Dossier d’œuvre architecture IA63002811 | Réalisé par
Fougère Félicie (Contributeur)
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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  • inventaire topographique, La ceinture des boulevards de Clermont-Ferrand
immeuble
Œuvre étudiée
Copyright
  • © Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Clermont-Auvergne-Métropole
  • Commune Clermont-Ferrand
  • Adresse 55 boulevard Jean-Jaurès
  • Cadastre 2022 H0 153  ; 1831 L 220 1ière feuille ; 1831 L 219 1ière feuille
  • Précisions
  • Dénominations
    immeuble

Cet édifice clôt la série d'immeubles à implantation irrégulière dont le début se situe au n°45 boulevard Jean-Jaurès. Contrairement à ses mitoyens orientaux, l'adoption d'un plan trapézoïdal permet à la construction d'épouser la morphologie parcellaire (voir le plan cadastral actuel). Il en découle un alignement régulier sur le boulevard dégageant le fond de parcelle ; ce terrain accueille ainsi une construction sur la cour. La reprise d'alignement régulier engendre l'apparition d'un important pignon d'alignement en élévation latérale orientale. L'élévation latérale occidentale est composée d'un mur aveugle avec travée en renfoncement, surplombant un sentier, dernier vestige de la potentielle rue Maréchal-Lyautey. Le première projet d'ouverture de voirie, celui de la rue Roberval qui devait traverser l'îlot en diagonale, est abandonné en 1931, soit deux ans avant la construction de l'immeuble. Sous la pression de propriétaires de terrains en cœur d'îlot (voir courriers en annexe), ce projet est remplacé par celui des rues Barthou et Maréchal-Lyautey. L'ouverture de ces deux rues, sur un tout autre schéma d'implantation que la rue Roberval, n'est entérinée que l'année même de la construction de l'immeuble du n°55 (1934), trop tard par conséquent pour que la rue longeant l'édifice soit prise en considération dans les plans d'architecture. La rue du Maréchal-Lyautey devait reprendre et élargir un ancien chemin, figuré en pointillé sur le plan parcellaire d'expropriation du boulevard. Finalement, il n'en fut rien et le chemin conserve de nos jours la configuration qu'on lui connait sur les plans des années 1920. Il est souligné, lors de la demande de permis de construire sur la parcelle enclavée HO 125 en 1993, qu'il convient de prévoir un droit de passage sur le terrain de son mitoyen, HO 599, puisque le projet de la rue Maréchal-Lyautey n'a pas été reporté au Plan d'Occupation des Sols approuvé le 16 février 1981. L'occupation en espace vert des parcelles enclavées joue comme contrepartie positive au caractère difficilement constructible de ce type de terrains. Elles constitueraient de micro-points de respiration urbaine. Cependant, la parcelle enclavée HO 672, qui reste en jardin jusqu'en 2005, finit par servir de zone d'extension du parking de l'Institut du travail social de la région Auvergne (en 2009 la reconversion est effective selon les photographies aériennes de l'IGN).

L'absence de traitement de l'élévation occidentale du n°55 boulevard Jean-Jaurès est d'autant plus sensible que le n°57 est écrit en fonction de l'espace qui le sépare de son voisin. La date plus tardive du premier projet d'immeuble au n°57, en 1937, permet à l'architecte Antoine Fustier de marquer la position de l'édifice sur le futur carrefour par le déploiement architectural en travées de part et d'autre du pivot que constitue l'angle. La modification du projet en 1939 ne change pas ce principe. Dans un contexte relativement similaire, celui de la voie faisant jonction entre la rue Eugène-Pelletan et le boulevard Lavoisier, voie non dénommée et transformée en allée piétonne, Jean Guillot propose, en 1936, un immeuble d'angle incluant un traitement de l'élévation latérale (délaissant par ailleurs l'angle à proprement parler, voir dossier du n°104 boulevard Lavoisier IA63002885). On peut par conséquent en conclure que la différence de geste architectural entre les n°57 et 55 provient d'atermoiements dans les aménagements urbains modifiant radicalement le contexte urbain dans lequel se plaçaient les deux architectes.

L'immeuble du n°55 se distingue donc par la maladresse de son insertion urbaine, gaucherie due aux tâtonnements d'implantations viaires ne pouvant laisser présager l'occupation de la parcelle mitoyenne. Le caractère frustre du traitement latéral occidental peut d'autant moins être reproché à l'architecte Jean Guillot que d'autres exemples illustrent sa maîtrise de ce type d'édifices urbains à façade animée par des bow-window et des balcons. Au sein de ce courant, Marius Lanquette (voir dossiers IA63002841,  IA63002802, IA63002804), Ernest Pincot (voir dossier IA63002835) et Valentin Vigneron (voir dossier IA63002863) investissent l'angle des carrefours tandis que Jean Guillot concentre son geste sur la façade d'immeuble en front de rue (voir dossier IA63002811, IA63002819 et IA63002885), semblant préférant le défi des surfaces planes à celui d'une modification des arêtes vives.

