de bordures de trottoirs, boulevard Cote-Blatin [Jean-Jaurès, partie comprise entre la rue de Rabanesse et l'avenue de Boisséjour], 1926, boulevard Jean-Jaurès [partie comprise entre l'avenue de Boisséjour et la rue des Salins], 1930.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 1590
  • AC Clermont-Ferrand. 1606 17A. Demande alignement 70 bd Jean-Jaurès. 17 mars 1926.

    AC Clermont-Ferrand : 1606 17A
  • AC Clermont-Ferrand. PC 1471. [Demande de permis de construire immeuble, 25 rue de La Rochefoucault]. 27 février 1956.

    AC Clermont-Ferrand : PC 2233
  • AC Clermont-Ferrand. PC 2398. [Demande de permis de construire immeuble, 84 boulevard Aristide-Briand]. 4 juin 1956.

    AC Clermont-Ferrand : PC 2398
  • AC Clermont-Ferrand. PC 5443. [Demande de permis de construire immeuble, 54 boulevard Jean-Jaurès et 1 place Littré]. 9 août 1962.

    AC Clermont-Ferrand : PC 5443

Documents figurés

  • Plan du calcul des surface dressé en conformité du plan d'alignement approuvé par décision de la commission départementale en date du 18 octobre 1913, boulevard sud (partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux, expropriation des immeubles ou parties d'immeuble, droits de toutes natures et servitudes diverses) / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine, Alignements. 0.002 pm. mars 1926. Dess. Extr de [liasse d'archives] "Expropriations: boulevard sud, 1921-1929", AC Clermont-Ferrand, série O : 1 O 224.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
  • [Jean-Jaurès, secteur place Littré] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°5688, réf. C2531-0211_1964_CDP4038_5688. 1 : 8579. 05 juillet 1964. Photogr. pos.

    IGN : C2531-0211_1964_CDP4038_5688
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Fougère Félicie
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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