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Ville de Thiers

Dossier IA63001225 réalisé en 2008

Fiche

  • La ville haute depuis le sud-ouest.
    La ville haute depuis le sud-ouest.
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  • Parties constituantes

    • rue
    • maison
    • hôtel de ville
    • sous-préfecture
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    • complexe sportif
    • musée
    • bibliothèque
    • salle de spectacle

La ville haute depuis le quartier du Moutier et les rives de la Durolle. Au premier-plan, le pont du Navire.La ville haute depuis le quartier du Moutier et les rives de la Durolle. Au premier-plan, le pont du Navire.

La formation de la ville

À l’origine, Thiers n’était pas encore accrochée au versant ; le noyau initial de la ville - le « Tiern » ou « Tigernum » des débuts - se situe, selon toute vraisemblance et en l’état actuel des recherches, dans le quartier du Moûtier, ainsi nommé à cause de la présence de moines, venus installer leur monastère dans le castrum mérovingien.

Cette première implantation d’un habitat au pied de la montagne et aux marges de la plaine de la Limagne se cristallise peu à peu autour du monastère et de l’église, dédiée à Saint-Symphorien d’Autun (voir dossiers IA63001008 et IA63001242). « Au 8e siècle comme au 6e siècle, (...) rien n'indique que des maisons se soient dès lors étagées sur les pentes que continuait de dominer isolée l'église de Saint-Genès » 1. À la fin du 14e siècle encore, une zone de terres non bâties sépare la ville haute et le Moûtier : un texte de 1392 signale cet espace - qui n’est pas précisément situé - comme lieu d’installation d’une « récluserie » 2. Le bâtiment actuel de l’église Saint-Symphorien daterait du 11e siècle, époque à laquelle l’abbaye est rattachée à Cluny. Cependant, le développement que l’on aurait pu supposer important pour cette agglomération originelle, installée en terrain plat aisément constructible, stagne au profit de celui du site installé sur les hauteurs dominant le Moûtier. Au milieu du 13e siècle, un contrat de pariage entre l’abbé du Moûtier (qui était aussi le seigneur du bourg) et Alphonse de Poitiers inclut pourtant une clause prévoyant la fondation éventuelle d’une ville neuve dans la zone du Breuil, au sud de l’abbaye 3 ; mais malgré une première tentative (en 1265-1266, une « nouvelle bastide » semble avoir été construite), le projet de lotissement des terrains de l’abbaye n’aboutira jamais.

Le site haut, lui, correspond au sommet de l’éperon sur lequel sont groupés l’église Saint-Genès, puis l’ensemble de ses bâtiments canoniaux (voir dossiers IA63001007 et IA63001243), et un château fortifié. La légende veut que l’église ait été fondée en 575 par Avit Ier évêque de Clermont, à la suite de la découverte fortuite d’une sépulture qui aurait été celle de saint Genès 4. De façon plus certaine, l’église est dotée d’un chapitre et de ressources en 1016 par Guy II, seigneur de Thiers, et le bâtiment est restauré au début du 12e siècle. Le château aurait été édifié au 10e siècle, vers 927 probablement 5, puis aurait connu de nombreuses transformations jusqu’au 15e siècle 6 ; le donjon et les derniers vestiges castraux ont été démolis vers 1835, époque à laquelle un tribunal est édifié à leur emplacement. L’ensemble du château, de la collégiale et de l’espace du cimetière les séparant, entouré de fortifications, constitue le noyau primitif de la ville haute.

Un troisième site enfin, entre les deux précédents, est lié à l’église Saint-Jean du Passet (voir dossier IA63001006) et à son faubourg, installé (déjà au tout début du 11e siècle et peut-être antérieurement) sur l’un des principaux axes de communication, à l’extrémité d’un promontoire rocheux dominant la vallée de la Durolle 7. À mi-chemin - en distance mais aussi en dénivelé - entre le Moûtier et Saint-Genès, il constitue un lien et une transition entre les deux, et fait fonction de passage, très escarpé et difficile, comme le nom « du Passet » le laisse d’ailleurs transparaître 8. Même englobé par la grande enceinte de la ville au 14e siècle, ce quartier est toujours resté un peu à part : géographiquement, il est installé sur une excroissance au sud-est de la ville haute ; historiquement, le faubourg semble hors de l’influence des chanoines de Saint-Genès.

Le quartier Saint-Jean dominant la vallée de la Durolle, probablement au début du 20e siècle.Le quartier Saint-Jean dominant la vallée de la Durolle, probablement au début du 20e siècle.

Thiers, telle que nous la connaissons, est donc née de la juxtaposition de ces trois sites distincts, tous étant déjà vraisemblablement en place au début du 11e siècle. Ce collage d’entités autonomes, aux administrations et justices séparées mais désignées par un seul toponyme, est particulièrement notable aux 11e, 12e et 13e siècles.

D’un point de vue historique, le développement de la ville suit un parcours tout à fait traditionnel et attendu pour ce type d’agglomération médiévale : création de la première enceinte autour des institutions seigneuriales et religieuses, château et église, puis deuxième enceinte destinée à intégrer le bourg dans les murailles et enfin nouvelles fortifications destinées à protéger les faubourgs, au fur et à mesure de leur développement.

SI les premiers remparts du 11e siècle n’enserrent que le château, sa basse-cour et les bâtiments du chapitre de Saint-Genès, la deuxième enceinte englobe toutes les habitations d’un bourg créé au nord, probablement avant le dernier quart du 13e siècle et au dénivelé déjà important ; les raisons de cette implantation dans une des directions les plus pentues (on monte en direction du nord) s’expliquent d’ailleurs difficilement, sauf si l’on considère la présence d’une source à proximité, au nord-ouest du château et au cœur de cette deuxième enceinte (elle sera canalisée jusqu’à la « conche du Peyron », sur l’actuelle place du Pirou), qui aurait donc alimenté tout le bourg en eau 9. Notons également que ce bourg s’était développé en face de l’une des principales portes du château et peut-être aussi le long d’un chemin en direction du nord, peut-être celui existant déjà à l’époque de Grégoire de Tours, au 6e siècle 10. Une troisième enceinte, assez éphémère puisqu’elle n’existe déjà plus au milieu du 15e siècle, aurait été édifiée au cours du 14e siècle, pour protéger les extensions ouest de la ville, autour de l’actuelle rue de la Coutellerie (voir dossier IA63002335).

La « grande enceinte », la quatrième, datant de la fin du 14e ou du tout début du 15e siècle, s’étend encore plus vers le nord, mais aussi considérablement vers le sud, jusqu’à clore le quartier de Saint-Jean. L’église, à proximité de laquelle s’était formé celui-ci, ne semble avoir été englobée dans l’enceinte que plus tardivement, vraisemblablement pendant les guerres de Religion. La porte de ville, accolée à l’angle nord-est de l’église, serait un ouvrage de cette époque ; on peut en voir les vestiges encore aujourd’hui 11. L’axe principal nord-sud de cette quatrième enceinte correspond, du moins globalement, à l’une des principales pentes. À la fin du 16e siècle, outre la fortification autour de l’église Saint-Jean, l’ultime complément de fortification, à l’est, concerne à son tour une zone très pentue, l’accès à la Durolle.

Tracé schématique des enceintes successives et emplacement des portes de ville.Tracé schématique des enceintes successives et emplacement des portes de ville. Légende de l'emplacement des portes de ville. 1- porte de la Bout, 2- porte de la Tour carrée, 3- porte Charnier ou des Barres, 4- Pedde Saint-Genès, 5- porte présumée Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, 6- porte Sallemant, 7- et 8- portes créées postérieurement à la 2e enceinte, 9- porte Formet ou Portal du bourg, 10- porte de Lymagne ou porte Notre-Dame, 11- porte [?] - 2 hypothèses d'emplacement, 12- porte de Lyon, 13- porte du Lac, 14- porte Neuve, 15- porte Notre-Dame ou de la Malorie, 16- porte de Coagne, 17- porte Saint-Jean, 18- porte de Lyon ou du pont de Seychal.

Ces agrandissements successifs des remparts ont suivi l’installation d’habitations qui se sont greffées peu à peu autour du château et ont accompagné ce développement. La ville devenait prospère et attirait de nouveaux habitants, qui n’avaient d’autre choix que de s’installer sur les pentes : peu ou prou et quelle que soit la direction envisagée, celles-ci entouraient le site primitif du château. Cependant, certaines parcelles trop pentues restaient semble-t-il inoccupées : en 1476, à l’intérieur de la ville, environ 90 emplacements sont déclarés comme non bâtis, vraisemblablement en raison du relief 12.