L'actuelle parcelle HO 153 est le résultat de la division de l'ancien terrain de Jean Touzet, propriété littéralement coupée en deux par l'ouverture du boulevard. Le lotissement de ces terrains situés de part et d'autre du boulevard est acté par le Conseil municipal du 3 mai 1933, sous le nom de lotissement Béal. L'immeuble du n°55 boulevard Jean-Jaurès ainsi que l'édifice occupant le fond de la cour sont édifiés aussitôt, la demande de permis de construire datant du 23 décembre 1933. Il occupe deux lots fusionnés situés à l'ouest de la frange sud du boulevard, ce qui le dote d'un foncier trapézoïdal de taille confortable.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1933, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Guillot Jean
      Guillot Jean

      Architecte, domicilié au 35 rue du Onze-Novembre (dans les années 1930), membre de l'association provinciales des architectes français. Il dresse les plans, en 1926, d'un pavillon agrandissant l'un des corps de bâtiment en retour de l'orphelinat de la Providence, 31 avenue d'Italie (pour la Société Prévoyante immobilière et commerciale du Puy-de-Dôme). En 1930, l'immeuble du n°59 boulevard Lafayette est d'une écriture plus moderne que celle des immeubles, conçus sur le même modèle à bow-windows quadrangulaires et balcons galbés, des n°55, 40 boulevard Jean-Jaurès, 39 avenue Marx-Dormoy et 39 boulevard Aristide-Briand, pourtant daté de 1933, 1934 et 1936. Il reprendra ce modèle, en 1939, pour le projet d'immeuble au n°71 boulevard Jean-Jaurès, projet qui n'aboutira pas. En 1932, la maison sise au 68 boulevard Lavoisier, détruite vers 2007 (construction d'une résidence), reflétait la demande d'une clientèle au goût assez traditionnel. En 1939, l'immeuble du n°82 boulevard Aristide-Briand s'inspire des oeuvres de Valentin Vigneron (faux joints en quadrillage sur l'enduit, liaison des niveaux, traitement géométrique en symétrie de la façade, baie à encadrement débordant).

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      architecte signature, attribution par source

L'immeuble est implanté en devant de parcelle à l'alignement sur le boulevard. Le passage ménagé en travée latérale ouest permet de gagner une cour au fond de laquelle se dresse un second corps de bâtiment. Le rez-de-chaussée de ce dernier abrite cinq garages ; l'appartement de l'étage semi-double comprend une salle de bain ainsi qu'un cabinet d'aisance, ce qui dénote un certain confort.

L'immeuble principal sur le boulevard participe d'une série observable sur notre terraine d'étude. Celui qui inaugure cette série est le n°39 avenue Marx-Dormoy (dépôt de permis le 02 février 1933) (voir dossier IA63002867). L'écriture en est plus raide, le bow-window central est un volume rectangulaire sans moulure reposant sur des corbeaux à ressaut. L'adoucissement des lignes ne provient que de l'arrondi des balcons et de la colonne engagée partitionnant les deux baies du rez-de-chaussée. La moindre enveloppe de l'édifice en fait un immeuble-maison (un seul appartement par étage). Le n°55 boulevard Jean-Jaurès sert de prototype au n°40 du même boulevard (voir dossier IA63002848). Ils forment pratiquement des vis-à-vis et seul cinq mois séparent la dépose des permis. Le n°55 inaugure donc le rythme animant une façade non symétrique : la première travée à l'est du bow-window ainsi que celle qui s'insère entre ce dernier et la travée à balcon ne reçoivent qu'un traitement minimal (décor de modillon sous l'appui des baies). Le dialogue entre bow-window à moulures latérales et travée à balcons dont la convexité renvoie aux colonnes flanquant la porte d'entrée est commun aux deux édifices. Nous retrouvons de même la correspondance en horizontalité entre le bossage en table du rez-de-chaussée et le balcon filant du dernier niveau, procédé fragmentaire au n°55, achevé au n°40. La principale différence repose sur la présence au n°55 d'une travée supplémentaire positionnée en retrait et surmontant le passage automobile. Ceci crée une différence dans la distribution intérieure. Le rez-de-chaussée loge deux appartements dont un pâti du vestibule. Cependant, il est au n°55 clairement affecté au concierge qui traditionnellement ne bénéficie que d'une surface réduite (distinction que l'on ne lit pas avec tant d'évidence au n°40). Dans les étages du n°40, les appartements sont presque symétriques, celui de gauche disposant d'une chambre supplémentaire et du bow-window pour la salle à manger. Au n°55, l'inégalité est plus affirmée. L'appartement de gauche dispose certes d'une salle à manger à bow-window, cependant celui de droite adjoint un salon à la salle à manger et dispose d'une chambre supplémentaire, ce qui compense assez avantageusement la taille réduite de la salle de bains. Avec le n°39 boulevard Aristide-Briand conçu en 1936 (voir dossier IA63002819), l'architecte développe le bâtiment par six travées et deux bow-window tout en conservant la rupture de symétrie grâce aux balcons à garde-corps incurvé et aux oculi de la travée d'extrémité droite. La répartition de l'espace revient cependant à davantage d'égalité (l'espace perdu en travée de droite est réattribué à l'appartement par l'inclusion de la pièce face à la cage d'escalier), égalité qui n'empêche l'aménagement de chambres de bonnes dans les combles.

