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Secteur d'étude du 4ème arrondissement de Lyon. Études urbaines du 4e arrondissement : les immeubles-ateliers vecteur du développement urbain du Plateau de la Croix-Rousse.

Dossier IA69001355 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Dénominationsimmeuble à logements, atelier
Aire d'étude et cantonLyon patrimoine industriel - Lyon
AdresseCommune : Lyon 4e
Lieu-dit : Croix-Rousse
Adresse : rue, Dumenge, rue, Pailleron, rue, Belfort, rue du
Mail
Cadastre : 1999 AX ; 1999 AW

Grâce à l’essor de la spéculation et au développement de l’industrie de la soie au début du siècle, c’est une nouvelle ville qui s’élève sur le Plateau de la Croix-Rousse. Les tisseurs et leurs familles se déplacent sur le Plateau où les terrains vierges sont rapidement investis par des propriétaires privés qui y construisent de hauts immeubles destinés au travail alors que la ville de Lyon ne peut offrir d’aussi vastes terres disponibles et surtout prêtes à bâtir immédiatement. La création de ce nouveau type d’architecture va de paire avec une certaine logique d’urbanisation. Ce sont en effet une majorité de propriétaires privés qui ouvrent des rues et mettent en place des lotissements dans lesquels s'élèvent les immeubles-ateliers. L’activité de la soierie a profondément marqué la Croix-Rousse et son paysage architectural, si bien que le travail effectué dans les ateliers se lit encore sur les façades et dans les immeubles où habitat et production n’étaient pas séparés.

Le Plateau de la Croix-Rousse et notamment le secteur oriental connaît une urbanisation spontanée dès le début du XIXe siècle qui s’exprime par le passage d’une Croix-Rousse agricole à une Croix-Rousse laborieuse. Les terrains les plus à l’est sont les premiers à être percés et bâtis tandis que le secteur occidental conserve son caractère rural des siècles précédents. Le centre du Plateau regroupe quant à lui des terrains agricoles où jardiniers et viticulteurs prospèrent tout au long de l’époque moderne jusqu’au deuxième quart du XIXe siècle. Une description du Plateau donnée en 1826 lors d’une réunion du Conseil Municipal de la Croix-Rousse offre une image précise du territoire en pleine urbanisation, et des changements qui s’y opèrent : « depuis onze ans environ, la commune de la Croix-Rousse autrefois peuplée de cultivateurs et de quelques artisans, distribuée pour des jardins et des maisons de plaisance la plupart occupées durant la belle saison seulement par les habitants aisés d’une grande ville voisine, a vu s’élever au milieu d’elle de vastes bâtiments où accouraient aussitôt une nombreuse population d’ouvriers en soie des fabriques de Lyon, jusqu’à présent les constructions n’ont pas été achevées, qu’on y ait au même instant aperçu des habitants empressés de s’y loger. Le fâcheux état du commerce semble avoir cette année ralenti cet empressement mais n’a point empêché l’accroissement de la population reconnue à plus d’un indice. Plusieurs quartiers distribués par de nouvelles rues se sont formés sur un sol où venaient d’être cultivés des arbres et des fleurs. A ce changement la propriété de quelques uns a perdu en agrément, toutes ont gagné en valeur »1.

I. Le Plateau de la Croix-Rousse à la fin du XVIIIe siècle

La Croix-Rousse « ne fut pendant de longs siècles qu’un plateau de champs cultivés aux molles ondulations dont les bords dévalaient sur trois côtés par des pentes raides, au midi vers la ville de Lyon, à l’est et à l’ouest vers le Rhône et la Saône »2. A l’aube du XIXe siècle, le centre du Plateau est occupé par des jardiniers, l’est et l’ouest par des vignes et des terres cultivées, tandis que les quais du Rhône et de la Saône s’aménagent progressivement comme le présente le plan de 1799 dressé par Villionne3. Seules quelques auberges, hôtelleries et propriétés bourgeoises constituent le bâti du Plateau. Les constructions se regroupent principalement autour de la Grande-Rue de la Croix-Rousse dans un parcellaire très serré. La Grande-Rue est une voie de communication entre Lyon et les régions voisines et il y a donc beaucoup de commerce et d’artisanat liés à la clientèle de passage (auberge, maréchaux-ferrants…). C’est aussi la seule rue commerçante du Plateau à cette époque. Au-delà, les propriétaires n’ont pas divisé et vendu leurs terres pour les faire bâtir, bien qu’ils aient certainement pu les vendre comme l’ont fait leurs voisins. L’espace entre la Grande-Rue de la Croix-Rousse et le Chemin du Chapeau-Rouge correspond pendant l’époque moderne au territoire de Pierrebrune4. C’est un grand territoire de cultures où peu de constructions sont présentes du XIVe siècle à la fin du XVIIIe siècle hormis la première hôtellerie du Plateau : l’hôtellerie du Chariot d’or attestée dès 1493 et située à l’angle de la Grande-Rue et de la future rue du Chariot d’or. Au XIVe siècle, seulement quatre propriétaires se partagent le territoire qui est alors une grande terre de cultures de froment et de seigle. Vers la fin du XVe siècle, la famille Paquelet constitue un grand domaine5. En 1550, quelques maisons bordent la rue au nord du Chariot d’or. Le morcellement de la propriété commence vers 1555 lorsque Marie du Peyrat, veuve de Pierre Paquelet, vend les terres qui lui sont échues en partage à la mort de son mari. Les constructions sont de plus en plus nombreuses au nord du territoire, au sud de la rue Janin actuelle. Au XVIIe siècle, le territoire a l’aspect qu’il conserve jusqu’à la Révolution : « des remparts jusqu’au Chariot d’or pas de maison ; la campagne commence immédiatement après la porte, édifiée dans le flanc de la demi-lune, et le glacis ; sur la grande basse (près de trente) pressées les unes sur les autres, dont beaucoup ont subsisté jusqu’à nos jours, aux enseignes quelquefois pittoresques, habitées par de petits commerçants ; derrière le rideau de maisons, à trente mètres seulement de la rue ; trois grandes propriétés ayant leur entrée sur le chemin des Gloriettes »6. A la fin du XVIIIe siècle, le territoire de Pierrebrune est divisé en quatre grandes propriétés et une vingtaine de constructions longent la Grande-Rue.

Le Plateau demeure ainsi très rural jusqu’aux années 1810 et l’urbanisation qui se profile va être très inégale. Dès 1808, l’est de la Grande-Rue de la Croix-Rousse devient le centre d’intérêt des particuliers et des lotissements sont créés pour répondre aux besoins qu’exprime le renouveau de l’industrie de la soie à Lyon. Contre tout attente, le secteur connaît une métamorphose rapide grâce à un nombre restreint de particuliers qui savent tirer profit des avantages de la Croix-Rousse et de l’activité économique de la ville de Lyon. Ce phénomène n’est pas propre au Plateau puisque les Pentes de la Croix-Rousse appartenant à la ville de Lyon s’urbanisent elles aussi spontanément et accueillent de nouveaux immeubles destinés au travail durant la même période. Plusieurs facteurs donnent « à la colline un rôle économique privilégié » et en font « un pôle attractif. Certains tiennent aux conditions naturelles revalorisées, d’autres aux modifications récentes liées au bouleversement foncier né de la Révolution, d’autres encore à la résurrection économique de la soierie après une période de troubles »7. Le Plateau de la Croix-Rousse offre un terrain plat, ne présente aucun problème d’aménagement de prime abord et l’air y est plus sain. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, la ville de Lyon engage des opérations d’extension pour sortir du cœur historique de la ville qui "étouffe". Notamment sur la rive gauche du Rhône, mais le secteur n’est pas encore constructible en ce début du siècle en raison des contraintes liées au fleuve Rhône et aux risques récurrents d’inondation qui retardent les travaux. Il faut attendre la mise en place de digues. Du côté du confluent, la compagnie Perrache connaît elle aussi des problèmes et l’ouest de Bellecour est quant à lui trop éloigné du quartier des Terreaux qui regroupe les marchands fabricants et bientôt la Condition des Soies. Il est donc plus logique de s’installer près du centre des affaires. Face à ces contraintes et à grâce à sa géographie, le Plateau est le lieu adéquat pour une extension de la ville. Le renouveau de la soierie débute dès le début du XIXe siècle et dure jusqu’aux années 1860 environ. « Au début du XIXe siècle, la soierie opèrera un prompt rétablissement dont les effets bénéfiques se feront sentir à Lyon pendant plus d’un demi siècle »8. Les soieries réalisées à Lyon recouvrent le marché français, s’exportent à l’étranger et le nombre de métiers augmente. Le renouveau de la soierie lyonnaise est due à plusieurs facteurs. Un plan est mis en place pour reconquérir les marchés et redorer l’image lyonnaise. En 1801, on interdit l’exportation et l’importation de tissus. Napoléon Bonaparte joue un rôle important en imposant le port de soieries à son entourage, « à certains hauts fonctionnaires et aux cours des pays conquis »9 et demande l’utilisation des soieries pour le mobilier national. Il développe au sein des cours européennes une mode et un goût pour la Fabrique lyonnaise. En parallèle, de nouvelles techniques apparaissent et assurent le bon rétablissement de la soierie. Joseph Marie Jacquard (1752-1834) perfectionna le tissage au début du XIXe siècle en remplaçant le tireur de lacs par une mécanique qui sélectionnait elle-même les fils d’arcades pour soulever les fils de chaîne. En 1840, Louis-René Villermé écrit qu' « On doit encore à Jacquart une heureuse modification apportée à l’habitation des ouvriers : la hauteur de son métier force les propriétaires et constructeurs de maisons, d’espacer beaucoup les planchers, et par conséquent de donner abondamment de l’air et de la lumière dans l’intérieur des logements » (Villermé Louis-René, Tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie, 1840, p. 370).

II. Une urbanisation rapide à l’est du Plateau au cours de la première moitié du XIXe siècle

Secteur 1 - 2013 : entre la rue Dumenge, la rue du Mail, la rue Pailleron et la rue de Belfort

Le renouveau de la soierie engendre « une forte demande locative »10 et en quelques décennies, l’ancien territoire de Pierrebrune est complètement urbanisé. Quelques propriétaires privés se partagent les terres et engagent tour à tour des percements de rues et vendent leurs terrains afin qu’ils soient bâtis. Entre la Grande-Rue de la Croix-Rousse et le chemin du Chapeau Rouge se met en place un quadrillage plus ou moins régulier formé de rues perpendiculaires aux deux voies ouest et est. Du sud au nord, quatre propriétaires se partagent le territoire : Dumenge, Perrin, Gigodot et Pailleron. Entre 1812 et 1842, ils donnent au quartier une physionomie encore visible aujourd’hui. Dans le cadre d’un lotissement, le propriétaire se réserve en général une parcelle pour lui. Les autres sont vendues une à une avant ou après le percement des rues et en fonction de la demande. Le lotisseur vend à des particuliers, parfois regroupés en association. Les parcelles créées au début du XIXe siècle sont juxtaposées les unes à côté des autres, perpendiculaires à la rue et généralement plus longues que larges. Elles sont différentes des parcelles en lanière de l’époque moderne que l’on peut rencontrer sur la Grande-Rue de la Croix-Rousse.

1. Le clos Dumenge

C’est Pierre Gabriel Dumenge qui ouvre un premier lotissement dans le clos qu’il possède au sud du territoire. A la mort de sa mère en 1809, le propriétaire rentier Dumenge hérite de deux clos détenus avant la Révolution par Ange Bietrix, soyeux et syndic du commerce de Lyon. Le tènement appartient à la famille Dumenge depuis 1791 et n’est encore constitué que de vignes11. L’un est composé de bâtiments et de vignes (1.9 ha) entre le chemin du Chapeau-Rouge et la petite rue des Gloriettes. Il est cédé aux religieuses de la Visitation vers 1814. Celui qui est conservé comprend des vignes (2.32 ha) et est délimité à l’ouest par le début de la Grande-Rue, au nord par l’ancien lotissement d’Ysabeau Marlhet (1663-1670) et une propriété étendue et au sud par le chemin dit rue des Fossés bordant la demi-lune Saint-Sébastien12. Le terrain étant attenant à la place de la Croix-Rousse, le propriétaire ouvre le mur de son clos qui touche une boutasse sur la place13. La commune a toujours été propriétaire de cette eau en cas d'incendie mais avec le trou, la boutasse est désormais asséchée. Dumenge désire combler la marre et il demande alors l'autorisation d'ouvrir une porte charretière en face du chemin au devant des maisons bâties sur le fossé. Il demande également l’alignement de deux lots bordant la rue des Fossés et il ouvre un étroit passage (2 mètres de large, 40 mètres de long) longeant le mur nord du clos pour vendre les terrains situés en arrière des précédents et faciliter l’accès par la Grande-Rue : c’est la rue Barrée. La première opération lancée par Dumenge est le morcellement des terrains hérités et riverains de la Grande Rue en neuf parcelles d’une profondeur égale à celle de l’ancien lotissement septentrional. D’après les registres d’hypothèques et les transcriptions d’actes14, Dumenge vend des terrains et des bâtiments entre 1810 et 1827 à différents acheteurs. La majorité de ces acheteurs sont appelés fabricants et vivent à la Croix-Rousse ou à Lyon. Après la vente des terrains les plus à l’ouest, le propriétaire vend tous les terrains situés dans son clos et il fait construire deux maisons à chaque extrémité est et ouest de la future rue Dumenge qu’il loue. Il n’y vit certainement jamais puisqu’il possède une maison sur la place de la Croix-Rousse. En décembre 1812, il s’engage à ouvrir « pour rester à perpétuité du midi au nord, une rue de 6,85 m de large entre le terrain vendu et ceux qui lui restent à l'orient. Cette rue prendra sa naissance à l'angle méridional et oriental du grand bâtiment de M. Dumenge et se prolongera en droite ligne en bordant le terrain aliéné jusqu'au mur du clos de la dame Mermet et à partir de ce point, elle fera retour en suivant de l'orient à l'occident jusqu'à la grande rue du faubourg ; cette dernière partie depuis l'angle oriental et septentrional du terrain aliéné, n'aura qu'une largeur de 2,83 m. La Grande Rue au matin sera parallèle à la Grande Rue du faubourg et à celle du Chapeau-Rouge, elle ne pourra jamais être supprimée ni interceptée, il en sera de même du passage qui aboutira en droite ligne de cette rue, à celle du faubourg »15. La rue est large de 8,56 m, longue de 100 m et elle relie les deux passages ouverts plus tôt : c’est la rue du Mail. La volonté étant annoncée en décembre 1812, le percement du début de la rue peut être daté de l’année1813. En mars 1815, Dumenge propose de créer une rue qui aboutira au chemin du Chapeau Rouge et sera perpendiculaire à la rue du Mail16 déjà existante. Elle portera le nom de « rue Dumenge »17. En décembre de la même année, Dumenge vend le rez-de-chaussée d’une maison formant l’angle d’une rue projetée sous le nom de Grande Rue Dumenge avec une autre sous celui de Petite Rue Dumenge. Il semble être question des actuelles rue Dumenge et du Pavillon, la dernière étant plus étroite que la rue Dumenge. Dans un enregistrement du 13 juillet 1816, nous apprenons que « le sieur Dumenge se propose d’ouvrir une rue qui tendra de la Grande-Rue Dumenge à celle des Boulevards, il demeure convenu entre les parties qu’il fera tiré d’ici au trente du courant au plus tard, une ligne directe et d’équerre, à partir de l’angle du côté du midi et la partie de terrain présentement vendue pour aboutir à la Grande-Rue Dumenge ».18 Il est probable qu’il s’agisse de l’actuelle rue du Pavillon. Le premier percement perpendiculaire à la Grande-Rue, la rue Dumenge, a une longueur de 13 mètres et une largeur de 10 mètres. La rue du Pavillon est plus étroite : 6 mètres. Les rues ouvertes se raccordant à la voie publique deviennent propriété communale et en 1817, un arrêté municipal prévoit que « toutes les rues ouvertes dans une commune appartenant de ce seul fait à la voirie, l’administration seule a le droit de les dénommer »19. Mais Dumenge proteste et il demande l’autorisation de donner son nom à la « plus belle des rues ouvertes ». Il a gain de cause à condition que la rue ait 10 mètres de large, d’où le contraste avec sa longueur. Le 4 juillet 1817, Dumenge adresse une lettre au maire où il explique qu’il a fait ouvrir trois rues dans sa propriété et que les constructions commencent à être nombreuses. Il est donc indispensable pour faciliter les habitants d’y faire inscrire les noms qu’il a donnés sur les contrats de vente. La première a été appelée « rue Alphonse » du nom de son fils, la grande « Dumenge » (dont le nom ne peut être discuté, puisqu’il est le propriétaire et le fondateur des maisons qui commencent les deux extrémités) et la troisième, il désirerait l’appeler Dugas, nom « qui honore notre commune par votre [le Maire] mérite et qui laisserait à notre mémoire le souvenir des bienfaits que votre sage administration nous prouve »20. Quelques jours plus tard, il fait poser des plaques sans autorisation et renvoi une lettre le 27 juillet 1817 où il demande qu’on donne son nom à une rue car il a embelli la ville et offert des terrains. Le préfet accepte et les rues ouvertes par Dumenge sont appelées rue du Mail, rue Dumenge, rue du Pavillon et rue Barrée21. En 1840 Dard et Paris, les propriétaires des terrains situés à l’est de la rue du Chapeau Rouge, poursuivent obliquement la rue Dumenge avec 9 mètres de large jusqu’à l’intersection avec la rue Célu, elle-même prolongée. Les religieuses de la Visitation et du Saint-Sacrement empêchent pendant longtemps le prolongement de certaines rues à l’est de la rue du Chapeau-Rouge. Seule la rue Dumenge est prolongée, mais sans suivre les indications du voyer22. Ce dernier voulait que la rue Dumenge soit prolongée en suivant le même axe jusqu’à la petite rue des Gloriettes avec une largeur de 10 mètres. Mais cela ferait perdre au moins trois parcelles constructibles aux propriétaires. À la vue des contraintes de l’architecte voyer, Dard et Paris décident d’abandonner leur projet et de destiner leurs terrains à tout autre chose. La municipalité cède et accepte le prolongement oblique de la rue Dumenge plutôt qu’une rue Dumenge se terminant à la rue du Chapeau Rouge.

