Dossier d’œuvre architecture IA38001001 | Réalisé par
Guégan Catherine
Guégan Catherine

Chercheuse au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel d'Auvergne-Rhône-Alpes (2006-...)

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  • enquête thématique régionale, Patrimoine des lycées
Collège de jésuites, dit Royal-Dauphin, puis école centrale, lycée, collège royal, lycée de garçons puis lycée de jeunes filles, actuellement cité scolaire Stendhal
Œuvre monographiée
Auteur
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Auvergne-Rhône-Alpes - Grenoble
  • Commune Grenoble
  • Adresse 1 bis place Jean-Achard
  • Cadastre 1810 i 613, 614, 615  ; 1864 B 732  ; 2018 BS 27, 28

I. Les origines du collège

Créé à la fin du 15e siècle à l'initiative de la ville et dirigé par des séculiers, le collège n'a pas de lieu d'enseignement déterminé avant la fin du 16e siècle. Ce n'est qu'en 1596 qu'une commission communale est désignée pour l'érection d'un bâtiment destiné à l'abriter1 : faute de moyens, le projet n'aboutit pas. En 1606, la ville confie aux dominicains la direction du collège, installé dans leur couvent. Dans le même temps, les jésuites cherchent à implanter à Grenoble un établissement d'éducation. En novembre 1622, ils obtiennent de Louis XIII, de passage dans la ville, l’autorisation de bâtir une maison et une église " pour y faire toutes les fonctions et exercices attribués à leur ordre "2, autorisation confirmée par un arrêt du Parlement de Grenoble le 10 mars 16233. Sous la direction du père Gaultier, qui a déjà fondé une résidence à Bourg-en-Bresse (futur collège), les jésuites s'installent en 1623 au nord de la rue de Bonne, rue Bournolenc, laquelle prendra par la suite le nom de rue des Vieux-Jésuites (actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau)4. En 1628, le frère Etienne Martellange et le père Edmond Moreau, qui ont déjà œuvré au collège de la Trinité de Lyon et au collège de Vienne, sont sollicités pour dresser le plan d'un premier projet de résidence5, lequel n'inclut pas encore de locaux d'enseignement. Longtemps considéré comme perdu, ce plan a été récemment retrouvé par A. Sénard-Kiernan dans le fonds des archives romaines de la Compagnie de Jésus6 (ill. ci-dessous). Extrêmement fruste, il juxtapose une maison existante à la distribution irrégulière à une église implantée sur une parcelle mitoyenne étroite, s'imbriquant l'une dans l'autre au niveau du chevet. On relève la présence d'un jardin à l'arrière des bâtiments et le tracé de l'ancienne enceinte romaine.

Plan de 1628, par E. Martellange (Rome, A.R.S.I., Prov. Lugd. 35, f. 205°)Plan de 1628, par E. Martellange (Rome, A.R.S.I., Prov. Lugd. 35, f. 205°)

Une bulle du pape Urbain VIII accorde en 1630 aux jésuites de Grenoble des indulgences qui vont leur permettre de financer l'acquisition des terrains nécessaires à la construction de leur collège. La transformation de la résidence, devenue maison professe en 1631, en établissement d'enseignement est entérinée lors de la VIIIe Congrégation générale de l'ordre (novembre 1645 - avril 16467). Le projet rencontre cependant une forte opposition des dominicains (qui jusqu'alors détiennent le monopole de l'enseignement) et du Parlement. Ce dernier a en effet été saisi en 1651 d'une requête des consuls de la ville de Vienne, qui craignent que l'établissement des jésuites grenoblois ne porte préjudice à celui de leur ville8. Mais soutenus par Anne d’Autriche, les jésuites obtiennent la suppression des classes du collège des dominicains et le transfert à leur profit de l'autorisation d'enseigner. Toutefois le conflit avec les dominicains pour l'exercice de certains enseignements (philosophie, théologie) perdure jusqu'au début du siècle suivant9.

II. L'installation rue de Bonne

1. Une lente constitution de l'emprise foncière

Les jésuites inaugurent leur enseignement en 1651 ; le traitement d'une partie des professeurs est assuré par des donations privées, telle celle de Louise de Clermont, baronne d'Uriage, en 1655-56, de 4000 livres pour l'entretien d'un professeur de philosophie ou de Jean-Louis Ponnat de Garcin, maître en la Chambre des comptes du Dauphiné, en 1661, de 4000 livres pour la fondation d'une classe de cas de conscience10.

Pourtant autorisée dès le 30 mai 1634 par le Conseil de ville, présidé par Ennemond Baudet11, la construction du nouveau collège et de son église, qui sera largement subventionnée par Louis XIV, ne débute dans les faits qu'en 1660. L'emplacement retenu, au sud de la ville (voir carte ci-dessous), se situe entre la rue Neuve de Bonne et le rempart. Soit l'un des lieux les plus emblématiques de la politique d'aménagement urbain grenobloise au 17e siècle.

Carte de Grenoble en 1630, avec la localisation du futur collègeCarte de Grenoble en 1630, avec la localisation du futur collège

Les édiles voient dans le choix de cet emplacement un avantage important pour la ville, en raison des changements que va apporter à la physionomie de la rue l’implantation de ce nouvel édifice, " par l'embellissement que le batiment rapportera à la rüe de Bonne qui est une des principales soit pour la commodité que les habitans auront plus grande de fréquenter l'église des P. Jésuites, en ce lieu où les principales rues de la Ville aboutissent, soit pour l'utilité et le bien que les aboutissans et tous le public recevront en remédiant à l'incommodité que les égous et cloaques leur rapportent par la mauvaise odeur et par la rétention des boues "12.

L'acquisition de terrains et maisons pour établir le collège s'échelonne sur une vingtaine d'années. Les premières attestées dans les sources sont réalisées en janvier et septembre 1643 (et non en 1634 comme l'affirme MOISY, 1958, p. 208 : à cette date l'acquisition de la maison d'Etienne Roux, actée en 1644, est déjà envisagée, mais la transaction n'aboutit pas) : deux maisons appartenant à M. de Franquières, trésorier conseiller du roi13, et à M. de Franc, trésorier général du Dauphiné, toutes deux situées rue de Bonne et comprenant pour cette dernière " une maison du haut en bas avec les boutiques et au dessous d’icelles ensemble le jardin et autres bâtiments aujourd’hui en bast étant sur le derrière le tout contigu et joint ensemble, le tout rue de Bonne confrontant ladite rue sur le devant de bise, autre rue appelée Saint Jacques sur le derrière du vent, la maison jardin et autre petit bâtiment sur le derrière appartenant à M. le Trésorier de Franquières au couchant, la maison, escurie, jardin et plassage de M. le conseiller Roux du levant "14. Lequel M. Roux vend à son tour sa maison, jardin et plassage aux jésuites en janvier 164515 ; un plan de situation conservé à la Bibliothèque nationale de France (ill. ci-dessous) permet de localiser ces parcelles, ainsi qu'une carte des parcellaires ancien et nouveau conservée aux Archives départementales de l'Isère (ill. IVR84_20243800155NUCA)16. Le paiement de ces acquisitions court sur plusieurs années, certaines le sont même à crédit17, attestant de difficultés financières pour mener à bien le projet, malgré les subventions accordées par le pouvoir royal. De fait le collège s'installe dans un premier temps dans les deux maisons mitoyennes acquises à Messieurs de Franc et de Franquières18, comme en atteste la mention portée sur le plan de situation de la B.n.F. : " maison de Monsieur de Franc c'est aujourd'hui le collège ". Des représentations théâtrales y sont organisées à partir de 1655, certaines accompagnées de ballets (faut-il y voir l'influence du père Claude-François Ménestrier, professeur de rhétorique au collège en 1656 ?).

Plan de situation, parcelles acquises en vue de la construction du collège, 1643-44 (B.n.F., Est. FOL-HD-4 (8))Plan de situation, parcelles acquises en vue de la construction du collège, 1643-44 (B.n.F., Est. FOL-HD-4 (8))

En 1661, plusieurs nouveaux terrains (jardins et bâtiments) situés sur les bastions sont acquis auprès de particuliers ; la mise en possession est signée par François de Bonne de Créqui, duc de Lesdiguières19. L'extension de l'emprise foncière au sud se poursuit par de nouvelles acquisitions dans les années 1670 : en 1671, à Guillaume Audezine, dans les fossés au sud du collège ; en 1675, à Mme de Villefranche, terrain à l'orillon des bastions jouxtant celui de Guillaume Audezine ; en 1677 à noble Fleury Lefebure sieur des Blachez, une écurie derrière le collège20. Cette politique d'extension est troublée un temps par le conflit qui oppose les jésuites au nouvel évêque de Grenoble, Etienne Le Camus, nommé en 1671. Celui-ci souhaite en effet installer un séminaire et une église paroissiale, confiés aux oratoriens (contrat signé en 1674), sur un terrain avec jardin contigu au rempart et mitoyen de l'église du collège, cédé par la marquise de Virieu21 (voir ill. ci-dessous) ; un mémoire adressé par les jésuites à l'Intendant Dugué de Bagnols en 1675 en révèle les enjeux : " Monseigneur de Grenoble veut loger les RP de l'Oratoire dans une place joignant le Collège des Jésuites 1° pour y faire une paroisse dont ces pères auront la direction 2° pour y faire un séminaire 3° pour y faire une espèce de collège où ceux qui se destinent à l'église seront obligés d'étudier ". Indépendamment des nuisances que risque de générer la proximité d'une nouvelle paroisse (sonnerie de cloches, chants des chœurs durant les offices), les pères jésuites estiment que le choix d'un tel lieu relève d'une volonté délibérée de nuire et s'inquiètent de la concurrence des oratoriens, ordre " si contraire dans [ses] opinions et [ses] pratiques "22. La querelle n'est réglée que par l'intervention de l'Intendant auprès du roi23 ; l'ancien terrain de la marquise de Virieu est finalement vendu par l'évêque aux jésuites en 168424. Ceux-ci y prolongeront le jardin du collège après 1692 (voir ci-dessous, § II.3.)

Plan des abords des remparts avec indication des terrains donnés pour l'établissement des pères de l'Oratoire par P. de Bonnefons, 1675 (BM Grenoble, Pd.4 (264))Plan des abords des remparts avec indication des terrains donnés pour l'établissement des pères de l'Oratoire par P. de Bonnefons, 1675 (BM Grenoble, Pd.4 (264))

2. Les phases du chantier de construction

a. Le plan de 1668

Bien qu'un second projet aux proportions ambitieuses ait été élaboré en 1634 (B.n.F. ; ill. IVR84_20183800002) (mais il s'agit là d'un projet pour une maison professe, non pour un collège dont la création n'a pas encore été entérinée par le supérieur général de la Compagnie de Jésus : bâtiments articulés autour de deux cours, l'une des communs, triangulaire, l'autre quadrangulaire pourvue d'une galerie à portiques sur deux niveaux sur son pourtour et d'un magistral escalier à double volée hors-œuvre, fermée sur son côté ouest par une vaste église couverte d'un dôme sur trompes à la croisée du transept), la construction correspond à deux plans datés de 1668 mais non signés (également conservés à la B.n.F., voir ills. ci-dessous). Les bâtiments du collège constituent un quadrilatère comprenant salles de classe et réfectoire au rez-de-chaussée, logements des pères, infirmerie et oratoire à l'étage, bordé sur son côté ouest par l'église orientée nord-sud, à laquelle un passage conduit sur son flanc ouest. Une particularité est à noter : la salle de l'aile est, désignée comme " musœum praefecti scholarum " (" cabinet du préfet des études ") a rarement des proportions aussi importantes.

Les salles de classes sont disposées sur trois côtés de la cour, le dernier comprenant de part et d'autre de l'escalier central : salle des déclamations à l'est, cuisine, office, crédence, réfectoire, lavabos à l'ouest. Afin de séparer ces espaces privatifs de la salle des déclamations accueillant un public extérieur au collège, une cloison percée d'une porte est érigée dans le couloir latéral voûté d'arêtes qui dessert toutes les pièces de cette aile, à droite de la grande porte ouvrant sur la cour. Sur les trois autres ailes, toutes les salles sont accessibles directement depuis la cour, disposition qui perdure aujourd'hui. Une petite cour à l'arrière de la cuisine est fermée par un mur de clôture, et comprend un accès vers la rue longeant le rempart.

La majeure partie du premier étage est occupée par les chambres, dont quatre disposées sur le pourtour de l'abside de l'église, trois dans le corps de bâtiment est, auxquelles fait suite une salle peut-être destinée aux assemblées de la congrégation des Messieurs, dont elle jouxte la chapelle ; de là un petit couloir permet d'accéder aux tribunes ouest de l'église. Au centre du corps de bâtiment ouest, une grande salle pourvue d'une cheminée est sans doute destinée à la communauté, jouxtée de part et d'autre par une chambre. Dans le corps de bâtiment sud enfin, desservies part un couloir sur toute sa longueur, se trouvent deux pièces dévolues à l'infirmerie, laquelle est pourvue d'un oratoire et trois chambre dont l'une à gauche de l'escalier dotée d'un petit cabinet. Toutes prennent leur jour depuis le sud. Les latrines sont situées à l'extérmité sud-ouest de ce corps de bâtiment.

b. Chapelles des congrégations25

Les plans de 1668 indiquent également la présence de deux chapelles de congrégations de part et d'autre de l'escalier, au premier étage du corps de bâtiment nord, longeant la rue de-Bonne : celle des Grands artisans, à l'ouest, placée sous le vocable de l'Assomption Notre-Dame, celle des Messieurs (" quae dicitur Magnatum ") à l'est, placée sous le vocable de la Purification de la Vierge26. Elles sont accessibles par un grand escalier à mur noyau qui se développe au-dessus du passage d'entrée du collège, et pourvues de tribunes27.

Une troisième congrégation fondée en 1652, dite de la Bienheureuse Vierge Marie ou de l'Immaculée conception, était exclusivement destinée aux écoliers28. Elle se réunit jusqu'en 1693 dans la chapelle de la congrégation des Grands artisans, date à laquelle les jésuites leur assignent une chapelle particulière située à l'étage inférieur. Une quatrième enfin, dite des Jeunes artisans, est érigée en 1707 par le recteur d'alors, le père Gallifet29 ; il ne semble pas qu'une chapelle lui ait été dédiée.

Fondée en 1624, la congrégation des Messieurs avait construit sa propre chapelle en 162830. Cette dernière est abandonnée pour celle qui leur a été réservée dans les bâtiments du collège, en 1680 ; les Messieurs y font remonter par le menuisier habituel du collège, Pierre Jourdan, le retable de leur autel, réalisé par le maître-charpentier Nicolas Chapuis en 1646 et doré par un frère jésuite lyonnais, Pierre Disdier31. Jourdan réalise également les boiseries en noyer de la chapelle : lambris, encadrements de fenêtres, bancs le long des lambris surmontés de quatorze cadres sculptés et emmarchement de l'autel32. Deux tableaux sont enfin commandés en 1696 à un peintre grenoblois du nom de David pour orner les deux dessus-de-porte à côté du maître-autel, l'un représentant la Nativité de la Vierge, l'autre celle de Jésus-Christ, et livrés pour la fête de l'Assomption de la même année33. Bien que comptant le plus grand nombre de membres, la congrégation des Grands artisans, fondée en 1628, ne semble pas avoir eu de chapelle particulière avant de se voir attribuer celle du premier étage de l'aile nord en 1680. Pour la décorer, elle commande conjointement avec la congrégation des écoliers un retable au sculpteur grenoblois Claude Berthet en 168234. Lorsque la congrégation des écoliers se voit attribuer une chapelle particulière au-dessous de celle des artisans en 1693, Berthet confectionne un nouveau retable pour celle des artisans, comprenant quatre colonnes composites " taillées à feuilles de vigne ", deux niches avec les figures de saint Pierre et saint Jean-Baptiste et deux anges soutenant une grande couronne35. La chapelle est complétée d'un riche décor peint, constitué d'un ensemble de 26 tableaux avec cadre doré accrochés aux lambris des boiseries qui en habillent le pourtour, de peintures en camaïeu au-dessus, et d'un dais en trompe l'œil peint au plafond, au-dessus de l'autel. L'ensemble est réalisé par les peintres François David auquel succède son frère René et Charles Arnulphi, et achevé vers 172336. La confrérie du Sacré-Cœur, créée ultérieurement, en 1727, disposera pour sa part d'une chapelle dans l'un des bas-côtés de l'église37.

Plan du rez-de-chaussée, 1668 (B.n.F., Est., FOL-HD-4 (8)) Plan du rez-de-chaussée, 1668 (B.n.F., Est., FOL-HD-4 (8)) Plan du 1er étage, 1668 (B.n.F., Est., FOL-HD-4 (8)) Plan du 1er étage, 1668 (B.n.F., Est., FOL-HD-4 (8))

c. Le chantier

Commencés sous le rectorat du père Bertrand Bras, en 1660, et exécutés par des entrepreneurs grenoblois (les maîtres maçons Louis et Jean Guy, Antoine et Salomon Soirons, François Desmartines et Nicolas Gigues, le maître menuisier Pierre Jourdan, qui travaille également au décor de l'église, le maître charpentier Jacques Massard et le maître serrurier Louis Molard38), les travaux de gros œuvre s'échelonnent de cette date à 1679 pour le collège, 1714 pour l'église. Les constructions s'élèvent progressivement à l'emplacement des deux maisons de Franc et de Franquières et de ceux acquis du côté du bastion. Le terrain d'Etienne Roux n'est pas compris dans cette première campagne : les bâtiments qui s'y trouvent (petites maisons, boutiques, écuries, chambres, remises) sont loués à des particuliers jusqu'à la fin des années 173039, ainsi que le jardin situé à l'arrière de ces derniers.

Le premier corps de bâtiment, haut de quatre étages, est édifié au sud à partir de 1660, le second au nord entre 1669 et 167340 ; ce dernier porte un campanile encore visible sur le relevé d'élévation réalisé en 1861 par l'architecte Eugène Péronnet (ill. IVR84_20243800793NUCA). En 1673, le corps de bâtiment est flanquant l'église et celui en fond de cour, au sud, sont achevés ; c'est à cette date qu'est réalisé le cadran solaire catoptrique ornant la deuxième révolution de l'escalier de ce dernier. Le corps de bâtiment ouest est terminé en 1679 (couverture de la bibliothèque et de la salle des déclamations), en même temps que la galerie à étage le long de l'église est surélevée à hauteur du corps de bâtiment en vis-à-vis, avec arcs et balustres de molasse41 ; elle prend appui côté est sur les tribunes de l'église. Enfin un perron de quatre marches est édifié en 1682 pour l'entrée du collège. Mais il existe encore, en 1691, des classes dans le vieux bâtiment, considérées comme insalubres42. Étonnamment, bien que presque achevé à cette date, le collège n'est pas représenté sur le plan de Grenoble réalisé par Pierre Aveline en 1700 (BM Grenoble, Pd.4(2015) Rés.).

Le procès-verbal dressé le 11 décembre 1691 à la suite de la visite de l'Intendant du Dauphiné Etienne-Jean Bouchu43 recense les travaux restant à exécuter pour l'achèvement des bâtiments et pour l'aménagement de l'espace urbain environnant. Il s'agit d'une part de dégager la vue sur le collège et l'église en démolissant une maison propriété du chevalier Volmard sise rue Neuve de Bonne44 afin d'ouvrir une rue de communication entre la rue Pascale et celle de Bonne (actuel passage du Lycée), et d'autre part d'assurer la jonction entre le collège et un terrain donné par le roi, qui doit servir de jardin aux jésuites et être clos d'un mur de 600 toises (soit environ 1169 m). Le 16 juillet 1661, par acte reçu par Montaigne, notaire, les jésuites ont en effet pris possession " pour le bon plaisir du roy " d'une parcelle sur laquelle se trouvent plusieurs maisons et située sur le terre-plein des murs de la ville, " vis à vis et sur toute la longueur de leur église et sacristie " (soit à l'est des bâtiments), remis par divers particuliers45. Afin d'en rendre l'accès plus commode, le Père Edmond Meniot, syndic du collège, avait demandé en 1673 l'autorisation de faire construire un pont ou une arcade s'appuyant " contre la muraille de la sacristie de l’église d’un côté et sur celle dudit jardin de l’autre "46. Ce "pont" est visible sur le plan des terrains dessiné par P. de Bonnefons en 1675 (voir ill. ci-dessus). Il est en effet fréquent que les jardins des collèges jésuites soient dissociés des bâtiments et parfois à l'extérieur des murs de la ville (c'est le cas au collège d'Aubenas), et le besoin d'en faciliter l'accès par divers ouvrages est une nécessité constante pour les pères, dans la mesure où ils y cultivent non seulement des plantes vivrières, mais aussi médicinales47. Il n'est pas avéré que ce pont ait été construit, la rue projetée à l'emplacement de la maison Volmard devant faire office de voie de communication entre le collège et son jardin, en longeant le rempart par le sud. Ce jardin disparaît dans les travaux réalisés par Vauban sur les fortifications de la ville en 169248, obligeant les jésuites à en recréer un sur une partie du terrain acquis en 1684 à Mgr Le Camus (localisé dans l'ill. ci-dessous). En 1704, l'espace à l'est de l'église, dont il est séparé par une ruelle, est donc occupé du côté de la rue de Bonne par diverses constructions et à l'arrière par le jardin des jésuites, mitoyen de la maison de la marquise de Sassenage et de celle du président de Tencin49 (dit par la suite hôtel du Commandement ; voir plan de Grenoble en 1776, ACM Grenoble 2 FI 1673, ill. IVR84_20243800162NUCA). Une partie de ce jardin, occupée par une potager, est par la suite louée, tant par les jésuites que par le bureau d'administration qui leur succède après leur expulsion, aux occupants successifs de cet hôtel ; en 1714, une porte est même ouverte dans le mur de clôture du jardin du collège, les jésuites ayant consenti à ce que les occupants de l'hôtel du président de Tencin puissent s'y promener50.

