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chapelle Notre-Dame d'Auton, puis Sainte-Anne

Dossier IA26000092 réalisé en 1999

Fiche

Œuvres contenues

VocablesNotre-Dame d'Auton, puis Sainte-Anne
Appellationsromane
Parties constituantes non étudiéescimetière
Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonGrignan
AdresseCommune : Le Pègue
Lieu-dit : Sainte-Anne
Cadastre : 1835 B 97 ; 1934 B 840

La chapelle Sainte-Anne n'a pris ce vocable qu'au XVIIe siècle et s'appelait à l'origine Notre-Dame-d'Auton (Altonum) ou Saint-Menne. Elle est construite à l'emplacement d'un lieu de culte antique et contient des remplois de l'époque romaine : colonnes et chapiteaux, fragment d'inscription. La construction remonte au XIe siècle, une partie de la nef, à l'origine non voûtée, est datable de cette époque. L'abside est élevée dans le 3e quart du XIIe siècle (caractères archéologiques et marques de tâcherons identiques à celles d'églises voisines, de la même période), et la nef renforcée intérieurement. Pendant une partie du XVIIe siècle, les guerres de Religion ayant ruiné les autres églises du Pègue, Notre-Dame-d'Auton devient église paroissiale et se trouve sans doute trop petite ; elle est alors allongée d'une travée, et les deux arcatures latérales de la travée orientale sont creusées pour ériger des autels, celui de Notre-Dame de Pitié au nord, celui de Sainte-Anne au sud, auquel elle doit probablement son vocable. La chapelle porte deux dates gravées au XVIIe siècle, l'une,1661, sur le vantail de la porte d'entrée, accompagnée d'armoiries et d'initiales, l'autre, 1641, sur l'enduit du 2e arc formeret nord de la nef accompagnée de l'inscription : S. IAN BRVGIERE / GREFIER / Mll(e) MARTINE FAIN / A FAICT FERE SETE REPARSION (Martine Fain, femme de Jean Buyère, avait fait des dons aux chapelles N.-D. de Pitié et Ste-Anne en 1644) ; l'agrandissement de la nef se situe probablement autour de ces deux dates. La chapelle Saint-Anne conserve son cimetière, avec lequel elle est inscrite Monument historique depuis 1926. Elle a été entièrement restaurée en 1982-83 par Francesco Flavigny, architecte en chef des M.H.

Remploi
Période(s)Principale : 11e siècle
Principale : 3e quart 12e siècle
Principale : milieu 17e siècle
Dates1641, porte la date
1661

L'Eglise est constituée d'une nef unique couverte d'un berceau en plein cintre et d'une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, éclairée d'une fenêtre axiale à double ébrasement. La nef comprend deux travées de longueur inégale séparées par un arc doubleau ; la reprise de construction est nettement visible en façade, par les chaînages extérieurs et la différence d'appareillage. L'abside est construite en petit appareil de calcaire, avec quelques éléments cubiques de grès, la nef en moellons ; la chaîne formant l'angle entre la nef et le chevet, en moyen appareil, porte des marques de tâcheron, ainsi que la signature PONCIUS. Le chevet, légèrement plus bas que la nef, est couvert d'une croupe ronde de lauzes de calcaire, soulignée d'une corniche. Un toit à longs pans en tuile couvre la nef, surmontée, au-dessus de l'arc triomphal, d'un clocher-mur à une arcade. L'élévation nord est aveugle, l'élévation ouest est percée d'une seule fenêtre, l'élévation sud de trois baies et de la porte d'entrée en plein cintre, aux claveaux étroits et allongés, à joints vifs. A l'intérieur, un bandeau en quart-de-rond en pierre court à la naissance des voûtes. Deux colonnes en granite à chapiteau corinthien en marbre, supportent l'arc triomphal, légèrement brisé ; six arcs formerets en plein cintre renforcent les murs latéraux de la nef, les deux plus proches de l'abside creusés d'une arrière voussure. Ces arcs retombent sur des impostes moulurées ou des tailloirs surmontant des corbeaux rectangulaires aux angles inférieurs abattus, les deux médians de la 2e travée ornés d'un décor en relief méplat, dont la sculpture archaïsante utilise des motifs antiques et de l'art roman populaire.

Murscalcaire
moyen appareil
moellon
Toittuile creuse, calcaire en couverture
Plansplan massé
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte en berceau plein-cintre
cul-de-four
Couverturestoit à longs pans
pignon couvert
croupe ronde
TypologiesEglise romane à nef unique. Clocher-mur à baie unique
Techniquessculpture
Précision représentations

ornement géométrique ; ordre corinthien § Un rang de dents d'engrenage couronne le mur du chevet. Deux colonnes romaines à chapiteau corinthien supportent l'arc triomphal. Les corbeaux des retombées des arcs formerets nord et sud de la travée orientale sont décorés, celui du sud d'une rouelle, celui du nord de cannelures en éventail sur la face et sur l'angle inférieur droit, d'étoiles en nid d'abeille sur l'angle inférieur gauche ; tailloirs et impostes sont ornés de chapelets d'olives, de denticules et de dents de scie.

Cette chapelle romane homogène, inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1926, est un beau témoin de l'architecture des églises de la même époque, en vallée du Rhône et Haute-Provence. Ses marques lapidaires ajoutent à son intérêt et mériteraient une étude plus approfondie. Elle se situe dans le cimetière et, avec Saint-Vincent de Grignan, également romane, ce sont les seules chapelles du canton dont le cimetière n'a pas été tranféré.

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH, 1926/07/17
Précisions sur la protection

Chapelle Sainte-Anne au Pègue et son cimetière.

© Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel - Jourdan Geneviève