2. Le clos Perrin dit du Chariot d’or

Suite au succès de son voisin, François Perrin décide lui aussi d’ouvrir des rues dans son clos. Avec l’aide de l’architecte en chef Chenavard, il propose un projet pour son clos. L’architecte dresse en 1825 un plan d’ouverture qui est rapidement adopté par le conseil municipal et le préfet. Le clos se situe au nord du clos Dumenge là où se situait l’auberge du Chariot d’or durant l’époque moderne. « Comme les deux clos voisins qui l’encadrent, il a traversé la période précitée et la Révolution sans dommage »23. Ce clos a été divisé en 1812 par les deux héritières Vernier et la dernière légataire a vendu son bien à Perrin en 1824. Le propriétaire décide alors de prolonger la rue du Mail ouverte en 1813 par Dumenge et lui donne 10 mètres de large, elle est donc actuellement toujours plus étroite en son début. Le mur séparant les deux clos est démoli et remplacé par une rue est-ouest reliant la rue du Chapeau Rouge à la rue Barrée : c’est la rue Henri IV24. Il perce également la rue du Chariot d’or qui relie la rue du Chapeau Rouge au passage de la maison de la Fleur de lis. Une troisième rue, rue de la Visitation25, parallèle aux deux autres est ouverte au nord mais s’arrête à la rue du Mail26. Les percements peuvent être datés d’entre 1825 et 1829. En 1829, dans une correspondance, nous apprenons que Perrin « conçut le dessein de former un quartier neuf, au moyen de l’ouverture de rues aboutissant à celle du Chapeau

Rouge […] les rues ont été ouvertes, des parcelles de terrain ont été vendues et revendues à plusieurs entrepreneurs, et des constructions établies »27. Il demande d’ailleurs une indemnité pour les constructions qui se sont construites sur les terrains qu’il a vendus. En effet, dans une lettre du secrétaire général sous préfet au maire de la Croix-Rousse le 29 juin 1829, on apprend que Perrin a élevé plusieurs constructions en 1824 et 182528. En 1829, les rues sont percées mais des demandes d’alignements de 1826, 1827 et 1828 nous apprennent que la rue du Chariot d’or n’existe pas encore. Un plan du clos en 1829 présente les rues projetées et non percées. Ainsi, il est difficile de dater précisément les percements même s’il est vraisemblablement certain que les trois rues étaient percées à la fin de l’année 182929. Toutes les rues de Perrin font 10 mètres de large. En 1829, le conseil municipal interdit toute construction en face du couvent de la Visitation situé à l’est de la rue du Chapeau Rouge et on créé une place (Visitation, puis Belfort et actuellement Bertone) face au cloître. Il s’agit de la « seule place digne de ce nom réalisée dans l’est croix-roussien durant cette période »30 et la seule du secteur dont il est question. Les prolongements des rues du Chariot d’or et Henri IV sont réalisés en 1845 bien que les projets soient adoptés en 1840 et 1841. Il faut attendre quelques années pour acquérir les terrains et les maisons situés sur les prolongements31. La rue de la Visitation n’est pas prolongée car la municipalité considère qu’il y a déjà assez de rues reliant la Grande-Rue et la rue du Chapeau-Rouge. Une construction est donc autorisée sur le prolongement non réalisé.

3. Le clos Pailleron

En 1835, le propriétaire Pailleron dépose un plan d’ouverture dans sa propriété au nord du clos Perrin. Son plan suit deux axes orthogonaux : « l’un méridien poursuivant la rue du Mail (10 m de large) jusqu’à son intersection avec l’autre, à établir entre la rue du Chapeau Rouge à l’est, et la rue Saint-Denis à l’ouest de la Grande-Rue »32. Pour la rue est-ouest, il propose10 m mais la municipalité demande 8,56 m car la maison Laforêt empiète sur l’extrémité ouest de la future rue Pailleron. On évite donc l’expropriation forcée. Toutefois Pailleron offre 2000 F pour la maison et les propriétaires des immeubles de la rue Pailleron offrent 9000 F mais la municipalité refuse de financer le reste, préférant s’occuper du raccordement de la rue du Chariot d’or à la Grande-Rue « où l’intérêt du conseiller Peysselon est en jeu »33 puisque le prolongement traverse ses terrains. Le 18 octobre 1837, les mariés Guillaume Pailleron et Marie-Anne Rimbourg offrent deux rues. L’une des deux forme le prolongement direct de la rue du Mail (10 mètres de large) et l’autre forme le prolongement en ligne directe de la rue Saint-Denis depuis la Grande-Rue jusqu’à la rue du Chapeau Rouge (10 mètres de large)34. Le projet est visible sur le plan général de 1835. Comme ses deux prédécesseurs, Pailleron morcelle ses terres et vend les terrains à bâtir progressivement. La rue Pailleron est prolongée à l’est de la rue du Chapeau Rouge en 1889, en même temps qu’est créée la place du commandant Arnaud au devant du groupe scolaire construite quelques années auparavant. La place permet de mettre en valeur la façade de l’école et la municipalité décide de profiter de ces travaux pour prolonger la rue Pailleron.

4. Le clos Gigodot

Le dernier propriétaire à engager une ouverture de rue est René Gigodot. En janvier 1842 le propriétaire rentier, domicilié au n°5 rue du Chariot d’or, propose à la municipalité croix-roussienne d’ouvrir une impasse de 13,60 m de large sur un terrain qu’il possède le long de la rue du Chapeau Rouge entre la place de la Visitation et le passage Lamure. Il s’agit d’une transversale parallèle à la rue de la Visitation et située 50 mètres au nord35. Il projette par ailleurs de faire don à la ville d’une partie du terrain et d’une parcelle de deux mètres de largeur le long de la propriété voisine appartenant à Lamure36. Les constructions qu’il projette feront 17,50 m de hauteur. Parallèlement, le propriétaire voisin obtient l’alignement pour un immeuble sur le tracé projeté par Gigodot et l’impasse ne pourra ainsi faire que 30 mètres de long. A cette date, aucun propriétaire ne peut créer de nouveau quartier ou ouvrir des rues dans un clos situé dans la ville sans autorisation. Gigodot doit donc attendre l’avis positif de la municipalité. Seulement, la création d’une impasse ne présente aucun avantage pour la commune et le conseil décide de rejeter le projet. Gigodot doit donc déposer une demande d’alignement sur la rue du Chapeau Rouge pour élever les constructions qu’il souhaite. Le 1er février, dans un rapport adressé au maire de la Croix-Rousse, Gigodot présente un plan de l’impasse avec les constructions projetées37. A cette date, Gigodot a déjà fait élever le bâtiment central. Le plan présente deux corps de bâtiments doubles séparés entre eux par une impasse de 13,60

mètres de large sur 34 mètres de profondeur. L’impasse se termine par la maison qu’a fait construire Gigodot et qui forme avec les deux bâtiments à créer un aspect régulier. L’alignement qu’il doit suivre est une ligne droite partant de l’angle nord est de la place de la Visitation et aboutissant à l’angle sud est de la rue Pailleron. Pour l’intérieur du clos et donc l’impasse, Gigodot doit suivre un nivellement en pente jusqu’au niveau de la rue du Chapeau Rouge. L’immeuble fermant l’impasse est décrit comme « une maison semblable à toutes celles qui se bâtissent à la Croix-Rousse, c’est-à-dire pour la louer à des ouvriers en soie et l’on sait que dans tous les ateliers de ces ouvriers, il faut avant tout de beaux jours »38. En 1843, Gigodot offre comme prévu de céder gratuitement à la commune une partie de son terrain pour l’élargissement de la rue du Chapeau Rouge que la municipalité souhaite élargir à 10 mètres. Dans un rapport des experts François-Régis Bourdet et Joseph Forest, il est expliqué que l’élargissement de la rue du Chapeau Rouge se fait presque entièrement sur le côté ouest de la rue et donc sur les terrains de Gigodot. De ce fait, le propriétaire a été obligé

de sacrifier une partie de son terrain en faveur de la voie publique. Mais selon le deuxième expert, « il est bien certain que le sieur Gigodot en se reculant en a procuré de beaux [jours] à sa maison et qu’il lui a ainsi donné une plus value considérable dont une partie doit être déduite de la valeur du terrain »39. L’espace de 59,14 m² cédé à la ville pour l’élargissement fait 9,65 m de profondeur et 16,66 m de large. L’indemnité due au propriétaire est estimée à 798,39 francs. Le rapport a été approuvé le 28 mars 1843 par le conseil municipal et la session enregistrée le 21 juillet 184340. Les immeubles d’angle de l’impasse sont, d’après les matrices cadastrales, construits entre 1844 et 184641.

5. Prolongements

En 1856 est présenté un projet d’ouverture de rues dans le clos de la Visitation. Le quartier doit être traversé dans toute sa longueur par la rue Dumont d’Urville avec une largeur de 21 mètres. Le 20 août 185642, la préfecture présente un plan d’alignement de la partie comprise entre la rue du Sentier, la rue des Gloriettes, la rue du Chapeau Rouge et la petite rue des Gloriettes. Il s’agit d’un clos avoisinant les quartiers habités et il est nécessaire de préparer un plan d’ensemble complètement étudié pour « assurer le développement de la ville dans des conditions de salubrité et d’architecture convenables ». On renonce à conserver les jardins, car la spéculation est trop forte, bien qu’« il eut été sans doute désirable que cette partie de terrain lyonnais restât ce qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire couverte de jardins et de verdure : l’ouest serait plus satisfait et l’hygiène publique en retirerait aussi plus d’avantages, mais il n’est pas en notre pouvoir d’enchaîner la spéculation ». Le tracé des rues projetées a été fait en vue de satisfaire les besoins d’air et de lumière que réclame la fabrique lyonnaise « à laquelle ces quartiers sont destinés »43. La superficie de toutes les rues à ouvrir sur le clos est cédée gratuitement à la ville et des pentes suffisantes sont données pour assurer un bon écoulement des eaux. Mais le nivellement de la petite rue des Gloriettes n’a pas pu être maintenu car elle n’est pas carrossable partout « ce qui la range dans la catégorie des impasses ». Au début de l’année 1857, les dames de la Visitation cèdent gratuitement des terrains à la ville pour l’ouverture de plusieurs rues par les propriétaires Favre et Escot44. Ils s’engagent à ouvrir immédiatement les rues projetées sur le clos de la Visitation conformément au plan d’alignement dressé et à livrer gratuitement à la ville de Lyon les terrains nécessaires pour la réalisation de l’ouverture des nouvelles rues et la rectification de celles existantes. La ville a quant à elle accepté de faire paver et éclairer les rues dès qu’elles seront couvertes de constructions sur les deux tiers du parcours et de prendre l’entretien à sa charge. Mais le 21 février 1862, les dames de la Visitation n’ont pas tenu l’accord de bâtir les deux tiers des terrains. Elles ne peuvent donc pas exiger par la ville le pavement et l’éclairage des rues. Le nouveau quartier est à cette date entièrement habité par des ouvriers et la circulation y est difficile. Les rues Henri IV, du Chariot d’or et de la Visitation sont prolongées en 1857. La rue Gigodot est prolongée entre 1857 et 1862 car il faut d’abord acquérir une maison avant de terminer le prolongement45.

III. Une architecture fonctionnelle

La particularité des immeubles-ateliers de la Croix-Rousse est que l’habitat et le travail sont réunis en un même espace. Ainsi, la Fabrique s’organise en de multiples lieux de production et non pas en une seule usine et un seul lieu de travail séparé et/ou éloigné du lieu d’habitation. C’est pourquoi les bâtiments construits peuvent être qualifiés d’immeubles-ateliers car ils sont à la fois des immeubles à logements et des immeubles de travail divisés en ateliers. La composition architecturale des premiers immeubles construits sur le Plateau à l’est de la Grande-Rue est régulière. Il s’agit d’une architecture qui doit répondre à certains critères et contraintes. Ce sont en majorité des fabricants qui ont acheté les terrains et fait construire les immeubles pour installer des ateliers. Il n’est donc pas jugé nécessaire d’orner les façades ou d’y installer des balcons puisque la première fonction est celle du travail. Ce n’est d’autre part pas une population bourgeoise et aisée qui s’installe dans ces nouveaux quartiers et qui cherche à montrer son statut à travers l’ornementation des façades. L’architecture est contrainte par l’économie et les commanditaires doivent choisir des matériaux avantageux et répondre à des exigences qui laissent peu de place à l’inventivité et à la liberté. Mais de petites constructions sont aussi réalisées et peuvent faire l’objet de plus de traitement en façade. Avant cette période, Louis-René Villermé fait l'état des habitations des tisseurs et explique qu'ils vivaient dans les maisons les moins commodes et les moins belles de Lyon « tels que les rues en pente qui conduisent à la Croix-Rousse, et le quartier Saint-Georges, qui occupe, sur la rive droite de la Saône, une portion au versant escarpé de la montagne de Fourvière. Les impasses y sont nombreuses, obscures, irrégulières, d’un aspect misérable et souvent traversées par des escaliers qui conduisent de l’une à l’autre. Les maisons n’y ont que des étages trop bas, et d’une saleté repoussante. Aussi les loyers sont-ils là moins chers que dans le reste de la ville, et les habitants y passent pour très pauvres. Mais dans les deux faubourgs de la Croix-Rousse et les Broteaux, on observe le contraire. On y a construit pour les ouvriers des maisons très hautes, dans de larges rues, où ils jouissent généralement d’assez d’espace et d’un beau jour » (Villermé Louis-René, Tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie, 1840, p. 361).

1. La pierre, un matériau solide et économique

Construire en hauteur permet aux entrepreneurs de valoriser leurs terrains en superposant les logements-ateliers. Il faut donc un matériau solide et on décide de construire en maçonnerie. La pierre permet de réaliser de solides et hauts immeubles, ce que ne permet pas le pisé. Par ailleurs, l’utilisation du pisé est interdite depuis 1817 sur le Plateau de la Croix-Rousse car « les bâtiments neufs doivent être en bons matériaux et bonne maçonnerie afin de lutter contre les incendies et permettre de grandes hauteurs »46. Avec le règlement de 1841, le pisé est totalement interdit47. Toutefois, il continue parfois à être utilisé à l’intérieur pour les derniers niveaux ou pour les façades sur cour. Tout au long du XIXe siècle, les carrières de pierre se développent industriellement et le chemin de fer permet l’approvisionnement de nouvelles pierres. La pierre devient le matériau idéal pour construire solidement avec économie. Les soubassements sont en pierre de taille, souvent en pierre de Villebois, d’une nuance allant du gris au blanc. Cela permet aussi bien les grandes ouvertures pour les boutiques qu’une assise solide. Les murs supérieurs sont généralement réalisés en moellons de pierre de Couzon et recouverts d’enduit. La mise à nue des façades permet d’observer le système de construction à lancis et crossettes largement répandu à cette époque. Il est notamment visible au n°12 rue Dumenge où les trois premiers étages n’ont plus d’enduit. Vers 1894, Clair Tisseur définit le système et la crosse ainsi : « pierre de taille, mince et longue, posée debout et alternant avec des pierres posées sur plat, qu’on nomme lancis, pour former le jambage d’une baie. »48 A l’intérieur, les escaliers sont réalisés en pierre de taille de Villebois et de Saint-Fortunat. Grâce à la première, on peut obtenir de gros blocs permettant de réaliser les paliers et les repos d’un seul tenant49, tandis que la pierre de Saint-Fortunat sert aux volées d’escalier. Il s’agit d’un calcaire dur et gris à gryphées. Très résistant, il peut aussi servir pour les soubassements et les linteaux. L’escalier de l’immeuble n°29 impasse Gigodot présente un bel exemple de palier avec énormément de gryphées.

2. L’organisation des façades

Les façades des immeubles-ateliers sont régulièrement percées de hautes baies rectangulaires séparées de minces trumeaux sans décor. Les baies sont généralement les mêmes à chaque étage, ce qui créé une homogénéité. Aujourd’hui, ces façades autoritaires sont le témoin de l’activité tenue derrière les fenêtres car les ouvertures répondent à la nécessité de recevoir le meilleur éclairage pour le travail de la soie. Il n’y a pas de hiérarchie visible en façade, mais les ouvertures et les appuis de fenêtre ou les bandeaux saillants créent un rythme. L’architecture est donc sobre mais le tout est harmonieux et créé une unité. La façade s’organise selon un rythme ternaire habituel : rez-de-chaussée, étages et toiture. « Le rez-de-chaussée, parfois étoffé par un entresol, se distingue des étages courants par ses ouvertures, mais souvent aussi par le traitement du mur »50. Au sein des immeubles-ateliers, seul le rez-de-chaussée reçoit parfois un traitement particulier. L’entresol est rare et « s’il existe, il demeure l’habitat du commerçant de la boutique qu’il surplombe, et se trouve lié architecturalement à cette dernière comme pour traduire le lien fonctionnel qui unit ces deux niveaux de la maison »51. Dès le premier niveau, on ne dissocie pas logement et travail. L’homogénéité de la façade se joue dès le rez-de-chaussée où les travées dictent l’emplacement des ouvertures des étages. Les rez-de-chaussée sont de plain-pied par rapport au niveau de la rue et composés d’arcades ou de travées rectangulaires surmontées de linteaux en pierre de taille. Les verticales sont fortement marquées dans cette architecture, contrairement aux horizontales qui n’existent que par le biais de bandeaux horizontaux séparant le rez-de-chaussée des étages. Peu d’immeubles ont des limites marquées à chaque niveau. Ce choix de composition sobre et pauvre en ornements est volontaire à cette époque et constitue un goût esthétique et un modèle à suivre pour l’édification d’immeubles industriels. Nombre d’immeubles sont construits d’après ce vocabulaire et démontrent cette tendance pour la réduction du décor. La conception de la rue elle-même tend vers l’unité et la régularité. Les nouvelles rues sont percées perpendiculairement aux voies anciennes et parallèles les unes aux autres. Elles sont droites et présentent normalement la même largeur sur toute leur longueur. Les immeubles sont alignés le long des voies et les façades se répondent en symétrie de chaque côté de la rue. Les bâtiments s’élèvent rapidement et il faut répondre à l’accroissement de la population. Ainsi, c’est l’ordre qui l’emporte et apparaissent des rues bordées de façades quasi identiques et alignées. « Cette systématisation dans la taille des matériaux, dans les proportions des pleins et des vides, ajoutée à la parcimonie décorative, confère aux façades de ces immeubles canuts l'appellation de cartons Jacquard »52.