En 1699, de nouvelles lettres patentes sont octroyées au collège par Louis XIV : ce dernier le déclare de fondation royale et lui assigne un revenu annuel de 2000 livres, prélevé sur les recettes de la généralité. C'est à cette date que le collège prend le nom de Royal-Dauphin51.

La même année, le collège entreprend d'aligner la rue au droit des écuries et remises qu'il vient de construire sur un terrain jouxtant l'église sur son flanc est, joignant la rue Neuve à la rue qui longe le rempart52. La maison Volmard et ses dépendances enfin acquises sont dans un premier temps occupées par des pensionnaires du collège53 avant d'être remaniée (pour la première) et démolies (pour les secondes), donnant lieu au percement d'un passage voûté faisant communiquer la rue Neuve et la rue Pascale (voir § ci-dessous). Le plan de Grenoble en 1770 montre l'aboutissement de cette politique d'extension des bâtiments et d'organisation de l'espace urbain autour du collège : tracés de rues rectilignes, allée de tilleuls54 séparant le corps de bâtiment sud du rempart.

Plan de Grenoble en 1770, détail : le collège et son jardin (dess. d'ap. B.n.F., Cartes et plans, GE D-27347)Plan de Grenoble en 1770, détail : le collège et son jardin (dess. d'ap. B.n.F., Cartes et plans, GE D-27347)

3. Le pensionnat : extension du collège sur la rue Neuve-de-Bonne dans la maison de l'Arc

En 1727, à l'initiative du père Jean-Antoine Pourroy (1687-1771), directeur de la congrégation des Grands artisans, un pensionnat est adjoint au collège malgré les réticences de la communauté jésuite grenobloise ; contrairement aux oratoriens, dont chaque collège est doublé d'un pensionnat, les jésuites répugnent en effet à loger des internes. La décision est motivée par la situation financière précaire du collège, lequel espère tirer de nouveaux revenus du règlements des pensions55. La maison Volmard, qui s'inscrit dans le prolongement du corps de bâtiment nord du collège va être fortement remaniée pour y aménager ce nouveau pensionnat : elle est réaménagée et réunie à ceux du collège sous la conduite du père Pourroy, qui en a peut-être dessiné le plan. La façade du collège est ainsi étendue sur la rue Neuve d'une travée en rez-de-chaussée à gauche du passage couvert créé pour joindre la rue Neuve à la rue Pascale longeant le rempart, de quatre à droite de ce dernier, et de six travées en élévation. Son entrée est signalée par une porte à deux vantaux avec encadrement en pierre de taille, surmontée d'un oculus barlong encadré par deux volutes, et couronnée par un fronton semi-circulaire. Les pensionnaires sont également installés dans certaines parties du collège, aux premier et deuxième étage des corps de bâtiment nord et sud (voir en Annexe n°1 la description qui en est faite dans un des livres de comptes du collège56).

Elévation principale : porte du pensionnatElévation principale : porte du pensionnat

La création du pensionnat implique de repenser les circulations dans le corps de bâtiment ouest du collège, auquel il est en partie accolé : un étroit couloir voûté d'arêtes conduisant à une basse cour est créé dans l'angle nord-ouest de la cour des classes, en empiétant sur la classe de logique (devenue par la suite classe de physique), et un escalier et un vestibule sont créés au sud, en supprimant une salle de classe et en remaniant la seconde. Ce vestibule donne également accès de la maison de l'Arc. Des ouvertures sont également pratiquées dans le mur ouest du collège au niveau des étages afin de faire communiquer le couloirs de ce dernier avec le pensionnat ; la différence de hauteur entre étages du collège et étages du pensionnat est compensée par quelques marches en bout de couloir57. La bibliothèque se trouve toujours au deuxième étage du corps de bâtiment est.

C'est peut-être à cette date que sont gravés sur les entablements des portes des classes les noms des matières enseignées, dont la graphie est identique à celle de l'inscription PENSIONNAT gravée sur celui de la porte du nouvel escalier. Le plan dressé en l'an III (1794-1795) en atteste la disposition, à un détail près : la classe de logique a été affectée à la physique (surpeint sur l'inscription gravée) et déplacée à côté de la classe de rhétorique.

Plan du rez-de-chaussée, an III (AD Isère, L 513)Plan du rez-de-chaussée, an III (AD Isère, L 513)

4. La pompe dite fontaine des jésuites

Au 18e siècle, d'autres travaux sont liés à des problèmes récurrents d’assainissement et d'approvisionnement en eau. En 1753, le conseil de ville accède à la requête des jésuites58 visant à dériver les écoulements d'eaux usées qui passent le long du rempart afin de remédier à la pollution de leur puits et à reprendre une portion de l’eau de la fontaine existante pour l'usage de leur collège : " A été proposé par M. d’Eybens Premier consul que le père syndic des RP Jésuites de la maison et collège de cette ville de Grenoble lui a représenté que cette maison étant située près le bastion et pour ainsi dire au bord du fossé de cette ville où se trouve aboutir un canal qui passe dessous de la dite maison59 pour l’écoulement des immondices et eaux pluviales venant des rues aboutissantes à ladite maison, le fossé comblé et le terrain élevé si considérablement par les d’immondices et par les dépôts de limon. Qui y vont apporté les différentes inondations survenues depuis quelques années par la rivière d’Isère que le puits qui est dans l’intérieur de ladite maison et qui servait à son usage ne rend plus que de l’eau mauvaise et capable de causer des maladies de sorte que pour éviter cet inconvénient qui serait très préjudiciable en ce qu’il ferait cesser les études et les exercices tant littéraires que spirituels dont profitent les habitants de cette ville mais encore les étrangers par le moyen de la pension pour des écoliers dans ladite maison. Supplie le corps de ville de concéder à ladite maison et collège la faculté de dévier l’eau des fontaines publiques qui coule par le Bourneau qui est sous la rue au devant dudit collège aux frais de la dite maison "60. La pompe est installée à l'angle nord-est du mur qui clôture le jardin du collège, et une fontaine publique érigée, connue sous le nom de pompe ou fontaine des jésuites.

La fontaine des jésuites au 19e s. (in Grenoblo Malherou, éd. 1864)La fontaine des jésuites au 19e s. (in Grenoblo Malherou, éd. 1864)Fontaine des jésuites, état actuelFontaine des jésuites, état actuel

5. Du départ des jésuites à la Révolution (1763-1795)

Le 21 mars 1763, le Parlement du Dauphiné interdit d'enseignement les jésuites et que se tienne dans leurs établissement aucune congrégation ou confrérie61. Leurs biens sont mis sous séquestre et inventoriés, mais ils continuent à assurer la desserte de leur église, pour laquelle ils sont rémunérés à hauteur de 50 livres par mois62. La dissolution de l'ordre est prononcée le 29 août de la même année.

a. Le collège

En conséquence et en application de l'édit royal du 5 février 1763, l'administration du collège est assurée par un bureau composé de l'évêque de Grenoble, du premier président du Parlement, du procureur général de la cour, de deux officiers municipaux et de deux notables63. L'enseignement est assuré dans un premier temps par des prêtres et des séculiers qui sont requis d'y loger ; pendant cette période collège perd de nombreux élèves et périclite64, malgré la réouverture du pensionnat en 1778. Ils sont remplacés à partir d'août 1786 par des prêtres de la Congrégation de Saint-Joseph de Lyon, d'obédience ignacienne65. Avec leur arrivée, la situation du collège se redresse au moins en terme d'effectifs ; en 1789, il a retrouvé une affluence normale66. Toutefois leurs comptes restent déficitaires au point que la bibliothèque du collège et le mobilier de l'église sont vendus au début de la Révolution pour combler le déficit67. Des appartements de la " dépendance du collège " sont également mis en location et pour certains transformés en boutiques ouvrant sur la rue de Neuve-de-Bonne, les travaux liés à ce changement d'affectation étant à la charge des locataires68. En 1837, un locataire est toujours mentionné au premier étage dans la partie au-dessus du passage69.

La prise de possession des bâtiments par les joséphistes donne lieu à un procès-verbal de visite daté du 17 octobre 1786. Désigné pour en réaliser l'expertise et estimer les réparations à faire, le maître charpentier et architecte de la ville de Grenoble Rey Giraud nous renseigne sur l'état et la distribution de ces derniers70. La porte principale, aujourd'hui de niveau avec la rue, était précédée d'un perron de trois marches avec palier en pierre de l'Echaillon71, tout comme celle de l'église. Dans le vestibule voûté d'arêtes, une porte à double battant (supprimée) ouvrait sur la droite sur un escalier descendant vers une cave (cet escalier est visible sur le plan de l'an III, voir ill. ci-dessus). A l'autre bout du vestibule, trois marches donnaient accès à la cour des classes, pavée en pierres de Sassenage et du Fontanil. Les encadrements de portes et fenêtres de rez-de-chaussée sur cour sont dits en pierre de l'Echaillon, ceux des étages en molasse. Au rez-de-chaussée, les vantaux des portes sur cour sont en noyer, les fenêtres côté rue Neuve sont dotées de grilles et d'un treillis de fer et côté cour, les croisées sont garnies de petits verres à plombs. Toutes les classes ont un plafond à la française, à poutres et solives. La grande porte centrale d'ordre dorique en pierre de l'Echaillon et à décor sculpté du corps de bâtiment sud est considérée comme celle de la maison des jésuites. De fait, aucune classe n'occupe cette partie du collège, qui accueille au rez-de-chaussée une salle d'assemblée dotée d'une cheminée, le réfectoire, la cuisine et ses dépendances (dont une boucherie) dont les fenêtres ouvrent sur la basse-cour reliée au jardin ; au bout du couloir percé de baies prenant jour sur la cour et au mur duquel est fixé une bassin en marbre faisant office de lave-mains, une porte en pierre conduit à la sacristie de l'église du collège. A l'autre extrémité se trouve une salle dévolue aux expériences de physique, précédée d'un étroit corridor conduisant à la cour bordée par le rempart. Ce couloir a son symétrique à l'angle sud-ouest de la cour, conduisant à la première travée de la nef de l'église. De là, un petit escalier avec marches en molasse, limon en bois et main courante en fer sert à communiquer avec la tribune.

L'escalier situé à l'entrée du collège, dans le corps de bâtiment nord est fermé au niveau de son départ par deux volets de bois à panneaux en partie basse et à claire voie en partie haute, empêchant ainsi les élèves d'accéder aux étages. Dans les étages se trouvent les appartements ou chambres des anciens jésuites, tous avec plafonds à poutres et solives, les domestiques logeant au dernier. Contrairement au collège des jésuites de Clermont-Ferrand, où peu de chambres possédaient une cheminée, à Grenoble la plupart de celles des premier et deuxième étages en sont dotées. Au niveau du premier étage, au débouché de l'escalier nord, une porte fenêtre donne accès à un balcon extérieur (aujourd'hui disparu) porté par des consoles en fer avec un garde-corps " formant un dessin en fleur de lys garni de rosace ". Dans le corps de bâtiment nord, la " salle d'exercice " a pris la place de l'une des deux chapelles de congrégations qui s'y trouvaient, prenant jour de trois fenêtres sur la rue Neuve et deux sur la cour. Le pourtour est revêtu de lambris montant jusqu'au plafond à moulures, et ponctués de banquettes de bois.

De la cour de service derrière la cuisine et ses dépendances, on accède à la rue qui longe le rempart soit par une porte piétonne, soit par une porte cochère ouverte dans le mur de clôture. Une loge de portier en surveille l'accès. Depuis cette basse-cour, on peut également accéder au pensionnat par une porte ménagée dans son mur sud, laquelle débouche sur un couloir éclairé par trois fenêtres donnant sur la rue percée à l'emplacement des dépendances de la maison Volmard (actuel passage du Lycée), dont le plafond est à poutres et solives. Un fruitier y a été aménagé ; à son extrémité sud se trouvent les latrines. Une salle d'étude en occupe le rez-de-chaussée, les pensionnaires logeant dans les étages dans des dortoirs dans lesquels sont aménagées des alcôves individuelles.

L'accès au jardin, clos de murs se fait par une porte ménagée au dessous de l'escalier principal, ouvrant sur la cour de service dans laquelle se trouve un puits en maçonnerie avec margelle en pierre dure. Une seconde porte ménagée dans le mur de clôture sud du collège ouvre sur la rue Pascale dont le collège a la jouissance exclusive, la rue étant fermée à ses deux extrémités par un portail, celui à l'ouest communiquant avec la rue des Mûriers. Une partie du jardin est réservée au potager, le reste formant une promenade garnie de charmilles, de treilles et de tilleuls.

L'installation des joséphistes donne lieu à quelques réparations confiées aux entrepreneurs Antoine et Pierre Baret, réalisées entre octobre 1786 et mai 1789 : remise en état de toutes les chambres, salles et dortoirs, blanchissage et grisage de leurs murs à la colle, reprise des voûtes du canal (égout) qui passe sous le collège. Le mémoire des entrepreneurs permet de localiser les chambres des domestiques ainsi que des pensionnaires au troisième étage du collège, où se trouve également la buanderie72.

b. Installation de l'Académie delphinale, de la bibliothèque publique et du cabinet d'histoire naturelle

La diminution du nombre d'élèves a pour autre conséquence l'installation en 1773, dans les parties désormais inoccupées du collège, de la bibliothèque publique de Grenoble73 et du cabinet d'histoire naturelle et de physique. Les locaux sont cédés à la municipalité en 1772 et adaptés à leur nouvel usage par une campagne de travaux réalisée en 177374. De cette nouvelle distribution témoignent deux des trois plans réalisés en l'an III (1794) conservés aux archives départementales de l'Isère sous la cote L 513 (ill. IVR84_20183800015NUCA à IVR84_20183800017NUCA), ainsi que quelques croquis de Stendhal relatifs à l'année 1796, alors qu'il fréquentait l'école centrale (Vie de Henry Brulard, manuscrit75 ; ill. ci-dessous).

A la bibliothèque sont dévolues au deuxième étage deux grandes salles : l'une avec pilastres occupant le corps de bâtiment nord du collège prolongé par celui du pensionnat (la disposition de la salle en élévation est visible sur une coupe du bâtiment réalisée en 1897 ; voir ill. IVR84_20253800092NUCA, "coupe sur GH" et IVR84_20253800127NUCA, détail de la précédente), l'autre le corps de bâtiment ouest. Toutes deux sont pourvues d'une " galerie " avec balcon en fer à mi-hauteur. On accède à la bibliothèque par l'escalier du pensionnat, dans le corps de bâtiment ouest du collège.

Le cabinet d'histoire naturelle occupe quant à lui une grande salle dans le corps de bâtiment est ; il sera par la suite (à partir de 1777) enrichi par l'acquisition d'une collection de médailles et d'antiques, exposées dans l'antichambre de la bibliothèque (désignées par la lettre R dans le croquis de Stendhal).

Dans le corps de bâtiment sud, deux salles plus petites sont affectées aux assemblées des membres du conseil de direction, devenu en 1780 une société littéraire qui prend en 1789 le nom d'Académie delphinale. La troisième salle, pourvue d'une cheminée, devient salle de lecture d'hiver de la bibliothèque. Les appartements du bibliothécaires et des six " domestiques " de la bibliothèque sont aménagés au-dessus de ces trois salles, au troisième étage (voir Annexe n°2).

Quelques réaménagements seront réalisés au début du 19e siècle par l'entrepreneur Rey Giraud, notamment la construction d'une cloison séparative entre le cabinet d'histoire naturelle et la bibliothèque, et une réfection du plancher de cette dernière76.

Plan du 2e étage, [an III] : les murs de la maison du pensionnat sont seulement esquissés au crayon (AD Isère, L 513)Plan du 2e étage, [an III] : les murs de la maison du pensionnat sont seulement esquissés au crayon (AD Isère, L 513)Plan schématique (croquis) de la bibliothèque publique, 1796 (dessin de Stendhal, BM Grenoble, R 299(2) Rés., vol. 2, fol. 87v°)Plan schématique (croquis) de la bibliothèque publique, 1796 (dessin de Stendhal, BM Grenoble, R 299(2) Rés., vol. 2, fol. 87v°)

3. Les mutations du collège au 19e siècle

Le collège est soumis à de multiples changements au cours du siècle, tout en assurant la continuité de l'enseignement : mutations pédagogiques avec l'installation de l'école centrale, puis du lycée dans ses murs, mutations institutionnelles puisque ses locaux accueillent depuis 1773 et durant une grande partie du 19e siècle la bibliothèque municipale et le musée des beaux-arts et sciences naturelles. Il est enfin, de par sa position en bordure des remparts de la ville, compris dans les opérations d'aménagement urbain qui ouvrent la ville vers le sud à compter des années 1820.

1. Vers l'enseignement moderne : création de l’école centrale et du lycée, nouveaux aménagements.

Contrairement à beaucoup de collèges de l'Ancien Régime, celui de Grenoble ne connaît pas d'interruption d'enseignement durant la Révolution : les joséphistes ont accueilli cette dernière avec enthousiasme et prêté serment à la Constitution77. En 1795, des cours de dessin y sont dispensés régulièrement par M. Villioné, professeur de l’école de dessin créée par Jacques-André Treillard à Grenoble en 1769, " chez l’émigré de Pina " (Jean-François Calixte de Pina (1779-1842), marquis de Saint-Didier, futur maire de Grenoble en 1816), lequel réside " dans une salle de l’ancien collège des Jésuites "78. D'autres parties du collège sont également louées à des particuliers, notamment dans la partie du pensionnat située au-dessus et à droite de l'actuel passage du Lycée ; au 19e siècle, la commune reste d'ailleurs propriétaire de la boutique en rez-de-chaussée et de son entresol (voir le plan de Péronnet de 1861, ill. IVR84_20243800164NUCA). Par ailleurs, les bâtiments abritent toujours la bibliothèque publique et le cabinet d'histoire naturelle et bien que l'académie delphinale ait été dissoute, elle a été remplacée par une association, le lycée des sciences et des arts79, qui continue d'en assurer la direction

a. L'école centrale (1796-1802)

Aussi paraît-il naturel d'installer l'école centrale de Grenoble, créée le 21 août 1796, dans les murs de l'ancien collège jésuite. L'organisation de l'enseignement et le choix des professeurs sont confiés à un jury présidé par le docteur Henri Gagnon, grand-père maternel de Stendhal et membre fondateur de la bibliothèque publique de Grenoble80. Dirigée par l'abbé Gattel (qui sera par la suite le premier proviseur du lycée), l'école ouvre ses portes le 22 novembre (le jeune Stendhal y étudie de cette date à 1799) et le 1er décembre 1796, les bâtiments du collège lui sont officiellement affectés. Des travaux de réparation urgents sont réalisés pour permettre d’accueillir les élèves et créer des appartements pour loger les professeurs, auxquels est dévolu le corps de bâtiment sud81. Ils sont exécutés sous maîtrise d’œuvre de l'ingénieur en chef des Ponts et chaussées Joseph-Henri Dausse (1745-1816), lequel sera par la suite chargé de la démolition du comble de l'église, début 180082.

Il semble qu'en raison des travaux l'enseignement ait dans un premier temps été dispensé dans des locaux provisoires83. Bien qu'aucun plan de l'école centrale n'ait été identifié lors de cette étude dans les fonds grenoblois, le procès-verbal de pose des scellés lors de sa fermeture indique qu'elle était pourvue d'une bibliothèque, d'un laboratoire de chimie et d'une salle de dessin84. Quelques croquis tracés par Stendhal dans le manuscrit de la Vie de Henry Brulard85, bien qu'ils n'aient nulle vocation documentaire, permettent par ailleurs d'identifier la localisation de certaines salles et de préciser la disposition de la bibliothèque publique et du cabinet d'histoire naturelle. Les salles de classe restent au rez-de-chaussée, réparties autour de la cour. A l'angle du corps de bâtiment ouest, la salle de chimie dont la voûte est portée en son milieu par deux colonnes, la salle de belles lettres dans son prolongement. Dans le corps de bâtiment nord se trouvent, de part et d'autre du passage d'entrée, les salles de dessin et de bosse. La première est pourvue d'une armoire pour ranger les modèles (" de mauvaises académies dessinées par MM. Pajou et lui-même [Jay, professeur de dessin à l'école centrale] "86) ; les bancs y sont disposés en épis afin de bénéficier de la meilleure orientation à la lumière selon qu'elle arrive depuis la cour (côté sud) ou depuis la rue Neuve (côté nord) (voir ill. IVR84_20243800141NUCA). La seconde comprend à son extrémité ouest un " théâtre " (dénomination figurant sur le croquis de Stendhal, ill. IVR84_20243800142NUCA : s'agit-il d'une scène ?). La salle de mathématiques se trouve dans le corps de bâtiment. Les salles de classes sont équipées de tableaux en ardoise accrochés en hauteur au-dessus d'une estrade (ill. ci-dessous). Les appartements des professeurs sont répartis dans les étages non occupés par le musée et la bibliothèque et dans le bâtiment de l'ancien pensionnat.