"La ville et chasteau de Tihert" : vue générale de la ville au milieu du 15e siècle."La ville et chasteau de Tihert" : vue générale de la ville au milieu du 15e siècle.

Le dernier quart du 15e siècle représente manifestement une grande phase de développement pour la ville. La densité du tissu urbain intra-muros augmente à cette époque, si l’on en croit le terrier de 1501 qui fait état de nombreuses constructions sur des parcelles laissées vacantes jusqu’alors 13. L’observation de l’habitat in situ corrobore d’ailleurs cette hypothèse : une grande majorité du bâti du centre-ville a conservé des vestiges de cette époque, alors qu’il n’en subsiste pratiquement aucun des époques antérieures. La conjoncture, en cette après guerre de Cent Ans, doit avoir été favorable à un tel essor, puisque contrairement à d’autres régions, l’Auvergne est sortie relativement tôt des conflits. Ses deux principales activités, la coutellerie et la papeterie, ont ainsi pu prendre de l’ampleur 14.

Il est permis de penser en toute logique que l’augmentation de la population de la ville a accompagné cette croissance ; la tradition ne donne-t-elle pas à la ville, encore au 18e siècle semble-t-il, l’appellation de "Thiers le peuplé" 15 ? Cependant, il semble y avoir eu pénurie d’habitations, la population s’étant accrue de façon plus rapide que le nombre de logements 16.

La croissance de l’agglomération dans la partie haute de la ville autour du château s’est faite au détriment de la partie basse du Moûtier. L’importance de la famille des seigneurs de Thiers, l’une des principales maisons d’Auvergne, n’est sans doute pas étrangère à ce fort développement de la ville haute. Elle est liée d’assez près, à certaines époques, au pouvoir royal, en particulier au roi Louis VI le Gros au début du 12e siècle, lorsqu’un des fils de la famille de Thiers épouse la sœur de l’empereur de Constantinople et petite-fille du roi Louis VI. Ou encore, aux 14e et 15e siècles : en 1371, la seigneurie de Thiers passe par mariage au duc Louis II de Bourbon, oncle maternel de Charles VI ; puis la fille de Louis XI épousera Pierre de Beaujeu, duc de Bourbon, seigneur de Thiers : tous deux seront régents du royaume entre 1483 et 1492, pendant la minorité de Charles VIII.

Plusieurs siècles de développement seront nécessaires à la ville haute pour aboutir à un regroupement avec la ville basse du Moûtier. Cette jonction ne se fera que par adaptation aux accidents du terrain et au dénivelé. Les extensions successives le long des pentes et des voies de communication, se jouant du modelé du terrain - vallée, coteaux, obstacles rocheux - mèneront à une fusion officielle de Thiers en une seule entité à la fin du 18e siècle, donnant en plan l’impression de racines tentaculaires issues du centre castral originel. On peut penser que la ville haute est « descendue » vers la plaine, plutôt que l’inverse ; la ville basse avait, elle, toute latitude pour s’agrandir en terrain plat : le projet de lotissement au 13e siècle dans le secteur du Breuil et les prolongements du faubourg du Moûtier, au 20e siècle, se sont faits côté plaine, vers l’ouest et le sud-ouest.

Plan de la ville au milieu du 18e siècle.Plan de la ville au milieu du 18e siècle.

Fortifications et pente

Comme beaucoup de cités médiévales, Thiers a donc été fortifiée à plusieurs reprises ; ses murailles ont été, lors de chaque campagne, tributaires du relief. Une description rapide des contours de la grande enceinte suffit à saisir les complexités d’un tracé aux altitudes fluctuantes qui, en plan, paraît pourtant assez simple : après être descendue le long des grands escaliers de la rue Chauchat, la muraille s’infléchissait sur des versants plus doux vers le sud-est en direction de Saint-Jean et du nord-est vers le chemin des Murailles, fermait la rue Durolle à mi-pente puis devait remonter jusqu’en haut de l’actuelle rue Pasteur (voir dossier IA63001218) ; après une bifurcation vers l’ouest et les rues Traversière, Conchette (voir dossier IA63001248) et Abbé-Delotz, transversalement à la déclivité, elle redescendait abruptement vers la rue Lasteyras, alors bien plus montueuse qu’actuellement, pour faire la jonction avec l’ancienne fortification 17.

L’un des éléments d’aménagement récurrents, déjà perceptible à la fin du Moyen Age, est celui des escaliers flanquant chaque porte de ville, créés pour rattraper le dénivelé entre ville dans-les-murs et ville hors-les-murs. Il semble en effet que la plupart des entrées de ville (ou du moins celles de la première enceinte) aient été dotées de marches (généralement « descendant » vers l’extérieur), dès l’édification des premiers remparts mais aussi lors de percements ultérieurs. Nous en avons un exemple avec la porte de « La Bout » (voir la représentation de Revel fig.4), l’une des principales de l’enceinte primitive puisqu’elle permettait l’entrée dans la ville depuis le chemin de Clermont passant par le Moûtier ; c’était aussi le cas de la « Portula » (à l’est de la tour Chabanel ou du Châtelain) ou encore celui de la porte du Château, réaménagée vraisemblablement entre 1450 et 1476 pour donner plus de largeur au passage et qui présentait aussi des marches, les « degrés du Chastel » 18.

Les escaliers de ces passages étaient parfois assez conséquents : ceux du bas de l’actuelle rue du Palais (voir dossier IA63002363), créés pour assurer la circulation hors les murs lorsqu’on sortait de la première enceinte près de la tour Chabanel (ou du Châtelain) 19, présentent une pente, de nos jours, d’au moins 66%. La création des larges volées de marches toujours en place sous la pedde Saint-Genès - porte créée tardivement pour remplacer la porte Notre-Dame-de-Bonnes-Nouvelles 20 -, a été imposée aussi par l’important dénivelé sur la courte distance entre place du Palais et rue Mancel-Chabot (voir dossier IA63002336).

La pedde Saint-Genès depuis la place du Palais.La pedde Saint-Genès depuis la place du Palais.

Un exemple parmi d’autres de ces adaptations au dénivelé est celui d’une partie de la deuxième enceinte entre les rues du Transvaal et Alexandre-Dumas (voir dossier IA63001250). De récents sondages archéologiques ont confirmé ce qui était déjà perceptible a priori : les niveaux du sol naturel sont très différents d’un côté et de l’autre du mur, la rue du Transvaal dominant de 8 à 9 mètres la circulation à l’extérieur de l’enceinte, sur l’actuelle rue Alexandre-Dumas. À la mise en œuvre, cette différence de niveaux ne présentait apparemment pas d’inconvénients majeurs ; mais plus tard, probablement au 15e ou au début du 16e siècle, lorsque cette enceinte, englobée par la suivante, perd de son importance défensive, on songe à faciliter la communication d’un côté à l’autre. Une porte dont il reste des vestiges est alors percée dans la muraille. Le rapport archéologique précise que la base des piédroits de cette ouverture, restée visible, est située à 1,20 m au-dessus du niveau de sol actuel. Il existait forcément un aménagement destiné à rattraper le dénivelé, mais les différents sondages effectués n’ont malheureusement pas permis de mettre au jour un quelconque système permettant de rattraper les différences de niveau en question et de permettre le passage d’un côté à l’autre de la muraille ; les remaniements ultérieurs ont vraisemblablement détruit toute trace du dispositif. Plusieurs hypothèses sont envisageables, comme celles d’une rampe d’accès, d’une volée de marches ou encore de l’association des deux 21.

Un autre secteur de la ville, rue de la Coutellerie (voir dossier IA63002335), entre les première et troisième enceintes, illustre aussi la mise à profit, après coup, des différences de niveau pour les constructions qui ont été adossées à la fortification. Lors de la construction de la troisième enceinte, le seigneur de Thiers autorise l’établissement de maisons le long de l’ancienne muraille, côté extérieur, à condition de ménager un passage entre celle-ci et les nouvelles constructions (un relais, d’environ deux mètres de large, encore lisible par endroits sous forme de petites cours arrière) 22. Peu à peu cependant, des demandes d’autorisation d’extension pour s’appuyer à la fortification sont demandées : on trouve de nombreuses traces d’autorisations (benevis) dans les terriers de 1476 et 1531-1532 , comme par exemple « benevis de pouvoir occuper certain relais estant en ladite maison [... aussi] pouvoir haulcer ladite maison contre le mur du chastel et appuyer en iceluy » 23. Or là encore, existait une différence de niveau importante entre intérieur et extérieur du mur d’enceinte. Les maisons qui y ont été accolées se sont donc trouvées contre le talus soutenant la muraille et on a pu creuser des caves à l’arrière des habitations, parfois sur plusieurs niveaux, en hauteur par rapport à la rue, d’où cette organisation singulière d’habitations où chaque étage possède une cave 24. Il s’agit là d’un bel exemple d’adaptation empirique à un relief imposé mais exploité au mieux de ses possibilités.

