Dossier d’œuvre architecture IA63002829 | Réalisé par
Fougère Félicie (Contributeur)
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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  • inventaire topographique, La ceinture des boulevards de Clermont-Ferrand
immeuble
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Clermont-Auvergne-Métropole
  • Commune Chamalières
  • Adresse 16 boulevard Aristide-Briand
  • Cadastre 2025 AH 0077  ; 1831 C1 69-72
  • Dénominations
    immeuble

L'immeuble du n°16 boulevard Aristide-Briand marque le début, spatialement et chronologiquement, de la séquence édifiée entre le carrefour de la rue Gourgouillon et l'avenue Pasteur dans laquelle l'usage de travées biaises en façade engendre une unité formelle. Cette dernière est, il est vrai, issue d'une contrainte parcellaire partagée. L'adoption de travées biaises peut en effet être interprétée comme une stratégie d'adaptation à la morphologie parcellaire. Entre le carrefour avec la rue Gourgouillon et celui de l'avenue Pasteur, la rive ouest du boulevard suit une ligne oblique par rapport à l'orientation des parcelles rectangulaires. Elles forment par conséquent des fonds trapézoïdaux. Les immeubles épousant les limites parcellaires doivent être dotés d'un volume s'inscrivant dans ces trapèzes. Ils ne pourraient être carrés ou rectangulaires qu'en étant implantés en recul d'alignement oblique. On constate d'ailleurs que l'emploi de ces deux solutions simultanées - alignement par immeubles trapézoïdaux et recul oblique par immeubles à la géométrie régulière - crée entre le n°45 et 53 boulevard Jean-Jaurès une implantation de façades en accordéon (voir dossier IA63002870), configuration qu'évite précisément la séquence comprise entre le n°16 et 4 boulevard Aristide-Briand. Les n°4 et 6-10 boulevard Aristide-Briand représentent une solution hybride. Le plan global du bâtiment suit le trapèze de la limite parcellaire (voir la façade et les murs pignons tels que figurés en plan de rez-de-chaussée) tandis que les travées des étages sont implantées à angle droit des pignons, chacune d'entre elles s'inscrivant en un rectangle régulier dont le recul oblique est corrigé par le balcon filant en façade (voir le plan des étages). L'architecte des n°16 et 12 adopte une autre solution, celle d'une orientation différentielle des espaces intérieurs : les pièces sur la façade suivent son orientation tandis que les pièces de l'arrière s'ordonnent selon le rectangle du bâtiment, ce dernier s'inscrivant dans un trapèze-rectangle (voir aussi dossier IA63002828). Il en résulte un angle nord-est aigu qui, pour être pleinement utile, est transformé en loggia. La travée d'extrémité gauche applique donc son retrait à l'angle du bâtiment, jouant comme un pan coupé convertit en espace extérieur couvert.

L'arrière de la parcelle est longtemps resté en jardin n'accueillant qu'une cabane de jardin à proximité du chemin de Beaurepaire. Un immeuble y est édifié au début des années 1990. Cette option est loin d'avoir été adoptée pour toutes les parcelles comprises entre le boulevard Aristide-Briand et le chemin de Beaurepaire, la plupart des fonds de parcelles sont devenus des parkings, l'une d'entre elles est restée en jardin. L'îlot présente par conséquent un devant occupé par les immeubles du boulevard et un arrière dont l'occupation plus lâche borde le chemin de Beaurepaire.

La parcelle mitoyenne au sud, n°18 du boulevard, forme une lanière trop étroite pour qu'une habitation puisse y être implantée. En 1949, un courrier du centre de distribution d'électricité de France indique au maire de Clermont-Ferrand que la bonne alimentation en gaz de l'ouest de la commune implique l'installation d'un poste de détente à proximité du carrefour des boulevards Pasteur, Duclaux et Aristide-Briand. Le délaissé de la pointe de l'îlot triangulaire délimité par le boulevard Aristide-Briand et la rue Gourgouillon fut d'abord pressenti avant que l'entreprise n'élise l'étroite parcelle du n°18 boulevard Aristide-Briand. Le poste de détente ne comportant qu'un seul étage, il est dominé par les murs d'héberge de ses mitoyens. Il en résulte un "effet d'entre deux", provoquant un rupture de rythme urbain qui offre une mise en valeur de cette architecture industrielle.