Estrade et tableau, 1796 (dessin de Stendhal, BM Grenoble, R 299(2) Rés., vol. 2, fol. 489r°)Estrade et tableau, 1796 (dessin de Stendhal, BM Grenoble, R 299(2) Rés., vol. 2, fol. 489r°)

b. Installation du lycée : travaux d'appropriation réaménagements et projet d'agrandissement (1803-1811)

C'est cependant à compter de la création du lycée, placé au centre d'un arrondissement d'instruction publique composé de quatre départements : l'Isère, la Drôme, les Hautes-Alpes et le Mont-Blanc (arrêté du 16 floréal an XI / 6 mai 1803) que les bâtiments vont être notablement transformés et agrandis. Par délibération du 26 vendémiaire an XII / 19 octobre 1803, le conseil municipal approuve les plans et devis de travaux présentés par le préfet Joseph Fourier87 et vote un emprunt de 75 000 frs pour l'établissement du lycée (réparations et achat de mobilier venant compléter celui de l'école centrale réutilisé) ; il décide également de lancer une souscription auprès des citoyens de Grenoble afin qu'ils participent à ce financement88. L'importance du coût rend également nécessaire la location de certaines parties du lycée situées rue Neuve-de-Bonne, notamment l'ancien pensionnat, détaché du lycée et transformé en logements, et la vente de certains immeubles que possédaient les jésuites ou la municipalité89. Parmi ces locaux mis en location figurent alors la chapelle et la sacristie90. Il est enfin avéré que la commune a fait procéder à la vente de cuivres et d’étains provenant des saisies de la Grande Chartreuse dont le produit a été employé pour le lycée91

La municipalité acquiert par ailleurs deux nouvelles parcelles à l'est de l'église92 afin d'agrandir l'établissement et d'organiser l'enseignement conformément à la loi du 11 floréal an XI. Le lycée s'y définit en effet comme un " établissement scolaire au plein sens du terme parce que, reprenant la tradition des collèges, il forme un ensemble structuré en classes dont la succession forme un cursus défini et offre une variété de services associés à l’enseignement (surveillance, répétition des leçons et encadrement du travail écrit, cours et activités accessoires), le tout sous la responsabilité d’un chef "93, et qui le plus souvent s'accompagne d'un internat. On retrouve là le modèle d’organisation scolaire des anciens collèges : l’internat, l’encadrement du travail personnel des élèves et la présence d’un personnel de direction, d’administration et de surveillance, lié à un modèle pédagogique qui repose sur la répétition et l’exercice et donc, sur la dualité de la classe et de l’étude94.

Le lycée a en effet besoin de s'étendre : il doit disposer de nouvelles cours intérieures, de salles de classe et d'étude, de dortoirs pour les pensionnaires, de logements pour le personnel, d'une bibliothèque et de salles de collections pour l'enseignement des sciences. Par ailleurs, la présence de la bibliothèque municipale et du musée dans les murs du lycée, qui n'est pas remise en cause, oblige de repenser l'organisation et la distribution des bâtiments.

- Construction de l'aile à l'est de l'église

Cet agrandissement, prolongeant le corps de bâtiment nord du lycée vers l'est, le long de la rue Neuve, consiste en un nouveau corps de bâtiment de deux niveaux d'élévation : une galerie à arcades au rez-de-chaussée, faisant office de préau pour la nouvelle cour de récréation, et deux salles de classe au premier étage destinées à l'enseignement de l'écriture et du dessin, desservies par un escalier en vis implanté dans la première chapelle du bas-côté est de l'église. Les travaux, documentés par le devis estimatif de l'architecte de la ville Lescurre en date du 23 vendémiaire an XII/16 octobre 180395, sont approuvés par le conseil municipal le 26 vendémiaire et réalisés entre 1806 et 1807 par l’entrepreneur en maçonnerie Vagnat, pour un montant total de 32 897 francs96.

Un mur de clôture est érigé sur le pourtour de la nouvelle cour de récréation, gagnée sur une portion du rempart faisant face au lycée97. Sa construction, votée par le conseil d’administration du lycée le 27 septembre 1806 et autorisée par le préfet le 31 octobre 180698, est également réalisée par Vagnat en 1807. Le bâtiment occupant l'une des deux parcelles acquises par la commune99 est conservé et occupé par une écurie et un bûcher avec grenier à foin au-dessus, et deux pièces réservées pour le corps de garde100.

Enfin d'autres entreprises interviennent pour les travaux d'appropriation des anciens bâtiments du collège : des acomptes sont versés de septembre 1804 à mai 1805 aux entrepreneurs de maçonnerie Dugas et Bertrand frères, aux menuisiers Deschaux et Crottier, au maçon Pierre Argoud qui répare le perron des classes et une partie de la corniche, ainsi qu'au Sr Rey, potier d'étain, qui fournit une partie de la vaisselle en octobre 1804101 .

Le réaménagement des locaux impacte particulièrement l'ancienne église. L'abside où se trouvait le chœur en est retranchée et la sacristie supprimée pour prolonger le couloir du corps de bâtiment sud ; elle est séparée de la croisée du transept par un mur percé d'une porte permettant d'accéder au réfectoire. Ce dernier occupe la majeure partie de l'église (il y restera jusqu'en 1822, et sera par la suite déplacé dans l'aile sud-ouest du lycée). Une deuxième cloison est réalisée au niveau de la première travée de la nef pour accueillir une salle de dessin (devis de 1803), puis une petite chapelle (plan de 1806, voir ill. ci-dessous, où seule la moitié est de l'église est visible) ; la communication avec la cour des classes est maintenue par le petit vestibule existant à l'angle nord-est de la cour. Enfin l'église est coupée dans sa hauteur pour y installer les salles du musée102 et trois fenêtres cintrées sont ouvertes du côté de la nouvelle cour pour éclairer le réfectoire et la salle de dessin. Une ouverture est par ailleurs créée au-dessus de la porte d'entrée de l'église pour éclairer la salle de dessin, en enlevant une partie de l'imposte pour lui substituer une croisée. Au niveau du premier étage, l'appartement du censeur est aménagé dans la partie concave du mur du chœur, avec ouverture de deux portes et d'une fenêtre du côté de la cour de récréation. Cet appartement est desservi par un escalier en vis en bois à la cage est elliptique, lequel permet également d'accéder au musée.

Restés biens nationaux jusqu'en 1811, les bâtiments sont remis en pleine propriété à la commune le 5 juillet de cette même année en vertu de la loi du 9 avril 1811 portant concession gratuite de la pleine propriété des édifices nationaux servant à l’administration ou l'enseignement, à charge pour elle d'accepter les bâtiments en l'état103. Il est alors envisagé de poursuivre la construction du nouveau corps de bâtiment à l'est en le surélevant d'un étage accueillant des dortoirs et en le prolongeant jusqu'à l'angle de la parcelle, ainsi qu'en témoignent deux plans conservés aux archives municipales (ill. ci-dessous) et un " devis pour la construction de 72 loges dans les trois dortoirs du bâtiment neuf du lycée "104. Mais il faudra attendre les années 1840 pour que ce projet soit mené à bien.

Projet d'extension du lycée, v. 1811 : rez-de-chaussée (AC Grenoble, 4 M 90)Projet d'extension du lycée, v. 1811 : rez-de-chaussée (AC Grenoble, 4 M 90)

- Nouvelle entrée de la bibliothèque municipale

Des travaux, toujours exécutés par l'entrepreneur Vagnat105, sont néanmoins réalisés en 1811 dans la partie ouest des bâtiments, du côté de l'ancien pensionnat, avec la création d'une nouvelle entrée indépendante du lycée pour la bibliothèque. Elle est dotée d'un portail dorique en pierre de Sassenage sur la table saillante duquel est gravée l'inscription BIBLIOTHEQUE PUBLIQUE, précédant une cour dans laquelle se déploie un escalier monumental conduisant au premier étage. Ces travaux entraînent un confortement des voûtes des caves situées au-dessous, le percement de fenêtres dans la façade ouest du corps de bâtiment ainsi que des modifications dans la distribution de cette partie de l'édifice, dont le déplacement de la salle d'étude des pensionnaires du côté des remparts. La toiture du corps de bâtiment abritant la bibliothèque est par ailleurs reconstruite en 1813 par l'entrepreneur Bouvier106

Corps de bâtiment ouest, élévation postérieure et ancienne cour d'entrée de la bibliothèque municipaleCorps de bâtiment ouest, élévation postérieure et ancienne cour d'entrée de la bibliothèque municipale

Une série de plans, coupes et élévations datant de 1837 et levés par l'architecte et géomètre-expert Eugène Péronnet107 détaillent cette nouvelle disposition des lieux. Les classes sont toujours réparties autour de la cour quadrangulaire, la cuisine et ses dépendances dans le corps de bâtiment sud, avec le réfectoire dans l'angle sud-ouest, surmonté par un dortoir au premier étage. Rien là de changé par rapport à ce qu'il en était du collège avant la Révolution, si ce n'est que la classe de physique et son cabinet se trouvent désormais au premier étage. Au chevet de l'église, qui fait de nouveau office de chapelle depuis 1822 (voir ill. ci-dessous), un petit escalier suspendu (démoli) donne accès aux étages du corps de bâtiment sud. Le premier étage abrite surtout des logements pour le personnel du lycée (censeur, économe), une lingerie et ses annexes, la salle des actes, et même un cachot situé au niveau des tribunes ouest de la chapelle. Au deuxième étage, la bibliothèque municipale et ses salles de lecture occupent tout le corps de bâtiment nord de l'ancien collège, le logement du bibliothécaire s'inscrivant dans son prolongement à l'ouest. Le musée quant à lui occupe le niveau supérieur de la chapelle ainsi que le corps de bâtiment est, où se trouvent le cabinet d'histoire naturelle. Le corps de bâtiment sud reste dévolu au collège : il comprend le logement de l'aumônier, la bibliothèque, l'infirmerie, des chambres et un dortoir. La distribution est quasi identique au troisième étage, dévolu au musée et à la bibliothèque dans les corps de bâtiment nord et est, la salle de la bibliothèque se prolongeant cependant dans une large partie du corps de bâtiment ouest, le corps de bâtiment sud et la partie en retour d'équerre vers le sud étant occupés par des chambres et deux dortoirs.

Collège royal, état des lieux : coupes transversales (dont coupes sur la chapelle et sur la bibliothèque), 1837 (AC Grenoble, 2 Fi 336)Collège royal, état des lieux : coupes transversales (dont coupes sur la chapelle et sur la bibliothèque), 1837 (AC Grenoble, 2 Fi 336)

Vue en élévation de la grande salle de la bibliothèque en 1837 (ACM Grenoble, 2 Fi 336)Vue en élévation de la grande salle de la bibliothèque en 1837 (ACM Grenoble, 2 Fi 336)

c. Nouveaux projets et premiers agrandissements (1838-1847)

Cet ensemble de relevés est sans doute destiné à servir de base à un nouveau projet d'agrandissement et de réorganisation du lycée une fois ce dernier devenu collège royal (ordonnance du 17 février 1815), envisagé par la commune dès 1826108. A compter de 1838109 et jusqu'à 1846, son proviseur n'a de cesse de réclamer à la commune, avec l'appui du recteur de l'académie de Grenoble et du préfet du département de l'Isère, des travaux de rénovation, de mise en conformité et d'agrandissement de l'établissement pour le mettre au niveau des autres collèges royaux110. Car pour l'heure, il apparaît vétuste, insalubre, mal aéré (notamment les classes du rez-de-chaussée sur cour, humides et sombres), et à l'étroit dans ses murs. De fait les espaces dévolus au collège dans les bâtiments sont d'autant plus contraints que le musée et la bibliothèque municipale en occupent une surface importante, " qui fait le désespoir de l'administration ". L'ordonnance royale du 6 novembre 1839 relative aux " travaux de réparation des bâtiments affectés au service d'un établissement d'instruction publique " sert de texte de référence pour rappeler la commune à ses obligations.

- Nouveaux réaménagements

Un rapport établi à la demande du conseil académique, reprenant les propositions d'amélioration du proviseur et validé par l'ingénieur en chef des Mines Emile Gueymard111 est présenté au conseil municipal dans sa séance du 15 mars 1840. Un devis estimatif des travaux à réaliser avait auparavant été établi par l'architecte Paul-Benoît Barrillon112. Ses constatations sont sans appel : les conditions d'accueil des élèves ne sont pas acceptables et rendent impérative la réalisation de travaux de plus grande ampleur. Il souligne que le corps de bâtiment construit à l'est de l'église " n'est que le commencement d'un plan qui doit donner au collège tout l'espace qui lui manque ", l'extrémité est étant pourvue de pierres d'attente et n'étant terminée " que par une cloison "113. En effet, le choix d'agrandir le lycée vers l'est avait été dicté par le projet d'extension de la ville vers le sud, impliquant la démolition du vieux rempart et du bastion, ce qui permettait de donner au collège un nouvelle cour " cinq à six fois plus grande que l'existante " sur les terrains libérés. Il préconise donc d'achever la construction de ce bâtiment afin de créer toutes les salles dont le collège a besoin sans toucher à l'ancien collège jésuite, et notamment sans percer dans les trois murs de refend qui soutiennent la bibliothèque, et d'instaurer une séparation complète entre petits et grands élèves. Sachant cependant que les financements manquent pour un tel projet, il préconise dans un premier temps des améliorations " à la marge ", en revoyant la distribution des salles d'étude (à positionner soit au premier étage de l'aile latérale à l'est de l'église, à côté de la salle de dessin, soit au rez-de-chaussée du corps de bâtiment ouest) et des dortoirs et en transférant la lingerie (destinée à devenir un vestiaire et alors située au premier étage du corps de bâtiment nord, au-dessus de la loge du concierge) et l'infirmerie dans une partie du collège mieux appropriée et plus facilement accessible ; c'est l'économe du collège qui en établit le devis et donne les plans (ill. IVR84_20243800778NUCA et IVR84_20243800779NUCA)114, validés par le conseil académique115.

Ces travaux sont réalisés entre 1841 et 1842 après avoir reçu l'approbation du conseil municipal. Ils se poursuivent en 1843 grâce à des crédits alloués par le ministère de l'Instruction publique, avec la translation de la classe et du cabinet de physique au premier étage du corps de bâtiment est de la cour d'honneur, le réfection des salles de classe et dans les dortoirs le remplacement des carrelages par des planchers bois et la pose de persiennes aux croisées pour améliorer le confort des pensionnaires. Un nouvel escalier est également construit dans l'aile latérale est pour conduire aux salles de dessin et d'écriture. Le crédit demandé au ministère pour le four de la boulangerie du collège ne lui est en revanche pas alloué, arguant du fait qu' "on a reconnu depuis longtemps qu'il était onéreux pour les collèges d'avoir des boulangeries et elles ont été supprimées presque partout" : il revient désormais à l'établissement de se fournir chez un boulanger116.

- Surélévation de l'aile à l'est de l'église (1844)

Sur l'insistance du préfet, le projet d'agrandissement du corps de bâtiment nord à l'est de l'église est par ailleurs remis à l'ordre du jour, toujours en 1843. Il est approuvé d'autant plus facilement par le conseil municipal qu'il permet à la commune de réaliser un double objectif : répondre à la demande du collège de disposer de nouvelles surfaces, et réaménager le musée afin de mieux y déployer ses collections117. Il s'agit de le prolonger de quelques mètres vers l'est et de le surélever pour créer au-dessus du premier étage des salles pour la collection de tableaux et de sculptures, et de construire un nouveau corps de bâtiment en retour, longeant la rue du Gouvernement, pour y installer les collections d'histoire naturelle.

Paul-Benoît Barrillon est de nouveau chargé d'établir les plans et le devis estimatif, et d'étudier dans les villes possédant un cabinet d'histoire naturelle quelle pourrait en être la disposition ; deux croquis de la salle de zoologie du Palais Saint-Pierre à Lyon en témoignent118. Son projet prévoit la surélévation du corps de bâtiment existant et la création d'une aile en retour longeant la rue du Gouvernement. Il permettrait la création de six classes précédées d'une galerie ouverte avec arcades au rez-de-chaussée de la cour orientale, surmontées de deux grands dortoirs au premier étage. Au deuxième, deux salles pourvues d'un éclairage zénithal seraient dévolues l'une au cabinet d'histoire naturelle, l'autre à une annexe du musée. On communique du dehors à cet étage par une porte ouvrant sur la rue Neuve et un grand escalier placé à l'extrémité nord-est du corps de bâtiment à exhausser (voir ill. IVR84_20243800775NUCA).

Avant-projet de P.-B. Barrillon pour l'agrandissement du collège et le redéploiement des collections du musée, 1843 : plan du 2e étage et élévation sur cour (ACM Grenoble, 4 M 94)Avant-projet de P.-B. Barrillon pour l'agrandissement du collège et le redéploiement des collections du musée, 1843 : plan du 2e étage et élévation sur cour (ACM Grenoble, 4 M 94)

Il s'agit là d'un premier état du projet qui ne sera pas réalisé. Après son " voyage d'étude ", Barrillon a en effet conclu qu'il n'était pas adapté pour l'installation d'un cabinet d'histoire naturelle. Il a par ailleurs estimé que l'aile nouvelle le long de la rue du Gouvernement allait rétrécir la cour du collège et la priver d'air et de soleil, ce qui nuirait à la santé des élèves. La commune renonce donc à sa réalisation et entérine le principe de construire un cabinet d'histoire naturelle au sein du nouveau Jardin des plantes119 (l'édifice sera édifié par Barrillon : voir https://www.grenoble-patrimoine.fr/element/121/595-museum-de-grenoble.htm). Elle maintient cependant la partie du projet concernant l'agrandissement du musée et remet à plus tard l'agrandissement du collège, qu'elle conditionne à la cession des terrains des anciennes fortifications et d'une partie de la rue des Mûriers, tels que prévus sur le plan d'alignement des nouveaux quartiers.

Malgré l'insistance du ministère de l'Instruction publique, le projet est donc revu à la baisse au grand dam du proviseur et ne consiste plus qu'en la création d'un étage sur deux niveaux d'élévation pour la partie musée et d'une petite extension vers l'est comprenant au rez-de-chaussée trois salles d'étude, des latrines et un guichet surveillant l'entrée créée dans le mur pignon, au premier étage la salle de dessin et un petit logement pour le concierge, au deuxième étage les nouvelles salles du musée, le cabinet du conservateur et une antichambre jouxtant la salle de sculpture (ill. IVR84_20243800159NUCA et IVR84_20243800770NUCA). Les travaux sont adjugés à l'entrepreneur Napoléon Pouchot le 11 juin 1844120, mais leur réalisation entravée par le proviseur qui, mécontent de la décision de la commune, refuse un temps l'accès de l'établissement à l'entrepreneur. Un jeu de plans conservés aux archives départementales de l'Isère121 documente le nouvel état du collège après travaux (ill. IVR84_20243800784NUCA à IVR84_20243800787NUCA ; voir ill. ci-dessous).

Plan du rez-de-chaussée, avt. 1848 (AD Isère, 1 Fi 2487/1)Plan du rez-de-chaussée, avt. 1848 (AD Isère, 1 Fi 2487/1)

- Nouvelles cours de récréation et de service (1846-1852)

Tenace car soumis à une forte augmentation des inscriptions, le proviseur revient à la charge dès décembre 1844 : il demande qu'a minima soit mise à disposition du collège la galerie de zoologie pour y aménager un nouveau dortoir puis, en mars et de nouveau en mai 1845122, l'autorisation de faire fermer la partie de la rue des Mûriers qui longe le collège au sud afin de pouvoir agrandir les cours de récréation en y joignant la partie des terrains contigüe, dépendant des anciennes fortifications dont le génie militaire a commencé le démantèlement en 1844 (voir ci-dessous, § 4.). Ces travaux sont votés en novembre 1846 et achevés en décembre 1847 : le bâtiment qui se trouvait dans la partie orientale de la cour existante a été démoli, le terrain nivelé et le sol des nouvelles cours, séparées par un muret, couvert de graviers. Les matériaux de construction issus de la démolition des remparts sont récupérés pour le chantier. Un nouveau mur de clôture est érigé le long de la nouvelle rue ouverte au sud ; un passage y est ménagé pour la nouvelle entrée du musée, dont l'accès se fait depuis le petit escalier situé au chevet de la chapelle (visible sur le plan de 1861, ill. IVR84_20243800164NUCA). En 1848, des préaux faits de tentes tendues sur des piquets de bois sont ajoutés.

Plan de situation des cours construites en 1846 (croquis de P.-B. Barrillon ; AC Grenoble, 4 M 94)Plan de situation des cours construites en 1846 (croquis de P.-B. Barrillon ; AC Grenoble, 4 M 94)

Il reste à régler la question de la cour de service du côté des cuisines, insalubre, où se trouvent des hangars servant d’entrepôts insuffisants pour les besoins du collège, et à relancer le projet d'agrandissement des locaux. Sur l'avis du conseil académique, qui suggère d'étendre les bâtiments du côté du midi, Barrillon propose en mai 1847 un nouveau plan masse (ill. ci-dessous) qui intègre la démolition des hangars de la cour de service, les remplaçant par un nouveau corps de bâtiment avec classes en rez-de-chaussée. Mais ce projet est rejeté en décembre de la même année par le conseil municipal, et l’architecte est prié d’étudier " une nouvelle combinaison "123.

Projet d'agrandissement du collège : plan masse par P.-B. Barrillon, mai 1847 (AD Isère, 19 T 577)Projet d'agrandissement du collège : plan masse par P.-B. Barrillon, mai 1847 (AD Isère, 19 T 577)

L'épidémie de choléra de 1849 accélère la prise de décision : une circulaire du ministère de l'Instruction publique du 14 mars 1849 enjoint en effet les chefs d'établissement de prendre toute mesure d'hygiène nécessaire pour contrer la propagation de la maladie. Aussi le proviseur envoie-t-il au rectorat le 8 juin suivant un rapport sur celles devant être mises en oeuvre au lycée, après avoir procédé à une inspection des locaux avec les médecins attachés à l‘établissement et l'architecte voyer124. S'il constate la salubrité de l’infirmerie et des dortoirs, ainsi que celle des classes et des salles d'étude, assez élevées et aérées bien qu'en nombre insuffisant, il souligne sur l'urgence qu'il y a de rénover les lieux d’aisance les plus anciens et de démolir les vieux hangars de la cour de service dont les toits débordant privent la cuisine et sa dépense d’air. Cour par ailleurs bordée par un " canal " pour l'évacuation des eaux usées aux émanations nauséabondes qui y stagnent trop souvent. Il propose donc de reconstruire ces hangars sur la partie triangulaire de la cour sud-ouest et joint à ce rapport les plan et devis estimatif de Barrillon (voir ill. ci-dessous). La nouvelle construction, constituée de huit poteaux métalliques reposant sur des dés en pierre de Fontanil, avec une toiture à quatre pans couvertes en tuiles plates, doit comprendre cinq pièces : une souillarde, une salle de dix mètres de long pour les bains de pieds des élèves (des bains portatifs), servant également de salle de récréation, et trois magasins pour le stockage du charbon et du bois. Le projet est approuvé par le conseil académique le 26 juin et transmis au maire pour sa présentation au conseil municipal le 17 août.