La construction des enceintes a donc joué un rôle essentiel dans la physionomie de la ville : les techniques de fortification en zone de pente étant du même domaine que les travaux de terrassement, les remparts ont constitué des murs de soutènement très efficaces qui ont largement conforté, de manière indirecte mais patente, les traits majeurs du site.

Une approche de la ville

Thiers, ville de pentes : évidence donc, tant la présence du cadre - le site escarpé - est sensible en permanence ; mais parfois oubliée, dissimulée en quelque sorte sous d’autres atours historiques, l’omniprésence de la pente finissant par en faire oublier l’importance. Il est donc nécessaire d’y prêter délibérément attention. Le thème de la pente peut être abordé de diverses manières, selon que l’on considère l’agglomération du point de vue d’un voyageur la découvrant de loin puis de l’intérieur, jusque dans les aménagements qui peuvent la caractériser ; ou d’un point de vue plus sociologique, dans ses rapports au reste de la commune ou à ses quartiers hauts et bas.

L’approche de la ville est particulièrement significative lorsqu’on l’aborde par la route venant de Clermont-Ferrand, à l’ouest : l’ensemble urbain semble n’être qu’un décor plaqué sur un versant assez abrupt, à l’instar d’une belle façade principale sur rue 25. La double particularité d’ouverture sur le site et d’exposition au regard offre des avantages évidents quant à la répartition de la vue et de la lumière, distribuées de façon égale grâce au décalage des bâtiments en gradins. Elle crée aussi des contraintes particulières : puisqu’elles sont offertes à la vue de tous - parfois de très loin - l’organisation générale du bâti, l’architecture de chaque édifice et jusqu’aux parcelles cultivées 26, sont parties intégrantes de l’aspect même du site et des notions d’homogénéité ou de disparité qui en découleront. Cette caractéristique est applicable à toutes les zones de déclivité en général et on parlera communément de ville ou de site « en amphithéâtre », même si c’est de façon inexacte. On peut lire ainsi, dans un rapport de 1922 pour l’installation d’une sirène sur les toits de l’hôtel de ville : « La ville de Thiers située sur les contreforts dominant la rivière La Durolle, est bâtie en amphithéâtre sur une assez grande étendue de territoire (...) » 27.

La première vision de Thiers depuis l’ouest et la plaine est celle de la découpe sur le ciel des toits les plus élevés, formant la « silhouette », le « profil » de la ville 28. Dans un deuxième temps, on perçoit la ville comme un dessin en deux dimensions, une représentation de la ville verticale sur laquelle se lisent parfaitement, comme en plan, les tracés des différentes rues escaladant les pentes. Enfin, en s’approchant encore, on perçoit des volumes, à la manière de cubes empilés ; les détails deviennent sensibles et certains bâtiments émergent de l’ensemble. On comprend que toutes les façades, loin de tourner le dos au « vide », sont percées d’ouvertures en direction de la plaine et donc de l’observateur. L’illusion de pouvoir découvrir la ville depuis l’ouest, en une fois, est grande ; en fait, ce n’est pas le cas puisqu’il apparaît que la façade est de la ville, vue depuis les versants de la rive gauche de la Durolle, est tout aussi ouverte à l’observateur, mais présente un autre aspect encore.

Ainsi tout l’ensemble urbain devient un objet à considérer dans sa globalité, qu’on ne regarde plus comme la simple juxtaposition de maisons ou la somme de lieux remarquables : il détient dès lors un statut visuel à part entière. La silhouette de la ville, la découpe des lignes de crête sur le ciel prennent alors toute leur importance et donnent au lieu toute sa singularité. Et l’on note au passage le rôle joué par l’orientation des lignes de faîtage dans cette vision d’ensemble : ici, la plupart des toitures alignent leurs murs gouttereaux sur la rue, offrant très peu de pignons en façade ; il en résulte cette relative continuité des tracés (malgré les étagements dus aux différences de hauteur des bâtiments) qui rend sensible de loin, nous le disions, le dessin de la voirie.

Il convient d’ailleurs de souligner l’importance de la distance du regard ou de l’axe de vision. Observer la pente nécessite plus ou moins de recul, les distances d’observation variant selon l’élément considéré, depuis le grand paysage que l’on découvre de loin - ou d’en haut -, en passant par les îlots d’habitation, jusqu’à des éléments d’aménagement parfois insignifiants de prime abord, révélant à leur échelle une adaptation au site sans doute empirique mais plutôt bien maîtrisée. Selon que l’on est loin ou près, le face à face avec la pente n’a plus le même impact : le site, embrassé dans sa totalité supposée lorsqu’on en est encore éloigné, peut au contraire donner l’impression de « fermeture » lorsqu’on le considère depuis une parcelle pentue ou une rue par exemple ; la déclivité, si l’on y fait face, peut alors être perçue comme un obstacle bloquant la progression et le regard. Ce phénomène est bien perceptible lorsqu’on gravit des rues aux pentes très abruptes, comme la rue Patural-Puy (voir dossier IA63002344), la rue Prosper-Marilhat (voir dossier IA63001222) ou la rue Chanelle (voir dossier IA63002352) par exemple.

Les documents officiels d’urbanisme eux-mêmes ont parfois pris en compte les caractéristiques visuelles engendrées par ce site de versants, en particulier d’ailleurs les vues vers l’extérieur, depuis la ville. L’un des plans d’urbanisme directeurs de Thiers (PUD), en 1962, préconise ainsi la protection des vues en divers quartiers de la ville, en appliquant des servitudes « non altius tollendi » (règlementant les hauteurs des constructions). On y trouve, par exemple, des recommandations pour les bâtiments à construire au lieu-dit la Terrasse (c’est-à-dire rue Terrasse - voir dossier IA63002366) en vue de conserver l’ouverture sur le paysage de la plaine de la Limagne et sur les chaînes des monts Dôme et des monts Dore depuis la table d’orientation ; ou encore un certain nombre de prescriptions concernant la préservation des vues panoramiques de la place Duchasseint sur les rochers de la Margeride ou celles des rues du Point-du-Jour (voir dossier IA63002322), Anna-Chabrol, Rouget-de-l’Isle (voir dossier IA63002326) et de l’avenue de la Gare (voir dossier IA63002359) 29.

Le plan local d’urbanisme (PLU), approuvé en 2005, affirme lui aussi la volonté de « préserver les points de vue de qualité sur la commune ». Même ponctuellement et de manière sous-jacente, le statut de la ville de pente est, on le voit, pris en compte par certains textes règlementaires dans une optique de préservation ; ainsi apparaissent, entre les lignes, des critères de vue considérés comme représentatifs de cette topographie et entérinent donc la notion « d’échappée », phénomène souvent présent dans les perspectives thiernoises. Une fois de plus, mais de manière plus administrative, le « voir » mais aussi le « (se) donner à voir », « se révéler », revêtent une importance particulière.

Caractères du site thiernois

L’analyse du site repose sur la détermination de critères permettant de définir Thiers comme ville de pentes. Une fois rassemblées tant les données chiffrées que les impressions subjectives suscitées par le lieu, on n’a pourtant pas totalement réussi à définir ce lieu escarpé en tant que tel. En effet, on remarquera très prosaïquement qu’il ne suffit pas à l’agglomération d’être bâtie sur une hauteur (à des altitudes relativement moyennes qui plus est), pour être de facto « en pente » 30. Le nombre de rues pentues est évidemment important pour prétendre à cette qualification (voir dossier IA63001226). Mais pour être totalement pertinente, il semble que cette catégorisation nécessite encore quelques éléments supplémentaires qui lui appartiendraient en propre. En outre, il apparaît que c’est l’ensemble de ces critères réunis qui est réellement discriminant dans un répartition de sites entre pente et non-pente, l’un ou l’autre isolé s’avérant nécessaire mais pas suffisant.