Le tracé du boulevard Aristide-Briand rogne des parcelles à leur extrémité sur un ancien chemin devenu le rue de Gourgouillon. Les expropriations interviennent en 1928. La demande de construction de l'immeuble du n°16 boulevard Aristide-Briand est déposée le 14 septembre 1938. L'autorisation en est accordée le 18 novembre 1938. L'arrière de la parcelle donnant sur le chemin de Beaurepaire accueille à l'origine une cabane de jardin, nommée tonne par l'usage local. Un immeuble y est édifié au début des années 1990. Sur l'étroite parcelle mitoyenne, le directeur de l'Électricité de France dépose la demande de construction d'un poste de détente de gaz le 19 décembre 1949.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1938, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Vigneron Valentin
      Vigneron Valentin

      Architecte, né le 17 février 1908, mort le 04 novembre 1973. Adresses: 22 bis place de Jaude dans les années 1930 ; 3 rue Colbert dans les années 1940 et 1950. Dans les années 1930 et 40, les plans sont formellement dessinés selon la même disposition : filets d'encadrement comprenant l'identité du propriétaire et la localisation en marge supérieure et identification de l'architecte, lieu et date en marge inférieure.

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      architecte attribution par source

La travée d'extrémité sud (à gauche) rompt la grande régularité du dessin d'une façade dont la répétition rythmique est rehaussée par l'effet de quadrillage de la liaison des niveaux au moyen de moulures en léger relief perpendiculaires aux joints du revêtement. La ligne verticale de la moulure centrale de la composition renforce l'attente d'une symétrie à laquelle, de plus, le rez-de-chaussée se conforme. Ainsi, la travée en retrait garnie de loggias aux garde-corps galbés introduit un mouvement inattendu. Le contraste établi entre le rez-de-chaussée, à l'horizontalité marquée et au revêtement layé de couleur sombre, et les niveaux supérieurs, dominés par un mouvement vertical au clair revêtement lisse, s'inscrit pleinement dans un dessin qui, sans l'irrégularité de la travée en retrait, pourrait sembler assez raide et figé. Valentin Vigneron recourt à un procédé, la travée en retrait garnie de loggias, qu'on le voit parfois adopter pour marquer l'axe de composition de ses immeubles. Ainsi du n°24 boulevard Jean-Jaurès (dossier IA63002808) ou du n°43 boulevard Aristide-Briand (dossier IA63002830). Cependant, le geste est ici à rapprocher de celui qu'il adopte pour animer une travée d'angle articulant façade et mur pignon. Dans la mesure où le parement sud des loggias correspond au mur pignon de l'édifice, la référence à l'immeuble du 29 boulevard Cote-Blatin (dossier  IA63002797) est proche et celle de la maison du n°110 boulevard Lavoisier (dossier IA63002834) n'est pas si éloignée. Il y a dans l'œuvre de Valentin Vigneron une réflexion sur la possibilité de traiter une travée de façade comme si elle était une travée d'angle quitte à inclure des retours à des murs de refends de sorte qu'ils créent des angles (c'est bien ainsi qu'il procède au n°43 boulevard Aristide-Briand). La contrainte parcellaire peut être ici considérée comme la source de ce parti : l'immeuble adopte une forme de trapèze-rectangle induite par l'orientation biaise du devant de parcelle. Contrairement à la solution adoptée par les n°4 (dossier IA63002897), 6-10 (dossier IA63002855) et 14 du boulevard, immeubles qui partagent la même contrainte parcellaire et la contournent en positionnant les travées en recul d'alignement les unes par rapport aux autres, en redans redressés par les balcons filants, Valentin Vigneron aux n°16 et 12, corrige l'angle aigu que forme la façade et le pignon sud par un système de loggias fonctionnant comme le ferait un pan coupé à l'angle d'un bâtiment.

