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Rue Centrale et Saint-Pierre, actuellement rue de Brest et rue Paul-Chenavard

Dossier IA69005968 réalisé en 2004

Fiche

Á rapprocher de

AppellationsCentrale et Saint-Pierre
Destinationsactuellement de Brest et Paul-Chenavard
Dénominationsrue
Aire d'étude et cantonLyon Saint-Nizier
AdresseCommune : Lyon 2e
Lieu-dit : Saint-Nizier
Adresse : rue de, Brest , rue de
Paul-Chenavard
Cadastre : 1999 AB non cadastré ; 1999 AT non cadastré ; 1999 AV non cadastré ; doma ne public

Morand est le premier, dans son plan de 1764, à proposer un percement semblable à la future rue Centrale parallèlement à la prolongation de la rue Grenette vers la Saône et le Rhône. Cette proposition d'axe nord sud reliant les Terreaux à la place Bellecour est régulièrement reprise ensuite : en 1806 par Louis Querville, en 1814 par Louis Benoît Coillet, voyer de la ville, en 1825 et 1827 par Dignoscyo. En 1845, la ville étudie sérieusement le projet et le confie par un traité du 17 mars 1846 aux architectes Benoît Poncet et Jean-Amédée Savoye, contrat approuvé par ordonnance royale le 6 décembre suivant. Dès 1845, Savoye exécute les premiers dessins (reprenant le tracé de Morand), puis s'associe à Poncet. Après la réalisation de la 1ère tranche, percement de la portion entre la place des Jacobins et la rue Basse-Grenette, les entrepreneurs devaient aborder la 2e entre les places Saint-Nizier et Saint-Pierre (Meissonier) : elle fait l'objet d'un traité le 18 février 1847, approuvé le 21 février de l'année suivante par ordonnance royale. En décembre 1847, Savoye se dissocie de Poncet qui assume seul les travaux. Après un arrêt dû à la Révolution de 1848, les travaux reprennent et la nouvelle voie est ouverte à la circulation le 15 juillet 1850. Cette percée a entraîné la prolongation de la Petite rue Longue (Pléney). 19 immeubles sont reconstruits, achevés en 1854 pour la plupart, dont 11 pour le compte personnel de Poncet qui aura du mal à les revendre. Les travaux se poursuivent par l'élargissement des anciennes voies intégrées au parcours de la nouvelle rue et plus précisément en reculant les immeubles du côté ouest : ceux de la rue Saint-Pierre sont reconstruits entre 1853 et 1856 ; un rapport du 28 décembre 1858 par l'ingénieur de la voirie Vermorel prévoie la reconstruction des immeubles à l'ouest de l'ancienne rue des Trois-Carreaux, les travaux sont réalisés de 1860 à 1863 ; ils sont suivis par ceux de l'ancienne rue Basse-Grenette, de 1860 à 1868 environ. Le n° 22 continuait à faire saillie sur la rue créant une chicane avec le n° 15, lui aussi en légère avancée. En 1890, la ville prévoit de les acquérir afin de les démolir. Il faudra attendre 1907 pour que le n° 22 soit mis à l'alignement, le 17 étant toujours debout.

Période(s)Principale : milieu 19e siècle
Dates1846, daté par source
Auteur(s)Auteur : Poncet Benoît architecte attribution par source
Auteur : Savoye Jean-Amédée architecte attribution par source
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • BARD, Joseph. "Bulletin monumental et liturgique", La Revue du Lyonnais, 1847, t. 25, Rue Centrale

    BARD, Joseph. "Bulletin monumental et liturgique", La Revue du Lyonnais, 1847, t. 25, p. 415

    Rue Centrale

    Malgré les rêves d'or qui président au percement de cette voie, et font croire à beaucoup de nos frères qu'elle sera un lit somptueux où le Pactole coulera à pleins flots, je suis, moi, je l'avoue, un ami froid de la rue Centrale. D'abord, je vois avec peine qu'on va porter un coup mortel à cette vieille rue Mercière, centre de l'ancienne librairie lyonnaise, symbole de la cité lyonnaise, cousue de ces servitudes qui rappelaient les mœurs fraternelles et confiantes du moyen-âge, percée de ces obscures et froides allées qui ont quelque analogie avec les catacombes de Rome. - La rue Mercière, c'était essentiellement pour moi le Lyon de la fin du moyen-âge, se résumant dans sa paroisse commune de Saint-Nizier - La grand'rue Mercière devenue un désert, je ne comprendrai plus ses souvenirs, je ne retrouverai plus ces vieilles boutiques à l'enseigne faisant image et nos chères traditions du XVIe siècle. Toutefois, il faut ouvrir la place aux idées du siècle, et le siècle vient faire la plus large trouée qui ait jamais été conçue au cœur du vieux Lyon. Les démolitions dans les pâtés des maisons entre les rues Tupin, Ferrandière, Thomassin, se poursuivent sans relâche. Nous aurons sans doute une rue large, pleine d'air et de lumière, splendidement bâtie (...)