Il est important de prendre aussi en considération la notion de liens - ou d’échanges - entre le lieu et son environnement immédiat, une sorte de rappel du cadre rendant la présence du site perceptible dans les zones même les plus urbanisées 31. En ce sens, trois caractéristiques supplémentaires paraissent s’imposer : rues en escalier (rues-escaliers ou escaliers-rues), en pas-d’âne ou en gradins ; présence de structures de soutènement de type terrasses, maçonnées ou non ; enfin, points de vue depuis le site (l’ouverture sur le paysage, sensible un peu partout dans la ville, en fond de perspectives ou à travers les percées présentes ici ou là entre les bâtiments) et sur le site (le « tableau » ou la « vitrine »), qu’on l’aborde depuis l’ouest en arrivant de Clermont, le nord-est depuis la route de Lyon ou encore l’est depuis les versants de la rive gauche de la Durolle. Escaliers-rues, structures de soutènement et échappées sur l’environnement peuvent effectivement avoir ce rôle de rappel du grand paysage environnant, celui-ci étant sans cesse présent, de façon plus ou moins sensible, à travers eux.

La première de nos trois caractéristiques (l’escalier-rue) est en quelque sorte la traduction de la pente en termes constructifs, sa mise en scène par l’implantation d’éléments maçonnés : créés pour la maîtriser et en faciliter l’usage, les escaliers en soulignent aussi fortement la présence. On les trouve surtout dans le centre ancien de la ville (nous l’évoquerons par ailleurs), mais ils donnent à toute l’agglomération cette touche de pittoresque que l’on s’accorde à trouver aux villes en pente 32. Impossible de ne pas ressentir la pente lorsque les éléments courants de circulation que sont les rues, structures urbaines de grande ampleur, se transforment en éléments habituellement réservés à la distribution intérieure des bâtiments. Une ruelle en escalier transforme la vision de l’utilisateur sur l’espace qu’il est en train de parcourir, souligne et complexifie le jeu des réseaux.

Citons pour exemples la rue de la Dore (voir dossier IA63002339), raccourci ancien entre la rue Gambetta (voir dossier IA63001220) et la rue de la Coutellerie (voir dossier IA63002335) pour le voyageur qui arrivait par le Pavé, la rue Chabanne-Brossard (voir dossier IA63002350), partie de l’ancienne rue Vieilhe du Clos de Monseigneur à Saint Remy (plus tard aussi rue des Sœurs, en référence certainement au proche couvent de la Visitation), la pedde Saint-Genès (voir dossier IA63000483) ou encore la rue Chauchat (voir dossier IA63002353), qui s’élève au milieu des jardins, en bordure des anciens murs d’enceinte. Il est évidemment difficile de dater précisément ces emmarchements : ont-ils été conçus dès la création des passages ou aménagés plus tardivement ? Nous en sommes réduits à des hypothèses : certains, situés à proximité des murailles et menant à l’intérieur de la ville (comme les escaliers de la rue du Palais par exemple), sont probablement contemporains du passage, tout comme ceux de la pedde Saint-Genès, construits en toute logique au moment de sa création, au 17e siècle vraisemblablement ; des marches, visibles sur le dessin de Guillaume Revel, sembleraient indiquer également qu’un passage en escalier permettait l’accès à la ville intra-muros depuis l’une de ses portes (la porte de « La Bout ») à partir du milieu du 15e siècle au moins. D’autres escaliers, comme ceux de la rue Chabanne-Brossard, n’ont peut-être été aménagés que lors de l’apparition d’habitations le long de l’ancien chemin de communication. Tous, en tout cas, font partie intégrante des paysages familiers de la ville actuelle, malgré leur inadaptation intrinsèque aux modes contemporains de déplacement urbain.

L’existence de versants travaillés en terrasses est également caractéristique d’un site en dénivelé ; à Thiers, il s’agit plus spécifiquement de grands murs de soutènement, plus que de terrasses à proprement parler (si ce n’est dans le cas des petits jardins suspendus) mais aussi des nombreux étages de soubassement des édifices : toutes ces structures appartiennent cependant plus ou moins à la même forme d’aménagement. Certains des grands travaux de la ville engagés au cours du 19e siècle ont, en particulier, été à l’origine d’ouvrages en maçonnerie venant rattraper des différences de niveau parfois très importantes. L’aménagement de la traverse de Thiers, avec la création du « Rempart » et ses quelque 10 mètres de hauteur de mur, en est un exemple extrême. Le tracé de l’avenue Pierre-Guérin, quant à lui, a nécessité, de part et d’autre, quantité de murs de soutènement et autres voûtements de renfort. Bien d’autres exemples pourraient être cités, qui font incontestablement de Thiers une ville conquise sur le relief, soutenue et « ceinturée » pour assurer sa stabilité à flanc de coteau. Murs de terrassement et aménagements de replats sont source de nombreux effets paysagers : suivant l’angle de vue, sont soulignés, selon les cas, la verticalité ou l’horizontalité, l’ouverture ou la fermeture, les effets de labyrinthe, de balcon, etc. 33

Quant à la troisième caractéristique suggérée, « l’échappée » ou « la percée » visuelle, on remarquera que le site parcouru, aussi urbain soit-il, offre très souvent vers le bas (parfois même vers le haut), grâce à la déclivité, des points de vue sur d’autres plans plus ou moins lointains, vastes perspectives qu’un terrain plat ne saurait présenter que dans une moindre mesure et qui, de fait, rendent le relief omniprésent. Plus la déclivité est grande, plus l’ouverture sur le paysage le sera, jusqu’à atteindre parfois le vertigineux. Les points de vue ne manquent d’ailleurs pas depuis la ville ou ses environs, sur la plaine de Limagne essentiellement, mais aussi sur les versants boisés de la vallée ; ils sont sensibles jusque dans les appellations de certains lieux comme Bellevue, petit bourg à l’est de la commune, ou « Le Belvédère », nom donné à la maison de retraite située sur les hauteurs de Thiers. Ces échappées permettent à la ville, dont le tissu urbain est pourtant très resserré, de garder un aspect relativement ouvert et aéré. Extrêmement courantes, elles ne donnent pas exclusivement sur la campagne proche ou sur les lointains, mais aussi sur d’autres parties de la ville, permettant la vision de quartiers situés très en contre-haut ou en contrebas du lieu considéré 34. Nombreux sont les points de vue associant ainsi diverses époques pour l’observateur : ces rapprochements de perspectives juxtaposent la dimension historique de plusieurs périodes de construction (échelonnement dans le temps) à la dimension topographique des divers étagements de la ville (échelonnement dans l’espace).

Ces trois types de critères semblent bien être récurrents et applicables à un grand nombre de cas partout ailleurs, à condition, répétons-le, de les combiner à d’autres données : il est en effet courant de retrouver ces types comme éléments significatifs des lieux de pente un peu partout dans le monde et quelle que soit l’époque 35.

La forte densité du bâti est un autre caractère thiernois mais qui n’est pas totalement spécifique aux villes de pente ; il est cependant directement lié aux traits que nous venons de décrire. Dans cette configuration de maisons à la fois accolées et étagées si typique de Thiers, les conséquences sur le mode de vie, par un rapport différent à la rue ou aux abords de l’habitation, deviennent plus subtiles ; les liens sont diversifiés entre espaces public et privé. Les espaces intermédiaires entre immeubles et voirie, à différents niveaux du terrain mais tous de plain-pied, sont multipliés et peuvent contribuer à générer ce que l’on appelle de nos jours du lien social. On pourrait, à l'instar des villages italiens de la région de Gênes, illustrer cette organisation très spécifique des constructions par l’expression de « méthode de la pomme de pin », en référence aux écailles disposées en quinconce : « (...) une disposition astucieuse qui permettait à chacun d’avoir de la lumière et de profiter de la chaleur ou de l’ombre des maisons voisines – selon les saisons (...) À la proximité spatiale, s’ajoutait la proximité sociale, faite de liens de solidarité avec le voisinage (...) » 36.

Thiers : quartiers hauts et quartiers bas

Outre la dichotomie entre les zones de plaine et la Montagne thiernoise, existe aussi de fait, à une autre échelle, une césure directement liée à la topographie de la ville-même et opposant, en apparence du moins, les quartiers hauts et les quartiers bas de Thiers. Cette bipolarité semble être un caractère spécifique des villes du Massif central et ce phénomène est sans doute lié, à l’origine, à l’implantation des églises et châteaux sur des buttes et des pentes 37.

La hiérarchie sociale liée à la topographie du lieu a été souvent mentionnée : certaines villes distinguent ville haute et ville basse, ou basse-ville (connotation péjorative, souvent exploitée par la littérature et le cinéma 38). Aux plus aisés les versants élevés, aérés et bien éclairés, aux plus modestes, le pied des pentes, plus sombre, plus humide 39.