1er projet pour le hangar de la cour de service par P.-B. Barrillon, juin 1849 ; nouvelles constructions en rose (ACM Grenoble, 4 M 95)1er projet pour le hangar de la cour de service par P.-B. Barrillon, juin 1849 ; nouvelles constructions en rose (ACM Grenoble, 4 M 95)

En mai 1850, aucun de ces travaux n'a encore été décidé ; une nouvelle lettre du proviseur au maire vient rappeler, alors que s'achèvent ceux des nouvelles cours de récréation (auxquelles il manque cependant des préaux couverts), la nécessité de les continuer en accordant la priorité aux nouveaux hangars de la cour de service : " nous nous trouvons bornés à quelques misérables réduits en appentis et à une cour étroite ou plutôt une ruelle située entre deux bâtiments et où les eaux ménagères séjournent avant de s’écouler, ce qui constitue (…) un véritable foyer d’infection. Rien ne paraît plus urgent que de modifier au moyen de quelques constructions nouvelles cette partie des bâtiments déjà condamnée au point de vue de l’hygiène par une commission qui a examiné l’état des lieux l’année dernière "125. Parmi les autres urgences sont évoquées l'insuffisance de salles de classe et de chambres pour les maîtres et les personnels de service, les dortoirs au nombre de lits dépassant la norme prescrite (70 cm d'espacement entre chacun au lieu des 1 m règlementaires) et la nécessité de déplacer les salles d’étude du premier étage de l’aile est au niveau des cours de récréation.

En juillet 1850, Barrillon élabore une deuxième proposition pour le nouveau bâtiment qui permet de répondre en partie aux demandes du proviseur en y déplaçant la cuisine et ses dépendances, ce qui doit permettre de créer dans les locaux libérés une salle d'étude, une classe et une annexe du réfectoire pour les plus jeunes élèves (ill. IVR84_20253800010NUCA, plan annexé au devis estimatif du 19 août 1850). Le projet est présenté par la Commission municipale des travaux en séance extraordinaire du conseil municipal le 8 août 1850, laquelle prend soin de préciser que le coût (estimé à 6500 frs) en sera moins onéreux que le premier projet de Barrillon, et d'autant plus réduit que les matériaux les plus économiques seront choisis pour une construction considérée comme une solution provisoire. Les travaux sont réalisés dans le courant de l'été. L'année suivante, les améliorations doivent se poursuivre avec la construction de préaux couverts et de nouvelles latrines dans les cours de récréation, adossés au mur de clôture longeant la rue des Mûriers. Un mur d'une hauteur de deux mètres doit par ailleurs marquer physiquement dans les cours de récréation la séparation des élèves selon leur âge : leur accès doit être filtré par un portier dont la loge serait placée face à la porte de sortie sur cour du corps de bâtiment sud du lycée. Bien que le projet ait validé par le conseil académique le 27 juin 1851126, lequel charge Barrillon d'en dresser les plans (ill. IVR84_20253800008NUCA et ill. ci-dessous), les travaux n'étaient toujours pas réalisés en 1861 (hormis les latrines ; ni les préaux ni la loge ne figurent sur les plans d'état des lieux de Péronnet), la commune ayant annoncé dès 1852 ne pas disposer de la somme nécessaire pour les financer. Seul semble avoir été ménagé, adossé au mur du passage privatif pour le conservateur du musée qui coupe les cours de récréation un petit préau donnant sur la cour plus tard appelée des platanes, qui semble avoir également servi pour les exercices de gymnastique, démoli pour cause de vétusté et reconstruit au même emplacement en 1876127.

Plan masse du lycée et projet pour la loge du portier dans les cours de récréation par P.-B. Barrillon, 22 juillet 1851 (ACM Grenoble, 4 M 95)Plan masse du lycée et projet pour la loge du portier dans les cours de récréation par P.-B. Barrillon, 22 juillet 1851 (ACM Grenoble, 4 M 95)

- La question du gymnase (1854)

Le 13 mars 1854, l'article 3 de l'arrêté sur l'enseignement de la gymnastique pris par le ministère de l'Instruction publique engage les lycées à se doter d'un gymnase couvert, l'administration centrale fournissant pour sa part les appareils nécessaires à cet enseignement. Au lycée de Grenoble, la mesure s'avère quasiment impossible à mettre en œuvre en raison du manque d'espaces disponibles et des ressources financières pour en faire construire un128. Une requête auprès de la municipalité pour disposer d'un terrain à proximité du lycée sur l'emprise des anciennes fortifications essuie un refus de cette dernière. Le projet de gymnase couvert, élaboré par Eugène Péronnet à la demande du proviseur, comprend la création de deux salles de dessin établies au-dessus du gymnase, devenues nécessaires en raison d'une modification de son enseignement : l'une de dessin linéaire, l'autre de dessin d'imitation (ill. IVR84_20253800012NUCA). En 1855, le projet prend de l'ampleur avec la demande de création d'un manège, la pratique de l’équitation favorisant la réussite des candidats aux concours des écoles du gouvernement, dont celles dépendant du ministère de la Guerre129. Il essuie un nouveau refus, le maire préconisant d'utiliser un manège existant construit par le maître d’équitation choisi par le lycée, où se trouve par ailleurs un gymnase construit par la commune qui pourrait également être mis à disposition du lycée.

d. Le lycée et l'évolution de l'espace urbain

Le plan masse proposé par Barrillon en 1847 montre que la réflexion sur l'agrandissement de l'établissement ne peut être détachée de l'évolution de son environnement urbain au cours du 19e siècle. Jouxtant le rempart et entouré d'espaces plantés jusqu'au début du 19e siècle, le collège, devenu lycée puis collège royal, change de physionomie avec le développement de la ville vers le sud, entamé en 1823. Avec la disparition des anciennes fortifications, il se trouve en effet dans un espace de transition entre le réseau viaire ancien et celui projeté par le nouveau plan d'aménagement de la ville, au tracé orthogonal. Il est donc envisagé de le densifier afin de l'intégrer dans cette nouvelle configuration urbaine (voir ci-dessous les plans de Pégeron, 1842, et de Barrillon, 1861) et de créer au sud-ouest une nouvelle place, dite du Lycée. La suppression du rempart a un autre impact sur la vie du lycée : en effet, elle le met en relation directe avec l'espace public et les éventuels troubles que cette proximité peut susciter. Dans la première moitié du 19e siècle, la correspondance des proviseurs avec le rectorat est émaillée de relations de désordres nocturnes liés à la présence sur les lieux de filles publiques et d'hommes avinés. Dès 1825 donc, le recteur de l'académie demande au maire la concession au lycée de la portion de rempart non démolie qui jouxte les bâtiments au sud pour créer une zone tampon entre ces derniers et l'extérieur, et la fermeture de la rue qui les borde. En 1838, le recteur réclame la construction d'une clôture "qui rende impossible le retour des désordres"130. La cession de ces terrains, d'abord loués au ministère de la guerre, est effective en 1853. Elle permet au lycée de s'étendre au sud en agrandissant notamment ses cours de récréation ceinturées par un nouveau mur de clôture, en 1847. La création d'une nouvelle rue le bordant au sud (actuelle rue Condillac) et de la place du lycée à l'ouest (actuelle place Jean-Achard) définit dès lors la limite maximale de l'emprise du lycée, à l'intérieur de laquelle toute nouvelle construction sera contrainte.

Plan de Grenoble, 1841  (détail) : projet d'extension de la ville vers le sud (B.n.F., Cartes et plans GE DL 1842-140-1)Plan de Grenoble, 1841 (détail) : projet d'extension de la ville vers le sud (B.n.F., Cartes et plans GE DL 1842-140-1)

Détail des terrains échangés avec la ville à l'emplacement des anciennes fortifications, 1853 (Phot. Ph. Grandvoinnet, ACM Grenoble, 1 N 13) Détail des terrains échangés avec la ville à l'emplacement des anciennes fortifications, 1853 (Phot. Ph. Grandvoinnet, ACM Grenoble, 1 N 13)

Plan de Grenoble en 1861 (détail) : implantation du lycée (B.n.F., Cartes et plans, GE C-6837)Plan de Grenoble en 1861 (détail) : implantation du lycée (B.n.F., Cartes et plans, GE C-6837)

e. Relance du projet d'agrandissement sous le Second Empire et la Troisième République (1857-1879)

En décembre 1859, un rapport de visite des inspecteurs généraux de l'académie au ministère de l'Instruction publique souligne le fort déficit du lycée en locaux appropriés et l'urgente nécessité de l'agrandir. En effet, l'importance nouvelle donnée à l'enseignement des sciences, le dédoublement des clases supérieure et l'établissement d'une petite école préparatoire ont créé de nouveaux besoins non satisfaits. Le lycée ne bénéficie toujours pas d'un gymnase, de salles différenciées pour la pratique du dessin, d'un laboratoire de chimie, les dortoirs sont trop étroits et les conditions d'hygiène sont défaillantes, l'établissement n'ayant ni salle de bains entiers ni de bains de pieds ni de dortoir d'isolement pour les malades contagieux à l'infirmerie. Le parloir est étroit et sombre, les caves sont insuffisantes ainsi que le nombre de chambres pour le personnel de service et il manque une buanderie pour assurer un fonctionnement correct de l'entretien du linge. La solution avancée pour y remédier serait de libérer espaces occupés dans les bâtiments par la bibliothèque et le musée131. Une solution envisagée depuis 1857132, le maire ayant déjà fait évaluer la dépense inhérente à ces travaux d'appropriation une fois le musée et la bibliothèque transférés, estimée à 40 000 frs et présentée au conseil municipal le 20 mai 1857.

Le projet ne se matérialise cependant qu'en 1860, date à laquelle la ville de Grenoble, qui a accueilli Napoléon III le 6 septembre, reçoit de l'empereur une subvention de 200 000 frs pour l'édification d'un nouveau musée-bibliothèque et pour l'agrandissement du lycée. Au cours de cette année-là et plus particulièrement à partir du mois de novembre, le maire est à plusieurs reprises sollicité par le recteur qui attend depuis décembre 1859 une délibération du conseil municipal actant la cession des locaux du musée et de la bibliothèque au lycée, ainsi qu'un projet général des travaux d'agrandissement, englobant la création d'un petit collège accompagné des plans et du devis estimatif qui doivent être examinés au ministère par la Commission des bâtiments des lycées. Mais la commune se refuse à toute prise de décision tant qu'elle n'obtient pas l'octroi d'un emprunt de 2 millions de francs (il se montera en fin de compte à 4 millions), estimant par ailleurs que les dépenses prioritaires sont à porter sur le nouveau casernement d'artillerie, le renforcement des dispositifs contre les inondations après la crue catastrophique de 1859, et l'édification du nouveau musée-bibliothèque sans laquelle le transfert des collections occupant le lycée ne peut être réalisée. Une telle position suscite en haut lieu un fort mécontentement, exprimé par le ministre de l'Instruction publique Rouland au préfet de l'Isère en ces termes en février 1861 : " Sa majesté, en promettant 200 000 frs pour la solution de cette affaire pensait qu'on procèderait sans délai à l'exécution des travaux qu'Elle regardait Elle-même comme indispensables "133. De fait, l'état des bâtiments laisse fortement à désirer : " portes qui ne ferment plus, fenêtres dont les entablements en molasse ont disparu, crépissages partout déchirés, charpente dont toutes les pièces grandes et petites sont pour la plupart mangées par les insectes ou pourries par l'humidité, horloge ne fonctionnant plus tant l'accès y est dangereux "134

De fait, les plans d'état des lieux du lycée dressés en 1861 par Eugène Péronnet montrent peu de changements par rapport à ceux de 1837, si ce n'est dans la nouvelle cour de service où, après démolition des hangars, la cuisine et ses dépendances ont été déportées dans le nouveau corps de bâtiment dessiné par Barrillon en 1850, dans lequel a également été aménagé un nouveau réfectoire, tandis que les espaces libérés au rez-de-chaussée du corps de bâtiment sud de l'ancien collège jésuite ont permis la création de salles de cours et d'étude ; en outre les cours de récréation sont désormais dûment séparées pour chaque section (petits, moyens et grands). Hormis ceux d'entretien courant, les seuls travaux entrepris dans les années 1860 consistent dans la plantation de platanes dans la cour de récréation du lycée (celle la plus à l'est), en 1865, qui prend dès lors le nom de " cour des platanes ".

Plan du rez-de-chaussée par E. Péronnet, 1861 (AN, CP/F/17/*/2548)Plan du rez-de-chaussée par E. Péronnet, 1861 (AN, CP/F/17/*/2548)

Ce n'est qu'en 1872 que le lycée récupère la totalité des espaces laissés vacants par le départ des collections du musée (dès 1870) et de la bibliothèque et que sont engagés les travaux d'appropriation et d'agrandissement, dont le projet a été confié à Eugène Péronnet par une délibération du conseil municipal en date du 19 novembre 1869135. Le projet inclut une remise en état de l'ensemble des locaux, reprenant les préconisations du rapport de l'inspection académique de décembre 1859. Un premier jeu de plans pour une première phase de travaux, concernant l'aile au nord de la cour des platanes destinée au petit collège, est livré par Péronnet en mai 1870. Il crée au rez-de-chaussée, où se trouvaient des classes, trois salles d'étude ouvrant sur la cour, reporte les trois classes au premier étage en remplacement du dortoir, et dispose deux nouveaux dortoirs aux 2e et 3e étages dans les salles libérées du musée, reliés à l'aile nord de l'ancien collège jésuite par le percement d'un couloir ; l'escalier qui les dessert est par ailleurs élargi, passant d'une à deux volées par niveau. Une partie de ces modifications est réalisée entre 1870 et 1872, en même temps qu'est installée dans la cour des platanes l'école préparatoire (voir ill. IVR84_20253800034NUCA), auparavant établie dans le corps de bâtiment ouest, que sont agrandis le logement du concierge et le parloir (ill. ci-dessous) et que sont rénovés la cuisine et le réfectoire.

Projet d'agrandissement : aile au nord de la cour des platanes, coupe par E. Péronnet, 1870 (ACM Grenoble, 4 M 96)Projet d'agrandissement : aile au nord de la cour des platanes, coupe par E. Péronnet, 1870 (ACM Grenoble, 4 M 96)Projet pour le parloir et le logement du concierge par E. Péronnet, 1872 (ACM Grenoble, 2 Fi 329)Projet pour le parloir et le logement du concierge par E. Péronnet, 1872 (ACM Grenoble, 2 Fi 329)

Quant au projet global, élaboré par le rectorat en concertation avec le proviseur et l'économe du lycée et l'architecte et approuvé en séance du conseil municipal le 26 mai 1873136, il est validé sans modification le 23 juillet par le ministre de l'Instruction publique Anatole Batbie après avoir été soumis à la Commission des bâtiments des lycées137 ; la première adjudication des travaux est annoncée le 7 août suivant. Le projet inclut l'installation provisoire dans une partie des anciens locaux de la bibliothèque (à l'extrémité nord-ouest de son 2e étage) d'une école primaire supérieure de garçons. Il prévoit : " 1. les travaux dans l’aile nord-ouest comprenant l’agencement d’un grand escalier, de dortoirs, de vestiaires, de chambres de maîtres et de quatre classes ; 2. l'aménagement d’un logement pour l’aumônier ; 3. la construction au chevet de la chapelle, après démolition de l'escalier particulier du conservateur de l'ancien musée, d’un bâtiment de trois étages renfermant une salle d'armes, des salles d'études et de dessin, les classes de physique et de chimie et le cabinet d'expériences des professeurs, la lingerie etc. 4. Un gymnase couvert, l'agrandissement d’un réfectoire, le logement du censeur ; 5. les logements du proviseur et de l’économe ; 6. la réparation des façades et de l’horloge ; 7. l'agrandissement de l’infirmerie et la construction de trois préaux couverts [dont un à l'emplacement du passage reliant la porte de la rue Condillac à l'ancienne entrée particulière du conservateur du musée]"138. C'est également lors de la séance du 26 juin 1873 qu'est proposé pour la première fois la transformation de la chapelle en gymnase couvert, en créant une nouvelle chapelle dans la salle d'exposition des tableaux du musée située au-dessus de cette dernière. Les travaux d'agrandissement sont en partie financés par l'Etat, qui accorde à la commune une subvention de 50 000 frs à répartir sur les années 1873 et 1874 puis une de 25 000 frs en 1875 pour permettre leur achèvement au plus tard en 1876139.

Afin de ne pas trop entraver le fonctionnement de l'établissement, il est prévu que le chantier se déroule en plusieurs tranches, section par section, en commençant par le nord-ouest afin de dégager les dortoirs existant et de construire le nouvel escalier et les nouveaux dortoirs prévus dans les ailes nord et est de la cour d'honneur. En raison du mauvais état de la charpente, de la toiture et des planchers du niveau supérieur, Péronnet présente à la Commission municipale des travaux et de l'instruction publique un premier projet de reconstruction complète des deux derniers niveaux et de la toiture de l'aile est le 18 mai 1874 (ill. IVR84_20253800018NUCA), puis un second, plus économique, le 23 mai, adopté par le conseil municipal le 10 août. Les niveaux supérieurs de la façade à partir du deuxième étage et le comble sont conservés ainsi que les quatre grandes fenêtres, mais celles-ci sont relevées de façon à remonter leur appui de 90 cm, et leurs encadrements en bois remplacés par des encadrements en molasse (ill. ci-dessous). Progrès notoire en termes d'hygiène : les entrées de dortoirs sont précédées d'une petite salle pourvue de lavabos. En août le chantier se concentre sur la réfection de la toiture et des planchers des anciens dortoirs à l'angle sud-ouest de la cour d'honneur, qui doivent accueillir le logement du proviseur, de l'économe, de l'aumônier et la lingerie.

Deuxième projet pour la façade de l'aile est de la cour d'honneur par Péronnet, 23 mai 1874 (ACM Grenoble, 4 M 96)Deuxième projet pour la façade de l'aile est de la cour d'honneur par Péronnet, 23 mai 1874 (ACM Grenoble, 4 M 96)

La construction du nouvel escalier de l'aile nord conduisant aux dortoirs (en pierre de Fontanil pour l'assise et de Villebois pour les marches), appelé " escalier des internes ", entraine un remaniement de sa façade sur rue pour déplacer les fenêtres qui doivent l'éclairer. Délimitées par deux jambes en bossage en table, les deux travées correspondant à sa cage ne sont de ce fait plus à l'alignement des autres baies de la façade.

Le chantier est interrompu en 1875, en partie en raison du départ en retraite de Péronnet, en partie en raison d'un dépassement de l'estimation originelle du coût des travaux, qui a quasiment doublé et que la commune n'est plus en mesure de financer sans de nouvelles subventions de l'Etat140. Aussi la dernière tranche de travaux, qui comprenait notamment la construction du bâtiment au sud et à l'angle de la chapelle, d'une salle d'armes avec terrasse au-dessus pour les expériences de physique et de chimie, de préaux couverts et d'un gymnase, et pour lequel Joseph-Emile Thiervoz, qui a remplacé Péronnet, avait établi plans et devis estimatif, n'est-elle pas réalisée, et seuls continuent ceux de second œuvre. Un rapport sur l'achèvement des travaux présenté en séance du conseil municipal du 22 juillet 1879 acte l'impossibilité de continuer l'agrandissement du lycée et propose des modifications dans la distribution des locaux existants afin remédier à l'augmentation des effectifs d'élèves et de gagner 27 lits en aménageant deux nouveaux dortoirs et 36 places dans le réfectoire en déplaçant la salle de bains de pieds ; il s'agit également d'achever a minima le recrépissage des façades et la construction du préau couvert.

Mais, relève ce rapport, " le lycée sera, après ces dépenses, ce qu'il était avant, c'est-à-dire un lycée trop petit, hors d'état de couronner les efforts et les sacrifices que fait la ville pour l'instruction publique de tous les degrés et une source de dépenses sans résultat appréciable ". De fait, dès la première présentation du projet au conseil municipal en 1873, il était admis que malgré l'ampleur des travaux à réaliser, la disposition initiale des bâtiments serait toujours un obstacle à ce que l'on serait en droit d'attendre d'un grand lycée de province : " bonne distribution, ampleur des salles, cours spacieuses, surveillance facile, toutes choses qu'on cherchera toujours en vain dans le lycée de Grenoble "141. Formulation que reprend mot pour mot le rapport de 1879, soulignant pour la première fois la nécessité de transférer le lycée ailleurs et de construire de nouveaux bâtiments capables de répondre à ses besoins présents comme à ses évolutions futures. Le conseil municipal entérine donc les propositions du rapport : ne plus faire de travaux autres que ceux justifiés par le nombre de nouveaux élèves et ne les réaliser qu'à condition que l'Etat prenne en charge la moitié des sommes à leur affecter, qui seraient inscrites au budget de l'année 1880.

2. Du lycée de garçons au lycée de jeunes filles (1886-1910)

En 1887, les bâtiments libérés par le départ des élèves au lycée de garçons nouvellement construit (actuel lycée Champollion) sont affectés au lycée de jeunes filles dont le collège, créé en 1882 et érigé en lycée en 1891142, avait fonctionné jusque là dans des locaux provisoires, au rez-de-chaussée de la mairie143. Il accueille des classes primaires et secondaires et est doté d'un internat. Les travaux réalisés relèvent essentiellement de l'appropriation à cette nouvelle affectation, laquelle entraine également des réaménagements intérieurs et l'acquisition de mobilier. Deux architectes voyers sont successivement à la manœuvre pour mener à bien cette transformation : Charbonnier entre 1886 et 1888, puis Marius Michon à partir de 1888. Les travaux d'appropriation sont conjointement financés par la commune et par l'Etat.

a. L'appropriation en lycée de jeunes filles

Un premier projet d'appropriation pour 400 élèves dont 120 internes est élaboré par le nouvel architecte de la Ville, Charbonnier, le 20 octobre 1886 (ill. IVR84_20253800022NUCA à IVR84_20253800026NUCA) ; il inclut deux variantes réduisant les transformations et donc moins coûteuses (devis estimatif du 18 novembre 1886 et plans datés du 25 décembre 1886 pour la seconde variante, ill. IVR84_20253800027NUCA à IVR84_20253800029NUCA). La seconde variante, la seule à tenir dans l'enveloppe de 200000 frs affectée au projet, est présentée au conseil municipal le 5 janvier 1887.