  • BARD, Joseph. "Bulletin monumental et liturgique", La Revue du Lyonnais, 1848, t. 27, Rue Centrale

    BARD, Joseph. "Bulletin monumental et liturgique", La Revue du Lyonnais, 1848, t. 27, p. 348-349

    Rue centrale

    Jamais, certainement, on n'a plus remué la pierre à Lyon que dans la campagne 1847-48. La rue Centrale que j'ai vu, les larmes aux yeux ,conspirer contre l'antique rue Mercière, aux symboliques enseignes, aux vieilles maisons historiques, via mercatoria, la rue des imprimeurs, des libraires et des bibliophiles lyonnais des trois derniers siècles, la rue Centrale est à peu près achevée. Chaque maison de cette grande voie de circulation lyonnaise est belle d'exécution ; toute cette rue respire un air de magnificence et de pompe ; mais elle offre un grand défaut, elle est beaucoup trop étroite. On ne peut rien faire de grand à Lyon, sans laisser passer le bout de l'oreille, c'est-à-dire sans lésiner sur quelque point. - J'ai eu beau m'élever contre l'ignoble mansarde et le toit vertical qui lui sert de façade, la cupidité des propriétaires, d'accord avec le mauvais goût de certains architectes, résiste avec une obstination coupable au point de vue de l'art. Parmi les maisons remarquables de la rue Centrale, citons surtout celle qui ferme la galerie de l'Argue et les deux suivantes.

  • BARD, Joseph. "XIIIe bulletin monumental et liturgique de la ville de Lyon (fin)", Revue du Lyonnais, 1851, t. 2

    BARD, Joseph. "XIIIe bulletin monumental et liturgique de la ville de Lyon (fin)", Revue du Lyonnais, 1851, t. 2, p. 109-111

    Petite voirie

    Il s'opère en ce moment dans l'ichnographie, c'est-à-dire dans le plan de la ville de Lyon, le même mouvement que l'on vit de 1824 à 1830 s'emparer de Paris, et qui recommença de 1840 à 1848, dans la première capitale. Les idées nouvelles heurtent depuis trois ou quatre ans notre vieille métropole lyonnaise, avec une violence, que ne parvient plus à comprimer l'esprit guelphe et communal, l'horreur des innovations et des changements brusques qui règne parmi nous. Il est vrai que la spéculation privée des architectes et des entrepreneurs a presque seule déterminé les rapides métamorphoses dont nous sommes témoins, métamorphoses que l'esprit public lyonnais n'invoquait pas, quoi qu'en puissent dire les frénétiques amis de la nouveauté. C'est ici toute une révolution de rues, un changement d'aspect absolu, au centre de la cité : Lyon a fait peau nouvelle, il est méconnaissable. Et pendant que ma vénérable rue Mercière, la rue littéraire et historique par excellence; la rue des J.-B. Girin, des Antoine Boudet, des Tournachon-Molin, des Perisse majores, etc., se meurt de chagrin et de délaissement, sa fière rivale poursuit sa marche triomphale dans la région la plus homogène, la plus compacte de la ville, brisant toutes les résistances, pulvérisant tous les obstacles. Que deviendra, je le demande encore, ce boyau continu des petite et grande rues Mercière, via mercatoria des bibliopoles, imprimeurs et bouquinistes lyonnais des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, parallèles à la rue Centrale ? - Ah ! oui, j’ai pleuré, et pleure amèrement encore en songeant à tant de prospérité à droite et à tant d'infortune, tant d'oubli à gauche. Les rues Mercière me rendront cette justice, c'est que j'ai plaidé leur cause avec chaleur, foi, persévérance. Si nous avons succombé, assurément ce n'est pas sans avoir lutté contre la mort. Les locataires et propriétaires de ces rues ont un moyen de ramener le public dans leur sein. Je l'ai indiqué en 1849, dans le Courrier de Lyon. Que dans cette région lyonnaise se réunissent exclusivement les grosses industries spéciales, qui n'ont besoin ni du fracas des boutiques, ni du charlatanisme des devantures. On sera bien forcé d'aller les chercher là où elles seront. - Mais parlons de la rue Centrale.