3. L’accès et la distribution

L´accès aux immeubles se fait depuis la rue par une porte latérale ou centrée si l’immeuble compte beaucoup de travées. Il s’agit en majorité de portes piétonnes puisque les parcelles sont trop petites pour avoir de larges cours et des écuries. La population bourgeoise ne vit pas dans ces quartiers et il n’est pas utile de créer des accès pour les voitures et les chevaux. Les exemples de portes cochères servent certainement à la desserte d’entrepôts ou remises. La largeur est également importante pour faire passer les métiers à tisser et leurs mécaniques afin de les installer dans les ateliers. Une certaine largeur est aussi nécessaire pour faire circuler le matériel et les productions. Les portes cochères se rencontrent sur des immeubles larges et hauts et elles sont parfois l’accès principal de plusieurs immeubles mitoyens. C’est notamment le cas au n°4 rue Dumenge. La porte et l’escalier sont communs à trois immeubles : les n°4 et n°6 rue Dumenge et le n°9 rue du Pavillon. Elles ne sont pas nécessairement plus ouvragées, elles se distinguent tout simplement par leurs dimensions. Les portes piétonnes sont simples, rectangulaires et généralement surmontées d’une imposte parfois cintrée mais la plupart du temps rectangulaire et ajourée pour éclairer l’allée de l’immeuble. Elles ne disposent pas d’encadrement ouvragé ni de couronnement travaillé. Les portes se fondent dans les façades lisses et sobres sans apporter aucune information sur la fonction de l’immeuble et les activités qui s’y tiennent au-dedans. Une allée mène à l’escalier généralement perpendiculaire à la rue et à une cour à l’arrière du bâtiment. Parfois, d’autres immeubles ou petites maisons sont desservis par la cour et situés au fond de la parcelle. Les allées n’ont d’autre rôle que celui de passage et ne sont donc ornées d’aucun décor. Elles desservent la plupart du temps des appartements ou des commerces par des portes latérales avant de mener à l’escalier. Elles sont généralement droites et longues et seulement éclairées par l’imposte et la cour qui peut exister à son extrémité. Dans certains cas, l’escalier se trouve directement derrière la porte d’entrée. Les escaliers des immeubles construits dans le premier quart du XIXe siècle à la Croix-Rousse sont de trois formes : à mur noyau, à mur noyau ajouré et à jour central. Sauf de rares exceptions, il s’agit toujours d’escaliers rampe sur rampe à deux volées droites et palier de repos. Dans la rue Dumenge (entre la rue Belfort et la rue du Mail), les escaliers sont tous à mur noyau plein ou à mur noyau ajouré. A l’inverse, les immeubles construits trente ans plus tard dans l’impasse Gigodot sont tous à vide central. Cela est une question de mode. Le mur noyau « était extrêmement fréquent au XVIIème et au XVIIIème siècle. Ce système est considéré comme démodé dans la seconde partie du XIXème siècle »53. Par ailleurs, les murs noyaux pleins assombrissent énormément les cages d’escalier. Des baies, en façade sur cour la plupart du temps, apportent de la lumière, mais ils sont beaucoup moins aérés que les escaliers à mur noyau ajouré ou à jour central. Ceux à mur noyau ajouré se développent de la même manière que les premiers mais sont ajourés pour apporter plus de lumière aux escaliers. Souvent, le vide est sécurisé par une main courante en ferronnerie ou en bois. Le jour central apporte plus d’éclairage aux escaliers. Il est de forme ovale ou carrée. Certains escaliers n’ont pas de palier intermédiaire et sont tournants sur la gauche ou la droite. Au n°4 rue Dumenge, tout comme la porte et l’allée, l’escalier est commun à trois immeubles et était donc emprunté par beaucoup de personnes. Cela peut expliquer la grande largeur peu commune des volées de l’escalier. Les emmarchements font près de deux mètres de large contrairement à ceux des escaliers construits au même moment qui en font presque moitié moins. Les espaces de vie et de travail ne sont pas réellement dissociés dans les ateliers. L’organisation « classique » dédie environ deux tiers de l’espace au travail puisqu’il faut installer plusieurs métiers et tout le matériel de préparation nécessaire. « Le dernier tiers est consacré à la partie habitation. Il est coupé en deux dans sa hauteur »54 par une soupente qui sert de couchage. Les métiers sont placés perpendiculairement à la façade devant chaque fenêtre et sont maintenus par les plafonds constitués de poutres et solives qui permettent d’éviter les vibrations. Dans un appartement du troisième étage au n°4 rue Dumenge, des encoches sont visibles sur une poutre du plafond. Cela peut confirmer la présence d’un métier et donc d’au moins un atelier de tissage dans l’immeuble. La grande hauteur sous plafond est nécessaire pour accueillir les nouveaux métiers à mécanique Jacquard. Un métier fait presque deux mètres de haut et la mécanique plus d’un mètre, il faut donc une hauteur sous plafond d’au moins quatre mètres. D'après le recensement de 1825, six fabricants sont recensés au n°1 rue Dumenge, sept au n°3, treize au n°5, quinze au n°7, quatorze au n°9, quinze au n°11, quatre au n°2, douze au n°4, vingt au n°8 (certainement l'immeuble n°10 actuel) et dix au n°10 rue Dumenge. En 1834, 109 fabricants sont recensés dans la rue Dumenge (Arch. Mun. Lyon 3 WP 027 1 à 061). Les immeubles n’accueillent pas que des tisseurs, ils accueillent aussi d’autres savoir-faire du travail de la soie et des activités commerciales. Par exemple, d’après le recensement de 1825 un boucher est présent au n°4 rue Dumenge et en 1844, le n°7 de la même rue accueille un boulanger55. Dans le faubourg de la Croix-Rousse, il y a en 1832 environ 10000 ouvriers sur 16000 habitants, contre environ 4000 à la Guillotière et un peu plus de 400 dans le faubourg de Vaise. En 1835, environ 38000 tisseurs (chefs d'ateliers et compagnons) sont présents. Il faut ajouter à ces chiffres les professions accessoires qui préparent la soie et construisent les métiers. Il y en a peut-être autant que de tisseurs (Villermé Louis-René, Tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie, 1840). Ainsi, les ouvriers en soie ne sont pas présents que sur le Plateau, on les retrouve dans les autres faubourgs et à Lyon sur les Pentes, mais c'est la Croix-Rousse qui compte le plus de tisseurs et d'exemples d'immeubles-ateliers. Dès la fin du XVIIIe siècle, c'est bien les ouvriers et les jardiniers qu'on dénombre en majorité dans les faubourgs. L'artisanat est moins présent qu'à Lyon. Maurice Garden écrit dans son ouvrage sur Lyon au XVIIIe siècle que « la grande Fabrique des étoffes de soie commence à dépasser les murs de la ville vers le nord et à atteindre le plateau de la Croix-Rousse où sont dénombrés 44 ouvriers en soie ou fabricants, 14 fabricants de bas et 10 gaziers. Il n’y a par contre aucune expansion vers l’est, et la rive gauche du Rhône n’entend encore battre aucun métier […] Le trait dominant des faubourgs n’est donc pas l’artisanat comme pour la ville, mais bien la prépondérance des ouvriers sans spécialisations et celle des travailleurs de la terre : plus de 60 % des habitants de la Guillotière, plus du tiers de ceux de la Croix-Rousse ».

Finalement, les différentes opérations d’ouverture de rues entre les rues Dumenge et Pailleron, Belfort et Grande-Rue de la Croix-Rousse s’étalent sur une trentaine d’années entre et se font progressivement du sud au nord. Toutefois, la régularité n’est pas totale puisqu’il n’y a pas de communication entre la rue Belfort et la Grande-Rue. La rue de la Visitation n’est pas prolongée au-delà de la rue du Mail et il n’y a pas d’autres rues avant la rue Pailleron. L’impasse Gigodot et le passage Lamure sont les seules ouvertures dans l’îlot. Toutefois, une traboule existait entre la rue du Mail et la Grande-Rue qui partageait en deux parties à peu près égales l’îlot séparant les deux rues. Cette traboule était accessible depuis le n°33 rue du Mail et le n°44 Grande-Rue de la Croix-Rousse. Elle est aujourd’hui bouchée et fermée au public. Les percements à l’est de la rue du Chapeau Rouge sont réalisés au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. Il y a bien deux phases d’urbanisation très distinctes à l’est du Plateau. Elle a été très rapide à l’ouest de la rue du Chapeau Rouge. Les propriétaires ont pu ouvrir des rues et construire presque sans obstacles. La municipalité est très peu intervenue et il y a eu peu de problèmes d’acquisition de terrain. L’urbanisation est très cohérente dans cette partie du Plateau. Les propriétaires n’ont pas ouvert leurs rues sans se soucier des opérations de leurs voisins. Les rues se raccordent entre elles et il y a eu un souci de cohérence, malgré quelques irrégularités. Plus de problèmes ont été rencontrés dans les clos Perrot, Carron et Dubois au centre du Plateau quelques années plus tard où la trame est complètement éclatée. La rue du Mail a notamment été réalisée en trois temps puisqu’elle traversait trois clos différents et c’est aujourd’hui une rue parfaitement parallèle à la Grande-Rue bien qu’elle soit plus étroite au sud. Plus à l’est, les terrains appartenaient aussi à des propriétaires privés mais une grande partie était possédée par les Dames de la Visitation et il a fallu attendre l’acquisition des terrains pour prolonger les rues ouvertes au début du siècle.

En moins d’un demi siècle, un nouvel espace industriel s’est formé sur le Plateau de la Croix-Rousse. Les avantages géographiques, climatiques et économiques offerts par la commune indépendante ont été mis à profit par des propriétaires privés qui ont tour à tour percé de nouvelles rues et partagé leurs terres afin de les faire bâtir. Un réel engouement pour la Croix-Rousse est apparu. Une importante demande immobilière et l’accroissement de la population ont amené à l’essor d’un nouveau type d’architecture : les immeubles-ateliers. Des immeubles fonctionnels, haut et solides grâce à l’utilisation de la pierre sont construits et accueillent les nouveaux ateliers de tissage de la fabrique lyonnaise. L’alignement et la réduction de l’ornementation sont de rigueur et l’architecture est contrainte par le travail. Mais le rôle des initiatives privées dans l’urbanisation et l'élévation d'immeubles-ateliers ne sont pas propres au Plateau de la Croix-Rousse. Un phénomène similaire a eu lieu sur les Pentes de la Croix-Rousse et des exemples sont visibles sur la rive gauche du Rhône, notamment dans le quartier de la Guillotière. Aujourd’hui, les ateliers ont été remplacés par des logements et seuls les rez-de-chaussée sont occupés par des commerces, mais l’aspect des façades rappellent l’activité du XIXe siècle qui se tenait derrière les fenêtres.

cf annexe :

Secteur 2 - 2014 : entre la Petite place de la Croix-Rousse, la Grande rue de la Croix-Rousse, la rue Pailleron et la rue du Mail, étude réalisée avec Sandrine Magdar (étudiante à l'Université Lyon suivie par Dominique Bertin)

Secteur 3 – 2015 - Noémie Caillat :Entre la rue du Mail, la rue Dumenge, la rue de Belfort, la place du Commandant Arnaud, la rue Dumont d’Urville, la rue Jeanne Marie Célu, la rue Justin Godart et la rue d’Austerlitz. (étudiante à l'Université Lyon suivie par Dominique Bertin)

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1 Arch. Mun. Lyon, délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse T.7 séance du 13/06/1826 p. 15

2 Arch. Mun. Lyon. 1 C 316 1 et 2, POINTET Joseph, Historique des propriétés et maisons de la Croix-Rousse de 1350 à 1790, 1926, p. 1

3 Arch. Mun. Lyon, Forma urbis, les plans généraux de Lyon, XVIe – XXe siècles, "Plan général de la ville de Lyon et de ses environs, dessiné et levé par le citoyen Villionne, adjoint du Génie, certifié conforme à l'original, fait par moi, levé avec l'aide du Citoyen Flacheron, garde des fortifications, 1799, [signé] Jars et vu par le directeur des fortifications Trudaine"

4 Limité à l’est par la rue de Belfort, au sud par le boulevard, à l’ouest par la Grande-Rue et au nord par la rue Janin

5 Arch. Mun. Lyon 1 C 316 1 et 2, POINTET Joseph, Historique des propriétés et maisons de la Croix-Rousse de 1350 à 1790, 1926, p.

6 Arch. Mun. Lyon 1 C 316 1 et 2, POINTET Joseph, Historique des propriétés et maisons de la Croix-Rousse de 1350 à 1790, 1926, p. 276

7 MONNET Thierry, Etude de l'architecture mineure de la Croix-Rousse du XVIII ème siècle à la moitié du XIX ème siècle : d'après un fonds de Mr Vanario sur des demandes d'alignement de constructions croix-roussiennes de 1800 à 1850, Université Lumière Lyon 2, 1990, p.

8 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 107

9 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 110

10 Dossier ZPPAUP des Pentes de la Croix-Rousse, 1991, p. 18

11 Arch. Mun. Lyon 1 C 316 1 et 2, POINTET Joseph, Historique des propriétés et maisons de la Croix-Rousse de 1350 à 1790, 1926, p.

12 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 179

13 Arch. Dép. Rhône Op 397, contentieux entre la commune de la Croix-Rousse et le propriétaire Dumenge au sujet d'une boutasse,1810

14 Arch. Dép. Rhône série 421Q, registres de formalité ; transcription des actes translatifs de propriété d'immeubles

15 Arch. Dép. Rhône 421 Q 93 article 10

16 A cette date, les noms de rues n’ont pas encore été approuvés par la municipalité

17 Arch. Dép. Rhône 421 Q 109 article 62

18 Arch. Dép. Rhône 421 Q 121 article 27

19 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 179

20 Arch. Mun. Lyon 3WP199, voirie urbaine : plan général, dénomination des rues, plantations d’arbres, numérotage des rues

21 Arch. Mun. Lyon, délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse T.5 séance du 21/09/1817 p. 75

22 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 184

23 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993p. 182

24 Actuelle rue d’Ivry

25 Actuelle rue de Nuits

26 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 183

27 Arch. Dép. Rhône 3 Op 219, voirie vicinale 1800-1940 ; Croix-Rousse, acquisition de terrain, voirie urbaine (9 affiches et 2 plans)

28 Arch. Dép. Rhône 3 Op 219, voirie vicinale 1800-1940 ; Croix-Rousse, acquisition de terrain, voirie urbaine (9 affiches et 2 plans)

29 Il faudrait consulter les actes de vente comme il a été fait pour le clos Dumenge.

30 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 183

31 Arch. Mun. Lyon, délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse T.12 séance du 9/08/1842 p. 4

32 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 183

33 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 184

34 Arch. Mun. Lyon 3WP193, dossier par rue : clos Pailleron, donation des deux rues par les mariés Guillaume Pailleron et Marie-Anne Rimbourg 1837

35 BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, Institut des études rhodaniennes, 1993, p. 184

36 Arch. Mun. Lyon, délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse T.12 séance du 5/02/1842 p. 107

37 Arch. Mun. Lyon 3WP189, pochette 2 : élargissement 1837-1848, plan de l’impasse projetée par Gigodot signé Gigodot

38 Arch. Mun. Lyon 3WP189, pochette 2 : élargissement 1837-1848, rapport des experts François-Régis Bourdet et Joseph Forest du 9 février 1843

39 Arch. Mun. Lyon 3WP189, pochette 2 : élargissement 1837-1848, rapport des experts François-Régis Bourdet et Joseph Forest du 9 février 1843

40 Arch. Mun. Lyon 3WP189, pochette 2 : élargissement 1837-1848, rapport des experts François-Régis Bourdet et Joseph Forest du 9 février 1843

41 Arch. Mun. Lyon 3WP067, constructions nouvelles soumises aux contributions foncière et portes et fenêtres, 1830-1846

42 Arch. Mun. Lyon 321WP220 4, prolongement des rues dans le clos de la Visitation

43 Arch. Mun. Lyon 321WP220 4, prolongement des rues dans le clos de la Visitation

44 Arch. Mun. Lyon 321WP220 4, prolongement des rues dans le clos de la Visitation

45 Arch. Mun. Lyon 321WP220 4, prolongement des rues dans le clos de la Visitation

46 BERTIN Dominique et MATHIAN Nathalie, Lyon : silhouettes d’une ville recomposée, éd. ELAH, Lyon, 2008, p. 173

47 MONNET Thierry, Etude de l'architecture mineure de la Croix-Rousse du XVIII ème siècle à la moitié du XIX ème siècle : d'après un fonds de Mr Vanario sur des demandes d'alignement de constructions croix-roussiennes de 1800 à 1850, Université Lumière Lyon 2, 1990, p.

48 TISSEUR Clair, Le littré de la Grand'Côte : à l'usage de ceux qui veulent parler et écrire correctement / par Nizier du Puitspelu, Académie du Gourguillon : publié en 1903, p. 121

49 BERTIN Dominique et MATHIAN Nathalie, Lyon : silhouettes d’une ville recomposée, éd. ELAH, Lyon, 2008, p. 170

50 MIGNOT Claude, Grammaire des immeubles parisiens : six siècles de façade du Moyen-âge à nos jours, éd. Parigramme Paris, 2004, p.26

51 MONNET Thierry, Etude de l'architecture mineure de la Croix-Rousse du XVIII ème siècle à la moitié du XIX ème siècle : d'après un fonds de Mr Vanario sur des demandes d'alignement de constructions croix-roussiennes de 1800 à 1850, Université Lumière Lyon 2, 1990, p.

52 BERTIN Dominique et MATHIAN Nathalie, Lyon : silhouettes d’une ville recomposée, éd. ELAH, Lyon, 2008, p. 204

53 MATHIAN Nathalie, L’habitat à Lyon 1800-1852 : quartier Perrache-Bellecour, Université Lumière Lyon 2, 1986, p. 101

54 TASSINARI Bernard, La soie à Lyon : de la Grande Fabrique aux textiles du XXIe siècle, Éd. ELAH, Lyon, 2005, p. 98

55 Arch. Mun. Lyon 3 WP 027 1 à 061, registres de recensements de la population de la commune de la Croix-Rousse

Le calcaire à Gryphées (proximité de production évidente), dont les diverses variétés ont fait honneur à l'habitat lyonnais (exemple des escaliers à la Croix-Rousse) durant plusieurs siècle mais qui a été ignoré à l'époque antique (Hugues Savay-Guerraz, thèse, 1985, p. 285).

Annexes

  • Recensements de la population en 1825 rue Dumenge (Arch. Mun. Lyon 3 WP 027 1 à 061, registres de recensements de la population de la commune de la Croix-Rousse)

    N°1 : 6 fabricants, 1 épicier, 1 journalier et 1 cabaretier. 27 métiers à mécanique Jacquard. Les fabricants sont situés sur les étages (3).

    N°3 : 7 fabricants et 1 menuisier. 15 métiers à mécanique Jacquard.

    N°5 : 13 fabricants, 1 boulanger et 1 menuisier. 29 métiers à mécanique Jacquard.

    N°7 : 15 fabricants, 1 tulliste journalier, 1 fabricant de parapluies, 5 journaliers et 1 cabaretier. 25 métiers à mécanique Jacquard.

    N°9 : 14 fabricants, 1 journalière, 2 cabaretiers, 1 portier et 1 mécanicienne. 74 métiers à mécanique Jacquard.

    N°11 : 15 fabricants, 1 perruquier et 1 épicier. 57 métiers à mécanique Jacquard.

    N°2 : 1 cordonnier, 1 cabaretier, 4 fabricants. 5 métiers unis.

    N°4 : 12 fabricants, 1 menuisier, 1 boucher, 1 cabaretier, 1 tulliste dévideur, 1 revendeur de métiers, 1 cordonnier portier. 65 métiers à mécanique Jacquard et 9 métiers unis.

    N°8 : 20 fabricants et 1 cabaretier fabricant. 7 métiers unis et 41 métiers à mécanique Jacquard.

    N°10 : 10 fabricants, 1 bouchère et 1 tourneur de four à bois. 25 métiers à mécanique Jacquard.

  • Recensement de la population en 1831 rue Dumenge (Arch. Mun. Lyon 3 WP 027 1 à 061, registres de recensements de la population de la commune de la Croix-Rousse)

    N°2 : Benoit propriétaire. 2 fabricants, 1 cordonnier, 1 cabaretier, 1 dévideuse et 1 propriétaire.