Thiers n’a pas totalement échappé à cette polarisation : George Sand a largement exploité l’idée dans son roman « La ville noire » et a contribué à diffuser cette image qui n’est pas - ou n’est plus - fidèle. Dans son texte, l’opposition entre la ville ouvrière de la vallée et les hauteurs de la ville réservées aux « fabricants » (les patrons couteliers), nettement marquée, sert aussi à symboliser l’ascension sociale lorsque l’on migre d’un quartier bas à un quartier haut.

La ville se démarque de ce schéma, couramment véhiculé, par des traits directement issus du mode d’organisation de l’industrie coutelière thiernoise. L’imbrication étroite de petits ateliers d’ouvriers couteliers et autres artisans dans le tissu urbain de la ville haute vient compliquer et contredire quelque peu le schéma décrit par George Sand, parmi d’autres : pendant plusieurs siècles « l’industrie » thiernoise se développe dans et avec la ville haute ; l’un des caractères de la géographie coutelière thiernoise réside dans le fait que chaque « rang » de fabrication, chaque geste est effectué dans un lieu spécifique 40.

Certes, les tanneries, papeteries, puis les anciens rouets dépendaient de la Durolle dont ils tiraient leur énergie et utilisaient l’eau ; ces métiers s’étaient donc établis là, en bas, dans la vallée. Mais il apparaît que les tanneurs habitaient souvent loin de leur lieu de travail, et donc de la rivière 41. Pour la coutellerie, seules deux opérations, l’étirage de l’acier et l’émouture (ou émoulage) des lames, nécessitaient la proximité de l’eau, toutes les autres tâches pouvant être réalisées dans des ateliers à domicile 42. Cependant, rien n’obligeait les émouleurs à vivre à proximité de - ou sur leur lieu de travail, d’autant que dans bien des cas, ils n’étaient que locataires d’un poste de travail dans un rouet, sans espace d’habitation à proprement parler.

La dissémination des ouvriers couteliers est déjà, au 18e siècle, une spécificité thiernoise, comme l’atteste une correspondance de l’intendant d’Auvergne vers 1780 : « dix ouvriers différents travaillent à la fabrication du même couteau, et ces dix ouvriers, ou plus ou moins, ont pour l’ordinaire différents domiciles, les uns demeurant à la ville, les autres à la campaigne (...) » 43. Dans la première moitié du 18e siècle, près de 78% des habitants de la rue Mancel-Chabot (rue des Grolières) et du quartier Saint-Jean travaillent pour la coutellerie ; dans les rues Gambetta (ancienne rue de la Malorie), Rouget-de-l’Isle (rue du Pavé) et de la Coutellerie (rue de la Vaure), la proportion est supérieure à 65%. Enfin, les couteliers représentent plus de 80% de la population dans les écarts voisins de Loyer (anciennement Regnaud), Lombard, Granetias et Thivet, au nord-est de la commune en direction de la Montagne thiernoise 44.

Pour se rendre sur son lieu de travail, cette population en provenance des villages et des quartiers de la ville empruntait quotidiennement les nombreux sentiers de communication entre ville et ateliers, parfois difficilement praticables parce qu’assez raides : ce sont les crozes, qui menaient directement aux usines et ateliers implantés le long de la Durolle 45.

Autre contre-exemple thiernois notoire, celui de l’implantation dans les années 1960 d’un ensemble HLM de 132 logements sur les hauteurs de la ville (voir dossier IA63001260) : cet immeuble dit des Jaiffours, qui dominait le site de la gare SNCF, a été détruit en 2007 mais d’autres immeubles collectifs de plus petite taille ont été reconstruits sur le même emplacement.

La distinction sociale s’exprime donc plus par des différences de typologie de l’habitat que par sa situation sur la pente.

À l’autre extrémité de l’échelle sociale, un certain nombre d’immeubles cossus et de villas du 19e ou du début du 20e siècle ont été, il est vrai, préférentiellement implantés sur les hauteurs, ou le long des grandes voies de traverse comme la route de Lyon, à la sortie de la ville côté nord-est, confortant ainsi l’image véhiculée par l’auteur de La ville noire. Mais une fois tracée la route dite de La Vallée sur la rive gauche de la Durolle (vers 1880), des patrons couteliers ou des maîtres de forge n’ont pas hésité à établir leurs demeures (grandes maisons ou villas) à flanc de rocher, face à leurs usines, faisant fi du bruit, de l’humidité et du manque de lumière. C’est le cas du propriétaire des forges situées au n° 81 de l’avenue Joseph-Claussat, rive droite, qui a fait construire sa résidence principale au plus près de ses ateliers, de l’autre côté de la route. La maison (datée 1914) a été installée à proximité immédiate des rochers, contre le versant escarpé, entaillé lors du percement de la route. En face, la forge elle-même, accessible par une passerelle, est construite directement sur la roche, qui affleure dans les ateliers de la partie la plus ancienne. De la même façon, un peu plus en amont, le propriétaire de l’usine de retraitement de corne, au n° 63 de l’avenue, a fait bâtir sa villa en vis-à-vis direct de son usine, sur le versant dominant la route.

Dans le cas de Thiers, il ne faudrait donc pas généraliser trop rapidement la répartition ville basse - ouvriers / ville haute - patrons... Actuellement, l’industrie gagne de plus en plus la plaine, bien plus que jamais dans l’histoire de Thiers, malgré des aménagements techniques rendus nécessaires par la différence de nature des sols 46. Les Thiernois qui le peuvent délaissent aussi le centre ancien de la ville haute et vont habiter en plaine, quitte à franchir les limites de la commune. Il n’est cependant pas exclu que le phénomène s’inverse à nouveau et que d’anciens espaces du centre ville ou de ses environs, dédaignés en raison de leur situation peu propice au mode d’habiter contemporain, retrouvent un attrait à la faveur de restructurations architecturales et environnementales valorisant la pente. Ce serait alors une belle revanche pour la cité, dont le centre, délaissé de nombreuses années durant, pourrait tirer parti de ses atouts topographiques pour être réaménagé et redynamisé sans altérer la structure de son tissu urbain.

L’histoire entre ville haute et basse pourrait donc peut-être se voir aussi, sur le long terme, comme un va-et-vient, un jeu de permutations entre habitat et industrie, entre haut et bas.