Ce dernier estimant qu'indépendamment du coût, il fallait prendre en compte non seulement les besoins présents mais aussi les évolutions futures du lycée, demande à l'architecte un nouveau projet pour 180 internes, 250 externes et 60 à 80 demi-pensionnaires, soit environ 500 élèves, et d'y inclure une école maternelle payante. Ce second projet, présenté au conseil municipal le 28 mars 1887144, fait également l'objet d'une variante (plans datés du 1er juillet 1887 ; ill. IVR84_20253800030NUCA à IVR84_20253800033NUCA), au cas où les locaux du lycée situés du côté de la rue Condillac seraient affectés aux Facultés145, entraînant un déplacement de l'école maternelle au rez-de-chaussée du corps de bâtiment nord de la cour des platanes (ill. ci-dessous).

C'est lors de sa séance du 22 avril 1887 que le conseil municipal entérine la transformation du collège de jeunes filles en lycée et son transfert dans les bâtiments du lycée de garçons, auquel est annexé un internat146. Le coût estimé des travaux s'élevant à 280000 frs et dépassant les évaluations du devis de novembre 1886, et le déménagement du lycée garçons étant prévu pour la rentrée du mois d'octobre 1887, ne laissant que les trois mois d'été pour les réaliser, il est décidé de donner la priorité à l'aménagement des locaux ne nécessitant que de légères interventions pour permettre l'ouverture du lycée de filles dès la rentrée 1887, et de reporter à la rentrée 1888 l'exécution complète du projet.

2e projet pour le lycée de jeunes filles, variante : plan du rez-de-chaussée par Charbonnier, juillet 1887 (ACM Grenoble, 4 M 99)2e projet pour le lycée de jeunes filles, variante : plan du rez-de-chaussée par Charbonnier, juillet 1887 (ACM Grenoble, 4 M 99)

- Les bases du projet

Les dispositions proposées s'alignent autant que possible sur les règlements ministériels en matière d'aménagement des lycées147 : il s'agit de séparer l'internat de l'externat, d'installer les classes en rez-de-chaussée et de maintenir la division des cours en fonction des âges. Mais les contraintes inhérentes aux bâtiments existants obligent l'architecte à déroger parfois à ces règles pour les adapter à la configuration des lieux, et par exemple à reporter certaines classes aux premier et deuxième étages, où se trouvaient déjà celles de chant, de dessin et de physique et chimie du lycée de garçons.

L'externat comprend la création et l'aménagement de l'école maternelle, l'aménagement des classes du cours préparatoire (ou petit lycée), des cours moyens ou supérieurs (ou grand lycée), de la conciergerie du petit lycée, de celle du grand lycée et de leurs parloirs, et du le logement de la directrice du lycée. L'internat comprend les études d'internes et d'externes surveillées, des réfectoires et des cuisines, des dortoirs, des cours et préaux couverts, le service de l'infirmerie, l'aménagement des bains et de la lingerie, une conciergerie, ainsi que les logements de la directrice de l'internat, de l'économe, de la surveillante générale des études, des maîtresses surveillantes et des femmes de service. Les deux sections ont en commun le gymnase et la chapelle, cette dernière étant plus particulièrement affectée aux internes et facultative pour les externes. La chapelle est conservée et utilisée telle quelle, mais les deux escaliers desservant la tribune sont supprimés pour créer un couloir reliant les salles d'études au premier étage. La pratique de la gymnastique en plein air est abandonnée afin de ne pas soumettre les jeunes filles aux inconvénients de la vue des voisins et il est prévu de construire un bâtiment neuf adossé au mur de clôture de la rue du Général-Marchand, derrière la cour du petit lycée et de l'école maternelle. Cette dernière doit être placée dans bâtiments du petit lycée bordant la rue Condillac, et avoir une entrée commune avec les élèves du cours préparatoire créée rue du Général-Marchand. Les classes de ce cours sont placées dans celles du petit lycée (corps de bâtiment nord de la cour des platanes), donnant sur la rue du Lycée et face à école maternelle et ouvrant sur le portique en arcade.

Afin de respecter la séparation entre externat et internat, l'entrée principale du lycée est désormais affectée aux seules externes, l'entrée de l'internat devant se faire par une porte à ouvrir au droit de l'escalier existant sur la rue du Lycée, créé lors des travaux de 1872-1874 (voir § 5.). Cette ouverture n'a pas été réalisée, le projet de 1890 conservant pour l'entrée de l'internat celle du pensionnat des jésuites créé en 1727, de même que n'a pas été démoli le grand escalier du passage du Lycée qui donnait accès à la bibliothèque et devait être remplacé par deux escaliers particuliers pour les logements situés dans l'aile ouest de la cour d'honneur. Salles d'étude et salles de classes sont également réparties dans des corps de bâtiments différents. Toutes les études sont situées au premier étage et desservies par un couloir spécial longeant le mur de la façade sur la rue du Lycée, traversant la chapelle un peu en contrebas de la tribune et se poursuivant au-delà de la chapelle en se raccordant avec le couloir existant. L'aménagement des salles est modernisé : dans la plupart des classes, les gradins avec tables à plusieurs places sont supprimés et remplacés par des tables à deux places disposées au niveau du plancher. Les classes de physique, de chimie et de dessin restent à leur emplacement initial, mais une deuxième salle de dessin est créée au deuxième étage du corps de bâtiment est de la cour d'honneur, pourvu de larges baies cintrées et haute de plafond ; elle doit également servir pour les cours de chant. Par mesure d'hygiène, les salles d'étude sont quant à elles pourvues de tables à une place, ce qui permet d'augmenter le volume d'air respirable pour chaque enfant.

Les dortoirs et l'infirmerie occupent la plus grande partie des deuxième et troisième étages, dont deux superposés au-dessus de la chapelle, ce qui induit des travaux de démolition sur les bas-côtés de cette dernière pour les éclairer latéralement. Les autres dortoirs sont placés dans les corps de bâtiments nord longeant la rue du lycée, de part et d'autre de la chapelle, et un dernier dans le corps de bâtiment ouest de la cour d'honneur. L'infirmerie est maintenue à son emplacement et dotée d'un dortoir pour malades contagieuses " dans un pavillon formant avant-corps au midi de telle sorte que les vents d'ouest emportent lors du lycée les émanations dangereuses qui peuvent en provenir "148 ; à l'infirmerie sont joints une cuisine, un réfectoire, une salle de consultation et des bains. Les bains pour l'ensemble des internes, pourvus d'une salle pour les bains de pieds, de six cabines de baignoires et deux cabines de douches sont placés dans le corps de bâtiment en retour d'équerre sur l'école maternelle et perpendiculaire à la rue Condillac ; ils doivent être alimentés en eau chaude par une chaudière destinée au chauffage des bâtiments et située à proximité, au sous-sol.

Les cours plantées conservent la division existante en trois partie, désormais dévolues aux grandes, aux petites et moyenne et à l'école maternelle. Leurs cabinets d'aisance sont tous modernisés (installation de chasses d'eau) et le seul préau couvert existant le long de la chapelle est conservé. Quant aux réfectoires et cuisine, ils restent au même emplacement, et sont desservis par les couloirs réservés à l'internat.

Ces transformations doivent s'accompagner d'une remise en état des locaux et des bâtiments : bouchage des lézardes, réfection des façades hormis celles sur la cour d'honneur et sur la rue du Lycée déjà repris (crépis, encadrements de fenêtres et cordons en molasse), " rafraîchissement " des classes, menuiseries à traiter, carrelages à remplacer, création d'impostes vitrées et ouvrantes dans les classes, les études et les réfectoires sur les faces opposées aux fenêtres pour en améliorer la ventilation.

- Une succession de variantes

Il est difficile de suivre la logique de l'enchaînement des projets présentés tant au conseil municipal qu'aux instances académiques et ministérielles entre 1886 et 1890, les documents faisant parfois défaut. Au premier projet de Charbonnier et ses deux variantes (octobre 1886), puis au second et sa variante (mars et juillet 1887), succèdent plusieurs nouvelles propositions d'appropriation élaborées par Michon, qui prend la suite de Charbonnier en 1888. Le positionnement du gymnase couvert, local particulièrement mouvant dans les états successifs du projet, en est une des illustrations. Négligé dans le premier projet d'octobre 1886, il est placé dans sa deuxième variante de décembre 1886 au rez-de-chaussée du bâtiment nord de la cour des platanes, puis en juillet 1887 dans une partie du corps de bâtiment au sud-est de l'église, séparant les deux cours des moyennes et des grandes, et jouxté par la salle des bains de pieds, où il est effectivement installé lors des travaux de l'été 1887 (voir §3. ci-dessous).

Envoyés au maire le 10 février 1888, les nouveaux plans accompagnés d'un devis estimatif149 sont établis par Marius Michon sur la base du dernier état du projet de juillet 1887. Ils tiennent compte des observations formulées tant par le conseil municipal que par le rectorat ainsi que des travaux déjà exécutés pour l'externat et l'école maternelle, provisoirement installée dans les salles en bordure de la rue Condillac affectées aux Facultés pour la création de cours spéciaux150. Cet ensemble de plans suscite cependant de nouvelles réserves du ministère de l'Instruction publique sur la disposition intérieure, présentées au conseil municipal le 12 août 1890, en même temps qu'un projet modificatif (plans du 24 mai 1890, ill. IVR84_20253800036NUCA, ci-dessous, à IVR84_20253800039NUCA et devis estimatif du 26 juillet 1890). Le ministère par ailleurs n'accepte de subventionner que les dépenses afférentes à l'externat, celles pour l'internat devant être à la charge entière de la municipalité. Le maire opposé à une telle décision, suivi par son conseil, demande le maintien de la répartition initiale, soit une participation pour moitié de l'Etat au financement des travaux d'appropriation.

Reprise du 2e projet pour le lycée de jeunes filles : plan du rez-de-chaussée par M. Michon, 24 mai 1890 (ACM Grenoble, 4 M 100)Reprise du 2e projet pour le lycée de jeunes filles : plan du rez-de-chaussée par M. Michon, 24 mai 1890 (ACM Grenoble, 4 M 100)

- Les travaux réalisés (1887 ; 1891-1899)

Les travaux réalisés pour la rentrée 1887 comprennent donc l'installation de l'externat et l'aménagement de l'école maternelle tels que les avait prévus le second projet de Charbonnier, au rez-de-chaussée du corps de bâtiment nord de la cour des platanes. L'école maternelle se prolonge dans un petit corps de bâtiment en retour, édifié le long de la rue du Général-Marchand, où sont implantés sa porte d'entrée, le bureau de la directrice, une cuisine au nord, le logement de la directrice et un jardin privatif au sud. Enfin, le logement de la concierge est remis à neuf et les urinoirs des cours de récréation, devenus inutiles, sont supprimés151. Une partie des bâtiments en bordure du passage du Lycée est également démolie pour aérer la partie conservée, dont l’ancien escalier de la bibliothèque maintenu pour l'accès aux logements (ill. ci-dessous).

Corps de bâtiment ouest, élévation postérieure et ancienne cour d'entrée de la bibliothèque municipaleCorps de bâtiment ouest, élévation postérieure et ancienne cour d'entrée de la bibliothèque municipale

De ce même côté (corps de bâtiment ouest de la cour d'honneur), un escalier intérieur est construit pour accéder à deux classes du premier étage. L'ancien réfectoire à côté de la cuisine est également démoli, le gymnase (non couvert) aménagé à l'emplacement de l'ancienne entrée particulière du conservateur du musée et préau couvert, à l'angle sud-est de la chapelle et le pavillon des bains remis à neuf. Enfin toutes les façades commencent à être restaurées.

Les mémoires de travaux de 1891 et 1892, attribués à l'entrepreneur grenoblois Romain Baty, indiquent que de profondes transformations intérieures ont été réalisées : des niveaux de planchers ont été modifiés, des cloisons déplacées, notamment dans les étages. Quant au gymnase, il est à nouveau déplacé pour créer dans le corps de bâtiment à l'angle sud-est de l'église une salle de bains incluant douches et baignoires à côté de la salle de bains de pieds. A la demande du recteur152, il est installé dans la partie sud de la chapelle, la partie nord étant seule affectée au culte et transformée à cet effet (voir ill. IVR84_20253800040NUCA). Le mobilier des classes est réalisé sur mesure d'après les dessins fournis par l'architecte, mais celui destiné aux amphithéâtres de chimie (au premier étage du corps de bâtiment sud), de physique (au deuxième étage du même) et à la salle de dessin, dont les modèles sont brevetés, est commandé au constructeur O. André à Neuilly-sur-Seine. Chacune de ces classes dispose par ailleurs d'une salle des collections et d'un laboratoire pour celles de sciences.

Plan de la chapelle avec aménagement du gymnase par M. Michon, janvier 1892 (ACM Grenoble, 4 M 100)Plan de la chapelle avec aménagement du gymnase par M. Michon, janvier 1892 (ACM Grenoble, 4 M 100)

Bien que l'on puisse considérer que la plus grande partie des travaux (gros œuvre et second œuvre) soient terminés en 1892, ils se poursuivent ponctuellement jusqu'en 1899, date à laquelle le ravalement des façades de la cour d'honneur est achevé (travaux réceptionnés le 14 février 1900) ; ne reste alors à achever que la restauration de " l'escalier zodiacal " (voir ici)153.

A l'issue de ces réaménagements, seule une partie des locaux est occupée par le lycée de filles, le reste étant affecté à l'Université. Ainsi l'école enfantine est-elle transférée dans le bâtiment au sud de la cour des platanes rétrocédé par la faculté des sciences, où se trouve un laboratoire d'histoire naturelle, tandis que la totalité des niveaux de celui situé au nord de cette même cour et son aile en retour sur la rue Général-Marchand sont cédés à l'Université. Un mur de clôture est érigé afin de délimiter la partie affectée à l'Université de la cour de récréation de l'école enfantine, qui dispose par ailleurs d'une petite cour privative à l'angle des rues Condillac et Général-Marchand.

Plan masse du lycée en 1899 par M. Michon (AD Isère, 21 T 1734)Plan masse du lycée en 1899 par M. Michon (AD Isère, 21 T 1734)

En 1910, une partie du produit de la vente la chapelle du lycée de garçons (actuel lycée Champollion) permet de financer de nouveaux aménagement dans celui de jeunes filles afin d'installer la toute récente section d'enseignement ménager, de créer un nouveau dortoir avec cabines de toilette individuelles et d'ouvrir une seconde porte entre la cour d'honneur et le couloir des classes. Les devis sont approuvés le 6 juin 1912 par le ministère de l'Instruction publique154.

- L'Institut électrotechnique (1903-1938)

Le premier cours d'électricité industrielle est créé à Grenoble en 1892, suivi en 1898 par la création d'un Institut d'électrotechnique rattaché à la Faculté des sciences, qui accueille sa première promotion en 1900. L'institut s'installe en 1903 dans la partie des bâtiments du lycée cédés à l'Université, (corps de bâtiment à l'est de la chapelle) ; en 1905, la commune lui adjoint le bureau central de contrôles et d'essais électriques, chargé de la surveillance et de la maintenance du réseau municipal de distribution d'électricité155. La croissance rapide de ses effectifs oblige à agrandir ses locaux par la construction en 1904-1905 d'un petit corps de bâtiment le long de la rue Général-Marchand, à l'emplacement de la cour privative attribuée à la directrice de l'école enfantine et de la petite cour à l'angle des rue Condillac et Général-Marchand (ill. ci-dessous et IVR84_20253800123NUCA).

Bâtiment de l'Institut électrotechnique, v.1904 (repr. in L'institut polytechnique de Grenoble, 1900-1960, BM Lyon, DLA 25283)Bâtiment de l'Institut électrotechnique, v.1904 (repr. in L'institut polytechnique de Grenoble, 1900-1960, BM Lyon, DLA 25283)

La création de nouveaux enseignements au sein de l'institut (hydraulique en 1906, électrométallurgie en 1907) nécessite par ailleurs de trouver un local qui fasse office d'usine d'application. C'est ainsi qu'en 1908 est installé dans l'ancienne usine d'éclairage et de force motrice de la commune, rue Diderot, le laboratoire d'électrométallurgie et d'hydraulique de l'institut. C'est par ailleurs en 1907 qu'est lancé le projet d'installation sur un nouveau site, rendu possible par le don de l'industriel Casimir Brenier à la commune d'un vaste terrain en bordure de l'avenue de la Gare. De nouveaux bâtiments y sont construits entre 1909 et 1911156, où vont être accueillis la majeure partie des étudiants de l'Institut, qui prend le nom d'Institut polytechnique de Grenoble. Toutefois des cours continuent d'être dispensés jusqu'en 1938 dans les locaux concédés par le lycée, notamment ceux de physique industrielle157.

4. Relance constructive dans la seconde moitié du 20e siècle

Ce n'est qu'avec le départ définitif de l'Institut polytechnique en 1938 qu'émergent de nouveaux projets, dans un premiers temps de réaménagement du corps de bâtiment à l'est de l'église, libéré par la Faculté des sciences (projet de l'architecte communal Jean Benoit, présenté en séance du conseil municipal le 13 mai 1938), puis de modernisation-extension dans les années 1950 (projets de l'architecte des Bâtiments civils et palais nationaux Marcel Descotes-Genon).

L'objectif qui sous-tend l'ensemble de ces projets répond à un impératif : multiplier le nombre de classes et de locaux annexes (vestiaires, toilettes, préaux) rendus nécessaire par une forte augmentation du nombre d'élèves (2300 en 1964), et moderniser les installations vieillissantes du lycée tout en les adaptant aux évolutions de la pédagogie. Il s'agit aussi de rétablir des circulations supprimées par les multiples cloisonnements induits par l'installation de l'école enfantine, puis de l'institut électrotechnique, et par la transformation en amphithéâtre de la partie nord de l'ancienne chapelle, déjà divisée dans sa longueur au moment de l'installation du gymnase dans la partie sud, en 1892. Le projet d'agrandissement de 1938 propose ainsi qu'un couloir de communication entre les deux corps de bâtiment nord soit établi sur une partie de la surface récupérée de l'amphithéâtre (auparavant affecté à l'institut électrotechnique) avec grand hall d'entrée, et que la surface restante soit dévolue à l'agrandissement du gymnase auquel serait associée une salle des fêtes et de réunion pour les élèves158. Il est également proposé de surélever le troisième étage du corps de bâtiment nord à l'est de la chapelle en y ouvrant de larges baies pour éclairer les classes et de créer un grand préau en rez-de-chaussée, en deçà des arcades ouvrant sur l'ancienne cour des platanes (voir ill. IVR84_20253800116NUCA et IVR84_20253800117NUCA). L'entrée en guerre de la France l'année suivante met un terme à ce projet et ce n'est qu'à partir des années 1950 que la commune s'engage dans ces travaux de modernisation du lycée, qui prend le nom de lycée Stendhal en 1955.

La construction de l'internat du lycée des Eaux-Claires, ouvert en octobre 1956, permet d'importants réaménagements, programmés en trois tranches dont les deux premières sont consacrées à la création de 15 nouvelles salles de classes dans les dortoirs désaffectés159, et la troisième à celle d'un bâtiment dédié aux enseignements scientifiques. Il est d'abord envisagé d'en établir les classes et laboratoires dans le corps de bâtiment à l'est de l'église, où se trouvait une partie de l'institut électrotechnique (plans d'avril 1956, ill. IVR84_20253800105NUCA à IVR84_20253800107NUCA et ci-dessous). Le projet est cependant rapidement délaissé au profit de la construction d'un bâtiment neuf comprenant un gymnase au rez-de-chaussée et un bloc scientifique dans les étages160 (voir ici). Cette construction est approuvée par le conseil municipal le 30 mai 1958 sous réserve de l'accord du ministère de l'Education, qui ne le valide qu'en 1961 et accorde une subvention de 50% du montant des travaux, estimé à 1 512 000 frs. Le chantier, qui entraine la démolition de l'ancien bâtiment des cuisines, est achevé en 1966. Six nouvelles classes sont par la suite aménagées aux premier et deuxième étages du corps de bâtiment sud de la cour d'honneur, à l'emplacement des anciennes salles de sciences. Enfin l'infirmerie est rénovée et un cabinet médical installé en rez-de-chaussée du corps de bâtiment à l'est de la chapelle, à l'angle des rues du Lycée et du Général-Marchand (ill. IVR84_20253800105NUCA).

Réaménagements du lycée : plan partiel de distribution du rez-de-chaussée avec indication des aménagements des laboratoires  par M. Descotes-Genon, avril 1956 (ACM Grenoble, 4 M 104)Réaménagements du lycée : plan partiel de distribution du rez-de-chaussée avec indication des aménagements des laboratoires par M. Descotes-Genon, avril 1956 (ACM Grenoble, 4 M 104)

Les travaux de rénovation se poursuivent en 1967 et 1968 par un ravalement général des façades (renouvelé en 1987161, dont une série de photographies atteste le mauvais état (ill. IVR84_20253800102NUCA et IVR84_20253800103NUCA), puis à partir de 1969 par d'importants travaux dans l'ancienne chapelle du lycée à la suite du départ de la Comédie des Alpes (voir ici). Des aménagements ponctuels sont également réalisés au troisième étage de l'aile orientale (voir ill. IVR84_20253800124NUCA), où sont créées de grandes salles de classe en récupérant une partie des greniers, permettant ainsi dans l'espace libéré au rez-de-chaussée par deux salles de classes transférées la création un foyer pour les élèves du premier cycle162.