    N°4 : Cochet propriétaire. 11 fabricants, 1 monteur dévideur et 1 porteur.

    N° 6 : Cochet propriétaire. 10 propriétaires, 3 dévideurs et 1 rentier.

    N°8 : Puy Vincent propriétaire. 25 fabricants, 2 épiciers, 1 cordonnier, 1 cabaretier et 1 charpentier.

    N°10 : Fossier et Marchand propriétaires. 10 fabricants, 1 dévideuse, 1 maçon et 1 tailleur.

    N°1 : Farge et Colomb propriétaires. 5 fabricants, 1 perruquier, 1 boucher (RC), 1 cabaretier (RC) et 1 journalier.

    N°3 : Canuel propriétaire. 1 fabricant (RC) et 1 propriétaire

    N°5 : 7 fabricants et 1 menuisier

    N°7 : Renaud propriétaire. 11 fabricants, 1 tailleur, 1 boulanger, 1 charcutier (RC), 1 plieur, 1 tailleur et 1 ?

    N°9 : Caillat propriétaire. 6 fabricants, 1 épicier (RC), 1 lingère, 1 tailleuse, 1 remetteuse, 1 dévideuse, 1 empailleur

    N°11 : 7 fabricants, 1 tourneur et 1 vendeur de parapluies (RC)

    N°13 : Buyet propriétaire. 13 fabricants, 1 cordonnier (RC), 1 manufacturier (RC), 1 mécanicien (RC), 1 farinier (RC) et 1 garçon de ? (RC)

    N°15 : Dumenge propriétaire. 13 propriétaires, 1 plieur fabricant (RC), 1 perruquier (RC), 1 menuisier (RC), 1 tordeuse

    N°2 : veuve Thiers propriétaire. 5 fabricants, 1 dévideuse (RC)

    N°4 : Ferouillet propriétaire. 5 fabricants, 1 jardinier, 1 officier en retraire, 3 rentier, 1 serrurier (RC), 1 tailleuse et 1 jardinier à gage (RC)

  • Recensement de la population en 1844 rue Dumenge (Arch. Mun. Lyon 3 WP 027 1 à 061, registres de recensements de la population de la commune de la Croix-Rousse)

    N°1 : 4 ouvriers en soie, 1 cabaretier, 1 rentier et 1 blanchisseuse

    N°3 : 3 ouvriers en soie, 1 tourneur, 1 propriétaire menuisier et 1 rentier

    N°5 : 4 ouvriers en soie, 1 boulanger et 1 menuisier

    N°7 : 14 ouvriers en soie, 1 boulanger et 1 menuisier

    N°9 : 8 ouvriers en soie, 1 tailleur, 1 vinaigrier, 1 régisseur, 1 repriseuse, 1 journalière, 1 repiqueur de carton et 1 maitre menuisier

    N°11 : 8 ouvriers en soie, 1 cabaretier, 1 menuisier et 1 ouvrier menuisier

    N°13 : 26 ouvriers en soie, 1 menuisier mécanicien, 2 plieurs, 1 journalier et 1 porteur

    N°15 : 11 ouvriers en soie, 1 menuisier, 1 portier

    N°2 : 1 cabaretier, 3 ouvriers en soie et 1 cordonnier

    N°4 : 29 ouvriers en soie, 3 journaliers, 1 marchand de parapluies, 1 vinaigrier, 8 dévideurs, 1 tordeuse, 1 couturière, 1 tailleuse, 1 teinturier ouvrier, 1 ouvrier boulanger et 1 ouvrier maçon

    N°6 : 11 ouvriers en soie, 1 fabricant de peignes, 1 fabricant de ? et 1 rentier

    N°8 : 1 poêlier, 1 cabaretier, 1 épicier, 1 gardien, 2 ouvriers, 21 ouvriers en soie, 1 ouvrier de chapeau, 1 dévideur, 1 garçon, 1 cannetière et 1 propriétaire

    N°10 : 11 ouvriers en soie, 2 propriétaires et 1 tulliste

  • Annuaire de la ville de Lyon 1861, rue Dumenge (Arch. Mun. Lyon annuaires de la ville de Lyon 2Mi97)

    n°2 : Mme Metra, modes et Metra, coiffeur ; n°3 : Donneaud, tisseur, Bichet, tisseur, Miège, tisseur, Vidal, pharmacien, Duperay, boulanger ; n°4 : Miège, propriétaire, Vial aîné, fabricant de maillons, Coulet, tourneur pour la fabrique ; n°5 : Monin, plieur, Rivoirad, propriétaire ; n°7 : Peilat, tisseur, Petit-Jean, tisseur, Thevenon, boulanger ; n°9 : Monfray, propriétaire ; n°10 : Veyssière, cordonnier, Dubois, menuisier pour la fabrique, Comte, serrurier, Gonon, épicier, Olagnon, vins, Monnet, plieur ; n°11 : Armand, épicier, Télé, tonnelier ; n°12 : Lablanche, épinglier ; n°13 : Chilard, boucher ; Avon fils, mécanicien pour la fabrique, Giroud, plieur ; n°15 : Morel, tisseur, Bonny, tisseur, Clément, tisseur, Giraud, mécanicien pour la fabrique, Brunet, plieur, Rigot, fabricant de navettes, Monternand, charcutier, Lachenal, horloger.

  • Secteur Croix-Rousse 2014

    Secteur 2 - 2014 : entre la Petite place de la Croix-Rousse, la Grande rue de la Croix-Rousse, la rue Pailleron et la rue du Mail

    étude réalisée avec Sandrine Magdar (étudiante à l'Université Lyon suivie par Dominique Bertin en 2014)

    L’urbanisation du secteur compris entre la petite place de la Croix-Rousse, la Grande rue de la Croix-Rousse, la rue Pailleron et la rue du Mail, s’est effectuée en quatre grandes phases de constructions. Les deux premières concernent essentiellement la Grande rue de la Croix-Rousse et s’effectuent avant la fin du XVIIe siècle. L’urbanisation majeure du secteur ne se met en place qu’avec le renouveau de l’industrie de la soie au XIXème siècle.

    I. L’urbanisation de la Grande rue de la Croix-Rousse de la seconde moitié du XVIe siècle au troisième quart du XVIIe siècle

    Au XVIe siècle, le plateau de Saint-Sébastien apparaît sous la forme d’un terrain sec et au sol argileux. L’absence d’eau liée aux contraintes géologiques freine l’installation d’habitants dans cette zone bien que la ville florissante de Lyon existe en contrebas depuis près de 1500 ans. Sur le plan de Lugdunum de Braun et Hogenberg de 1572[1], l’axe central du plateau, actuelle Grande rue, est représenté. Ce chemin de Bresse, dont la création est antérieure, est le seul axe pouvant relier les régions du nord de la France avec la cité lyonnaise malgré la forte déclivité du chemin de la Grande Côte qui le prolonge sur la pente sud. Bien que la Saône soit navigable pour le transport, aucun axe routier n’existe sur les rives des deux fleuves soumises à des inondations importantes. Le plateau possède sa première chance grâce au chemin de Bresse très fréquenté. Parallèlement la bonification des sols par les hommes et la récupération des eaux de pluie qui ruissellent dans des boutasses permettent le développement d’une agriculture adaptée. Si les pentes, qui ne sont pas séparées du plateau à la fin du XVème siècle, accueillent les vignes grâce à leur exposition au sud, le plateau se contente de cultures céréalières et maraîchères. À cette période Pierre Paquelet, citadin aisé, achète à titre de placement les terres de Pierrebrune et du Saugey situées de part et d’autre de la future Grande rue[2]. Il devient le plus grand propriétaire foncier du plateau. Le 19 janvier 1485, devant les notaires Gonet et Fontaneta, son fils, Claude Paquelet, drapier et bourgeois de Lyon, acquiert l’ensemble des domaines. Trente ans plus tard, un mur de défense en haut des pentes isole désormais le plateau. Ce risque d’isolement des terres de Pierrebrune et du Saugey est compensé par le fait que le plateau reste dans la zone Franc-Lyonnais qui bénéficie de l’exonération des taxes sur les alcools et le vin. Ceci a une influence sur le développement urbain du chemin de Bresse. Tandis que les pentes possèdent l’essentiel de son parcellaire et de son bâti au début du XVIème siècle, la Grande rue n’est occupée que par quelques maisons regroupées autour d’une croix en pierre de Couzon érigée en 1560 au croisement du chemin de Bresse et de la montée de la boucle. Entre ce hameau et les remparts ne figurent que deux constructions dont l’hôtellerie du Chariot d’Or déjà présente en 1493[3]. Le secteur est de Pierrebrune ne jouissant pas du point de vue des bords du plateau, il ne reçoit pas de villas de plaisance ou de clos religieux tandis que le Saugey, côté ouest de l’actuelle Grande rue, accueille les Augustins réformés en 1624. Les lotissements successifs de Pierrebrune au niveau de la Grande rue, sont liés à l’histoire de la famille Paquelet, dont les descendants se partagent le tènement initial acquit par Pierre Paquelet. Entre 1550 et 1559, Marie Peyrat, veuve du fils de Claude Paquelet, décide à la mort de son mari, de vendre en sept lots la partie nord de Pierrebrune longeant le côté est de la Grande rue, au sud de la rue Janin qui n’est alors qu’un chemin de terre. Les acquéreurs de ces terrains sont pour la plupart des petits commerçants résidant à Lyon[4]. Ce premier lotissement n’est pas immédiatement suivi par d’autres lotissements. Les autres héritiers Paquelet, ne souhaitant pas vendre, bloquent l’urbanisation de la partie est de la rue. À partir de 1663, Yzabeau Marlhet, une des descendantes de la famille Paquelet et son mari Claude Desverneys, procureur à Lyon, décident de fractionner les terrains de Pierrebrune en douze lots côté est de la Grande rue, au sud du premier lotissement, sur une longueur de 110 m et sur une profondeur de 25 m. Ceux-ci sont vendus à des petits commerçants, artisans et jardiniers. L’essentiel de ces acquéreurs viennent de Lyon ou du Faubourg[5]. Seul un lot est conservé sur la Grande rue par Yzabeau Marlhet afin de desservir le reste de son clos appelé le Grand Chariot[6]. En 1674 cette parcelle est décrite comme consistant en une allée avec un portail aboutissant au chemin de Bresse. Cette allée était située à l’emplacement des actuels 32 Grande rue de la Croix-Rousse et 25 rue du Mail. Parallèlement Yzabeau Marlhet avait acquis le terrain concernant la parcelle actuelle des n° 1 et 1 bis rue du Chariot d’Or afin de donner un accès à son tènement. En 1674, cet accès est décrit comme consistant en une maison en deux corps de logis avec cour et jardin et ayant pour enseigne le Chariot d’Or. L’ouverture de ce lotissement est immédiatement suivie de constructions. La taille réduite de ces parcelles, qui varie entre 110 m² et 250 m² environ[7], le long du chemin de Bresse s’explique par le niveau de vie modeste des acquéreurs et l’augmentation persistante du nombre de négoces. Associée à la spéculation des vendeurs qui fractionnent leur terrain, la demande importante influence le prix et la forme des parcelles qui se présentent en lanières. Leur agencement orthogonal, dans un axe ouest-est, permet de raccorder chacune d’elles au chemin de Bresse. Ces deux premiers lotissements donnent un tissu parcellaire étroit relativement homogène. De grands propriétaires, voisins de la porte Saint Sébastien, refusent de lotir à leur tour et bloquent l’urbanisation de ce secteur[8]. Le début de la Grande rue demeure non construit hormis l’auberge du petit Louvre située côté ouest[9]. Ce début d’urbanisation, qui s’effectue en même temps que les ventes nobiliaires, écarte la haute bourgeoisie. On assiste à une séparation entre les notables installés à l’ouest de la Grande rue et l’arrivée d’une moyenne bourgeoisie et de petits commerçants qui s’installent à l’est sur de petites parcelles en lanières donnant une opposition de la taille des parcelles entre l’ouest et l’est du plateau visible sur le cadastre napoléonien de 1828[10]. Les activités commerciales de la Grande rue occupent peu l’espace ce qui permet le développement d’une zone maraîchère. Au moment où le plateau accède au rang de faubourg en 1680, la Grande rue est bordée d’échoppes de métiers en phase avec les besoins d’une clientèle de passage : bourreliers, marchands de vins, maréchaux-ferrants entre autre et d’une clientèle locale avec des négoces liés à l’alimentation : bouchers et boulangers. De nombreux cabarets s’installent grâce à l’absence de taxe sur les vins et les alcools. La Grande rue acquiert une activité commerciale traditionnelle qui perdure encore aujourd’hui. Au XVIIe siècle cette activité commerciale était signalée par des enseignes telles que le Loup Botté pour le n° 36 Grande rue de la Croix-Rousse, la Teste d’Or pour le n° 28 Grande rue de la Croix-Rousse, Saint Eloy pour les n° 38 et 40 Grande rue de la Croix-Rousse ou encore Sainte Élisabeth pour le n° 54 Grande rue de la Croix-Rousse. À la fin du XVIIe siècle, les deux tiers des maisons de la Grande rue sont construites. Les constructions en fond de parcelle sont érigées dans un second temps, souvent au cours de la première moitié du XVIIIe siècle où il est mentionné lors des reconnaissances des propriétés, des bâtiments arrière, des fenils ou des écuries. Le parcellaire se stabilise en 1750.

    II. L’urbanisation du secteur durant la première moitié du XIXe siècle

    Dès 1800 Bonaparte redonne sa fierté au peuple lyonnais. En relançant la soierie il veut que les marchands lyonnais « répandent à nouveau sur le sol de toute la France les bienfaits de leur industrie laborieuse par leurs relations avec l’univers entier »[11]. Le renouveau de la soierie et l’explosion démographique des ouvriers de la soie demande l’extension de l’habitat dans une presqu’île coincée entre ses deux fleuves. Les dirigeants du Consulat pensent déjà à une implantation possible de manufactures sur le plateau de la Croix-Rousse. Une réponse leur est adressée par Boulard du Gattelier, Seigneur de Caluire et Cuire rivale de la nouvelle commune: « Il n’y a jamais eu de manufactures à la Croix-rousse et il ne peut y en avoir. Il est impossible qu’on y transporte des ateliers, l’élévation du lieu où on ne peut arriver que par une côte rapide à perdre haleine ne rendrait chimérique de semblables entreprises. Le beau projet de porter des manufactures sur la croupe d’une aussi haute et sèche montagne, qui ne peut servir que de refuge en cas de déluge universel, ne peut se soutenir. »[12]. Il confirme, par cette déclaration, l’isolement géographique du plateau. Pourtant celui-ci, longtemps délaissé au profit des aménagements de la confluence par Perrache et des Brotteaux par Morand, se présente comme la seule alternative possible pour l’implantation de logements plus hauts de plafond pouvant accueillir les tisseurs et leur nouvelle mécanique Jacquard. Le microclimat très sain du plateau joue en sa faveur et lui donne un second souffle pour une urbanisation massive. Les lotissements sur les terres de Pierrebrune s’accélèrent immédiatement suivis par la construction d’immeubles au confort modeste à l’intention des tisseurs : « Au XIXe siècle le modus operandi de la spéculation foncière marque de son empreinte la plupart des villes européennes […] le but principal n’était pas de fournir aux locataires des conditions de vie décentes, leur seul but était d’assurer des revenus confortables et sûrs aux promoteurs »[13]. Les spéculateurs de cette période n’ont pas le sentiment d’être en faute, « il était dans l’ordre naturel des choses, c’était la volonté de Dieu, qu’il y ait des riches et des pauvres »[14]. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle phase d’urbanisation se développe dans la partie sud du secteur. Cette urbanisation se métamorphose sous l’impulsion de particuliers. Elle est désormais liée à l’essor de la soierie et les lotissements s’adaptent à cette mono-activité. Les nouveaux lotisseurs vendent les terrains à des spéculateurs appartenant aux entrepreneurs de bâtiment, rentiers, commerçants. Les parcelles sont de taille supérieure à celles des deux premières phases d’urbanisation. De forme rectangulaire ou carrée elles sont de 400 m² à 950 m² environ[15]. Cette différence de typologie est visible sur le cadastre actuel ce qui permet de localiser les différentes périodes de lotissement.

    1) Le Clos Dumenge

    Le clos appartient à Pierre Gabriel Dumenge qui l’hérite de sa mère en 1809, l’ayant elle-même acquis de Monsieur Ange Biétrix, ancien syndic du commerce de Lyon, à partir de 1791. Le tènement consiste en une simple vigne. Pierre Gabriel Dumenge commence à lotir son clos dans la partie faisant face à la porte Saint-Sébastien. Il longe la petite place de la Croix-Rousse et le début de la Grande rue de la Croix-Rousse, jusqu’à son mur de clôture nord qui se situait au niveau de la rue d’Ivry. Il divise son terrain en 9 parcelles d’une profondeur égale à celle du lotissement d’Yzabeau Marlhet situé au nord[16]. En général, les lotisseurs se réservent une parcelle proche des axes anciens de circulation. C’est ce que fait Dumenge en se réservant les lots bien en vue le long de la place de la Croix-Rousse face à la porte Saint-Sébastien. La place de la Croix-Rousse est délimitée au nord par le clos Dumenge et au sud par le boulevard de la Croix-Rousse. L’actuelle place de la Croix-Rousse est constituée de deux parties. Une petite place de forme triangulaire au nord et une plus grande de forme trapézoïdale au sud. La place se situe sur l’axe de circulation Grande rue-Grande Côte, l’un des plus anciens du Plateau. Le lieu servait de stockage des véhicules venant du nord et désirant franchir l’octroi, à la porte Saint-Sébastien, pour entrer dans la ville de Lyon. C’est l’origine de ces deux places. La Petite place au Nord est la plus ancienne puisqu’elle apparaît sur les plans du XVIIe siècle, tandis que la plus Grande prend sa forme définitive avec les constructions des immeubles-ateliers érigés à l’ouest à partir de 1830. La petite place qui correspond au début de la Grande rue et de la rue du Mail est le haut lieu d’un marché séculaire qui perdure aujourd’hui. Au XIXe siècle elle est appelée place du Marché ou du Petit Louvre en référence à une auberge qui se situait à cet endroit au XVIe siècle. La place est le lieu de réunions des Canuts au XIXe siècle, les pentes ne possédant pas de place. C’est de là que partent les ouvriers de la soie pour descendre sur l’Hôtel de Ville par la Grande Côte lors des émeutes de 1831 et 1834[17]. En se réservant la construction d’immeubles faisant face à la petite place de la Croix-Rousse, au sein de son clos, Dumenge fait réaliser une façade d’immeubles arborant un certain axe de symétrie. Des photographies du début du XXe siècle montrent la petite place sans végétation avec l’immeuble de Dumenge se repérant de loin. L’immeuble possède plusieurs enseignes peintes telles que « Au Tisseur, Herboriste, Graineterie, Triperie, Magasin de nouveautés »[18]. La Grande place est consacrée à la promenade et possède en son centre la statue de Jacquard (1752-1834) installée à cet emplacement en 1900. Elle était auparavant érigée place Sathonay. Cette place est plantée de tilleuls puis de platanes dès son origine[19]. Aujourd’hui la partie sud tient une place prépondérante dans le paysage urbain. C’est un lieu d’échange, de vie sociale, et d’activité du quartier tel que la Vogue et la Ferme de Noël. La petite place au nord possède des fonctions qui la mettent moins en valeur, elle accueille le marché le matin où viennent s’installer de nombreux producteur des Monts du Lyonnais. Elle accueille le stationnement des voitures l’après-midi. Les immeubles canuts qui se dressent à l’ouest de la place de la Croix-Rousse contrastent fortement par leur hauteur avec les maisons d’un ou deux étages situés à l’est de la place. La place s’appelle place de la Croix-Rousse depuis la délibération du Conseil Municipal du 21 septembre 1817[20].