1JACQUETON, Hubert. Etudes sur la ville de Thiers. Marseille, Laffitte Reprints, 1977. Réimpression de l'édition de Paris, 1894, page 8. 2Une récluserie est un lieu traditionnellement installé à la fin du Moyen Age à l’extérieur des villes et abritant une personne retirée là en solitaire pour prier pour la ville (un reclus). Voir CHARBONNIER, Pierre. « La vie quotidienne aux 14e et 15e siècles à travers les lettres de rémission ». In Pays de Thiers. Le regard et la mémoire. Clermont-Ferrand, Institut d'Etudes du Massif Central, 1989, réédition 1999. 3Voir FOURNIER, Pierre-François, FOURNIER, Gabriel. « Villes et villages neufs au XIIIe siècle en Auvergne : à propos des fondations d’Alphonse de Poitiers », Journal des savants, octobre-décembre 1985. 4Voir en particulier FOURNIER, Gabriel. Châteaux, villages et villes d’Auvergne, d’après l’Armorial de Guillaume Revel. Bibliothèque de la Société française d’archéologie, n°4. Paris, Arts et métiers graphiques, 1973. 5TOURNILHAC, Bruno. « Le canton de Thiers », Histoire des communes du Puy-de-Dôme. Arrondissement d’Ambert. Arrondissement de Thiers. André-Georges Manry (dir.). Le Coteau, Horvath, 1987. 6Voir sa représentation au milieu du 15e siècle dans l’Armorial de Revel. 7Au sujet du quartier Saint-Jean, voir DELOMIER, Chantal. Rapport d’opérations de diagnostic. Rhône-Alpes-Auvergne. Thiers. Quartier Saint-Jean. Avril 2010. 8Selon R. Becquevort, « Passet, en ancien français, comme en provençal ancien et moderne, est un diminutif de pas, (...) terme qui selon Vaugelas n'est employé pour passage que pour exprimer quelque détroit de montagnes ou quelque passage difficile ». Voir : BECQUEVORT, Raymond. « Les mots nous apprennent », Le pays thiernois, n° 10, février 1988, page 13. 9D’après l’étude d’André KRISTOS et Henri SOANEN (elle-même inspirée d’Alexandre BIGAY) : L’eau et les enceintes à Thiers du Xe au XVIe siècle, ms dactylographié, s.d. [avant 2005]. 10Voir FOURNIER, Gabriel. Châteaux, villages et villes d’Auvergne, d’après l’Armorial de Guillaume Revel, op. cit. 11Ibidem. 12Voir MOREL, David. « Topographie et emprise spatiale d’une petite ville à la fin du Moyen Age : Thiers en Basse-Auvergne », Bulletin historique et scientifique de l’Auvergne, tome CXI, 2010. 13Ibidem. 14Voir CHARBONNIER, Pierre. « La vie quotidienne aux XIVe et XVe siècles à travers les lettres de rémission », op. cit. 15Voir JACQUETON, Hubert. Etudes sur la ville de Thiers, op. cit, page VI, note 2 et TOURNILHAC, Bruno. « La population de Thiers en 1738 », Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, tome XCIII, n° 692-693, janvier-juin 1987, page 349. 16CHARBONNIER, Pierre. « La vie quotidienne aux 14e et 15e siècles à travers les lettres de rémission », op. cit. 17Voir BIGAY, Alexandre. Thiers, capitale de la coutellerie. Thiers, éditions Paris, 1953. 18KRISTOS, André. « La première enceinte – suite », Le pays thiernois, n° 17, octobre 1992. 19Ibidem. 20Ibidem. 21NAVETAT, Mylène. Rapport d'opération archéologique, période médiévale et moderne - 2009 - Rue du Transvaal et rue Alexandre-Dumas - Thiers (Puy-de-Dôme). Balma, HADES bureau d'investigations archéologiques, 2009. 22KRISTOS, André. « La première enceinte au 15e siècle », Le pays thiernois », n° 6, octobre 1985 et « La première enceinte à Thiers », Le pays thiernois, n° 13, juin 1990. 23Terrier de 1531-1532, n° 122. 24KRISTOS, André. « Tour de maistre G. Fournier », Le pays thiernois, n° 18, avril 1993. 25Le géographe Pierre Estienne parle de « façade ouest d’un massif montagneux ». ESTIENNE, Pierre. « Les contrastes du pays thiernois. Entre plaine et montagne ». In Pays de Thiers, le regard et la mémoire. Clermont-Ferrand, Institut d'Etudes du Massif Central, 1989, réédition 1999, page 15. 26AMBROISE, Régis, FRAPA, Pierre, GIORGIS, Sébastien. Paysages de terrasses, op. cit., page 18 : « (...) l’état de la parcelle, la qualité du travail du cultivateur s’offrent à la vue de tous ». 27AD 63 : 2 O 430/5. 28JANNIERE, Hélène. « De l’art urbain à l’environnement : le paysage urbain dans les écrits d’urbanisme en France, 1911-1980 », Strates, n°13, 2007, page 54 : « (...) on peut repérer un ensemble de termes récurrents, dont plusieurs proviennent de la géographie, comme "silhouette de la ville", "physionomie", "caractère", "couleur locale", "individualité de la ville" (...) [Ces termes] désignent la ville appréhendée de l’extérieur, mettant ainsi l’accent sur le rapport au site (...) Ces mots soulignent la primauté de la forme urbaine entendue non comme tracé du plan (...) mais comme "découpe" de la ville à la fois sur le ciel et sur le sol (...) ». 29Plan d’urbanisme directeur (P.U.D.) de 1962, René Cornesse, urbaniste. Centre des archives contemporaines de Fontainebleau, versement 1981 0400, art. 229. 30Tout comme pour la définition d’une montagne, dont l’altitude n’est pas une caractéristique suffisante à sa définition. Voir : LACOSTE, Yves. « Montagnes et géopolitique », Hérodote, n° 107, 2002. 31Voir GUILLAUME, Carlyne. Altitude – Atelier d’architecture en montagne - Synthèse sur la ville d’altitude, site internet http://altitudes-architecture.blogspot.com : « par son implantation dans un cadre spécifique, la ville d’altitude se doit de rappeler le cadre qu’elle occupe, sans pour autant rechercher à l’imiter et à le copier (...) ». 32Soulignons à ce propos que ces ruelles en escalier, dévalées par des enfants, figurent justement parmi les premières images du film de François Truffaut, L’argent de poche, tourné dans la ville même. 33Voir AMBROISE, Régis, FRAPA, Pierre, GIORGIS, Sébastien. Paysages de terrasses, op. cit. 34De la même façon, Riom (Puy-de-Dôme), ville pourtant essentiellement de plaine, présente en son centre ce jeu de perspectives axiales qui valorise les deux rues principales en pente et leur croisement : « grâce à la déclivité des deux segments de rue orientés vers le nord (rue de l’Horloge) et vers le sud (rue du Commerce), grâce aux collines environnantes et grâce aux deux fronts de façades aux horizontales accentuées, la place-carrefour bénéficie d’un effet de parois qui découpent à leurs extrémités deux fenêtres sur un paysage dressé frontalement. Elle est donc close par des images lointaines (...). Cette valorisation de la profondeur des perspectives continue de faire de cette place-carrefour un remarquable espace urbain ». Voir RENAUD, Bénédicte. Riom, une ville à l’œuvre. Lyon, Lieux Dits, 2007, collection Cahiers du patrimoine, n° 86, page 49. 35Ainsi que nous le confirme un échantillonnage sommaire et subjectif de descriptions de villes, on peut retrouver dans des villes très dissemblables et à différentes échelles, ces mêmes descripteurs (parfois un seul, parfois l’ensemble) en lien avec la topographie du site. Ainsi, un quartier de la période antique à Beyrouth « organisé selon un plan rigoureusement orthogonal » était cependant « adapté à la configuration du terrain en ce sens que les rues descendant au port suivaient naturellement la pente, et que les rues transversales étaient perpendiculaires à la pente et horizontales, déterminant de longues terrasses portant les îlots d’habitation (...) » ; de plus « les rues (...) [étaient] pavées ou non en fonction de leur importance, avec escaliers quand la pente devenait trop forte ». Voir ELAYI, Josette. L’antique Beyrouth à la lumière des dernières fouilles archéologiques. Site internet : http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/ L’exemple de Naples est lui aussi très parlant : sa ville haute sur la colline (actuels quartiers du Vomero et de l’Arenella en particulier) et sa ville basse, liée au port, ont longtemps communiqué par des sentiers suivant en général l’itinéraire des eaux pluviales et donc la ligne de plus grande pente ; même les nouveaux réseaux viaires, ou ceux des trois funiculaires qui relient le Vomero au centre ville, ont reproduit plus ou moins en les longeant ces anciens tracés très raides : toujours empruntées, ces pentes sont presque toutes systématiquement organisées en degrés et s’ouvrent, en fond de perspective, sur le centre historique de la ville ou sur la baie. Site internet : http://danpiz.net/napoli/architettura/SaliteDiscese.htm On pourrait citer aussi de nombreux lieux en Italie, comme la petite ville toscane de Montepulciano, à la configuration générale en longueur, sur un éperon, proche de celle de Thiers, ou encore les petites cités des côtes amalfitaine et ligure, ainsi que des bourgs corses comme Sartène. Mais encore Lyon et les pentes de la Croix-Rousse, avec des vues de loin en loin sur le Rhône, ou Marseille, Genève, Lisbonne, Barcelone, Alger, Athènes, Istanbul, Rio de Janeiro, etc. 36GAZZOLA, Antida. « Concilier la verticalité et la pente dans une ville : la construction de Gênes au fil des siècles », op. cit., pages 21-22. 37Voir RENAUD, Bénédicte. Placer la première loi de planification urbaine (1919-1924) dans la réflexion actuelle : le cas de l’Auvergne, 2010, site internet : http://www.auvergne-inventaire.fr/Les-inventaires/Villes-en-Auvergne/Articles 38On pourrait penser, en particulier, à la Metropolis futuriste de Fritz Lang, imaginée et filmée dans les années 1920, ou au Roi et l’oiseau de Paul Grimaud. 39Les exceptions existent : il suffit d’évoquer certains bidonvilles ou favelas d’Amérique du Sud accrochés à flanc de montagne. Mais cette répartition-ci n’est pas majoritaire ; la répartition en classes sociales « s’élevant » avec la pente semble s’imposer de plus en plus en allant vers le 19e siècle et la première moitié du siècle dernier. 40POTTE, Marie-Blanche. Des paysans à l’atelier. Patrimoine coutelier de la montagne thiernoise, Lyon, Lieux Dits, 2007, collection Parcours du patrimoine, n° 326. : « Que chaque geste [des ouvriers couteliers] soit un métier à part entière (...), c’est déjà là une particularité. Mais que chaque geste s’effectue dans un lieu différent, voilà la clé de la géographie thiernoise. », page 7. 41TOURNILHAC, Bruno. « La population de Thiers en 1738 », Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, tome XCIII, n° 692-693, janvier-juin 1987. 42Voir HENRY, Anne. Thiers, une exception industrielle (Puy-de-Dôme). Clermont-Ferrand, EPA, 2004, collection Images du patrimoine, n° 229. 43AD 63 : C 745 (1777-1780). Correspondance entre M. Chauvassaignes et M. de Chazerat. 44Voir TOURNILHAC, Bruno. « La population de Thiers en 1738 », op. cit. 45Voir KRISTOS, André, BECQUEVORT, Raymond. « Les crozes », Le pays thiernois, n° 9, juin 1987. 46Le sol des zones industrielles thiernoises, dans les plaines alluviales, est plus tendre que la roche aux abords de la Durolle et a demandé, dans le cas des forges en particulier, une adaptation des machines, presses ou pilons, pour le ménager. Voir HENRY, Anne. Thiers, une exception industrielle (Puy-de-Dôme), op. cit., page 20.
Parties constituantes non étudiéesrue, maison, hôtel de ville, sous-préfecture, lycée, école primaire, tribunal, hôpital, complexe sportif, musée, bibliothèque, salle de spectacle
Dénominationsville
Aire d'étude et cantonThiers - Thiers
HydrographiesDurolle (la)
AdresseCommune : Thiers
Précisions