Vue aérienne v. 1980 : à l'arrière-plan, le bloc scientifique, au premier plan, le petit bâtiment de l'ancien institut électrotechnique et en retour, l'ancienne école maternelle (repr. in J. Joly, 1988)Vue aérienne v. 1980 : à l'arrière-plan, le bloc scientifique, au premier plan, le petit bâtiment de l'ancien institut électrotechnique et en retour, l'ancienne école maternelle (repr. in J. Joly, 1988)

5. La cité scolaire Stendhal

Après le départ au début des années 2000 des sections internationales du collège et du lycée créées en 1987, des travaux de restructuration sont réalisés de 2001 et 2006. La maîtrise d’œuvre est confiée aux architectes grenoblois Jacques Scrittori et Patrick Charra. L’opération s'est déroulée en trois phases principales. Entre 2001 et 2004 : démolition des bâtiments situés le long de la rue Condillac, renforcement des fondations des bâtiments patrimoniaux, rénovation de la partie collège et administrative et construction des 3 /4 du nouveau bâtiment scientifique. Entre 2004 et 2005 : rénovation de la chapelle, des salles situées autour de la cour d’honneur, démolition de l’ancien bâtiment scientifique situé place Jean-Achard. En 2005-2006 : rénovation des logements, achèvement du bâtiment scientifique, création de la nouvelle entrée de l’établissement.

Conclusion

Malgré les réaménagements multiples et les modifications structurelles des bâtiments originels du collège jésuite, on peut en lire assez aisément le plan et la distribution dans le quadrilatère de l’ancienne « cour des classes ». Ces dernières, aujourd’hui affectées à d’autres usages, étaient toutes en rez-de-chaussée et sont encore longées par un couloir voûté d’arêtes (disposition identique au premier étage). La porte au décor sculpté située au centre de ce dernier ouvre sur l’escalier rampe sur rampe dont le décor peint exceptionnel rend compte de l’importance de l’astronomie dans la culture scientifique des jésuites. La chapelle,  qui ne subsiste qu’à l’état de vestige, a subi les plus grandes atteintes : à partir du 19e siècle, elle a été cloisonnée, entresolée, amputée de son chevet et de sa tribune en revers de façade, dotée d’un plafond en béton ; elle a entre autres fait office de réfectoire, de gymnase, de salle de spectacle, avant de devenir le centre de documentation de la cité scolaire. La présence de deux grandes chapelles de chapelles de congrégation au premier étage du corps de bâtiment nord de la cour des classes ont permis à la commune d’implanter dans leurs volumes, au début du 19e siècle, la bibliothèque municipale et les collections du cabinet d’histoire naturelle, puis du musée.

L'installation dans les murs du lycée de ces deux institutions culturelles de premier plan ne constitue pas en soi une exception : d'autres anciens collèges jésuites ont pu accueillir temporairement un musée (dans l’église du collège à Aurillac), des collections d’antiques (à Lyon et Vienne) ou une école de dessin (à Vienne et Moulins). Ce qui l’est en revanche, c’est la durée de leur présence et le volume des espaces qu’elles y ont occupé. C’est aussi l'importance des remaniements qu’elles ont entraîné dans la distribution, les volumes et les circulations des bâtiments, afin de séparer et d'empêcher tout contact entre leurs usagers et les élèves du lycée. Ce partage des locaux du lycée avec d’autres institutions se poursuit tout au long du 19e siècle et jusqu’au milieu du 20e, avec le projet d'installation du musée d'histoire naturelle en 1843 (finalement construit au Jardin des plantes) puis la dévolution à l'Université et à la Faculté des sciences d’une partie des bâtiments pour y installer laboratoires et locaux d'enseignement.

Ce mouvement de forte concentration s'inverse après la Seconde Guerre mondiale, avec le transfert de l'internat au lycée des Eaux-Claire en 1956, puis des sections internationales en 2001, installées sur le site d'Europole. La restructuration entamée à cette date a permis de redonner une certaine respiration à l'établissement, en créant à l'emplacement du bâtiment scientifique des années 1960 une entrée largement ouverte sur l'extérieur du côté de la place Jean-Achard et en construisant le long de la rue Condillac un bâtiment s'élevant sur deux niveaux abritant à l'étage les classes de sciences.

1COMPERE, M.-M., JULIA, D., 1984, p. 312.2Brevet du 3 décembre 1622, AD Isère, D 9/1, pièce A I 1 à 5.3Ibid., pièce A II 10.4PRA, J., 1901, p. 35.5DAINVILLE, 1956, p. 402 ; cité par MOISY, 1958, p. 128, note 257.62005, vol. 2, p. 169, fig. 124.7MOISY, 1958, p. 208.8AD Isère, D 9/1 et D 10.9AD Isère, D 9/3.10AD Isère, D 9/3 et D 15/2.11AD Isère, D 17/2, pièce 1.12AD Isère, D 17/2, pièce 1.13AD Isère, D 16/1, liasse GG II pièces 1 à 17.14AD Isère, D 16/1, liasse GG I, pièce 2.15AD Isère, D 17/2 et D 16/2, liasse GG IV, pièce 1 (acte de vente).16D 15/1.17AD Isère, D 16/1, liasse GG II pièce 2.18PRA, 1901, p. 101.19AD Isère, D 15/3.20Ibid., pièces AAA I 1, 8, 13, 19.21AD Isère, D16/2, liasses GG VII et VIII.22AD Isère, D16/2, GG VIII, fol. 1 et fol. 3 à 5.23AD Isère, D16/2, GG VIII, pièce 7 : lettre de M. du Gué, 22 novembre 1675, et pièce 4 : réponse du R.P. Guérin, recteur, le 27 novembre 1675.24PRA, 1901 ; DELATTRE, 1949, vol. 1, col. 703.25Sur la sociabilité dévote à Grenoble au 17e siècle, et notamment les congrégations mariales liées aux jésuites, voir 26AD Isère, D 28 et D 30.27MAIGNIEN, Ed., 1887, p. 23 ; AD Isère, 3 E 1185/54, fol. 209.28PRA, J., p. 342.29PRA J., 1901, p. 198.30AD Isère, D 30, p. 1-2.31PRA, J., 1901, p. 313 ; AD Isère, D 30 : livre des délibérations, p. 28-30.32AD Isère, D. 30, Ibid., p. 31-33.33AD Isère, D 29 : prix fait.34MAIGNIER Ed., 1887, p. 44-45 et note 1 ; AD Isère, 3 E 1185/16, fol. 17.35Ibid., p. 114 ; AD Isère, 3 E 1185/27.36Ibid., p. 23 note 2 ; AD Isère, 3 E 1185/54, fol. 209.37D 45/1, chapelle dont l'inventaire du mobilier est conservé : D 45/2.38AD Isère, D 17/1.39AD Isère, D 15/1.40CHABERT, VACHON et HIDALGO, 2014.41AD Isère, D 17/2, pièce 4, CI 23.42AD Isère, D 17/1.43AD Isère, D 17/2, pièce 3.44Acquise le 30 mai 1699 grâce à des subsides royaux ; AD Isère, D 16/3, GG IX 845AD Isère, L 513.46AD Isère, D 17/2, pièce 3.47Cet usage pharmaceutique est attesté en 1673 (AD Isère, D 17/2, pièce 3).48AD Isère, D 17/2 : Inventaire des titres du collège, 1763, note VI-2 et D 15/1 : déclaration des biens immeubles pour satisfaire à l’arrêt du Conseil du roi du 18 mars 1692.49Antoine Guérin de Tencin (1641-1705), Conseiller puis président à mortier au parlement du Dauphiné (1684)50Notamment dans les années 1766-1770 avec le " comte de Tonnerre ", probablement Jules, duc de Clermon-Tonnerre, commandant en chef d ela province du Dauphiné à partir de 1762 ; AD Isère, D 50/3.51COMPERE, M.-M., JULIA, D., op. cit, p. 314.52AD Isère, D 17/2 : extrait du registre du Bureau des finances, 6 juin 1699.53AD Isère, D 15/1 : location de maisons et jardins, 1705)54Stendhal, Vie de Henry Brulard, ms., vol. 2, fol. 362v°.55PRA, J., 1901, p. 282-83.56AD Isère, D 15/1.57AD Isère, D 50/1 : Procès-verbal de la visite du 17 oct. 1786, p. 2258AD Isère, D 15/3, C IX 1 à 7. Jésuites de Grenoble. Canal passant sous la maison Placet.59La partie non souterraine de ce canal est visible sur le plan de Grenoble de 1776 (AC Grenoble, 2 FI 1763) et 1791 (AC Grenoble, 2 FI 1654). Son cheminement est repésenté sur le plan du sous-sol levé par Eugène Péronnet en 1861 (AN, CP/F/17/*/2548).60AD Isère, D 15/2, pièce 11.61PRUDHOMME, A., 1888, p. 536.62Ibid.63DELATTRE, 1949, vol. 1, col. 716.64Ibid.65ALMERAS, P., MARCOU, A., 1984, p.3. Sur cette congrégation, voir GUTTON Jean-Pierre. « Les joséphistes et l’éducation ». Pauvreté, cultures et ordre social, LARHRA, 2006, https://doi.org/10.4000/books.larhra.1036.66COMPERE, M.-M., JULIA, D., 1984, p. 316.67CHABERT, VACHON et HIDALGO, 2014.68AD Isère, L 513 : bail pour Veuve Paire, 3 juillet 1792.69Plan du rez-de-chaussée, AC Grenoble, 2 FI 331.70AD Isère, D 50/1, pièce 44.71Il s'agit d'une pierre marbrière ayant les caractéristiques mécaniques du marbre tout en ayant une apparence plus sobre. Extraite des carrières de l’Échaillon à Saint-Quentin dès l’époque romaine, elle connaît son apogée au 19e siècle, employée pour la construction d'édifices publics de prestige.72AD Isère, D 50/2.73Celle-ci est créée en 1772 par acquisition du fonds de la bibliothèque de l'évêque de Grenoble Jean de Caulet, décédé en 1771. Le conseil de ville avait lancé une souscription auprès des Grenoblois à cet effet (AN, F/17/1314A).74Ce nouvel aménagement est décrit dans la réponse à l'enquête du Comité d'instruction publique de 1792 , datée du 31 mars 1792 (AN, F 17/1314 A).75BM Grenoble, R. 299 (2) Rés.76AD Isère, 2 O 185/18.77COMPERE, M.-M., JULIA, D., 1984, p. 316.78HUMBERT, C., 2016, p. 19.79AN, F/17/1344/18 : Rapport sur l'état de l'instruction publique dans le département de l'Isère par P.-V. Chalvet, professeur d'histoire80STENDHAL, Vie de Henry Brulard, éd. 1913, p. 237.81AD Isère, L 513 : Extrait du procès-verbal de l'administration du Département de l'Isère, 13 Brumaire an V / 3 nov 1796.82AD Isère, L 513 : lettre du président de l'administration du Département de l'Isère au citoyen Dausse, 28 frimaire an VIII.83STENDHAL, Vie de Henry Brulard, éd. 1913, p. 241 ; p. 243 : " tout le collège était rempli d'ouvriers, beaucoup de chambres du troisième étage étaient ouvertes ; j'allais y rêver seul ".84AC Grenoble, 4 M 90.85BM Grenoble, R. 299 Rés.86Stendhal, Vie de Henry Brulard, BM Grenoble, R 299(2) Rés., vol. 2, fol. 375r°87AN, F/17/1344/18, lettre du 29 brumaire an XII.88AC Grenoble, 4 M 90 : Extrait du registre des délibération du conseil général de la commune de Grenoble.89AD Isère, L 513 : Procès-verbaux de baux à loyer pour parties du collège affectées à la location de logements situés rue Neuve, an XIII ; AC Grenoble, 4 M 90 : adjudication provisoire du 8 juillet 1807 (immeuble rue du Commandement) ; état des locataires d'immeubles adjugés à Monsieur Renault.90Ibid. Il s'agit probablement de la petite chapelle créée après le cloisonnement de l'église, transformée en réfectoire pour le lycée en 1803.91AD Isère, 2 O 185/18, 30 ventôse an XIII.92AC Grenoble, 4 M 90 : vente d'un immeuble rue du Commandement, 8 juillet 1807 ; acquisition de la maison du Sr Trouilloud attenante au lycée, 9 messidor an XIII. Parcelles 614 et 615 sur le cadastre de 1810.93SAVOIE, Ph., 2004, p. 41.94SAVOIE, Ph., 2013.95AC Grenoble, 4 M 90.96Ibid. : Mémoire approuvé par Lescurre le 1er mai 1808 et validé par le maire le 16 mai suivant.97Lettre du préfet du département de l’Isère au maire de Grenoble, 25 nivôse an XIII / 15 janvier 1805 (AC Grenoble, 4 M 90).98AC Grenoble, 4 M 90.99615 sur le cadastre de 1810 (AC Grenoble, 1 G 292)100Décrit dans le procès-verbal de visite de 1786, fol. 29v°.101AD Isère, 2 O 185/18 : An XIII Établissement du lycée : fonds alloués pour l’établissement du lycée.102Id.103AC Grenoble, 4 M 90.104AD Isère, 2 O 185/18.105Mémoire des travaux que M. Vagnat entrepreneur a faits au bâtiment du lycée ; AC Grenoble, 4 M 90.106AD Isère, 2 O 185/18 : adjudication du 3 juillet 1813.107AC Grenoble, 2 Fi 330 à 333 pour les plans, 2 Fi 334 à 338 pour les coupes et élévations.108AD Isère, 2 O 185/18 : extrait du registre des délibérations du conseil municipal, 4 juillet 1826.109AD Isère, 19 T 577 : lettre du directeur du collège royal au recteur de l'académie.110AC Grenoble, 4 M 94 : Lettre du proviseur au préfet de l'Isère, 27 oct. 1841.111AD Isère, 19 T 577.112Devis estimatif du 4 juin 1849, AD Isère, 19 T 577.113AC Grenoble, Rapport du conseil académique, 8 juillet 1841.114AC Grenoble, 4 M 94.115AD Isère, 19 T 577 : Rapport du 8 juillet 1841.116AC Grenoble, 4 M 94 : Courrier du ministère de l'Instruction publique, 23 août 1843.117AC Grenoble, 4 M 94 : lettre du maire de Grenoble au préfet de l'Isère, 14 novembre 1843.118AC Grenoble, 4 M 94.119AC Grenoble, 4 M 94 : Extrait du registre des délibérations du conseil municipal, séance du 17 mai 1844.120AC Grenoble, 4 M 94 ; devis aux AD Isère, 19 T 577.121AD Isère, 1 Fi 2487/1-4.122AC Grenoble, 4 M 94 : Extrait du registre des délibérations du conseil municipal, 6 juin 1845.123AD Isère, 19 T 577 : lettre du maire auu recteur de l'académie, 7 décembre 1847.124ACM Grenoble, 4 M 95.125Ibid.126Ibid.127ACM Grenoble, 4 M 96 : Extrait du registre des délibérations du conseil municipale, 6 septembre 1875.128ACM Grenoble, 4 M 95 : rapport du proviseur au recteur, 21 juillet 1854.129ACM Grenoble, 4 M 95 : Régistre des délibérations du bureau d'administration du lycée, 5 février 1855.130AC Grenoble, 4 M 90.131ACM Grenoble, 4 M 95 : Lettre du recteur au maire, 3 déc. 1859.132AC Grenoble 4 M 90 : Notes sur le lycée, s.d.133ACM Grenoble, 4 M 95 : lettre du 19 février 1861.134ACM Grenoble, 4 M 96 : Rapport de la Commission des bâtiments des lycées lu par M. Péronnet, séance du 26 mai 1873, fol. 5v°.135ACM Grenoble, 4 M 96 : Exposé du maire au conseil municipal sur les travaux d’appropriation à exécuter au lycée, 19 avril 1870.136ACM Grenoble, 4 M 96 : Rapport des Commissions municipales des travaux et de l'instruction publique lu par M. Péronnet.137Les 4 plans établis par Péronnet n'ont pas été retrouvés dans le cadre de cette étude.138ACM Grenoble, 4 M 96 : lettre du ministre au recteur, 23 juillet 1873.139ACM Grenoble, 4 M 96 : Lettre du ministre de 'lInstruction publique Waddington au maire de Grenoble, 26 mars 1877.140AC Grenoble, 4 M 96 : Rapport sur l'achèvement des travaux du lycée, séance du conseil municipal du 23 Mai 1877.141ACM Grenoble, 4 M 96 : Rapport Rapport des Commissions municipales des travaux et de l'instruction publique lu par M. Péronnet, séance du 26 mai 1873, fol. 5r°.142ACM Grenoble, 4 M 100 : Voeu pour la transformation du collège de jeunes filles en lycée, 17 février 1890.143ALMERAS, MARCOU, 1984, p. 12.144ACM Grenoble, 4 M 99 : Rapport de l'architecte et devis annexé.145Le Palais des Facultés construit entre 1875 et 1879 et dont la façade principale s'élève sur la place de Verdun, était (et est toujours) situé en face du lycée, sur le côté opposé de la rue Condillac. Cette proximité géographique justifiait pleinement que les Facultés installent des locaux annexes dans ceux inoccupés du lycée de jeunes filles.146ACM Grenoble, 4 M 99 : Extrait du registre des délibérations du conseil municipal.147Ministère de l'instruction publique et des beaux-arts. Enseignement secondaire. Note relative aux conditions d'installation des lycées et des collèges. Paris, 1881.148ACM Grenoble, 4 M 99 : Rapport de l'architecte, 28 mars 1887.149Ces plans n'ont pas été retrouvés.150ACM Grenoble, 4 M 100 : Rapport de l'architecte, 10 février 1888.151ACM Grenoble, 4 M 100 : Extrait du registre des délibérations du conseil municipal, séance du 13 août 1888.152ACM Grenoble, 4 M 102 : Lettre du maire de Grenoble, 14 janvier 1892.153AD Isère, fonds du rectorat, 21 T 1734.154AD Isère, 21 T 380.155ACM Grenoble, 4 M 101 et 4 M 43.156ACM Grenoble, 4 M 44 et 45.157ACM Grenoble, 4 M 103.158Ibid.159ACM Grenoble, 4 M 104 : Extrait du registre des délibérations du conseil municipal, séance du 6 juillet 1956.160Ce bâtiment a été démoli en 2004 pour créer la nouvelle entrée du lycée.161ACM Grenoble, 2227 W 82.162AD Isère, 4958 W 17.

Fondé en 1651, construit entre 1660 et 1679, l'ancien collège des jésuites de Grenoble, pourvu d'un pensionnat en 1727, devient école centrale en 1796 puis lycée impérial en 1803 et collège royal de 1815 à 1848.

Agrandi en 1806 par la construction d'une nouvelle aile à l'est de l'église, surélevée entre 1844 et 1847, et l'extension des cours de récréation au sud-est de la parcelle après démolition des anciennes fortifications sous maîtrise d'oeuvre de l'architecte Paul-Benoît Barrillon, il abrite en ses murs les collections de la bibliothèque municipale et du musée de Grenoble. Ces deux institutions y restent jusqu'en 1872, date à laquelle elles sont transférées dans le bâtiment de l'actuelle place Verdun. Des travaux d'appropriation et d'agrandissement sont alors réalisés sous la conduite d'Eugène Péronnet par l'entrepreneur grenoblois Henri Duc père. En 1887, après le départ des garçons pour l'actuel lycée Champollion nouvellement construit, les bâtiments sont pour partie affectés au lycée de jeunes filles et à une école maternelle payante, des locaux longeant la rue Condillac étant par ailleurs concédés aux Facultés. Les travaux d'appropriation sont réalisés entre 1887 et 1892 sous la conduite des architectes communaux Charbonnier puis Marius Michon.

Le lycée s'agrandit une nouvelle fois en 1966 avec l'adjonction d'un " bloc scientifique " construit par M. Descote-Genon (projet élaboré à partir de 1958) et démoli en 2004 pour créer la nouvelle entrée de la cité scolaire et laisser place à un nouveau bâtiment abritant notamment les classes de sciences.

La campagne de rénovation-restructuration réalisée entre 2001 et 2006 a été confiée aux architectes Patrick Charra et Jacques Scrittori (Atelier d'architecture Stendh'Arch).

Le lycée a pris en 1955 le nom de Stendhal, qui y fut élève de 1796 à 1799.

Ancien collège jésuite : les quatre corps de bâtiment s'inscrivent autour d’une cour carrée, dite cour d'honneur ou cour des classes, ces dernières étant situées en rez-de-chaussée, les chambres des pères étant dans les étages. Sur les entablements des portes des classes à encadrements de pilastres saillants, surmontés de corniches portées par des consoles à gouttes, sont gravées des inscriptions en latin indiquant la destination de chacune : QVINTA, QVARTA, TERTIA, HVMANITAS, RHETORICA, LOGICA, PHYSICA. Toutes ces portes de salles de classe sont surmontées d'un dessus-de-porte à fenêtre oblongue. Chaque salle de classe est ainsi éclairée par deux fenêtres barlongues situées de part et d'autre de la porte sur cour, et par ces dessus-de-porte. Deux portes de l'élévation ouest ont été ouvertes ultérieurement, l'une portant l'inscription BIBLIOTHEQUE, l'autre PENSIONNAT, cette dernière ouvrant sur un vestibule voûté d'arêtes portées par des culs de lampes qui permettait d'accéder aux espaces dédiés aux pensionnaires.

Dans l'élévation sud, une large porte à jambages sur lesquels sont taillés des pilastres d'ordre dorique ouvre sur l'escalier principal. Elle est surmontée d'un fronton cintré portant un décor sculpté en bas-relief. Sur l'imposte, un médaillon oblong bordé d'une couronne de feuilles de chênes avec trigramme IHS bûché, est entouré de rinceaux de feuilles d'acanthe. Le vantail est constitué de trois panneaux : un panneau central quadrangulaire orné d'une tête canéphore et de rinceaux de feuilles d'acanthe et bordé d'une moulure de tore lauré, et deux panneaux rectangulaires ornés de festons et bordés d'une moulure avec oves et fleurons. Au tympan du fronton, au centre : soleil rayonnant encadré d'un tore lauré et rinceaux de feuilles d'acanthe. La porte est surmontée au niveau du premier étage d'un ornement sculpté représentant des armoiries constituées de deux putti portant un cartouche dont l'écu est dépourvu de blason.