    Le 21 mai 1810, Monsieur Dumenge effectue une demande d’alignement pour faire construire des bâtiments aux confins de son clos[21]. La demande d’alignement qu’il entreprend concerne également l’ouverture d’une porte charretière sur son mur de clôture, au niveau de l’enfoncement de ce mur, situé en face des maisons bâties sur le chemin des Fossés, actuellement rue d’Austerlitz. Il obtient cet accord à de respecter pour cette porte l’alignement des fondations de ce mur de clôture, de manière : « que les chemins et voies publiques conservent les longueurs et distances actuelles […] moyennant quoi le sieur Dumenge est autorisé à bâtir »[22]. Il vend les terrains le long de la Grande rue de la Croix-Rousse du n° 4 au n° 14 à des personnes résidant à Lyon et qui construisent sur ces terrains soit des immeubles-ateliers soit des immeubles à logements. Certains propriétaires revendent immédiatement ces immeubles nouvellement construits à partir de 1814 à d’autres acquéreurs. Quant à Dumenge il construit le premier sur les lots qu’il conserve à la pointe sud du secteur. Il revend immédiatement les n° 2 et 10 Grande rue de la Croix-Rousse et conserve les n° 11 et 12 de la Petite place de la Croix-Rousse accueillant essentiellement des ouvriers en soie et des fabricants. En 1813, en ouvrant ce qui sera le début de l’actuelle rue du Mail au sein de son clos, Dumenge entame une deuxième phase de lotissement sur le côté ouest de cette rue. Les contributions foncières de 1814 indiquent que ces terrains ne sont pas construits[23]. Les constructions allant jusqu’au n° 7 rue du Mail figurent une première fois en 1818 dans les contributions foncières[24].

    La rue du Mail telle qu’on la connait aujourd’hui est percée en trois étapes. En 1813, Dumenge ouvre un tronçon, parallèle à la Grande rue, depuis la Petite place de la Croix-Rousse en direction du nord sur une centaine de mètres. Cette rue qui se raccorde à la voie publique devient propriété communale. La municipalité refuse de la paver. Elle reste à l’état de chemin de terre ce qui entraîne des problèmes d’écoulement des eaux pluviales. Le 7 juin 1822, une délibération du conseil municipale indique que : « Dans cet état, et dans ce temps où les chaleurs se manifestent à être violentes et dangereuses pour la santé, il est d’intérêt de la commune et du devoir de l’administration de prévenir les maux pestilentiels qui résulteraient d’une prolongation de séjour des eaux croupies qui sortent des maisons établies dans ces rues. Que pour y parvenir les propriétaires doivent établir à leurs frais le pavé dans les rues, vu qu’il y a la plus grande urgence à cause de la salubrité et sûreté pour leurs locataires »[25]. Les propriétaires ne pouvant supporter la charge de ce pavage, la commune accepte à titre exceptionnel de financer en 1824 une partie du pavage de la rue du Mail. Le reste en incombe au propriétaire proportionnellement à la longueur des façades de leur maison[26].

    2) Le clos Perrin dit du Chariot d’Or

    En 1825, avec l’accord de Chenavard architecte voyer de la ville, Perrin prolonge la rue du Mail à travers son clos en direction du nord. Cette nouvelle rue se lotit sur son côté ouest depuis l’actuelle rue d’Ivry jusqu’à la limite nord du clos Perrin qui correspond à l’actuel 29 rue du Mail. Sur l’état de section de la matrice cadastrale de 1828, les lots compris entre l’actuelle rue d’Ivry et la rue du Chariot d’Or appartiennent à Monsieur Brossard. Au deuxième quart du XIXe siècle, l’état de section de 1828 nous apprend que Monsieur Brossard est propriétaire du terrain des actuels 15 et 17 rue du Mail, il vend ses terrains à Monsieur Bergeret, marchand d’ustensiles pour la Fabrique et demeurant au n° 8 rue du Mail, maison Husson. Monsieur Pignol, pharmacien est propriétaire des terrains des actuels n° 21 au n° 29 et vend à plusieurs propriétaires. Pour lotir son clos, Perrin ouvre des nouvelles rues afin de faire communiquer la rue du Mail prolongée avec la Grande rue. La rue Henry IV, actuellement rue d’Ivry, est prolongée en direction de la Grande rue et se heurte pour cela à la rue Barrée créée par Dumenge. Cette dernière est « un couloir, vrai réceptacle d’ordures et d’immondices »[27]. Le plan d’alignement du prolongement de la rue du 13 février 1840 nous indique que cet élargissement se fait sur les propriétés de Monsieur Peysselon et de Mademoiselle Maréchal[28]. En 1840, Marie Maréchal, propriétaire rentière, promet de faire cession à la commune de la partie de son terrain nécessaire au prolongement de la rue Henri IV jusqu’à la Grande rue. En février 1840, Monsieur Peysselon en fait de même et cède à la commune la partie du terrain concerné en 1844. Le prolongement de la rue est définitivement terminé. Parallèlement la rue du Chariot d’Or est prolongée la même année. Ce prolongement se heurte au passage de la maison la Fleur de Lys pour accéder correctement à la Grande rue. Il s’avère que ce passage est reconnue comme « dangereux pour les voitures qui risquent de s’y briser et dangereux pour les piétons qui peuvent y être écrasés »[29]. Les riverains doivent céder leur terrain, Monsieur Gigodot consent à le faire, Monsieur Blanc est plus réticent car il doit se défaire d’une maison de rapport[30].

    3) Le clos Pailleron

    Le clos Pailleron correspond à un ensemble de terrains vendus en 1803 à un entrepreneur en bâtiments qui 20 ans plus tard en cède une partie aux époux Pailleron. Guillaume Pailleron, boulanger Grande rue de la Croix-Rousse, devient ainsi propriétaire des terrains actuels n° 31 à 43 rue du Mail et 4 à 8 rue Pailleron, il vend à plusieurs propriétaires. Pour lotir son terrain, il termine le prolongement de la rue du Mail en 1837 en la faisant aboucher à la rue Pailleron qu’il ouvre en même temps, parallèlement aux rues du Chariot d’Or et d’Ivry. Il cède alors ces rues à la commune[31]. Pailleron se heurte à l’urbanisation primitive de la Grande rue pour faire aboucher sa rue à cette dernière. En effet, la maison Laforest empiète au niveau de la Grande rue. La commune refuse d’intervenir car elle s’occupe déjà de l’élargissement de la rue du Chariot d’Or profitable à Peysselon élu communal. Les propriétaires se cotisent pour financer le projet. En avril 1839, ils adressent au préfet une pétition stipulant : « qu’à la Croix-Rousse rien ne se fait que par coterie du Conseil Municipale »[32]. Hors le quartier est en mauvais état car les eaux ne peuvent s’évacuer vers les caniveaux de la Grande rue. Finalement Laforest accepte de vendre et la commune paie les deux tiers de l’achat. Le 20 novembre 1839, l’architecte est chargé par le maire d’estimer les propriétés de Monsieur Laforest nécessaire à l’ouverture de la rue Pailleron sur la Grande rue[33]. Les propriétés se composent en : une cour à l’est, une maison tout entière, une partie d’une deuxième maison joignant la première. La première se compose d’un rez-de-chaussée, d’un étage et d’un grenier comme biens d’autres maisons de la Grande rue. Le rez-de-chaussée possède une allée qui communique avec la Grande rue. La seconde maison fait également un étage. La rue Pailleron est enfin correctement ouverte. En août 1839 la commune impose aux époux Pailleron de faire des travaux de déblaiement, de nivellement et de pavage de la rue pour évacuer correctement les eaux pluviales. Finalement, du fait de l’extrême détérioration de cette rue par les eaux pluviales, la commune la fait niveler fin 1839 en employant pour ceci des chômeurs. Grâce à l’ouverture de cette rue, de la rue du Chariot d’Or et de la rue d’Ivry, la Grande rue est désengorgée[34].

    Ces nouvelles rues rectilignes contrastent avec le tracé sinueux de l’ancienne rue du Faubourg. En juin 1846, un nouvel alignement dans la Grande rue est effectué pour l’élargir à 12 m[35]. Joseph Forest architecte voyer de la ville de la Croix-Rousse, expert nommé par le Maire de la commune et par Monsieur Peysselon demeurant à Lyon quai Saint Clair, doit estimer la valeur du terrain que Monsieur Peysselon doit céder. Ce terrain est compris entre la rue Henri IV et la rue du Chariot d’Or. La commune estime que l’élargissent de la Grande rue a permis aux acquéreurs de Monsieur Peysselon d’élever leur maison d’un étage supplémentaire ce qui entraine une plus-value considérable dont Monsieur Peysselon a profité pour la vente de ses terrains à des entrepreneurs de bâtiments. À ce niveau, le recul de l’alignement est de 1, 80 m, la rue fait désormais 12 m de large et les immeubles peuvent être élevés à deux fois la largeur de la rue sur laquelle ils se trouvent. Ceci explique la disparité des hauteurs d’immeubles postérieurs, datant du milieu du XIXe siècle, dans la Grande rue et le renfoncement observé dans l’alignement des façades de la rue.

    III. Une architecture faubourienne et manufacturière

    1) L’architecture faubourienne

    Lors des premiers lotissements du XVIe et XVIIe siècle, le parcellaire en lanières impose une architecture étroite, toute en hauteur. Ces maisons de type mixte possèdent à l’origine seulement un ou deux étages. Elles sont adaptées aux fonctions de commerces et artisanats. L’architecture est identique à celles des maisons rurales présentent à l’ouest du plateau.

    La mise en œuvre de ces petites architectures est souvent réalisée en maçonnerie de pierre calcaire et en pisé avec pans de bois, le tout recouvert par un enduit. La pierre, matériau coûteux, n’est utilisée que pour le soubassement, les arcades des boutiques et les escaliers extérieurs[36]. Le reste de la construction est réalisé en pisé, peu couteux car à proximité, au nord-est du plateau, est présente une carrière de loess. Les propriétaires des maisons déposent des demandent d’alignement au cours de la première moitié du XIXe siècle pour faire rehausser leur maison. La configuration étroite des parcelles ne permet pas une extension autre qu’en hauteur ou en profondeur. Ainsi, les constructions d’un à deux étages à l’époque moderne se dotent d’un étage supplémentaire. Lors de ces exhaussements, certains propriétaires en profitent pour construire une façade en retrait de l’alignement de la rue, afin d’aménager au premier étage une terrasse, comme c’est le cas n° 24 et 26 Grande rue de la Croix-Rousse. L’extension en profondeur se caractérise par la disparition progressive des jardins pour construire en fond de parcelle, parallèlement au bâtiment sur rue, des fenils surmontés ou non d’un logement et des petits ateliers.

    Il apparait ainsi que les maisons présentes au XVIIe siècle ont subi de nombreuses évolutions[37]. Les enduits actuels, souvent remaniés, masquent la nature des matériaux utilisés, cependant le mauvais état du revêtement du n° 34 et 32 fait ressortir la structure en pisé.

    L’accès et la distribution

    Les portes piétonnes ne sont plus d’origine. Sans traitement particulier, elles sont parfois encastrées dans les devantures des magasins actuels qui ont restructuré les rez-de-chaussée. La porte d’entrée est ainsi souvent placée latéralement de l’axe médian de la façade. Seules deux portes cochères sont présentent dans ce secteur aux n° 38-40 et 42 Grande rue de la Croix-Rousse. Elles donnent accès à une large allée desservant une cour intérieure et plusieurs corps de bâtiments. Les allées laissent, la plupart du temps, apparaître les solives en bois. Il s’agit d’allées particulièrement étroites qui longent une extrémité de la parcelle. L’escalier est souvent hors-œuvre et dessert parfois deux corps de bâtiment, le bâtiment principal sur rue, ainsi qu’un second bâtiment au fond de la parcelle. Ils sont séparés par une cour commune comme aux n° 24 et 26 Grande rue. Certains escaliers présentent une structure en bois très ancienne comme aux n°58 et 32-34 Grande rue.

    La distribution intérieure est généralement composée d’un rez-de-chaussée comprenant une cuisine et une boutique, une cave en dessous, une chambre au-dessus et un petit jardin derrière, comme c’est le cas pour le n° 48 lors d’une reconnaissance de propriété de 1783[38].

    Les cloisons intérieures sont souvent en bois ainsi que les escaliers intérieurs.

    2) Les immeubles-ateliers

    La plupart des immeubles-ateliers accueillent des tisseurs indépendants avec leurs ouvriers. Les recensements de la population de la commune de la Croix-Rousse indiquent qu’au XIXe siècle, un ouvrier en soie possède en général un à deux métiers. Les ouvriers en soie logent dans un appartement indépendant de son employeur. Dans ces immeubles vivent également les actifs en rapport avec le tissage. On retrouve dans le quartier de nombreuses dévideuses, ourdisseuses, plieuses et cannetières, tandis que sur les pentes on a plutôt des dessinateurs, liseurs de dessins et piqueurs de cartons. S’ajoutent également des catégories modestes comme des hommes de peines et des journaliers qui logent en haut de l’immeuble. La légèreté des façades permet de plus grandes libertés d’ouverture et on peut éventuellement mettre en retrait une façade sans en fragiliser la structure car elle n’est pas porteuse. Les planchers sont soutenus par deux ou trois poutres très larges ce qui permet de dégager de vastes pièces sans cloison. De même les toitures reposent sur des charpentes légères ce qui permet facilement de rajouter un étage[39].

    Au XIXe siècle, le développement des carrières et les moyens d’acheminement par bateaux ou trains change les habitudes à Lyon. Les pierres permettent de construire des édifices solides d’autant plus que dans la région elles sont d’excellentes qualités[40]. Ceci explique que ces immeubles nous soient parvenus aujourd’hui en si bon état.

    La façade s’organise de manière répétitive. Les étages carrés sont similaires, seul le dernier étage est parfois plus bas pour alléger l’apparence de monotonie. On peut diviser les façades des immeubles-ateliers en trois parties. Le rez-de-chaussée qui possède un traitement distinct du reste des étages, les étages eux-mêmes et enfin la toiture délimitée par une corniche. Un enduit permet d’homogénéiser la structure, il cache le matériau employé pour l’élévation de l’immeuble. La couleur qui varie d’un immeuble à l’autre rompt la notion d’uniformité. De hautes fenêtres rythment ces façades et leur nombre interdit l’utilisation de volets extérieurs par manque de place. C’est pourquoi elles sont équipées de jalousies dont le mécanisme est caché par les lambrequins tels qu’on peut encore en voir aux n° 27 et 39 rue du Mail.

    Les décors de façade sont peu nombreux ce qui est classique sur les immeubles-ateliers construits, parfois sous la surveillance d’un simple contremaître, avec un souci d’économie[41]. Seul le rez-de-chaussée est parfois séparé des étages supérieurs par un bandeau horizontal souvent en grande partie masqué par les devantures de magasins. Les commerces sont plus rares à partir du n° 35 rue du Mail où les rez-de-chaussée sont souvent réaménagés en logements privés gardant pour certains de belles devantures en bois travaillé comme au n° 37 rue du Mail. L’entresol n’est généralement pas de mise sauf pour le n° 1 rue d’Ivry où l’entresol a permis d’obtenir la hauteur suffisante pour construire un balcon au premier étage. Au niveau du toit, la corniche est en bois et ne comporte traditionnellement pas de décor, hormis parfois la présence de modillons comme au n° 15 rue du Mail. Le n° 8 Grande rue de la Croix-Rousse se détache en présentant une corniche très décorée. Les baies du rez-de-chaussée sur cour présentent souvent des volets en bois comme au n° 43 rue du Mail.

    L’accès et la distribution

    L’accès aux immeubles se fait par des portes piétonnes avec le plus souvent une imposte. Dans le secteur elles sont majoritairement latérales par rapport à l’axe médian de la façade. Une seule porte cochère est présente au n° 23 rue du Mail, faisant face à la rue de Nuits. Les portes sont généralement à un battant et ne possèdent que très rarement des encadrements décorés. Seule la porte du n° 7 rue du Mail présente un encadrement en belle menuiserie travaillée.

    L’allée est toujours perpendiculaire à la rue et mène à l’escalier souvent situé en fond d’immeuble. Cette allée dessert également une cour commune ou des jardins d’agréments privés comme aux n° 39 et 41 rue du Mail. L’allée et l’escalier peuvent être communs à deux immeubles et correspondent souvent au fait qu’ils soient construits en même temps par le même propriétaire ou non, comme aux n° 39 et 41 rue du Mail. Les escaliers sont perpendiculaires à la rue sauf du n° 27 au 31 rue du Mail. Ils sont majoritairement à deux volées droites avec repos intermédiaire où s’effectue l’éclairage de la cage par des baies sur cour. Ces escaliers sont soit à jour central soit à mur plein. Il n’y a qu’un seul escalier à mur noyau ajouré au n° 6 Grande rue de la Croix-Rousse. Quelques escaliers remarquables se détachent aux n° 1 rue d’Ivry et 8 et 1 rue Pailleron. Tous les trois présentent un escalier à jour central avec une volée tournante et un long palier galerie en retour. Ces immeubles sont dotés traditionnellement au dernier étage d’un « escalier à la parisienne »[42] en bois à quartiers tournants possédant parfois des marches carrelées de tomettes et une rampe raide en bois.

    Les parcelles des n° 28 Grande rue et 21, 23 rue du Mail communiquaient entre elles par un passage aménagé au sein d’un ancien immeuble-atelier sur cour aujourd’hui rattaché au n° 28 Grande rue. Pendant plusieurs décennies le n° 28 Grande rue et une partie du n° 23 rue du Mail avaient le même propriétaire expliquant cette volonté de rendre plus facile la communication entre les deux rues. L’aménagement de petits ateliers de tissage mécaniques sur cour, durant le deuxième quart du XXe siècle, a condamné définitivement cet accès.