A l'époque mérovingienne, le noyau originel de Thiers se situerait dans le quartier du Moûtier, aux marges de la plaine de la Limagne, autour d'un "castrum" ; il se cristallise peu à peu autour du monastère et de l’église, dédiée à Saint-Symphorien d’Autun. À la fin du 14e siècle encore, une zone de terres non bâties sépare la ville haute et le Moûtier. Le bâtiment actuel de l'église Saint-Symphorien daterait du 11e siècle, époque à laquelle l’abbaye est rattachée à Cluny. Mais cette agglomération stagne au profit du site installé sur les hauteurs et qui correspond au sommet de l’éperon sur lequel sont groupés l’église Saint-Genès, puis l’ensemble de ses bâtiments canoniaux et un château fortifié. Le château aurait été édifié au 10e siècle, vers 927 probablement puis aurait connu de nombreuses transformations jusqu’au 15e siècle ; le donjon et les derniers vestiges castraux ont été démolis vers 1835, époque à laquelle un tribunal est édifié à leur emplacement. Un troisième site, à mi-chemin entre les deux précédents, est lié à l’église Saint-Jean du Passet et à son faubourg, installé déjà au tout début du 11e siècle et peut-être antérieurement, sur l’un des principaux axes de communication, à l’extrémité d’un promontoire rocheux dominant la vallée de la Durolle. Ces trois sites distincts, entités autonomes, aux administrations et justices séparées mais désignées par un seul toponyme, sont donc déjà vraisemblablement en place au début du 11e siècle.

Les premiers remparts de la ville haute, édifiés au 11e siècle, n’enserrent que le château, sa basse-cour et les bâtiments du chapitre de Saint-Genès. La deuxième enceinte englobe toutes les habitations d’un bourg créé au nord, probablement avant le dernier quart du 13e siècle. Une troisième enceinte, assez éphémère puisqu’elle n’existe déjà plus au milieu du 15e siècle, aurait été édifiée au cours du 14e siècle, pour protéger les extensions ouest de la ville, autour de l’actuelle rue de la Coutellerie.

La « grande enceinte », la quatrième, datant de la fin du 14e ou du tout début du 15e siècle, s’étend encore plus vers le nord, mais aussi considérablement vers le sud, jusqu’à clore le quartier de Saint-Jean. L’église, à proximité de laquelle s’était formé celui-ci, ne semble avoir été englobée dans l’enceinte que plus tardivement, vraisemblablement pendant les guerres de Religion. À la fin du 16e siècle, outre la fortification autour de l’église Saint-Jean, l’ultime complément de fortification est construit à l’est.

Le dernier quart du 15e siècle représente manifestement une grande phase de développement pour la ville haute. La croissance de cette partie de la ville se fait au détriment de la partie basse du Moûtier. Plusieurs siècles de développement sont nécessaires pour aboutir à un regroupement de la ville haute avec le Moûtier, dont la fusion officielle en une seule entité a lieu à la fin du 18e siècle. Les remparts, devenus inutiles et gênants, sont démolis entre 1750 et 1770 sur ordre de l'Intendant d'Auvergne.

Aux 18e et 19e siècles, sont menés de grands travaux concernant la voirie, tant dans le centre que dans les divers accès depuis l'extérieur (voir dossier IA63001226) : en particulier, chantier de la route de Lyon au milieu et à la fin du 18e siècle ; traverse de Thiers au début du 19e siècle puis dans les années 1860 ; avenue le long de la vallée de la Durolle dans la 2e moitié du 19e siècle.

Pendant tout le 20e siècle, la ville va se développer vers l'ouest, dans la zone plane, le long de l'axe de la route en direction de Pont-de-Dore et de Clermont-Ferrand, ce sont des zones industrielles et d'habitations (lotissements, immeubles), mais aussi commerciales. Des bâtiments publics sont construits : c'est le cas par exemple du stade, dans le bas de la ville au milieu du 20e siècle, du nouvel l'hôtel de ville édifié à la fin des années 1970 à l'emplacement de la sous-préfecture, déplacée ; ou du centre de spectacles édifié en bordure de l'ancien foirail entre 1987 et 1989.

Au début du 21e siècle, en particulier, une grande campagne de travaux est réalisée en plein centre ville, pour la transformation de la place Antonin-Chastel (voir dossier IA63002347).

Période(s)Principale : 6e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 10e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 11e siècle, milieu 13e siècle, 14e siècle, limite 14e siècle 15e siècle, 4e quart 15e siècle, 4e quart 16e siècle, 3e quart 18e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Principale : milieu 18e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Secondaire : 4e quart 18e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 1er quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 3e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 2e moitié 19e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 20e siècle, milieu 20e siècle, 3e quart 20e siècle, 4e quart 20e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle

Références documentaires

Documents figurés
  • L'armorial d'Auvergne Bourbonois et Forestz de Guillaume Revel, planches en couleur sur parchemin, [réalisation coordonnée par] Guillaume Revel, s.d. [1440-1450].

    Bibliothèque nationale de France : ms fr. 22297
  • [Saint Genès apparaissant à saint Etienne devant le site de la ville de Thiers], tableau appartenant aux Grammontains de Thiers, restauré en 2015, huile sur toile, s.n., s.d. [17e siècle].

    Musée de la Coutellerie, Thiers
  • [Plan de la ville de Thiers au milieu du 18e siècle, avant 1754]. Reproduction photographique d'un plan du 18e siècle, s.n. [Hermose Andrieu ?], s.d. [vers 1866 ?].

    Collection particulière
  • La ville de Thiers. Quartier du pont de Seychal, rue de Durolle et autres, dessin à l'encre sur papier, s.n., s.d. [vers 1740-1750].

    Archives municipales, Thiers : CC 32
  • La ville de Thiers. Quartier du Château, les Grolières et autres, dessin à l'encre sur papier, s.n., s.d. [vers 1740-1750].

    Archives municipales, Thiers : CC 32
  • La ville de Thiers. Quartier du Bourg, la Porteneuve, le Lac, la Conchette et autres, dessin à l'encre sur papier, s.n., s.d. [vers 1740-1750].

    Archives municipales, Thiers : CC 32
  • La ville de Thiers. Quartiers des Hors, Chantelle, la Vaure, rue Neuve, le Replat et autres, dessin à l'encre sur papier, s.n., s.d. [vers 1740-1750].

    Archives municipales, Thiers : CC 32
  • La ville de Thiers. Quartier de [Piaure], Saint-Jean et la Lavanderie, dessin à l'encre sur papier, s.n., s.d. [vers 1740-1750].

    Archives municipales, Thiers : CC 32
  • [Vue de la ville haute depuis la Vallée de la Durolle], dessin au crayon et rehauts blancs [au pastel ou à la craie ? ], s.n., s.d. [1ère moitié du 19e siècle].