L'immeuble répond à trois fonctions. Le rez-de-chaussée regroupe les pièces de service, deux garages et une loge de concierge. Le premier étage est réservé à un usage professionnel avec des bureaux et des pièces d'archive. Les trois autres étages logent un appartement par niveaux. Le redressement d'orientation est également perceptible en plan. L'enfilade de pièces donnant sur le boulevard suit l'orientation de ce dernier selon un axe sud-est à nord-ouest tandis que l'enfilade des pièces placées à l'arrière de l'immeuble se conforme à l'orientation strictement sud-nord de l'élévation postérieure. L'articulation de ces deux séries de pièces est opérée par un hall triangulaire. Dans les niveaux d'appartements, ce système permet d'inclure une distinction entre des espaces de vie diurne, en partie sud, répartis entre la cuisine à l'arrière, la circulation par le hall permettant de gagner le salon et la salle à manger sur l'avant, et des espaces plus intimes, dans la moitié nord, à savoir les chambres et salle de bains sont la distribution s'opère par une antichambre placée à la pointe du hall triangulaire. Ainsi, la configuration quelque peu complexe des appartements n'empêche pas une démarche de séparation rationnelle de l'espace.

  • Murs
    • bossage
  • Toits
    bitume
  • Étages
    4 étages carrés
  • Couvrements
    • dalle de béton
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
  • Autres organes de circulation
    ascenseur
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Immeuble inscrit sur la liste des éléments identifiés au titre de patrimoine du PLUI Clermont-Auvergne-Métropole, juin 2024

Documents d'archives

  • AC Clermont-Ferrand. Série O : 1 O 224. Expropriations : boulevard Sud. Partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux : enquête parcellaire, déclaration d'utilité publique, état estimatif des terrains à acquérir, jugement d'expropriation, notifications, devis estimatif des travaux (plan d'alignement, plan parcellaire, plan du calcul des surfaces, plan des lieux après exécution des travaux : 1926). 1916-1928.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
  • AC Clermont-Ferrand, 1 O 1587, Etablissement de bordures de trottoirs, boulevard Aristide-Briand· Déclaration d'utilité publique : délibération du 26 juin 1936, arrêté préfectoral du 6 août 1936. Plan, état de répartition, cahier des charges, détail estimatif, bordereau des prix : 1936 

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 1587
  • AC Chamalières, PC 2096, [Demande construction immeuble, 16 boulevard Aristide-Briand]. 14 septembre 1938

    AC Chamalières : PC 2096
  • AC Chamalières, PC 3103, [Demande construction immeuble, 12 boulevard Aristide-Briand]. 6 octobre 1939.

    AC Chamalières : PC 3103
  • AC Chamalières, PC 3115, [Demande construction immeuble, 4 boulevard Aristide-Briand]. 8 août 1940.

    AC Chamalières : PC 3115
  • AC Clermont-Ferrand, 1858 W 43 - E1/12, EDF: poste de détente Boulevard Aristide-Briand, plans, extrait du registre des délibérations du Conseil Municipal du 29 juillet 1949

    AC Clermont-Ferrand : 1858 W 43
  • AC Chamalières, PC 3320 et 3321, [Demande construction local technique électricité de France, 18 boulevard Aristide-Briand]. 8 novembre 1949

    AC Chamalières : PC 3320 et 3321
  • AC Chamalières, PC 4173, [Demande construction immeuble, 6-10 boulevard Aristide-Briand]. 16 novembre 1960.

    AC Chamalières : PC 4173

Documents figurés

  • Plan du calcul des surface dressé en conformité du plan d'alignement approuvé par décision de la commission départementale en date du 18 octobre 1913, boulevard sud (partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux, expropriation des immeubles ou parties d'immeuble, droits de toutes natures et servitudes diverses) / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine, Alignements. 0.002 pm. mars 1926. Dess. Extr de [liasse d'archives] "Expropriations: boulevard sud, 1921-1929", AC Clermont-Ferrand, série O : 1 O 224.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
  • [Parcellaire avant ouverture du boulevard Aristide-Briand] / IGN, mission n°CCFOA-2341 / 14, réf. CCFOA-2341_1928_CAF_A-234_0014. 1 : 2622. 25 avril 1928. Photogr. pos.

    IGN : CCFOA-2341_1928_CAF_A-234_0014
  • [Boulevard Aristide-Briand] / [extrait d'une vue aérienne] IGN, mission DUR002185, réf. CDUR002185_1951_DUR_218_0006. 06 septembre 1951. Photogr. pos.

    IGN : CDUR002185_1951_DUR_218_0006
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Fougère Félicie
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Articulation des dossiers
Fait partie de