    Ce secteur de la Croix-Rousse présente deux types d’architecture correspondant à deux siècles différents d’urbanisation. La Grande rue accueille principalement des maisons faubouriennes datant pour la plupart du troisième quart du XVIIe siècle et souvent remaniées au cours du XIXe siècle. Le début de la Grande rue et les autres rues du secteur, rue du Mail, d’Ivry, du Chariot d’Or, accueillent essentiellement des immeubles-ateliers construits majoritairement dans la première moitié du XIXe siècle. Il s’agit d’un secteur charnière entre deux ambiances architecturales différentes, le bâti canut à l’est du plateau et un bâti faubourien avec des petits commerces à l’ouest. Aujourd’hui ce patrimoine architectural a été réhabilité et désormais sert de lieu de résidence à une population nouvelle qui tire parti de la hauteur des appartements afin d’adapter ces logements au mode de vie urbain du XXIe siècle. Les nouvelles constructions d’immeubles, comme le n° 6 rue Pailleron, cherchent à s’insérer dans ce tissu urbain en reprenant, en façade, le rythme et les éléments distinctifs des immeubles-ateliers mitoyens. Il s’inscrit dans une ambiance urbaine qui marque encore aujourd’hui l’identité du secteur.

    [1] DELFANTE Charles et PELLETIER Jean, 1350-2015 Plans de Lyon portraits d’une ville, Lyon, Éditions Stéphane Bachès, 2006, p. 20.

    [2] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 79.

    [3] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 43.

    [4] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 45.

    [5] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 49.

    [6] POINTET Joseph, Historique des propriétés et maisons de la Croix-Rousse de 1350 à 1790, 1926, Volume 1, p. 231.

    [7] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 50.

    [8] MONNET Thierry, Étude de l’architecture mineure de la Croix-Rousse du XVIIIe siècle à la moitié du XIXe siècle, Mémoire de maîtrise de l’Institut d’Histoire de l’art, Université Lyon 2, juin 1990, p. 69.

    [9] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 33.

    [10] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 87.

    [11] BENOIT Bruno et SAUSSAC Roland, Histoire de Lyon : des origines à 2005, Brignais, Éditions des Traboules, 2005, p. 199.

    [12] PELLETIER Jean, Connaître son arrondissement : Le Quatrième, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, 1997, p. 18.

    [13] RASMUSSEN Steen Eiler, Villes et architectures, Marseille, Éditions Parenthèses, Collection eupalinos, 2008, p. 217.

    [14] RASMUSSEN Steen Eiler, Villes et architectures, Marseille, Éditions Parenthèses, Collection eupalinos, 2008, p. 221.

    [15] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 50.

    [16] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 179.

    [17] DELFANTE Charles et PELLETIER Jean, Places de Lyon portraits d’une ville, Lyon, Éditions Stéphane Bachès, 2009, p. 106.

    [18] Arch. Mun. Lyon, Cartes postales, [en ligne], .

    [19] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 84.

    [20] Arch. Mun. Lyon, 3WP5-1, Délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse séance du 21 septembre 1817, 1813-1819, p. 76.

    [21] Arch. Mun. Lyon, 3WP4, Délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse séance du 21 mai 1810, 1810-1813, p. 154.

    [22] Arch. Mun. Lyon, 3WP4, Délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse séance du 21 mai 1810, 1810-1813, p. 154.

    [23] 3 WP 80 10, Foncier : état de section, section du faubourg : côté d’Orient quartiers du Chapeau Rouge et des Gloriettes, 1814.

    [24] 3 WP 082, Contribution personnelle et mobilière, 1818-1819.

    [25] Arch. Mun. Lyon, 3 WP5-2, Délibérations du conseil municipal séance du 7 juin 1822, 1819-1825, p.63

    [26] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 180.

    [27] Arch. Mun. Lyon, 3WP7-1, Délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse séance du 30 septembre 1837, 1813-1819, p. 249.

    [28] Arch. Mun. Lyon, 3 WP 192, Permission de voirie, dossiers par rue : rue Henri IV, 1816-1852.

    [29] Arch. Mun. Lyon, 3WP7-1, Délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse séance du 30 septembre 1837, 1834-1837, p. 249.

    [30] Arch. Mun. Lyon, 3 WP 192, Permission de voirie, dossiers par rue : rue Henri IV, 1816-1852.

    [31] Arch. Mun. Lyon, 3 WP 193, Permission de voirie, dossiers par rue : rue Pailleron, 1790-1851.

    [32] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 183.

    [33] Arch. Mun. Lyon, 3 WP 193, Permission de voirie, dossiers par rue : rue Pailleron, 1790-1851.

    [34] BARRE Josette, La Colline de la Croix-Rousse : Histoire et géographie urbaines, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire institut des études rhodaniennes, 1993, p. 183.

    [35] Arch. Mun. Lyon, 3 WP 192, Permission de voirie, dossiers par rue : rue Henri IV, 1816-1852.

    [36] MONNET Thierry, Étude de l’architecture mineure de la Croix-Rousse du XVIIIe siècle à la moitié du XIXe siècle, Mémoire de maîtrise de l’Institut d’Histoire de l’art, Université Lyon 2, juin 1990, p. 209.

    [37] ALEX Dorothée, Petit guide des architectures en pisé à Lyon, Grenoble, CRATerre éditions, 2012, p. 45.

    [38] POINTET Joseph, Historique des propriétés et maisons de la Croix-Rousse de 1350 à 1790, Volume I, 1926, p. 251.

    [39] JACQUET Nicolas, Façades lyonnaises : 2000 ans de création architecturale et de confluence culturelle, Paris, éditions Les Beaux Jours, 2008, p. 39.

    [40] BERTIN Dominique et MATHIAN Nathalie, Lyon : silhouettes d’une ville recomposée, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, 2008, p. 160.

    [41] BARRE Josette, « Bâti croix-roussien et soierie », In L’Archéologie industrielle en France, n°54, Paris, juin 2009, p. 32.

    [42] BERTIN Dominique et MATHIAN Nathalie, Lyon : silhouettes d’une ville recomposée, Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, 2008, p. 292.

  • Organisation de la soierie lyonnaise

    Référence utilisée : http://echo-fabrique.ens-lyon.fr

    La soierie lyonnaise était organisée sur le modèle complexe et original de la fabrique dispersée (voir sur ce point la présentation de Alain

    Cottereau, « The Fate of Collective Manufactures in the Industrial World : The Silk Industries of Lyons and London, 1800-1850 », in : C. F. Sabel and J. Zeitlin, World of Possibilities : Flexibility and Mass Production in Western Industrialization, New York : Cambridge University Press, 1997). Trois agents principaux

    intervenaient dans la fabrication de la soie : le « négociant » à la fois marchand et fabricant qui intervenait aussi bien lors de l’achat de la soie que dans la définition du modèle et du dessin et qui passait finalement commande de l’ouvrage au chef d’atelier. Celui-ci, possesseur de deux ou trois à dix métiers, travaillait donc chez lui mais pour le fabricant qui le payait aux pièces. Enfin les compagnons, simples ouvriers, travaillaient pour le chef d’atelier (sur ce point, par exemple, F. Rude, Le mouvement économique et social, ouv. cit., p. 48-49). En janvier 1832 la Chambre de Commerce de Lyon décrivait au

    nouveau préfet Gasparin, dans les termes suivants l’organisation singulière de la fabrique lyonnaise : « La production des tissus de soie n’est pas, comme celle des autres tissus, concentrée dans quelques grands ensembles réunissant des masses d’ouvriers […]. La production dont il s’agit se répartit, au contraire, entre plusieurs centaines de maisons qui reçoivent, en premier lieu, les commandes des mains des commissionnaires, leurs intermédiaires avec les pays de consommation. Elle est ensuite distribuée par chaque maison entre des chefs d’atelier qui, possédant chacun un ou plusieurs métiers exploités par eux-mêmes ou par des ouvriers logés chez eux, sont de fait à la tête de petites manufactures dont la réunion compose à proprement parler la fabrique de Lyon », cité dans Maurice Canton-Debat, Un homme d’affaire lyonnais : Arles-Dufour (1797-1872), Thèse de doctorat en histoire, Université Lyon 2, 2000, p. 77.

    CONSEIL DES PRUD’HOMMES (références : http://echo-fabrique.ens-lyon.fr/sommaire.php?id=95&type=numero)

    Le premier conseil des prud’hommes fut créé, à Lyon, sous l’Empire, par la loi du 18 mars 1806. L’application de la loi Le Chapelier sur la

    liberté de production en faisant disparaître les règlements antérieurs avait inauguré une longue période de troubles économiques en particulier

    à Lyon où prédominait le système de la fabrique et ses nombreux règlements. A l’extrême fin du XVIIIe siècle, d’ailleurs, la

    loi du 21 Germinal an IX avait tenté de remédier aux désordres économiques en donnant compétence aux autorités de police pour régler

    les différends nombreux entre marchands et chefs d’ateliers. Très critiquée cette loi avait conduit l’Empereur, suite à la requête de la

    Chambre de Commerce de Lyon à créer le premier conseil des prud’hommes, conçu comme instance de conciliation avec des juges élus, un bureau de

    conciliation et un bureau de jugement. Dans ce système de bipartisme les marchands disposant d’un siège de plus que leurs rivaux, conservaient

    le contrôle de la décision judiciaire. Le conseil avait à régler, par la conciliation ou sinon par le jugement, les principaux litiges

    concernant les conflits de travail et la concurrence entre producteurs. Le décret du 3 juillet 1806 prévoyait l’établissement d’un conseil de

    prud’hommes dans les autres villes de fabriques. Dès 1807-1808 des prud’hommes furent créés à Clermont (Hérault), Rouen et Nîmes et, à la

    fin de l’Empire une trentaine de villes en disposaient.Références : Ernest Pariset, Histoire de la fabrique lyonnaise. Etude sur le régime social et économique de l’industrie de la soie à Lyon depuis le 16e siècle, Lyon, A. Rey, 1901, p. 259-318. Voir aussi le numéro spécial de la revue Le mouvement social,octobre-décembre 1987, n°141 ; en particulier, Monique Kieffer, « La législation prud’homale de 1806 à 1907 », p. 9-23 ; A. Cottereau, « Justice et injustice ordinaire sur les lieux de travail d’après les auditions prud’homales (1806-1866) », p. 25-59.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 3 WP 24 : "administration de la commune ; 1786-1854". 3WP 24 1 : constitution de la commune de la Croix-Rousse 1790-1830 ; 3 WP 24 2 : projet de division de la commune en trois communes distinctes 1832-1841 ; 3 WP 24 3 : archives et mobilier 1786 – 1854 ;

    AC Lyon : 3 WP 24
  • Série 3 WP : Contributions - Administrations financières - Impôts directs.

    3 WP 066 1 : cadastre. – évaluations faites par les classificateurs : 2 registres (1828). Révision : correspondance, circulaires, listes nominatives, tableau comparatif de la taxe foncière pour les années 1792, 1815 et 1829, extraits cadastraux (1826-1829). Contestations :

    correspondances, extraits cadastraux (1826-1830). 1826 – 1830

    3 WP 066 2 : mutations sur propriétés bâties et nouvelles constructions : états récapitulatifs, registres. 1814 – 1847

    3 WP 067 : nouvelles constructions soumises aux contributions foncières et à celles sur les portes et fenêtres : listes nominatives. 1830–1846

    3 WP 068 – 069 1 : assiette, répartement et perception : correspondance, listes nominatives, états récapitulatifs d’impôts, circulaires, textes officiels, rapports, affiches, pièces comptables, registre. 1788 – 1868

    068 1788 – 1805

    069 1 1809 - 1868

    3 WP 069 2 : nominations des répartiteurs de l’impôt : correspondance, circulaires. 1802 – 1848

    3 WP 069 2 : nomination des répartiteurs de l’impôt : correspondance, circulaires. 1802 – 1848

    3 WP 070 1 : patentes, assiette et perception : correspondance, textes officiels, circulaires, tableaux, affiches, listes nominatives, pétition. 1792 – 1847

    3 WP 070 2 : registre de déclarations. 1791

    3 WP 070 3 : adresses et changements de domicile d contribuables :listes nominatives. 1798

    3 WP 070 4 : matrices : extraits, avis de réception des déclarations de mutations (1794 – 1795). Rôles généraux et particuliers : correspondance, extraits, avis de publication et de mise en recouvrement, affiches, inventaires, tableaux (1796 – 1843). 1794 – 1843

    3 WP 071 : exonération et dégrèvement. – dossiers particuliers et états des décisions prises : correspondance, attestations, registres. 1796 – 1847

    3 WP 072 1 : mandements de répartition au niveau du département, de l’arrondissement et de la commune. 1797 – 1847

    3 WP 072 2 : ensemble de documents non datés : tableaux, liste nominative. S.d.

    3 WP 073 5 : vingtième pour l’année 1783 : rôle d’imposition. 1782

    3 WP 073 6 : vingtième pour l’année 1789 : rôle d’imposition (1788). Capitation pour l’année 1790 : rôle d’imposition (1790). « Pour les deux vingtièmes et quatre sous du premier… » Pour l’année 1790 : rôle d’imposition (1790). Remplacement des taxes supprimées en 1790 : texte officiel, registre (1792). 1788 – 1792

    3 WP 074 : états des trois sections « Levant », « Centre » et « Couchant » : registres. 1791

    3 WP 075 1 – 075 4 : taxe foncière pour l’année 1791. 1791 – 1792.

    075 1 1ère section et partie de la 2ème section : rôle d’imposition. Recensement des propriétaires en vue de l’établissemen de l’impôt foncier : registre.

    075 2 3ème section partie du Bourg de Cuire-La Croix-Rousse, Serin… » : copie de matrice.

    075 3 3 sections de Cuire – la Croix-Rousse : répertoire général, matrice de rôle.

    075 4 rôles d’imposition pour la commune de Cuire – la Croix-Rousse : répertoire du rôle.

    3 WP 075 5 – 075 6 : contribution personnelle mobilière. [1790-1800]

    075 5 1791 : matrice de rôle et copie de matrice de rôle pour la 3ème section

    075 6 [1790 – 1800] : répertoire (s.d.)

    3 WP 075 7 : patentes 1791 : rôle d’imposition. 1792

    3 WP 076 1 – 076 6 : taxe foncière. 1792-1796

    076 1 – 076 2 1792. 076 1 matrice de rôle. 076 2 rôle d’imposition (1793).

    076 3 – 076 4 1793. 076 3 matrice de rôle. 076 4 rôle d’imposition. Extrait du rôle de l’année 1793 pour l’établissement de celui de 1796 – 1797 (avec indication des « maisons ruinées et nouvellement construites »).

    076 5 – 076 6 1794-1795. 076 5 matrice de rôle (1796). 076 6 rôle d’imposition (1796).

    3 WP 077 1 – 078 2 : contribution personnelle mobilière. [1790-1800]

    077 1 – 077 2 1791. 077 1 matrice de rôle (1792). 077 2 copie du rôle d’imposition supplémentaire (1792).

    077 3 1792 : matrice de rôle (1793)

    078 1 [1790-1800] : matrice du rôle (s.d.)

    078 2 1793 : rôle d’imposition (1795).

    3 WP 079 1 taxe additionnelle prélevée pour les réparations du chemin de la Boucle : rôle d’imposition. 1/5ème pour 1796 et 1797 : rôle provisoire d’imposition. 1796 – 1797.

    3 WP 079 2 – 079 3 : taxe foncière. 1796-1798.

    079 2 1796 – 1798 : matrice de rôle

    079 3 1797 – 1798 : rôle d’imposition

    3 WP 079 4 – 079 6 contribution personnelle mobilière. 1796-1798

    079 4 1796-1798 : matrice de rôle.

    079 5 1796-1797 : rôle d’imposition

    079 6 1796 – 1798 : rôle supplémentaire

    3 WP 079 7 : taxe foncière 1800 et 1801 : rôle d’imposition. 1800

    3 WP 0 79 8 : contribution des portes et fenêtres 1801 et 1802 : rôle d’imposition. 1801

    3 WP 079 9 : taxe foncière et contribution des portes et fenêtres 1804 et 1805. Etats des changements pour 1805 et 1811 : rôle d’imposition. 1806 - 1817

    3 WP 080 1 : contribution personnelle mobilière 1809 : matrice sommaire. 1808

    3 WP 080 2 : patentes 1811 : matrice du rôle. 1811

    3 WP 080 3 : contribution personnelle mobilière 1811 : matrice sommaire. 1810

    3 WP 080 4 : patentes 1811 : matrice de rôle. 1811

    3 WP 080 5 : taxe foncière 1812 : rôle d’imposition (1811), copie du rôle d’imposition (1812-1813). Contribution des portes et fenêtres :

    rôle d’imposition (1811). 1811 – 1813

    3 WP 080 6 : patentes 1812 : rôle d’imposition et rôle supplémentaire. 1811

    3 WP 080 7 : contribution personnelle mobilière 1812 : rôle d’imposition. 1811

    3 WP 080 8 : taxes particulières 1812. – Journées de réparation des chemins vicinaux : rôle. 1812

    3 WP 080 9 : contribution personnelle mobilière et patentes 1813 : projet de matrice. 1813 3 WP 080 10 : taxe foncière 1814-1817. – Etat de section pour : - le faubourg « côté Orient », quartiers du Chapeau-Rouge et des Glorietes, - le faubourg « côté Occcident », quartier St Vincent, - la section de Serin. 1814-1817

    3 WP 081 1 : taxe foncière, contribution personnelle mobilière et patentes 1814 : rôle d’imposition. 1813

    3 WP 081 2 : contribution personnelle mobilière 1814 : double de la matrice de rôle. 1814

    2 WP 081 3 : taxe foncière et contribution des portes et fenêtres 1815 : rôle d’imposition. 1814

    3 WP 081 4 : contribution des portes et fenêtres 1815 : copie de la matrice. 1815

    3 WP 081 5 : patentes 1815 : rôle d’imposition. 1815

    3 WP 081 6 – 081 7 : contribution personnelle mobilière. 1814 – 1817

    081 6 1815 : rôles d’imposition

    081 7 : 1815 – 1817 : copie de matrice de rôle

    3 WP 082 1 : taxe foncière et contribution des portes et fenêtres : rôle d’imposition. Contribution personnelle mobilière : état des restes à percevoir. Patentes : rôle d’imposition. 1816

    3 WP 082 2 : contributions extraordinaires destinées à couvrir les dépenses militaires de 1815 pour l’année 1816 : rôle d’imposition.

    1815-1818.