    Lyon, vraiment,est aujourd’hui comme un jeune homme qui aborde un ordre d'idées avec d'autant plus d'impétuosité, qu'il n'y était pas préparé, et, du jour de son émancipation, ne connaît plus de frein, plus de limites. Qui aurait préjugé, il y a dix ans seulement, qu'une large et hardie trouée unirait, en ligne presque directe, Bellecour aux Terreaux ? Ce n'est qu'à la fin de 1849 que la maison des Quatre Tournelles, place Saint-Nizier, s'est ébranlée, et bientôt en décembre de la même année, les démolitions continuaient du côté de la portion courbe de la rue Saint-Côme, qu'elles ne tardèrent pas à entamer, en absorbant tout le flanc oriental de la région droite de cette rue, dans l'axe de la rue Sainte-Marie-des-Terreaux.

    Et on appelle tout ce tumulte d'alignements inconnus, tous ces changements de décoration à vue, embellissement, assainissement, magnificence. Oui, l'air et la lumière inonderont la rue Centrale : mais, dans nos villes méridionales, les rues larges offrent le grand inconvénient d'être exposées sans défense aux bourrasques de l'arrière-saison et aux ardent rayons du soleil d'été.

    Ces grandes voies droites sont commodes, belles mêmes, mais monotones et froides. Et à quel prix les obtenons-nous, au prix du caractère historique de la cité, de ses mœurs conservées, de son type, de son esprit public, de sa nationalité. Oui, encore un coup, la civilisation coulera à pleins bords dans cette rue ; mais je crains bien, moi, que ...

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Lyon : 922 WP 19. Elargissement des anciennes rues des Trois-Carreaux et Basse-Grenette, 1858-1890

    AC Lyon : 922 WP 19
Documents figurés
  • [La rue Paul-Chenavard vue depuis la place Saint-Nizier] / Louis Froissart (?). 1856. 1 photogr. pos. : tirage. Fait partie d'un album de 61 photographies de Lyon en 1856. Négatif sur verre aux AM Lyon sous la cote 3 Ph 602 (Musée Gadagne : [9] 38.89.32)

  • [La rue Paul-Chenavard vue depuis la rue Major-Martin vers la place des Terreaux] / [Louis Froissart (?)). [ca 1855]. 1 photogr. nég. : sur verre ; 24,7x 31,9 cm (AM Lyon : 3 Ph 611)

  • Place Saint-Nizier, angle sud-est / [Louis Froissart]. 1856. 1 photogr. pos. : tirage. Fait partie d'un album de 61 photographies de Lyon en 1856. Un négatif sur verre est conservé aux AM Lyon sous la cote 3 Ph 442 (Musée Gadagne : [9] 38.89.31)

  • Lyon. La rue Centrale [vue prise au niveau de la rue Dubois vers la place Saint-Nizier]. 1910. 1 impr. photoméc. : carte postale couleur (AM Lyon : CP 1335)

  • Lyon. Rue Centrale. Une des Flèches de l'Eglise [vue prise au niveau de la rue Dubois vers la place Saint-Nizier]. 1910. 1 impr. photoméc. : carte postale (AM Lyon : CP 1336)

Bibliographie
  • BERTIN, D. Les transformations de Lyon sous le préfet Vaïsse : étude de la régénération du centre de la presqu'île. Lyon : s.n., 1987. 3 vol. multigr. : 502 p.-56 pl.-201 ill.Th. doct. : Lyon 2 : 1987

    p. 46-60
  • BOITEL, Léon. Chronique. Projet de la rue Impériale et divers autres travaux extraodinaires. Revue du Lyonnais, 1854, nouvelle série t. 8

    p. 93
  • GAUTHIEZ, Bernard. Lyon, entre Bellecour et Terreaux. Urbanisme et architecture au XIXe siècle. Lyon : Editions lyonnaises d'Art et d'Histoire, 1999. 132 p. : ill.-plans ; 22 cm (Vues de quartiers)

    p. 42-47
  • TISSEUR, Clair. Benoît Poncet et sa part dans les grands travaux publics de Lyon. Annales de la société académique d'architecture de Lyon, 1881-1882, t. 7

    p. 111-117
  • ZANDER, Anne. La rue Mercière à Lyon, histoire d'une rue. [Lyon] : [s.n.], 1992. 2 vol. 105 p. multigr.-80 f. de pl. : ill., plans ; 30 cm. Mem. Maîtrise : Institut d'histoire de l'art : Lyon 2 : 1992

    vol. 1, p. 38 ; vol. 2, pl. 35-37 Région Auvergne-Rhône-Alpes, SRI, site de Lyon : HA1 ZAN
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