    Musée de la Coutellerie, Thiers : 2403
  • LE VIEUX THIERS - Quartier Saint-Jean, carte postale noir & blanc, n° catalogue 27, s.n., s.d. [fin 19e - début 20e s.].

    Collection particulière
  • A Thiers [la vallée de la Durolle et ses rouets, dominée par les maisons de la vile haute], dessin au crayon, par Eugène Bléry, 1832.

    Musée de la Coutellerie, Thiers : 39 ou 22
  • Thiers [vue générale de la ville depuis le faubourg de la Vidalie], dessin au crayon, par Jules-Louis Coignet, 20 septembre 1838.

    Musée d'art Roger-Quilliot, Clermont-Ferrand : 2967
  • [Quartier du pont de Seychal], dessin au crayon, par Jules-Louis Coignet, 1er octobre 1838.

    Musée d'art Roger-Quilliot, Clermont-Ferrand : 2966
  • THIERS. - Vue sur Saint-Jean, carte postale noir & blanc, n° catalogue 59, par ND photographe, s.d. [début du 20e siècle ?].

    Collection particulière
  • Moûtier. - Le pont, carte postale noir & blanc, n° catalogue 100, par ND photographe, s.d. [début 20e siècle ?].

    Collection particulière
  • [Vue d'ensemble de la ville haute depuis le sud], photographie noir & blanc, s.n., s.d. [début du 20e siècle ?].

    Archives municipales, Thiers : 1501
  • [Vue ancienne du quartier Saint-Roch depuis l'autre versant de la vallée], photographie noir & blanc, s.n., s.d. [début du 20e siècle?].

    Archives municipales, Thiers : 618
  • [Vue d'ensemble de la ville depuis les hauteurs du sud-est], photographie noir & blanc, s.n., s.d. [début du 20e siècle ?].

    Archives municipales, Thiers
  • [Vue générale de l'ancien hôpital dominant la Vallée des Usines], photographie noir & blanc, s.n., s.d. [1ère moitié du 20e siècle ?].

    Service Régional de l'Inventaire
Bibliographie
  • TAYLOR, J., NODIER, Ch., CAILLEUX, A. de. Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Auvergne. Paris : Gide Fils, 1829-1833.

  • DONIOL, H., DURIF, H., MANDET, F., et al. L'ancienne Auvergne et le Velay. HIstoire, archéologie, moeurs, topographie. Moulins : impr. Desrosiers, 1843-1847.

  • SAND, George. La ville noire. Paris : 1860, Grenoble : Presses universitaires, réédition 1978.

  • JACQUETON, Hubert. Etudes sur la ville de Thiers. Marseille : Laffitte Reprints, 1977. Réimpression de l'édition de Paris, 1894.

    Collection particulière
  • BIGAY, Alexandre. L'abbaye du Moutier. Essai historique. Thiers : Société d'Etudes locales de Thiers éditeur, s.d. [entre 1926 et 1944].

    Région Auvergne-Rhône-Alpes, SRI, site de Clermont : 63.345
  • BIGAY, Alexandre. Thiers, capitale de la coutellerie. Thiers : éditions Paris, Mont-Louis imprimeur à Clermont-Ferrand, 1953.

    Collection particulière
  • FOURNIER, Pierre-François, FOURNIER, Gabriel. Villes et villages neufs au XIIIe siècle en Auvergne : à propos des fondations d'Alphonse de Poitiers. Journal des savants, octobre-décembre 1985.

  • PRADE, Marcel. Les ponts, monuments historiques : inventaire, description, histoire. Poitiers : librairie ancienne Brissaud, 1986.

    Région Auvergne-Rhône-Alpes, SRI, site de Clermont : ARC.055 PRA
  • MANRY, André, dir. Histoire des communes du Puy-de-Dôme. Arrondissement d'Ambert. Arrondissement de Thiers. Le Coteau : Horvath, 1987.

    Région Auvergne-Rhône-Alpes, SRI, site de Clermont : CDP M052 (3)
  • FABRE, Xavier. Aux villes du centre. Massif central. L'esprit des hautes-terres. Paris : éditions Autrement (collection "France" ; n° 15), 1996, p. 158-167.

  • FABRE, Xavier. Thiers au-delà du mythe. In : Massif central. L'esprit des hautes-terres. Paris : éditions Autrement, collection France n° 15, 1996.

  • BOOS, Emmanuel de. L'armorial d'Auvergne Bourbonois et Forestz de Guillaume Revel. Nonette : édition Créer,1998.

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  • PLANCHE, Edith. Le pays du couteau vu par ses habitants. In : Pays de Thiers. Le regard et la mémoire. Clermont-Ferrand : Institut d'Etudes du Massif Central, 1989, réédition 1999.

    Région Auvergne-Rhône-Alpes, SRI, site de Clermont : 63.378
  • CHARBONNIER, Pierre. La vie quotidienne aux 14e et 15e siècles à travers les lettres de rémission. In : Pays de Thiers. Le regard et la mémoire. Clermont-Ferrand : Institut d'Etudes du Massif Central, 1989, réédition 1999.

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  • ESTIENNE, Pierre. Les contrastes du pays thiernois. Entre plaine et montagne. In : Pays de Thiers. Le regard et la mémoire. Clermont-Ferrand : Institut d'Etudes du Massif Central, 1989, réédition 1999.

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  • POITRINEAU, Abel. Les Thiernois au travail, jadis et naguère. In : Pays de Thiers. Le regard et la mémoire. Clermont-Ferrand : Institut d'Etudes du Massif Central, 1989, réédition 1999.

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  • BOITHIAS, Jean-Louis. Les émouleurs et leurs rouets. In : Pays de Thiers. Le regard et la mémoire. Clermont-Ferrand : Institut d'Etudes du Massif Central, 1989, réédition 1999.

  • PRIVAL, Marc. Autour de la vigne et du vin. In : Pays de Thiers. Le regard et la mémoire. Clermont-Ferrand : Institut d'Etudes du Massif Central, 1989, réédition 1999.

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  • THERRE, Georges, YTOURNEL, Jacques. Mémoire en images. Thiers. Saint-Cyr-sur-Loire : éditions Alain Sutton, 2001-2005. 3 tomes.

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  • HENRY, Anne. Thiers, une exception industrielle (Puy-de-Dôme). (Images du Patrimoine ; 229). Clermont-Ferrand : Etude du patrimoine auvergnat, 2004.

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  • [Rapport d'opération archéologique, période médiévale et moderne]. Rue du Transvaal et rue Alexandre-Dumas - Thiers (Puy-de-Dôme). Réd. Mylène Navetat. Balma : HADES bureau d'investigations archéologiques, 2009.

  • DELOMIER, Chantal. Rapport d'opérations de diagnostic. Rhône-Alpes - Auvergne. Thiers. Quartier saint-Jean. Bron : INRAP, avril 2010.

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Périodiques
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  • FOURNIER, Gabriel. Châteaux, villages et villes d'Auvergne au XVe siècle, d'après l'Armorial de Guillaume Revel. Bibliothèque de la Société française d'archéologie, 1973, n° 4.

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  • COMBRONDE, Michel. Nouvelle traversée de la ville de Thiers. Le Pays thernois, mai 1984, n° 3.

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  • KRISTOS, André. La première enceinte au XVe siècle. Le pays thiernois, octobre 1985, n° 6.

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  • TOURNILHAC, Bruno. La population de Thiers en 1738. Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, janvier-juin 1987, t. XCIII, n° 692-693, p.349-355.

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  • KRISTOS, André, BECQUEVORT, Raymond. Les crozes. Le pays thiernois, juin 1987, n° 9.

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  • KRISTOS, André. La première enceinte à Thiers. Le pays thiernois, juin 1990, n° 13.

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  • KRISTOS, André. La première enceinte - suite. Le pays thiernois, octobre 1992, n° 17.

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  • KRISTOS, André. Tour de maistre G. Fournier. Le pays thiernois, avril 1993, n° 18.

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  • DOUTRE, Marilyne. Palais de justice et prisons dans la ville : l'oeuvre de Ledru (1778-1861) en Auvergne. Histoire de l'Art, octobre 1995, n° 31.

    Région Auvergne-Rhône-Alpes, SRI, site de Clermont : CDP REV
  • MOREL, David. Topographie et emprise spatiale d'une petite ville à la fin du Moyen Age : Thiers en Basse-Auvergne. Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, 2010, t. CXI.

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Multimedia
  • [en ligne]. [référence du 25 septembre 2013]. Accès Internet : <URL : http://escoutoux.net/C-etait-a-Thiers-en-1885>

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