    3 WP 082 3 : contribution personnelle mobilière 1818-1819 : matrice de rôle. 1819

    3 WP 083 1 : taxe foncière, contribution personnelle mobilière et patentes 1820-1821 : rôle d’imposition. 1820-1821

    3 WP 083 2 : recensement des portes et fenêtres : registre. 1822

    3 WP 083 3 : taxe foncière, contribution personnelle mobilière et patentes 1822 : minute de rôle. Patentes, taxe foncière et contribution

    des portes et fenêtres 1824 : rôle d’imposition. 1822-1824

    3 WP 084 1 : quatre contributions directes 1826-1828 : matrice de rôle. 1826-1828

    3 WP 084 2 : contribution personnelle mobilière 1828 et 1829. 1828-1829

    3 WP 085 1 : contributions directes 1829-1831 : matrice générale. 1829-1830

    3 WP 085 2 : taxe foncière 1830 : état récapitulatif. 1830

    3 WP 085 3 : patentes 1829 – 1831 : matrice de rôle. 1828

    3 WP 085 4 – 085 5 : contributions des portes et fenêtres, contribution personnelle mobilière, taxe foncière et patentes. 1831-1833

    085 4 1831 : état du montant des rôles

    085 5 1832 : matrice de rôle

    3 WP 086 1 : taxe foncière et contribution des portes et fenêtres 1833 – 1835 : matrice générale. Contribution personnelle mobilière et patentes 1833 : matrice de rôle. 1833 – 1835

    3 WP 086 2 : contribution personnelle mobilière et patentes 1834 : rôle d’imposition, affiche. 1834

    3 WP 086 3 : patentes et centimes additionnels : matrice supplémentaire. 1834

    3 WP 086 4 : taxe foncière et contribution des portes et fenêtres 1835 : état du montant des rôles. Contribution personnelle mobilière et patentes 1835 : rôle d’imposition, affiche. 1835

    3 WP 086 5 – 086 6 : taxe foncière et contribution des portes et fenêtres 1836. 1836

    086 5 matrice de rôle

    086 6 concerne les nouvelles constructions et les

    reconstructions : état du montant des rôles

    3 WP 086 7 : contribution personnelle mobilière et patentes 1836 : matrice de rôle, affiche. 1836

    3 WP 087 1 : taxe foncière et contribution des portes et fenêtres 1837 : matrice générale. 1837

    3 WP 087 2 : patentes 1837 : matrice générale. 1837

    3 WP 087 3 : taxe foncière et contribution des portes et fenêtres 1838 : copie de la matrice générale. 1838

    3 WP 088 1 : contribution personnelle mobilière et patentes 1838 : matrice de rôle. 1838

    3 WP 088 2 : patentes 1839 : matrice de rôle. Taxe foncière et contribution des portes et fenêtres 1839 : matrice générale. 1839

    3 WP 089 : contribution personnelle mobilière et patentes 1840-1842 : matrices de rôle (1839-1840, 1842). Taxe foncière et contribution

    des portes et fenêtres 1840-1841 : matrice générale. 1839-1842

    3 WP 090 : contribution personnelle mobilière et patentes 1843-1844 : matrice de rôle. Taxe foncière et contribution des portes et fenêtres 1842-1844 : matrice de rôle. 1842-1844.

    A partir des numéros de parcelles du plan cadastral, les registres permettent de retrouver à quelles dates les terrains ont été bâtis. Grâce aux documents, toutes les constructions situées entre la rue Dumenge et la rue Pailleron peuvent être datées, car le secteur est entièrement bâti en 1846 (exceptées les parcelles mutables des garages de réparation ou des ateliers). Les registres de la série renseignent aussi sur les mutations de propriétés.

    AC Lyon : 3 WP 066 à 3 WP 090
  • Registres des délibérations du Conseil Municipal de la Croix-Rousse 1788-1852 :

    3 WP 2 : séances du 24/02/1788 – 27/06/1792

    3 WP 3_1 : séances du 5/10/1793 – 29/12/1794

    3 WP 3_2 : séances du 8/01/1795 – 18/01/1800

    3 WP 4 : séances du 03/01/1800 – 30/04/1813

    3 WP 5_1 : séances du 02/05/1813 – 28/11/1819

    3 WP 5_2 : séances du 12/12/1819 – 18/12/1825

    3 WP 6_1 : séances du 29/01/1826 – 22/11/1829

    3 WP 6_2 : séances du 10/01/1830 – 23/12/1833

    3 WP 7_1 : séances du 10/01/1834 – 25/11/1837

    3 WP 7_2 : séances du 29/11/1837 – 16/01/1840

    3 WP 8_1 : séances du 20/01/1840 – 16/07/1842

    3 WP 8_2 : séances du 09/08/1842 – 29/11/1943

    3 WP 9 : séances du 13/12/1843 – 30/04/1845

    3 WP 10 : séances du 05/05/1845 – 24/02/1847

    3 WP 11_1 : séances du 27/02/1847 – 22/02/1849

    3 WP 11_2 : séances du 26/02/1849 – 31/03/1852

    AC Lyon : 3 WP 2 ; 3 WP 3_1 ; 3 WP 3_2 ; 3 WP 4 ; 3 WP 5_1 ; 3 WP 5_2 ; 3 WP 6_1 ; 3 WP 6_2 ; 3 WP 7_1 ; 3 WP 7_2 ; 3 WP 8_1 ; 3 WP 8_2 ; 3 WP 9 ; 3 WP 10 ; 3 WP 11_1 ; 3 WP 11_2
  • 3 WP 027 1 à 061 : population ; registres de recensements de la population de la commune de la Croix-Rousse (contient notamment le nombre de métiers à tisser par foyer) . 1795 - [1900]

    3 WP 027 1 : 1795

    3 WP 027 2 : 1825-1829

    3 WP 028 : 1831

    3 WP 029 : 1833

    3 WP 030 : 1834

    3 WP 031 : 1835-1837

    3 WP 032 : 1838

    3 WP 033 : 1839

    3 WP 034 : 1840

    3 WP 035 : 1841

    3 WP 036 : 1842

    3 WP 037 : 1843

    3 WP 038-043 : 1844-1845

    038 : section St-Denis

    039 : section du Chariot d’or

    040 : section Gloriette

    041 : section de l’Enfance

    042 : section de Serin

    043 : section St-Clair, cours d’Herbouville

    3 WP 044 : 1845. Sections de l’Enfance, des Gloriettes, de St-Denis

    3 WP 045 : 1847

    3 WP 046-060 :1851

    046-049 : section de l’Enfance

    050-053 : section du Chariot d’or

    054 : section de Serin

    055 : section St-Clair

    056 : section St-Denis

    057-060 : section des Gloriettes

    3 WP 061 : [1800-1900]. Cours d’Herbouville

    AC Lyon : 3 WP 027 1 à 061
  • 3 WP 199 : voirie urbaine : plan général, dénomination des rues, plantations d’arbres, numérotage des rues

    Plan général d'alignement : pochette 1 : plan général d’alignement ; Pochette 2 : conventions avec Chenavard ; Pochette 3 : plan de la ville ; commission ;

    Dénomination des rues 1811-1817 : pochette 1 : cours d’Herbouville ; Pochette 2 : rue Dumenge ; Pochette 3 : numérotage des maisons ;

    Pochette 4 : plantations d’arbres 1815-1851 ; Pochette 5 : projet de plan général par Gors ;

    AC Lyon : 3 WP 199
  • 3 WP 189 : "dossier par rue". Dossier rue du Chapeau Rouge ; Dossier rue du Chariot d’or.

    Rue du Chapeau-Rouge : pochette 1 : permission de voirie 1815-1852 ; Pochette 2 : élargissement 1837-1848 ; Pochette 3 : entretien 1827-1840 ; Pochette 4 : plan d’alignement 1840-1846 ;

    Rue du Chariot d’or : pochette 1 : entretien 1834 ; Pochette 2 : portail du passage du Chariot d’or maison Blanc 1829-1840 ; Pochette 3 : permission de voirie 1828-1850 ; Pochette 4 : plan d’alignement 1843 ; Pochette 5 : prolongement de la rue du Chariot d’or jusqu’à la

    Grande Rue 1835-1845 ;

    AC Lyon : 3 WP 189
  • 3 WP 191 : dossier par rue "rue Dumenge"

    Pochette 1 « Chemin Dumenge » : demande d’élévation d’un mur de clôture par Monsieur Langloire le 5 mars 1819 ; Pochette

    2 « permission de voirie » ; Pochette 3 « entretien » ;

    Les dossiers par rues donnent des informations sur les percements, les agrandissements et les élargissements des rues. Ils contiennent également des permissions de voirie, des contrats de cession et des demandes d'alignement pour des constructions d'immeubles ou des modifications ultérieures. Des plans d'alignement accompagnent souvent les documents. Tous ces documents permettent de retracer l'historique des rues et de savoir à quel moment elles ont été percées ou modifiées. ils apportent aussi des renseignements sur les différents propriétaires des lotissements du secteur oriental du Plateau de la Croix-Rousse.

    AC Lyon : 3 WP 191
  • 3 WP 193 : dossier par rue : rue du Mail ; clos Pailleron ; rue Pailleron ; rue du Pavillon

    Rue du Mail : pochette 1 : souscriptions, rigoles pavées 1838 ; Pochette 2 : permission de voirie 1818-1843 ; Pochette 3 : réclamation de Monsieur Ajac pour dommages causés à sa maison par les projectiles de l’artillerie lors de l’insurrection du 15 juin 1849 à la Croix-Rousse ;

    Clos Pailleron : Pochette 1 : donation des deux rues par les mariés Guillaume Pailleron et Marie-Anne Rimbourg 1837 ; Pochette 2 : nivellement du quartier Pailleron ;

    Rue Pailleron : pochette 1 : expropriation 1842-1844 ; Pochette 2 : permission de voirie 1836-1851 ; Pochette 3 : prolongement de la rue 1837 à 1843 ;

    Rue du Pavillon : pochette 1 : entretien 1820 ; écoulement des eaux de la rue ; Pochette 2 :permission de voirie 1818-1836 ;

    AC Lyon : 3 WP 193
  • 3 WP 192 : dossiers par rues : rue d’Ivry ; rue des Gloriettes ; rue Janin ; rue des Fossés ; rue Henri IV ; clos Dard et Paris ;

    Rue d'Ivry : pochette 1 : terrain cédé à la voie publique par M.Peysselon 1844 ;

    Rue Henri IV : pochette 1 : permission de voirie 1831-1844 ; Pochette 2 : entretien 1841 ;

    AC Lyon : 3 WP 192
  • 3 WP 195 : rue et place de la Visitation ;

    Place de la Visitation : vente d’un emplacement de terrain à la Croix-Rousse par Gigodot, Couturier, Bayeret/Mayeret, Chatrond et leurs épouses le 29 février 1837 ; Plan de la place par le voyer Forest 1837

    Rue de la Visitation : pochette 1 : maison Suisse ; permission de voirie ;

    AC Lyon : 3 WP 195
  • 321 WP 060 3 : "RUE DU CHARIOT D'OR, 4ème arrondissement : - Prolongement jusqu'à la grande rue de la Croix-Rousse : correspondance

    1841-1844 - Élargissement : cession de terrains : actes de vente, correspondance, rapport 1895-1896"

    Pochette 1 : prolongement de la rue 1841-1844 ; Pochette 2 : élargissement de la rue et cession de terrain par MM. Chenaud et Martinaud, 1896

    AC Lyon : 321 WP 060 3
  • 321 WP 141 3 : "RUE DU MAIL, 4ème arrondissement: - élargissement de la dite rue : cession de terrains sis la dite rue et la rue des Fossés : correspondance, actes de vente 1852-1854". Cession de terrain à la municipalité par monsieur Depaix le 16 septembre 1854.

    AC Lyon : 321 WP 141 3
  • 315 WP 073 13 : "RUE PAILLERON RUE DE NUITS : - Alignement : modifications d'ouvertures : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports 1852-1876."

    AC Lyon : 315 WP 073 13
  • 315 WP 108 7 : "RUE DE LA VISITATION : - Alignement : constructions de bâtiments, constructions de murs de clôture, exhaussements de maisons, modifications d'ouvertures : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports 1852-1879."

    AC Lyon : 315 WP 108 7
  • 315 WP 32 : "constructions ; alignement ; rue Duguesclin à Dumont"

    Dossier de demandes d'alignement déposées pour la rue Dumenge entre 1852 et 1893. Le dossier sur la rue Dumenge contient treize demandes d'alignement pour des changements de portes, des élévations, des modifications d'ouvertures et des percements de fenêtres. Il s'agit de travaux réalisés bien après les constructions des immeubles, on ne possède pas les demandes d'alignement pour la construction des immeubles de la rue Dumenge.

    AC Lyon : 315 WP 32
  • 315 WP 057 4 : "RUE DU MAIL : - Alignement : construction d'un bâtiment, construction d'un mur de clôture, entrepôt de matériaux, exhaussement d'un mur de clôture, modifications d'ouvertures : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports 1852-1894."

    AC Lyon : 315 WP 057 4
  • 315 WP 017 6 : "RUE CHAPEAU ROUGE : - Alignement : constructions de bâtiments, construction d'un mur de clôture, exhaussements de maisons, modifications d'ouvertures, réparation du mur du Grand Séminaire : autorisations arrêtés, correspondance, rapports 1852-1895."

    AC Lyon : 315 WP 017 6
  • 315 WP 047 9 : "RUE HENRI IV, 4ème arrondissement : - Alignement : constructions de bâtiments, exhaussement d'un mur de clôture, modifications d'ouvertures : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports 1853-1856."

    AC Lyon : 315 WP 047 9
  • 315 WP 18 : "RUE DU CHARIOT D'OR : - Alignement : constructions de bâtiments, exhaussement d'une maison, modifications d'ouvertures : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports."

    AC Lyon : 315 WP 18
  • 315 WP 088 2 : "RUE SAINTE ROSE : - Alignement : construction d'un bâtiment, construction d'un trottoir, exhaussement d'une maison, modifications d'ouvertures : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports 1853-1878."

    AC Lyon : 315 WP 088 2
  • 321 WP 220 4 : clos de la Visitation ; passage Lamure ; Gigodot ; prolongements des rues. 1857

    AC Lyon : 321 WP 220 4
  • 315 WP 53 : "alignement passage Lamure ; 1858-1883."

    AC Lyon : 315 WP 53
  • 315 WP 048 8 : "RUE D'IVRY : - Alignement : constructions de bâtiments, constructions de murs de clôture, entrepôts de matériaux, exhaussements de maisons, modifications d'ouvertures : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports 1858-1898"

    AC Lyon : 315 WP 048 8
  • 315 WP 075 9 : "RUE DU PAVILLON : - Alignement : construction d'un bâtiment, constructions de murs de cloture, exhaussement d'une maison : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports." 1860

    AC Lyon : 315 WP 075 9
  • 315 WP 044 1 : "RUE GIGODOT : - Alignement : constructions de bâtiments, exhaussement d'une maison, exhaussement d'un mur de clôture : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports 1862-1897"

    AC Lyon : 315 WP 044 1
  • 321 WP 020 : "RUE DE BELFORT, 4ème arrondissement : - Élargissement entre les rues d'Austerlitz et Sainte Rose : alignement : pétition des habitants du 4ème arrondissement, cession de terrains, expropriation et indemnisation, enquête : plans, correspondance, affiches publiques 1874-1890 - Prolongement entre la rue Janin et la grande rue de la Croix-Rousse, élargissement de la rue Janin : alignement et nivellement : enquête, pétition, expropriation, cession de terrains : plans, correspondance, affiches publiques, rapport 1892-1897"

    Élargissement de la rue de Belfort entre les rues d’Austerlitz et Sainte-Rose : pochette 1 : pétitions ; Pochette 2 : élargissement de la rue de Belfort, cession de terrain par M. Crétin ; Pochette 3 : expropriation de l’immeuble Laurent rue de Belfort, 1874 ; Pochette 4 : prolongement de la rue Belfort et élargissement de la rue Janin, instance Lambiki 1896

    AC Lyon : 321 WP 020
  • 315 WP 006 2 : "PLACE BELFORT : - Alignement : modifications d'ouvertures : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports 1877-1882"

    315 WP 006 3 : "RUE DE BELFORT : - Alignement : constructions de bâtiments, construction d'un mur de clôture, modifications d'ouvertures : autorisations : arrêtés, correspondance, rapports".

    AC Lyon : 315 WP 006 2 et 3
  • 321 WP 072 1 : "création d’une place publique au devant du groupe scolaire rue Belfort". Création d'une place et prolongement de la rue Pailleron

    AC Lyon : 321 WP 072 1
  • 923 WP 032 : "projet de rectification de la Grande-Rue et des rues avoisinantes, 1890-1894".

    AC Lyon : 923 WP 032
  • 321 WP 078 : projet de rectification de la Grande-Rue et des rues avoisinantes, projet de Bouilhères et Teysseire 1891

    AC Lyon : 321 WP 078
  • 922 WP 049 4 : "prolongement de la rue Gigodot 1920-1926".

    AC Lyon : 922 WP 049 4
  • 1 C 316 Tomes 1 et 2 : POINTET Joseph, Historique des propriétés et maisons de la Croix-Rousse de 1350 à 1790, 1926

    AC Lyon : 1 C 316
  • 3Q 17/221 : table des acquéreurs (1794-1838) ; lettre D, nom Dumenge

    AD Rhône : 3 Q 17/221
  • 3 Op 219 : "voirie vicinale 1800-1847" ; Croix-Rousse, acquisition de terrain, voirie urbaine (9 affiches et 2 plans).

    AD Rhône : 3 Op 219
  • 3Q 17/198 : registre du 1er mars 1808 au 27 août 1810 des déclarations de mutations par décès ; p. 168 : 7 mai 1810

    AD Rhône : 3 Q 17/198
  • 3Q 17/215 : table des ventes correspondant à la table des acquéreurs 3Q 17 / 221 ; p. 21 acte de vente du 7 mai 1810 enregistré devant le notaire Chazal ; vendeur Jeanne-Catherine Dumenge.

    AD Rhône : 3 Q 17/215
  • Op 397 : contentieux entre la commune de la Croix-Rousse et le propriétaire Pierre-Gabriel Dumenge au sujet d'une boutasse, 1810

    AD Rhône : Op 397
  • 4 Q 5/138 : hypothèques ; liste des ventes de Pierre-Gabriel-Claude Dumenge, négociant demeurant à Lyon, entre 1810 et 1816.

    AD Rhône : 4 Q 5/138
  • 421 Q 68 : Volume 68 article 91 : 15 décembre 1810 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 68
  • 421 Q 87 : volume 87 article 38. 10 juin 1812 ; article 62. 17 juin 1812 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 87
  • 421 Q 88 : Volume 88 article 53. 10 juillet 1812 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 88
  • 421 Q 93 : volume 93 article 10. 16 décembre 1812 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 93
  • 421 Q 95 : volume 95 article 73. 24 mars 1813 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 95
  • 421 Q 96 : volume 96 articles 19 et 20. 14 avril 1813 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 96
  • 421 Q 97 : volume 97 article 12. 13 mai 1813 ; article 25. 18 mai 1813 ; article 60. 8 juin 1813 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 97
  • 421 Q 98 : volume 98 article 17. 2 juillet 1813 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 98
  • 421 Q 100 : volume 100 article 34. 24 octobre 1813 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 100
  • 421 Q 101 : volume 101 article 1er. 24 novembre 1813 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 101
  • 421 Q 103 : volume 103 article 10. 20 juillet 1814 ; article 87. 3 septembre 1814 ; ventes de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 103
  • 421 Q 109 : volume 109 article 62. 11 mars 1815 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 109
  • 421 Q 112 : volume 112 article 30. 20 octobre 1815 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 112
  • 421 Q 113 : volume 113 article 14. 9 décembre 1815 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 113
  • 4 Q 5/177 : hypothèques ; liste des ventes de Pierre-Gabriel Dumenge de 1816 à 1827 ; suite du dossier 4 Q 5/138

    AD Rhône : 4 Q 5/177
  • 421 Q 119 : volume 119 article 50. 1er janvier 1816 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 119
  • 421 Q 120 : volume 120 article 31. 21 juin 1816 ; article 32. 21 juin 1816 ; article 33. 21 juin 1816 ; article 82. 4 juillet 1816 ; article 95. 9 juillet 1816 ; ventes de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 120
  • 421 Q 121 : volume 121 article 16. 12 juillet 1816 ; article 27. 13 juillet 1816 ; ventes de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 121
  • 421 Q 124 : volume 124 article 60. 11 octobre 1816 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 124 ou 4 Q5 /3629
  • 421 Q 134 : volume 134 article 15. 7 novembre 1817 ; vente de Dumenge.