La signature de l'architecte se trouve à l'extrémité occidentale de la façade.

  • Murs
    • pierre moellon crépi
  • Toits
    tuile
  • Étages
    rez-de-chaussée surélevé, 3 étages carrés
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Immeuble inscrit sur la liste des éléments identifiés au titre de patrimoine du PLUI Clermont-Auvergne-Métropole, juin 2024

Documents d'archives

  • AC Clermont-Ferrand. Série O : 1 O 224. Expropriations : boulevard Sud. Partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux : enquête parcellaire, déclaration d'utilité publique, état estimatif des terrains à acquérir, jugement d'expropriation, notifications, devis estimatif des travaux (plan d'alignement, plan parcellaire, plan du calcul des surfaces, plan des lieux après exécution des travaux : 1926). 1916-1928.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
  • AC Clermont-Ferrand. Série O : 1 O 38, n°171. Alignements : quartier des Ormeaux. 1925-1940. Suppression de la rue Roberval  prévue au plan d’extension et destinée à relier l’avenue de Boisséjour à la rue de Vallières. 1931.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 38
  • AC Clermont-Ferrand. 2074 W 122: 121. Lotissement Béal, boulevard Jean-Jaurès. 1933.

    AC Clermont-Ferrand : 2074 W 122
  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 631 22A. [Demande d'alignement immeuble, 55 boulevard Jean-Jaurès]. 23 décembre 1933.

    AC Clermont-Ferrand : O216 631 22A
  • AC Clermont-Ferrand, série O : 1 O 39, Alignements : quartier des Ormeaux (1934-1941). Voies nouvelles : Maréchal Lyautey et Barthou, 1933, 1934 – plan d’alignement : 1934

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 39
  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 1498 23A. [Demande d'alignement immeuble 104 boulevard Lavoisier]. 22 janvier 1936.

    AC Clermont-Ferrand : O216 1498 23A
  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 1509 24A. [Demande d'alignement immeuble, 57 boulevard Jean-Jaurès]. 29 décembre 1937.

    AC Clermont-Ferrand : O216 1509 24A
  • AC Clermont-Ferrand. Série O216 : 501 25A. [Demande d'alignement immeuble, 57 boulevard Jean-Jaurès]. 13 mars 1939.

    AC Clermont-Ferrand : O216 501 25A
  • AC Clermont-Ferrand. PC 063113 93 Y 0237. [Demande de construction maison, 4 rue Maréchal-Lyautey]. 09 Juillet 1993.

    AC Clermont-Ferrand : PC 063113 93 Y 0237
  • AC Clermont-Ferrand. PC 063113 96 Y 0277. [Demande de construction immeuble, rue Maréchal-Lyautey]. 05 septembre 1996. (non réalisé)

    AC Clermont-Ferrand : PC 063113 96 Y 0277
  • AC Clermont-Ferrand. PC 63113 05 Y 0204. [Demande implantation bâtiment provisoire, rue Maréchal-Lyautey]. 07 Juillet 2005.

    AC Clermont-Ferrand : PC 63113 05 Y 0204

Documents figurés

  • Plan du calcul des surface dressé en conformité du plan d'alignement approuvé par décision de la commission départementale en date du 18 octobre 1913, boulevard sud (partie comprise entre le Pont de Naud et le boulevard Duclaux, expropriation des immeubles ou parties d'immeuble, droits de toutes natures et servitudes diverses) / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine, Alignements. 0.002 pm. mars 1926. Dess. Extr de [liasse d'archives] "Expropriations: boulevard sud, 1921-1929", AC Clermont-Ferrand, série O : 1 O 224.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 224
  • [Plan du projet d'ouverture des rues Barthou et du Maréchal-Lyautey] / Mairie de Clermont-Ferrand, voirie urbaine, Alignements. 0.002 pm. août 1934. Dess. Extr de [liasse d'archives] " AC Clermont-Ferrand,1 O 1006, Alignements : Ouverture des rues Barthou et du Maréchal-Lyautey". tirage sur papier.

    AC Clermont-Ferrand : 1 O 85
  • [Boulevard Jean-Jaurès, de l'avenue Marx-Dormoy à la place Littré] / [Extrait d'une vue aérienne] IGN, mission n°73461, réf. CP09000342_09_073461. Résolution 28cm. 13 août 2009. Photogr. pos.

    IGN : CP09000342_09_073461

Annexes

  • Rue du Maréchal-Lyautey, courriers des habitants, 1933 et 1934
  • Délibération du 10 juillet 1934, rues Barthou et Maréchal-Lyautey
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
© Région Auvergne-Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel
Fougère Félicie
Fougère Félicie

Conservatrice du patrimoine. Responsable de l'unité Ressources du Service Patrimoines et Inventaire général de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Articulation des dossiers
Fait partie de