Les corps de bâtiments sud et nord sont reliés à l’est par un troisième flanquant l’église, comportant un rez-de-chaussée surmonté d’une galerie au premier étage, rehaussé de deux niveaux dont le dernier avec arcades en molasse. A l’ouest, un quatrième corps de bâtiment, prolongé par la maison dite " de l’arc ", est destiné à loger les pensionnaires à partir de 1727.

Matériaux de construction : toutes les pierres de taille proviennent de carrières iséroises : Sassenage, Fontanil, l'Echaillon, cette dernière étant réservée, car considérée comme la plus noble, aux parties saillantes de l'édifice (encadrement de portes) ou destinées à être sculptées. Molasse pour les encadrements de fenêtres dans les corps de bâtiments 19e. Appareil brique et moellon calcaire pour l'élévation sur la rue du Pensionnat et baies avec arcs de décharge en brique.

Le sous-sol n'a pas été visité.

  • Murs
    • calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
    • brique
  • Toits
    tuile
  • Plans
    plan régulier
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 3 étages carrés
  • Couvrements
    • voûte d'arêtes
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à deux pans de plan massé croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour en maçonnerie
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour suspendu, en maçonnerie
  • Autres organes de circulation
    ascenseur
  • Jardins
    carré de jardin
  • État de conservation
    bon état
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • armoiries
  • Précision représentations

    Dépourvues de blason.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    chapelle, cadran solaire
  • Protections
    inscrit MH partiellement, 1964/02/26
  • Précisions sur la protection

    élément protégé : façade de la chapelle (cad. B 728)

  • Référence MH

Documents d'archives

  • AN : F/17/1314/A. Comité d'Instruction publique de la Législative. Papiers de l'enquête sur les établissements d'instruction publique, classés par départements, Hérault - Isère, 1792

    AN : AN : F/17/1314/A
    dossiers 28 à 31
  • AN F 17/1344/18. Conseil d'Instruction publique. Département de l’Isère. École centrale de Grenoble, 1795-1796

    Dont Rapport sur l'état de l'instruction publique dans le département de l'Isère par F.V. Chalvet, s.d.

    AN : F 17/1344/18
  • AN : F/17/1398. Arrêté de l'administration centrale du département de l'Isère concernant l'école centrale, 1er thermidor an IV.

    AN : AN : F/17/1398
  • AD Isère : D 9/1. Installation de la Compagnie de Jésus à Grenoble. Titres de fondation, 1622-1699

    AD Isère : D 9/1
  • AD Isère : D 28. Congrégation des Messieurs. Lettres de fondation et registres de présence, 1624-1659

    AD Isère : D 28
  • AD Isère : D 30. Livre des délibérations de Messieurs les congréganistes d ela Purificatiton de la Vierge, à Grenoble, où sont les prix faits donnés pour la bâtisse de la chapelle et autres ouvrages et réparations et divers comptes-rendus, 1628-1749

    Le registre est mentionné par PRA, 1901, p. 310, note 1, comme conservé dans le fonds jésuites, série H. Il a probablement rejoint le fonds du collège, série D, lors du reclassement d'Auguste Prudhomme en 1906.

    AD Isère : D 30
  • AD Isère : D 29. Comptes nominatifs de paiement des "pensions" annuelles, journal des recettes et des dépenses, 1652-1709

    AD Isère : D 29
  • AD Isère : D 9/3. Collège des jésuites - Enseignement, financement et organisation, 1655-1724

    AD Isère : D 9/3
  • AD Isère : D 10. Contentieux avec les dominicains, 1630-1691

    AD Isère : D 10
  • AD Isère : D 15/1. État de biens et revenus. – Biens et revenus du collège : état des biens immeubles depuis 1641 jusque 1689, déclaration des biens immeubles pour satisfaire à l’arrêt du Conseil du roi du 18 mars 1692, état des revenus produit à l’Intendant (1699), extrait de l’état de recouvrement des sommes dues au titre des deux sols pour livre, reprenant la déclaration de 1689, déclaration donnée à l’assemblée générale du clergé de France prévue en 1730 et au bureau du diocèse de Grenoble comme suite à la délibération de cette assemblée du 12 décembre 1726, extraits de cette déclaration. Révision du collège : mémoire produit à l’Intendant à l’occasion de sa visite (1667), extrait d’estime et parcellaire (1705, 1727), cartes littérales faites sur l’ancien et le nouveau parcellaire de Grenoble (1641-1692), 1638-1728

    AD Isère : D 15/1
  • AD Isère. D 15/2. Dons, legs et fondations, 1627-1700

    AD Isère : D 15/2
  • AD Isère. D 15/3. Autres acquisitions et gestion, 1661-1763

    AD Isère : D 15/3
  • AD Isère : D 16/1. Collège des jésuites de Grenoble - Biens : acquisitions, 1607-1677

    AD Isère : D 16/1
  • AD Isère : D 16/2. Collège des jésuites de Grenoble - Biens, 1634-1724

    Acquisition de parties du plassage d'Etienne Roux et démêlés liés, avec le Chapitre de Notre-Dame, avec Mgr Le Camus, avec divers

    AD Isère : D 16/2
  • AD Isère : D17/1-2. Travaux de construction et d'entretien de l'église et du collège : financement, suivi du chantier et des dépenses, 1660-1715

    AD Isère : D 17/1
  • AD Isère : D 45/1-2. Confrérie du Sacré-Coeur, 1727-1758

    AD Isère : D 45/1-2
  • AD Isère : D 50/1. Collège de Grenoble. Installation des joséphistes, 1786

    dont pièce 44 : Procédure de description des bâtiments, domaines et effets dépendant du dit Collège de Grenoble fait en présence des consuls le 17 octobre 1786 par Rey Giraud, maître charpentier et architecte de la ville, expert. Y figure également la description des domaines appartenant aux jésuites situés hors de de la ville.

    AD Isère : D 50
  • AD Isère : D 50/2. Mémoire pour les réparations faites au collège de Grenoble, 1786-1789

    AD Isère : D 50/2
  • AD Isère : D 50/3. Jardins [du collège], 1717-1790

    AD Isère : D 50/3
  • AD Isère : 3 E 1185/16. Minutier des notaires, étude de Maître Claude Aubert, 1682

    AD Isère : 3 E 1185/16
    fol. 17
  • AD Isère : 3 E 1185/27. Minutier des notaires, étude de Maître Claude Aubert, 1693

    AD Isère : 3 E 1185/27
  • AD Isère : 3 E 1185/54. Minutier des notaires, étude de Maître Claude Aubert, 1722-1725

    AD Isère : 3 E 1185/54
    fol. 209
  • AD Isère : L 513. Collège de Grenoble - Immeubles, 1791 - An VIII

    AD Isère : L 513
  • AD Isère : 2 O 185/18. Bâtiments du lycée - Université, an III-1935

    AD Isère : O 185/18
  • AD Isère : 2 O 185/21. Grenoble : Musées - Bibliothèques, an X-1936

    AD Isère : O 185/21
  • AD Isère. 19 T 577. Fonds de l'Inspection académique : enseignement secondaire, collège royal de Grenoble. Bâtiments, agrandissement, 1832-1846

    Contient notamment la réponse du proviseur à l'enquête nationale lancée par le ministère de l'Instruction publique en 1843 sur l’origine de l’acquisition des bâtiments des collèges royaux, et des plans du collège

    AD Isère : 19 T 577
  • AD Isère. 21 T 380. Rectorat de l'académie de Grenoble. Produit de la vente de l’ancienne chapelle du lycée de garçons, 1907-1912

    Comprend des documents sut les travaux à réaliser au lycée de jeunes filles en 1910

    AD Isère : 21 T 380
  • AD Isère : 21 T 1343. Fonds du rectorat. Lycées et collèges, instructions sur les bâtiments : extraits de lois, notes, circulaires, documents administratifs, 1876-1882

    AD Isère : 21 T 1343
  • AD Isère : 21 T 1734. Rectorat de l'académie de Grenoble. Bâtiments. Travaux exécutés dans l'intérieur du lycée de jeunes filles pour le compte de l'Université de Grenoble, 1899-1904

    AD Isère : 21 T 1734
  • AD Isère : 4958 W 17. Préfecture, bureau des affaires scolaires. - Constructions scolaires dont Grenoble, lycée Stendhal : aménagement de deux classes et d'un foyer, 1969-1971

    AD Isère : 4958 W 17
  • AC Grenoble : 2 L 10. EMPRUNTS : dossiers d'emprunt classés chronologiquement. Emprunt de 39 400 F pour l'aménagement du lycée (an 12) : correspondance et états des souscripteurs,1804-1826

    AC Grenoble : 2 L 10
  • AC Grenoble : 1 G 1. CADASTRE : états de sections des propriétés (1819-1820), classées par n° cadastraux. Propriétés bâties et non bâties, 1819

    AC Grenoble : 1 G 1
  • AC Grenoble : 4 M 90. Lycée de Grenoble. Projet de création d’un lycée, 1803-1841

    AC Grenoble : 4 M 90
  • AC Grenoble : 4 M 90. Devis des ouvrages à faire soit en réparations soit en reconstructions pour l'établissement du nouveau lycée dans l'ancien collège de Grenoble. Signé Lescurre, architecte de la ville, 23 vendémiaire an XII (16 octobre 1803)

    AC Grenoble : 4 M 90
  • AC Grenoble : 4 M 92. Lycée de Grenoble : travaux d'aménagement, 1804-1807

    AC Grenoble : 4 M 92
  • AC Grenoble : 4 M 94. Lycée de Grenoble : travaux d'aménagement, 1816-1849

    AC Grenoble : 4 M 94
  • ACM Grenoble : 1 N 13. Fortifications déclassées et acquisitions diverses, 1829-1855

    ACM Grenoble : 1 N 13
  • ACM Grenoble : 4 M 95. Lycée de Grenoble : travaux d'aménagement, 1850-1870

    ACM Grenoble : 4 M 95
  • ACM Grenoble : 4 M 96. Lycée de Grenoble : travaux d'agrandissement du lycée, 1873-1880

    ACM Grenoble : 4 M 96
  • ACM Grenoble : 4 M 98. Lycée de Grenoble : dépenses occasionnées pour sa transformation en lycée de filles, 1887-1895

    ACM Grenoble : 4 M 98
  • ACM Grenoble : 4 M 99. Lycée de Grenoble : projet de transfèrement du lycée de jeunes filles dans les bâtiments du lycée de garçons, 1887

    ACM Grenoble : 4 M 99
  • ACM Grenoble : 4 M 100. Lycée de Grenoble : aménagement en lycée de filles, 1888-1895

    ACM Grenoble : 4 M 100
  • ACM Grenoble : 4 M 101. Lycée de jeunes filles, équipement en mobilier, 1891

    ACM Grenoble : 4 M 101
  • ACM Grenoble : 4 M 102. Lycée de jeunes filles : aménagement d'une chapelle, 1892

    ACM Grenoble : 4 M 102
  • ACM Grenoble : 4 M 103. Lycée de jeunes filles : extension de locaux, 1938-1948

    ACM Grenoble : 4 M 103
  • ACM Grenoble : 4 M 104. Lycée Stendhal, bloc scientifique, 1958-1961

    ACM Grenoble : 4 M 104
  • ACM Grenoble : 4 M 107. Lycée Stendhal : travaux d'aménagement de nouvelles classes dans les locaux de l'internat. Série de plans, 1956-1957

    ACM Grenoble : 4 M 107
  • ACM Grenoble : 39 W 20. Lycée Stendhal : travaux d'entretien dans le lycée, convocations du conseil d'administration, construction d'un bloc scientifique, 1953-1972

    ACM Grenoble : 39 W 20
  • ACM Grenoble : 358 W 10. Lycée Stendhal : subvention allouée par l'Etat pour aménager un centre de documentation et un bloc scientifique, 1968-1970

    ACM Grenoble : 358 W 10
  • ACM Grenoble : 2227 W 82. Marchés de l'année 1987. N° 87/440 : lycée Stendhal, ravalement des façades, 1987

    ACM Grenoble : 2227 W 82

Bibliographie

  • ALMERAS, Pierette, MARCOU, Andrée. Avec Stendhal à l’École Centrale. Du Collège des Jésuites au Lycée Stendhal. Cat. exp., Maison de Stendhal, Grenoble, 23 mars - 23 avril 1984

  • CARON François. Le dialogue entre la science et l’industrie à Grenoble. In La revue pour l’histoire du CNRS [en ligne], 2 | 2000, mis en ligne le 11 mai 2002, consulté le 25 mars 2025. URL : <http://journals.openedition.org/histoire-cnrs/2872>

  • CHABERT Mlle, VACHON M., HIDALGO Pierre. Histoire de la cité scolaire depuis le XVIIe siècle [en ligne]. Accès internet : URL <http://www.ac-grenoble.fr/stendhal/?p=2595

  • COMPERE Marie-Madeleine, JULIA Dominique. Les collèges français, 16e-18e siècles. Répertoire 1 - France du Midi. Paris : I.n.r.p., 1984. (Bibliothèque de l'Histoire de l'Education, 10). [en ligne] URL : <www.persee.fr/doc/inrp_0000-0000_1984_ant_10_1_7003>

    p. 311-317
  • Conseil municipal. Séances des 28 janvier et 17 février 1890. Collège de jeunes filles. Voeu pour sa transformation en lycée. Grenoble : impr. Breynat et Cie, 1890

    ACM Grenoble : 4 M 100
  • COULOMB Clarisse. Des parlementaires dévots L’exemple de Grenoble au XVIIIe siècle. In Les Parlements et la vie de la cité (XVIe-XVIIIe siècle, SASSIER Yves, CHALINE Olivier (éd.). Presses universitaires de Rouen et du Havre : 2004 [en ligne], consulté le 31.01.2025. Accès internet : URL <https://doi.org/10.4000/books.purh.7334>

    p. 301-321
  • DAINVILLE, François de. Un jésuite architecte inconnu. Le Père Edmond Moreau (1572 ? - 1630). XVIIe siècle. Bulletin de la Société d'étude du XVIIe siècle, n°31, avril 1956, p. 397-403

    BnF : NUMP-15987
    p. 402
  • DELATTRE, Pierre. Les établissements des Jésuites en France depuis quatre siècles ; répertoire topo-bibliographique publié à l’occasion du 4e centenaire de la compagnie de Jésus, 1540-1940. Enghien : Institut supérieur de théologie, 1949

    vol. 1, col. 687-719
  • FAVIER René. Collèges et réseau urbain en Dauphiné aux 17e et 18e siècle. In Ecoles et Universités dans la France méridionale, actes du colloque, Université Paul-Valéry-Montpellier III, 1985. Montpellier : 1990, p. 71-91

  • FAVIER René. L’autre Institut. Il y a 100 ans était fondé l’Institut d’Électrochimie et d’Électrométallurgie de Grenoble, 2021. In Site internet de l'Université Grenoble Alpes [en ligne], consulté le 25 mars 2025. URL : <file:///Users/cat/Downloads/2021.%20Electrochimie%20100%20ans.pdf>

  • GRANDVOINNET Philippe. Les emprises militaires dans l’urbanisme grenoblois du XXe siècle : des opportunités foncières au patrimoine paysager, In Situ-Revue des patrimoines [en ligne], 16 | 2011, mis en ligne le 22 juin 2011, consulté le 29 octobre 2024. URL : <http://journals.openedition.org/insitu/217>

  • HUMBERT Candice. L’élaboration d’une culture artistique régionale : Grenoble et ses artistes de 1796 à 1853, vol. 1 - texte. Art et histoire de l’art. Université Grenoble Alpes : 2016.

  • Institut polytechnique de Grenoble, 1900-1960. Lyon : Impr. Lescuyer & fils, 1960. 1 vol. (70 p.) : ill.

    BM Lyon : DLA 25283
  • JOLY Jacques. Paysage et politique de la ville : Grenoble 1965-1985. Grenoble : Presses universitaires de Grenoble, 1988

  • LAURENT, Denis. La rue Neuve de Bonne au XVIII° siècle, un espace urbain hétérogène. Mémoire dactylographié, Université Pierre-Mendès-France-Grenoble 2, 1994

    AD Isère : 2 J 2097
  • MAIGNIEN, Edmond. Les artistes grenoblois : architectes, armuriers, brodeurs, graveurs, musiciens, orfèvres, peintres, sculpteurs, tapissiers, tourneurs, etc. ; notes et documents inédits. Grenoble : X. Drevet, 1881 ; éd. consultée : 1887

    p. 20, 44-45, 114
  • MASSON L. Université de France. Académie de Grenoble. Lycée de Jeunes Filles de Grenoble. [Prospectus]. s.d. [v. 1903] (Rouen, Munae, 1997.02188)

    Musée national de l'éducation Rouen : 1997.02188
  • MOISY, Pierre. Les églises de l'ancienne assistance de France. Rome : 1958

    p. 128-129 ; 207-209
  • MORAND, Gilles. Les jésuites à Grenoble, 1587-1763. TER d'histoire. Grenoble : Université Pierre Mendès-France, 1992, dactyl., 2 vol.

    AD Isère : 2 J 2046
  • PRA, Joseph. Les jésuites à Grenoble. Lyon : Paguet, 1901

  • PRUDHOMME, Auguste. Histoire de Grenoble. Grenoble : 1888 ; ill. n. et b.

    p. 491 et svtes
  • SÉNARD-KIERNAN, Adriana. Étienne Martellange (1569-1641) : un architecte visiteur de la Compagnie de Jésus à travers la France au temps de Henri IV et de Louis XIII. Thèse de doctorat de l'Université de Toulouse, Université Toulouse-II-Jean-Jaurès, 2015 (5 vol.)

    vol. 1 p. 78 ; vol. 4 p. 14
  • STENDHAL. Oeuvres complètes. Vie de Henri Brulard ; publiée intégralement pour la première fois d'après les manuscrits de la bibliothèque de Grenoble par Henry Debraye. Paris : Honoré Champion, 1913, 2 vol.

    vol. 1 p. 237-
  • STENDHAL. Vie de Henry Brulard / ms autographe, papier, 513 fol. 1835-1836 (BM Grenoble, R. 299 (2) Rés.)

    BM Grenoble : R. 299 (2) Rés.
    vol. 2
  • VALLERY-RADOT, Jean : Recueil de plans d'édifices de la Compagnie de Jésus conservé à la Bibliothèque nationale de Paris. Paris : 1960.

    BnF, Est.
    T. XVI, n° 662, t. VIII, n° 665, 666
  • VEYRAT-MASSON, Murielle. Les congrégations mariales de Grenoble (1624-1762). T.E.R. d'histoire, UFR de sciences humaines. Université de Grenoble : 1994 (dactyl., 2 vol.)

    AD Isère : 2 J 2076-2077

Documents figurés

  • Grenoble. - Monnet fecit / Monnet (cartographe), 1630. 1 plan : ms., col. ; 44 x 63 cm (B.n.F., Cartes et Plans, GE DD-655 (124RES)). Appartient à : Geografia, Tavole moderne di geografia de la maggior parte del mondo di diversi autori raccolte et messe secondo l'ordine di Tolomeo con idisegni di molte citta et fortezze di diverse provintie stampate in rame con studio et diligenza in Roma ; 124

    BnF, Cartes et plans : GE DD-655 (124RES)
  • [Collège Royal-Dauphin de Grenoble, France : projet pour la Maison professe et son église : plan du rez-de-chaussée] / 1634. 1 dess. : plume, encre brune, lavis jaune et marron et rehauts d'or ; 51 x 71 cm (B.n.F. Est., FT 4-HD-4 (16)). In Vallery-Radot, 1960, t. XVI, n° 662

    BnF, Est. : FT 4-HD-4 (16)
  • [Collège Royal-Dauphin de Grenoble, France : plan de situation des jardins du sieur Roux à Grenoble et des maisons avoisinantes acquis en vue de l'établissement du Collège] /1643-1644. 1 dess. : plume et encre brune ; 27 x 38,5 cm. (BnF, Est., FOL-HD-4 (8)). In Vallery-Radot, 1960, t. VIII, n° 665

    BnF, Est. : FOL-HD-4 (8)
  • [Collège Royal-Dauphin de Grenoble, France : projet d'ensemble du Collège comprenant aussi celui de l'église - plan du rez-de-chaussée] / 1668. 1 dess. : plume, encre brune et aquarelle ; 40 x 53 cm (B.n.F., Est., FOL-HD-4 (8)). In Vallery-Radot, 1960, t. VIII, n° 666.

    BnF, Est. : FOL-HD-4 (8)
  • Cartes littérales faites sur l’ancien et le nouveau parcellaire de Grenoble / 1641-1692. 1 plan : papier, encres brune et rouge (AD Isère : D 15/1)

    AD Isère : D 15/1
  • Plan de la place de Mme de St André acquise par Mr. de Grenoble pour y bastir une paroisse et y establir son séminaire pour les Pères de l'oratoire / Bonnefons, Pierre de (dessinateur), 1675 (éd. 19e s.). 1 plan : impr., n. et b. ; 29,1 x 44 cm (BM Grenoble, Pd.4 (264))

    BM Grenoble : Pd.4 (264)
  • Grenoble, ville capitale du Dauphiné et siège de Parlement / Aveline Pierre (graveur), 1700. 1 plan : coul. ; 24,1 x 32 cm (BM Grenoble, Pd.4(2015) Rés.)