    AD Rhône : 421 Q 134 ou 4 Q5 /36/39
  • 421 Q 155 : volume 155 article 33. 22 janvier 1820 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 155
  • 421 Q 160 : volume 160 article 54. 9 septembre 1820 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 160
  • 421 Q 219 : volume 219 article 52. 2 mai 1827 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 219
  • 421 Q 223 : volume 223 article 10bis. 7 septembre 1827 ; vente de Dumenge

    AD Rhône : 421 Q 223
  • AD Rhône, 3 P 138/168. États de sections des propriétés bâties et non bâties : section A dite de Serin, section B dite de la Croix-Rousse, section C dite de Saint Clair, 20 octobre 1828. L'aire d'étude appartient à la section C dite de Saint-Clair. Le document présente l'état du secteur et des quartiers en 1828. Les parcelles sont numérotées sur le plan et, le registre donne les noms des propriétaires des parcelles et la nature de celles-ci : terre, jardin, passage, hangar ou maison.

    AD Rhône : 3 P 138/168
  • Matrices des propriétés bâties et non bâties par ordre alphabétique des rues 3P 138/177 : "1882-1910 : cases 1-1000 rue des actionnaires à rue Gigodot" ; 3P 138/181 : "1910-1944 : cases 1-1028 rue des Actionnaires à rue Dumont" ; 3P 138/192 : "1943-1974 : rue des Actionnaires (n°2) à rue du Chariot d'Or (n°1bis-30)" ; Mutations de propriétés de 1882 à 1974. Les matrices des propriétés bâties présentent les changements de propriétaires entre 1882 et 1974 par ordre alphabétique des rues.

    AD Rhône : 3P 138/177 ; 181 ; 192
  • 3 WP 4 : Délibérations du conseil municipal de la Croix-Rousse, 1810-1813.

    AC Lyon
Documents figurés
  • 3 S 111 : [Plan de la Ville de Lyon] ‘Lion ville très considérable du Royaume de France située...’ 1700 Fer (Nicolas de) 1 f. pap. collée sur support carton de 0,332 x 0,220 [environ 1/12.000] Gravé sur cuivre Léger relief en hachures Taché.

    AC Lyon : 3 S 111
  • 3 S 116 : ’Plan de Lyon avec ses agrandissements par L. Denis, 1780.’ 1780 Denis (L.) 1 f. pap. collée sur support papier et sur support carton 0,268 x 0,164 [environ 1/20.000] (6,6 cm = 1.000 toises) Gravé sur cuivre Lyon plus une partie de La Guillotière Déchiré à l'angle en haut à droite (morceau perdu).

    AC Lyon : 3 S 116
  • 1612 WP 300 à 311 : plan des chemins vicinaux de la commune de la Croix-Rousse vers 1820, plans et élévations de maisons

    AC Lyon : 1612 WP 300 à 311
  • 3 S 121 : ’Plan de la Ville et faubourgs de Lyon, revu et corrigé suivant les nouveaux changements par Rudemare.’ [vers 1805] Rudemare -

    Delamonce, architecte, C. Inselin, graveur - A. Paris, chez Jean. 1 f. pap. collée sur support toile 0,485 x 0,361 [environ 1/7.000] l'échelle oscille entre 1/7.000 du Nord au Sud et 1/8.500 de l'Est à l'Ouest. Gravé sur cuivre, 2 couleurs Limites : N. Remparts de la Croix-Rousse - E. Rive gauche du Rhône (avec une partie du faubourg de la Guillotière) - E. Emplacement du Palais Impérial - O. Saint-Irénée. Légende des principaux bâtiments publics. Noms des rues Fatigué aux plis.

    AC Lyon : 3 S 121
  • 3 S 176 : ’Plan des chemins vicinaux de la commune de la Croix-Rousse.’ [vers 1820] 1 f. pap.0,605 x 0,378 1/5.000 Manuscrit, plume et lavis, 4 couleurs Noms des chemins et surfaces bâties Bon.

    AC Lyon : 3 S 176
  • 3 S 845 : 'Plan de division de la Croix-Rousse en 22 sections sanitaires' 1832

    AC Lyon : 3 S 845
  • 1 S 1 : 'plan général de la Croix-Rousse, Chenavard, 1835'

    AC Lyon : 1 S 1
  • 2 S 168 a : ’Plan de la ville de Lyon et ses environs, réduit d'après les meilleurs levés, corrigé, augmenté et gravé d'après des plans particuliers et des reconnaissances faites sur les lieux.’ 1838 J.M. Darmet Lettre gravée par A. Malo, Paris Midan, libraire, Lyon 1 f.pap.0,898 x 0,560 1/6.000 Lithogr.2 couleurs Limites : N. Eglise St Denis, E. Fort des Brotteaux, église St Louis, S. Confluent, O. Ecole vétérinaire. Noms des rues (plan quadrillé pour les cites), liste en cartons. Surfaces bâties. Relief en havhures. Entoilé, déchirures (manques), fané. 2.S.168 a photocopie même format.

    AC Lyon : 2 S 168 a
  • 3 S 843 : ’Plan de la Ville de la Croix-Rousse.’ [vers 1840] Forest, architecte voyer Brunet (H.) et Cie, lithographe à Lyon 1 f. pap. 0,575 x 0,425 1/5.000 Imprimé Additions manuscrites : éclairage à l'huile ou au gaz. Surfaces bâties, noms des rues A.M. Croix-Rousse Sie M. Fatigué aux plis.

    AC Lyon : 3 S 843
  • 3 S 844 : ’Plan de la Ville de la Croix-Rousse.’[Limites des paroisses] 1840, 15 mai Morin, architecte 1 f. pap. 0,390 x 0,235 1/10.000 Manuscrit, plume et lavis, 4 couleurs Surfaces bâties, noms des rues Légende : limite des paroisses Sie M. Croix-Rousse Bon.

    AC Lyon : 3 S 844
  • 2 S 513 : ’Nouveau plan topographique et pittoresque de la Ville de Lyon, de ses faubourgs, de ses forts et de ses environs’ 1842

    Nöellat (J.B.) Valluet, graveur Guyet, dessinateur 21 f.pap. collées sur support toile 0,935 x 0,605 1/8.400 Lithographie Add. manuscrites 5 couleurs Surfaces bâties - Noms des rues - Légende Relief en hachures Lyon + la Croix-Rousse, Vaise (part.), la Guillotière, Caluire (part.) Bon.

    AC Lyon : 2 S 513
  • 3 S 125 : ’Nouveau plan topographique et pittoresque de Ville de Lyon...’ 1844 J.B. Noëllat 1 f. pap. 0,586 x 0,416 1/8.300 Lithographie, 1

    couleur Limites : N. Remparts de la Croix-Rousse - E. Part-Dieu - S. Confluent - O. Cimetière de Loyasse. Surfaces bâties. Emplacements des stations de bateaux avec les noms des compagnies. Relief en hachures. Noms des rues. Bon.

    AC Lyon : 3 S 125
  • 2 S 153 : ’Plan de Lyon, de ses environs et de ses forts.’ 1844 L.Dignoscyo Ed. impr. : Rey-Sézanne, Lyon 1 f.pap. 0,640 x 0,430 1/20.000 Lithogr. Lyon et environs. Limites: N.Mont Cindes E.: Villeurbanne S.:Oullins O.: Ecully Guillotière Villeurbanne (partie) Caluire - St Rambert - St Cyr - St Didier - Ecully - Vaise - Ste Foy - Oullins - Croix Rousse. En carton : en bas gauche : titre. En bas à droite vue de la façade de l'Hotel de Ville. Limites de l'inondation de 1840 Relief sommaire en hachures. Cotes relatives au pont de l'Archevêché Au dos, cote moderne (crayon noir) : ‘n°44’ Fatigué aux plis, entoilé.

    AC Lyon : 2 S 153
  • 2 S 586 a : ’Plan de Lyon de ses environs et des forts.’ 1844 Dignoscyo (L.) Rez-Sézanne, éditeurs. 1 f.pap. (28 morceaux) collés sur support toile. 0,630 x 0,425. 1/20.000 Lithographie. Add.manuscrites 3 couleurs. Légende : Léger relief en hachures. Surfaces bâties. Lyon + La Croix-Rousse - Caluire et Cuire - Villeurbanne (parp.) Oullins (part.) - Ste Foy (part.) - Ecully (part.) - St Cyr (part.) - St Rambert (part.) Don de Mr Hours 05/06/1980. Bon.

    AC Lyon : 2 S 586 a
  • Plan topographique de la Ville de Lyon et de ses environs / Eugène Rembielinski et Laurent Dignoscyo, 1847. 1 : 10000. 1 est. : lithogr. ; 65 x 89,9 cm (AC Lyon : 2 S 574)

    AC Lyon : 2 S 574
  • AC Lyon 2 S 289. Plan topographique de la Ville de Lyon et de ses environs 1848 / Dignoscyo (L), Rembielinski (Eug.), graveur Kaepplin, imprimeur 1 f. pap. 0,870 x 0,610 1 : 10.000. Lithographie Lyon + la Croix-Rousse, la Guillotière, Vaise, Villeurbanne (part.), St Rambert (part.). Léger relief en hachures. Surfaces bâties - Noms des rues. Fatigué aux plis.

    AC Lyon : 2 S 289
  • 2 S 509 : ’Plan de Lyon et de ses nouveaux quartiers, la Guillotière, les Brotteaux, St Irénée et la Croix-Rousse.’ Add. manuscrites : Plan général des remblais du 3ème arrt. 1855 Gadola (J.B.) Fugère, imprimeur 1 f.pap. 0,850 x 0,540 1/8.200 Impr. Add. manuscrites, 5 couleurs : remblais à la Guillotière et aux Brotteaux - Crépet - 1854 25 septembre En carton : Lyon et ses environs Légende - Noms des rues - Surfaces bâties Bâtiments publics Fatigué aux plis.

    AC Lyon : 2 S 509
  • 2 S 265 : ’Nouveau plan complet et illustré de la Ville de Lyon et des communes de la banlieue.’ 1858 Duchesne (E.) Mangeon, imprimeur, Paris. Gadola (J.B.), éditeur 1 f.pap. 1,120 x 0,785 [1/8.300] Lithographie Lyon + Caluire et Cuire (part.), Villeurbanne (part.), la Mulatière (part.), Ste Foy. Noms des rues Dessins des principaux bâtiments publics. Table alphabétique des rues : cours, quais, places, bureaux de perception de l'octroi, etc.’ Fatigué aux plis.

    AC Lyon : 2 S 265
  • 1541 WP 116 : plan général de Lyon réalisé par Dignoscyo, 1863

    AC Lyon : 1541 WP 116
  • 1612 WP 141 : plan de la ville de Lyon, XIXe siècle. Après 1863 car la gare de la Croix-Rousse est dessinée

    AC Lyon : 1612 WP 141
  • 2 S 343 a : ’Nouveau plan de Lyon illustré avec Tramways avec toutes les modifications et changements les plus récents. Publié par Ph. Sapin.’ Sapin (Ph), éditeur Goudey, graveur Monrocq, imprimeur 1 f.pap. 0,560 x 0,453 [1/15.000] Lithographie LImites : N. Cimetière de la Croix-Rousse, E. Fort de Villeurbanne, M. Confluent, O. Cimetière de Loyasse. Léger relief en hachures Tracé des lignes de tramways Noms des rues. Légende. Surfaces bâties.

    AC Lyon : 2 S 343 a
  • 3 P 1019 : cadastre ; La Croix-Rousse - Tableau d'assemblage ; 1827; 1/10000e

    AD Rhône : 3 P 1019
  • Lugdunum vulgo Lyon [vue cavalière de la ville de Lyon] / F. de Wit.(?) exendit(?) [ap. 1625] / 1 est. : en noir, papier beige. 51 x 40 cm (BnF, Est. : Va 69, t. 2, H147107 ; Cartes et plans : GED-3943). Notes : vue équivalente à Va 69, t. 2, H. 147106). Dans un cartel en bas, à gauche : "Lugdunum vulgo Lyon". Semble une copie du plan de Simon Maupin de 1625

    BnF, Est. : Va 69, t. 2, H147107 ; GED-3943
  • GED - 4147 : Plan de Lyon et de ses environs / Gez auf Stein von Sebastian Wolf, 1818, document cartographique, carte,image fixe ;

    1 flle ; 38 x 24 cm ; format jpeg

    BnF : GED - 4147
  • Lyon ; 1852 ; Éditeur : E. Wagner (Darmstadt) ; Bibliothèque nationale de France, GED-6420 ; document cartographique, carte, image fixe ; 1 flle ; 31 x 21 cm

    BnF : GED-6420
  • GEC - 516 : Nouveau Plan illustré de la ville de Lyon et de ses faubourgs / dessiné par Driat ; 1873 ; document cartographique, carte,image fixe ; 1 flle ; 83 x 63 cm ; format jpeg

    BnF : GEC - 516
  • [La Place de Belfort, la Croix-Rousse, vers 1900] ; fonds Jules Sylvestre ; [ca 1900] ; Bibliothèque municipale de Lyon / P0546_SA 6/16 ; 1 photographie, 15,5 x 22 cm - tirage papier, noir et blanc

    BM Lyon : P0546_SA 6/16
  • [Ville de Lyon. Prolongement de la rue de la République jusqu'à la Croix-Rousse] ; fonds Jules Sylvestre ; Bibliothèque municipale de Lyon / P0546_S 416 ; 1 photographie, 21 x 27 cm - plaque de verre, noir et blanc

    BM Lyon : P0546_S 416
  • [La Croix-Rousse en 1872] ; auteur(s) Ambruster, Jean-François, 1835-1912 (photographe) ; [La Croix-Rousse en 1872] ; auteur(s) Ambruster, Jean-François, 1835-1912 (photfonds Jules Sylvestre ; [ca 1900] ; Bibliothèque municipale de Lyon / P0546_SA 6/1 ; 1 photographie,

    14,5 x 22,5 cm - tirage papier, noir et blanc

    BM Lyon : P0546_SA 6/1
  • [Vue de la Croix-Rousse, depuis Fourvière, vers 1875] ; fonds Jules Sylvestre ; auteur(s) Joguet (photographe) ; [ca 1900] ; Bibliothèque municipale de Lyon / P0546_SA 6/22 ; 1 photographie, 17,5 x 23,5 cm - tirage papier, noir et blanc

    BM Lyon : P0546_SA 6/22
  • [Plan des nouveaux quartiers résidentiels de la Croix-Rousse] ; fonds Jules Sylvestre ; [ca 1950] ; Bibliothèque municipale de Lyon / P0546_S 1623 ; 1 photographie, 18 x 24 cm - plaque de verre, noir et blanc

    BM Lyon : P0546_S 1623
Bibliographie
  • Villermé Louis-René, Tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie,

    Paris, EDHIS, 1979, reproduction de l'éd. de 1840 de Jules Renouard et Cie

  • Mangini Félix, Les petits logements dans les grandes villes et plus particulièrement dans la ville de Lyon, Lyon, Stock Paris : G. Masson, 1891, 98 p.

  • TISSEUR Clair, Le littré de la Grand'Côte : à l'usage de ceux qui veulent parler et écrire correctement / par Nizier du Puitspelu 1894, Lyon : Ed. Lyonnaises d'art et d'histoire, 2000, 353 p.

    p. 121
  • LAFFERRERE Michel, Lyon ville industrielle, essai d’une géographie urbaine des techniques et des entreprises, Presses Universitaires de France, Paris, 1960

  • Garden Maurice, Lyon et les Lyonnais au XVIIIe siècle, Paris, Flammarion, 1975, 374 p.

  • CAYEZ Pierre, Métiers Jacquard et hauts fourneaux, aux origines de l’industrie lyonnaise, Lyon : PUL, 1978, 465 p.

  • Vincent Robert, Les classes populaires et leur logement : la rue de Chartres à la Guillotière 1840-1870, Lyon : Maitrise d'Histoire, Université lumière Lyon 2, 1979, 1 vol.

  • MATHIAN Nathalie, L’habitat à Lyon 1800-1852 : quartier Perrache-Bellecour, Lyon : Maitrise Histoire de l'art, Université Lumière Lyon 2, 1986, 2 vol.

    p. 101
  • MONNET Thierry, Etude de l'architecture mineure de la Croix-Rousse du XVIII ème siècle à la moitié du XIX ème siècle : d'après un fonds de Mr Vanario sur des demandes d'alignement de constructions croix-roussiennes de 1800 à 1850, Lyon : Maitrise Histoire de l'art, Université Lumière Lyon 2, 1990, 3 vol.

  • BARRE Josette, La colline de la Croix-Rousse : histoire et géographie urbaines, Lyon : Ed. Lyonnaises d’Art et d’Histoire, 1993, 469 p.

  • Catalogue réd. par Gérard Bruyère, Noëlle Chiron, Jeanne-Marie Dureau, Forma urbis : les plans généraux de Lyon, XVIe-XXe siècles, Lyon : archives municipales, 1997, 249 p.-29 f. de pl. dépl. en noir et en coul. : ill., couv. ill. en coul. ; 29 cm

  • MIGNOT Claude, Gramaire des immeubles parisiens : six siècles de façade du Moyen-âge à nos jours, Paris, éd. Parigramme, 2004, 205 p.

    p. 26
  • TASSINARI Bernard, La soie à Lyon : de la Grande Fabrique aux textiles du XXIe siècle, Lyon : Éd. Lyonnaises d'art et d'histoire, 2005, 254 p.

    p. 98
  • BERTIN Dominique et MATHIAN Nathalie, Lyon : silhouettes d’une ville recomposée : architecture et urbanisme, 1789-1914, Lyon : Ed. Lyonnaises d'art et d'histoire, 2008, 351 p.

  • SAVAY-GUERRAZ Hugues, Recherches sur les matériaux de construction de Lyon et Vienne antiques (Lyon, Saint-Romain-en-Gal : Rhône, Vienne : Isère), Thèse de 3e cycle -Université Lyon 2 - Juin 1985. (p. 105, 122, 285, 286)

    Archives privées
  • Frobert Ludovic, L’Écho de la Fabrique. Naissance de la presse ouvrière à Lyon, 1831-1834, Lyon, ENS-Editions, 2010.

    Région Rhône-Alpes, SRI, Lyon
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