    BM Grenoble : Pd.4(2015) Rés.
  • Plan de la ville de Grenoble / 1770. 1 carte : ms., en coul. ; 48 x 34 cm (B.n.F., Cartes et plans, GE D-27347)

    BnF, Cartes et plans : GE D-27347
  • Plan de Grenoble en 1776 / 1 plan : coul. (ACM Grenoble, 2 FI 1673)

    ACM Grenoble : 2 FI 1673
  • [Plans du Collège de Grenoble] / an III. 2 Plans, papier beige, plume et lavis encre noire, annotations au crayon (AD Isère, L 513). Plans du rez-de-chaussée et du 3e étage

    AD Isère : L 513
  • [Collège de Grenoble. Plan du 2e étage] / An III. 1 Plan : papier beige, crayon (AD Isère, L 513)

    AD Isère : L 513
  • Bibliothèque de Grenoble / Beyle Henri, dit Stendhal (dessinateur), 27 déc.1835. 1 dess. : encre brune, papier ; 21 x 30,2 cm. In Vie de Henry Brulard, ms., vol. 2, fol. 87v° (BM Grenoble, R 299 (2) Rés.)

    Annotations à l'encre dont légendes du dessin : A. grand bureau du bibliothécaire ; BB livres ; il me semble que du Cabinet d'histoire naturelle on a fait un Musée assez joli que je vis en 1816 venant pour l'affaire Didier ; CC oiseaux empaillés ; (sous CC) Cabinet d'histoire naturelle vers 1804 ; E Antichambre de la bibliothèque ; R Antiques.

    BM Grenoble : R 299 (2) Rés.
    fol. 87v°
  • Bâtiments du collège / Beyle Henri, dit Stendhal (dessinateur), v. 1835. 1 dess. : encre brune, papier ; 21 x 30,2 cm. In Vie de Henry Brulard, ms., vol. 2, fol. 362v° (BM Grenoble, R 299 (2) Rés.)

    Annotations à l'encre dont légendes du dessin : " OOO Bâtiments du collège bâti par les jésuites ; P commencement de la promenade de vieux tilleuls ; L Jardin en contrebas de Monsieur Plainville, commandant ou adjudant de la place, père de Plainville l'ami de Barral ; C salle de la chimie avec ses deux colonnes et une table ; D salle de dessin ; D' salle de la bosse avec théâtre en T ; G table où l'on étalait des morceaux de cadavres ".

    BM Grenoble : R 299 (2) Rés.
    fol. 362v°
  • [Salle de dessin] / Beyle Henri, dit Stendhal (dessinateur), v.1835. 1 dess. : encre brune, papier ; 21 x 30,2 cm. In Vie de Henry Brulard, ms., vol. 2, fol. 175r° (BM Grenoble, R 299 (2) Rés.)

    Annotations à l'encre, dont légendes du dessin : B' Bancs vers la rue Neuve ; B bancs recevant la lumière par les fenêtres de la cour ; A Armoire pour [illisible] les modèles

    BM Grenoble : R 299 (2) Rés.
    fol. 175v°
  • [Elève de l'école centrale au tableau] / Beyle Henri, dit Stendhal (dessinateur), v.1835. 1 dess. : encre brune, papier ; 21 x 30,2 cm. In Vie de Henry Brulard, ms., vol. 2, fol. 489r° (BM Grenoble, R 299 (2) Rés.)

    Annotations à l'encre dont légendes du dessin : A Ardoise ; H [Henry Brulard, alias Stendhal] ; D [Dupuy, professeur de mathématiques]

    BM Grenoble : R 299 (2) Rés.
    fol. 489r°
  • Plan d'une aile du bâtiment à construire pour le Lycée de Grenoble afin d'y pouvoir loger 132 élèves de plus, qui comporteront le nombre de 300 exigés par l'article 4e du Décret impérial du 15 novembre 1811 [rez-de-chaussée ; 1er, 2e et 3e étage] / [Lescurre] (?), v. 1811. 2 flles. : papier, crayon, encre noire et rouge, lavis (AC Grenoble, 4 M 90)

    AC Grenoble : 4 M 90
  • Cadastre du territoire de la commune de Grenoble de 1810. Plan de la section I, dite de la Ville / Chabert (géomètre), 1810 (AC Grenoble, 1 G 292)

    AC Grenoble : 1 G 292
  • Collège royal de Grenoble. Plans du rez-de-chaussée et des 1er, 2e et 3e étage - Bibliothèque et Musée / Péronnet Eugène (géomètre-expert), juillet 1837. 4 plans : papier beige, crayon, encres noire et rouge. Ech. 1:200 (AC Grenoble : 2 Fi 330, 331, 332, 333)

    AC Grenoble : 2 Fi 330, 331, 332, 333
  • [Fontaine des jésuites] / Rahoult Diodore (dessinateur) ; Dardelet Etienne (lithographe). 1 est. : lithographie. In Grenoblo malhérou. Poésies en patois du Dauphiné par Blanc dit La Goutte. Grenoble : éd. Rahoult et Dardelet, 1864 ; rééd. 1878 : ill. p. 99

    BM Lyon : 304698
  • Lycée de Grenoble. Agencement de la salle dite salle des dons pour la convertir en dortoir [élévations, plans et coupe] / Péronnet Eugène (architecte), 18 et 23 mai 1874. 3 dess. : papier, encre, lavis gris, coul. Ech. 1:100 (ACM Grenoble, 4 M 96)

    ACM Grenoble : 4 M 96
  • Lycée de Grenoble. Toiture au-dessus de l'agrandissement de l'infirmerie. Plan [et coupe] / Péronnet Eugène (architecte), 26 juillet 1874. 1 dess. : papier, encre, lavis gris, coul. Ech. 1:100 (ACM Grenoble, 4 M 96)

    ACM Grenoble : 4 M 96
  • Extrait des minutes de J. Boiton, géomètre à Grenoble. Grenoble en 1815 et en 1887 / G. Dupont (impr.), [1887]. Ech. 1 : 4 000. 1 lith. ; 61 x 48 cm (B.n.F., Cartes et plans, GE D 1141)

    Plan de la ville figurant en noir ce qui existait en 1815, en rouge l'agrandissement successif de la ville jusqu'en 1887, en vert fondu les fortifications et le glacis de la place en 1815, en sépia fondu l'état actuel (1887) des fortifications.

    Autres exemplaires : AD Isère, 1 Fi 338 ; ACM Grenoble, 2 Fi 1580

    BnF, Cartes et plans : GE D 1141
  • Le collège de Grenoble / Duplat, Pierre-Louis (peintre). 1 Dess., mine de plomb, papier beige (BM Grenoble, R.8902)

    BM Grenoble : R.8902
  • [Projet pour la création de deux salles d'étude] / 1841. 2 plans : papier, encres noire et rouge. Ech. 1:200 (AC Grenoble, 4 M 94)

    AC Grenoble : 4 M 94
  • Plan général de la Ville de Grenoble avec ses projets d'agrandissement et d'embellissement délibérés au Conseil Municipal et approuvés par ordonnances royales des 20 mai 1818, 15 novembre 1837, 10 Juin 1840 etc. Réduit, assemblé et dessiné par J. Charpin, ex-chef des bureaux et géomètre du cadastre. Certifié conforme aux plans d'alignement et d'agrandissement de la Ville de Grenoble, approuvés par l'administration, Grenoble le 12 mars 1841, L'architecte de la Ville, Barrillon / Charpin J. (géomètre), Pegeron, C. (imprimeur, lithographe), 1841 ; Grenoble : Prudhomme éd., 1842. 1 plan ; 49 x 61,5 cm, sur flle 53 x 68,5 cm. Éch. 1 : 4 000 (B.n.F., Cartes et plans, GE DL 1842-140-1)

    Autre exemplaire aux AMM de Grenoble, 29 S 2 

    BnF, Cartes et plans : GE DL 1842-140-1
  • Avant-projet pour l'exhaussement de l'aile du bâtiment latérale à l'église du collège et pour la construction d'une aile en retour sur la rue du Gouvernement [plans, coupes, élévation] / Barrillon Paul-Benoît (architecte-voyer), [1843]. 5 flles : papier, encre noire, lavis. Ech. 1:250 (ACM Grenoble, 4 M 94)

    ACM Grenoble : 4 M 94
  • Plan indiquant les travaux à faire pour élever d'un étage l'aile de bâtiment latérale à l'église du collège [plans, coupes, élévation] / [Barrillon Paul-Benoît] (architecte voyer), 10 mai 1844. 1 plan : papier, encre noire, coul. Ech. 1:200 (AC Grenoble, 2 FI 325)

    AC Grenoble : 2 FI 325
  • Plan supplétif des travaux projetés à l'aile du bâtiment latérale à l'église / Barrillon Paul-Benoît (architecte-voyer), [1844]. 1 flle : papier, encre noire, coul. Ech. 1:200 (ACM Grenoble, 4 M 94)

    ACM Grenoble : 4 M 94
  • Plan d'ensemble relatif à l'agrandissement du Collège royal de Grenoble / Barrillon Paul-Benoît (architecte voyer), 7 mai 1847. 1 plan : papier, crayon, encre noire, coul. Ech. 1:500 (AD Isère, 19 T 577)

    AD Isère : 19 T 577
  • Croquis annexé à l'aperçu des dépenses que nécessiterait l’achèvement de la cour du collège / 24 novembre 1847 (AC Grenoble, 4 M 94)

    AC Grenoble : 4 M 94
  • Collège royal de Grenoble [Plans] / [Barrillon Paul-Benoît (architecte)] (?), avant 1848. 4 plans : papier, crayon, encre noire, lavis. Ech. 1:200 (AD Isère, 1 Fi 2487/1-4)

    2487/1 : plan du rez-de-chaussée. 2487/2 : plan du premier étage. 2487/3 : plan du deuxième étage. 2487/4 : plan du troisième étage.

    AD Isère : 1 Fi 2487/1-4
  • [Plan, élévation et coupe des nouveaux hangars et de la cour de service] / [Barrillon Paul-Benoît] (architecte voyer), [2 juin 1849]. 1 dess. : papier, encre, lavis, aq. Ech. 1:100 pour la coupe et l'élévation, 1:250 pour le plan (ACM Grenoble : 4 M 95)

    ACM Grenoble : 4 M 95
  • Travaux d'amélioration à exécuter aux bâtiments du lycée. Plan indiquant l'état des lieux et les ouvrages projetés / Barrillon Paul-Benoît (architecte voyer), 22 juillet 1850. 1 dess. : papier, encre, coul. (ACM Grenoble, 4 M 95)

    ACM Grenoble : 4 M 95
  • Plan indiquant les divers travaux d'amélioration qu'on se propose de faire exécuter dans les nouvelles cours du lycée / Barrillon Paul-Benoît (architecte voyer), 22 juillet 1851. 1 dess. : papier, encre, coul. (ACM Grenoble, 4 M 95)

    ACM Grenoble : 4 M 95
  • Plan indiquant les divers travaux d'amélioration que l'on se propose d'exécuter dans les nouvelles cours du lycée / Barrillon Paul-Benoît (architecte voyer), 22 juillet 1851. 1 dess. : papier, encre, coul. (ACM Grenoble, 4 M 95)

    ACM Grenoble : 4 M 95
  • Plan indiquant les divers travaux d'amélioration que l'on se propose de faire exécuter dans les nouvelles cours du lycée / Barrillon Paul-Benoît (architecte voyer), 20 mars 1852. 1 dess. : papier, encre, coul. Ech. 1:200 (ACM Grenoble, 4 M 95)

    ACM Grenoble : 4 M 95
  • Fragments de plans que le Département de la Guerre a remis à l'administration des Domaines pour servir à l'échange projeté contre deux immeubles appartenant à la ville de Grenoble dans 1. le terrain du Polygone 2. la parcelle A en avant de la porte de France / 1853. 1 flle; : papier, encre noire, coul. Ech. 1:1000 (ACM Grenoble : 1 N 13)

    ACM Grenoble : 1 N 13
  • Lycée de Grenoble. Projet d'un bâtiment destiné à recevoir une salle de gymnastique et deux salles de dessin / [Péronnet Eugène (architecte)], 1854. 1 dess. : papier, encre, coul. (ACM Grenoble, 4 M 95)

    ACM Grenoble : 4 M 95
  • Nouveau plan de Grenoble... reconnu conforme aux plans généraux d'alignement... / 1861. Barrillon, Paul-Benoît (dessinateur). Maisonville et Jourdan, Grenoble (éditeur). 1 Flle. Ech. 1 : 2 500 (B.n.F., Cartes et plans, GE C-6837)

    BnF, Cartes et plans : GE C-6837
  • [Lycée de Grenoble : plans d'état des lieux, coupes, élévations] / Péronnet Eugène (architecte), 1er janvier 1861. 5 plans, 1 dess. : encre, aquarelle, papier beige. Ech. 1:100 (AN, CP/F/17/*/2548)

    AN : CP/F/17/*/2548
  • Cadastre du territoire de la commune de Grenoble de 1864. Plan de la section B, dite de la Ville sud-ouest / 1864 (AC Grenoble, 1 G 293/4)

    AC Grenoble : 1 G 293/4
  • Lycée impérial de Grenoble. Aile au nord de la cour des platanes. Projet de grosses réparations à l'effet d'utiliser les étages supérieurs au service de l'établissement [plans et coupe] / Péronnet Eugène (architecte), 10 mai 1870. 3 dess. : papier, encre, lavis gris, coul. Ech. 1:100 (ACM Grenoble, 4 M 96)

    ACM Grenoble : 4 M 96
  • Ville de Grenoble. Lycée. Ecole préparatoire élémentaire. Projet d'installation [Plan, coupe, élévations] / Péronnet Eugène (architecte), 19 août 1872. 1 dess. : papier beige, encre, lavis gris, coul. diverses échelles (ACM Grenoble, 2 Fi 328)

    ACM Grenoble : 2 Fi 328
  • Ville de Grenoble. Lycée. Parloir et logement du concierge [Plan et coupe] / Péronnet Eugène (architecte), 19 août 1872. 1 dess. : papier beige, encre, lavis gris, coul. diverses échelles (ACM Grenoble, 2 Fi 329)

    ACM Grenoble : 2 Fi 329
  • Plan général de la ville avec enceintes et alignements / Thiervoz Joseph (architecte voyer),1883. 1 plan : papier, impr. (ACM Grenoble, 1 Fi 6)

    AD Isère : 1 Fi 6
  • Ville de Grenoble. Projet de transformation du lycée de garçons et son appropriation à un lycée de jeunes filles / Charbonnier (architecte voyer), 20 octobre 1886. 5 plans : papier, encre, lavis, coul. Ech. 1:200 (ACM Grenoble, 4 M 99)

    ACM Grenoble : 4 M 99
  • Ville de Grenoble. Projet d'appropriation des bâtiments du lycée de garçons à un lycée de jeunes filles. Deuxième variante / Charbonnier (architecte voyer), 25 décembre 1886. 3 plans : papier, encre, lavis, coul. Ech. 1:200 (ACM Grenoble, 4 M 99)

    ACM Grenoble : 4 M 99
  • Ville de Grenoble. Projet d'appropriation des locaux de l'ancien lycée de garçons à un lycée de jeunes filles. Variante au projet remis le 29 mars laissant aux Facultés les locaux sur la rue Condillac / Charbonnier (architecte voyer), 1er juillet 1887. 4 plans : papier, encre noire, lavis, coul. Ech. 1:200 (ACM Grenoble, 4 M 99)

    ACM Grenoble : 4 M 99
  • Bâtiments concédés à la faculté des sciences / Michon Marius (architecte diocésain), 4 décembre 1899. 1 Plan : calque, encre, crayon, lavis, coul. Ech. 1:200 (AD Isère, 21 T 1734)

    AD Isère : 21 T 1734
  • [Plan schématique du rez-de-chaussée : état des lieux] / [Michon Marius (architecte diocésain), 1899]. 1 Plan : papier, encre (AD Isère, 21 T 1734)

    AD Isère : 21 T 1734
  • Université de Grenoble. Transformation des laboratoires d'histoire naturelle rue Condillac en école maternelle annexée au lycée de jeunes filles / Michon Marius (architecte diocésain), 5 juillet 1899. 1 Plan : papier, encre, lavis, coul. Ech. 1:100 (AD Isère, 21 T 1734)

    AD Isère : 21 T 1734
  • Ville de Grenoble. 2e Projet d'appropriation de l'ancien lycée de garçons à un lycée de jeunes filles / Michon Marius (architecte diocésain), 24 mai 1890. 4 plans : calque contrecollé sur papier, encre, lavis, coul. Ech. 1:200 (ACM Grenoble, 4 M 100)

    Sur le plan du rez-de-chaussée, annotation au crayon au niveau de la chapelle : " faire le plan de la chapelle tel qu'il est sur la feuille de février 1887 ".

    Un deuxième jeu de plans sur calque est conservé sous la même cote, correspondant au projet avant mise au propre.

    ACM Grenoble : 4 M 100
  • Ville de Grenoble. Type de table-banc grande taille / Michon Marius (architecte diocésain), 6 août 1891. 1 dess. : papier, encre, aquarelle (ACM Grenoble, 4 M 101)

    ACM Grenoble : 4 M 101
  • Ville de Grenoble. Lycée de jeunes filles. Projet d'installation d'une chapelle dans la partie réservée de l'ancien lycée de garçons / Michon Marius (architecte diocésain), 10 janvier 1892. 1 plan : papier, encre, lavis, coul. Ech. 1:100 (ACM Grenoble, 4 M 102)

    Autre version du plan conservée sous la même cote, préparatoire au plan mis au propre ci-dessus.

    ACM Grenoble : 4 M 102
  • Plan de Grenoble... / Seytoux, F. (géomètre-expert), F. Berger et Peyraud, Grenoble (imprimeurs), 1er décembre 1892. 1 flle. papier, impr., coul. ; 48 x 35 cm. Ech. 1:8000 (B.n.F., Cartes et plans, GE D-1637)

    BnF, Cartes et plans : GE D-1637
  • Atlas des bâtiments communaux de la ville de Grenoble. Collège [Plans, coupes, élévations] / [Péronnet Eugène] (géomètre-expert), 1837. 5 dess. : papier, encre, lavis, coul. Ech. 1:200 (ACM Grenoble, 2 Fi 334 à 338)

    Le dessin coté 2 Fi 338 (combles de la salle de dessin et du musée) semble être d'une autre main)

    ACM Grenoble : 2 Fi 334 ; 2 Fi 335 ; 2 FI 336 ; 2 Fi 337 ; 2 Fi 338
  • Maison des jésuites - Entrée du lycée Stendhal / 1 dess. : papier, crayon (BM Grenoble, R. 9246 (31/1) Rés.)

    BM Grenoble : R 9246 (31/1) Rés.
  • Cadastre du territoire de la commune de Grenoble de 1930. Plan de la section B, 2ème feuille / 1930 1 plan : papier, impr. (ACM Grenoble, 2 Fi 1434)

    ACM Grenoble : 2 Fi 1434
  • Plan de Grenoble / A. Raffin et Jobert, géomètres. Éditeur : Taride (Paris), 1931. 1 Feuill. : en coul. ; 124 x 100 cm. Éch. : 1 : 2 500 (B.n.F. Cartes et Plans, GE C-5707)

  • Ville de Grenoble. Projet d'agrandissement du lycée de jeunes filles [plans, coupe, élévations] / Benoit Jean (architecte communal), 15 mars 1938. 5 dess. : papier, impr. Ech. 1:100 (ACM Grenoble, 4 M 103)

    ACM Grenoble : 4 M 103
  • Ville de Grenoble. Lycée Stendhal. Aménagements divers / Descotes-Genon Marcel (architecte), 27 avril 1956. 5 plans : papier, impr. Ech. 1:100 (ACM Grenoble, 4 M 104)

    ACM Grenoble : 4 M 104
  • Ville de Grenoble. Lycée Stendhal. Bloc scientifique, avant-projet. Plan de masse, vue perspective sur cour, façades, coupes / Descotes-Genon Marcel (architecte), mai 1958. 4 dess. : papier, impr.. Ech. diverses (ACM Grenoble, 4 M 104)

    ACM Grenoble : 4 M 104
  • Grenoble. Plans généraux de grand format : anciennes fortifications / 1959. 1 plan : papier, tirage ozalyd, coul. (ACM Grenoble, 1 FI 69)

    ACM Grenoble : 1 FI I69
  • Lycée Stendhal. Contrôle médical. Création de cabines de déshabillage / Descotes-Genon Marcel (architecte), v. 1960. 1 dess : papier, impr. coul. Ech. 1:50 (ACM Grenoble, 4 M 107)

    ACM Grenoble : 4 M 107
  • Lycée Stendhal Grenoble :  vue des bâtiments et de l'intérieur des salles / 1966. 3 photogr. pos., tirages argentiques n. et b. (ACM Grenoble, 3 FI 71)

    ACM Grenoble : 3 FI 71
  • Lycée Stendhal. Aménagement de classes au 3e étage / B. B. (architecte ?), 29 janvier 1969. 1 plan : papier, encre, lavis, coul. (AD Isère, 4958 W 17)

    AD Isère : 4958 W 17
  • [Lycée Stendhal : élévation sur la rue Raoul-Blanchard, façade de l'église] / Ville de Grenoble, services techniques, 27 juillet 1967. 3 photogr. n. et b., tirages argentiques, numérotés (ACM Grenoble, 39 W 20)

    N° 1045 : Façade de l'église

    N° 1046 : Façade rue Raoul-Blanchard, vue partielle

    N°1047 : Façade rue Raoul-Blanchard, vue générale

    ACM Grenoble : 39 W 20
  • [Cité scolaire Stendhal, Grenoble : travaux de restructuration, reportage photographique] / Rull Elisabeth (photographe)/Collectif ITEM (Région Auvergne Rhône-Alpes, photothèque numérique)

    Région Auvergne-Rhône-Alpes, photothèque numérique

Annexes

  • Annexe n°1 : Description du pensionnat du collège (AD Isère, D 15/1)
  • Annexe n°2 : Installation de la bibliothèque publique et du cabinet d'histoire naturelle dans les locaux du collège, 1772-1773 (AN, F/17/1314A)
Date(s) d'enquête : 2018; Date(s) de rédaction : 2018, 2025
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Guégan Catherine
Guégan Catherine

Chercheuse au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel d'Auvergne-Rhône-Alpes (2006-...)

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